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samedi 20 mai 2017

34EME REUNION - SYNTHESE DES DEBATS PAR GERARD

Après une introduction du roman par Patrick, les débats ont commencé.


LES THEMES DE L'ILE MYSTERIEUSE

Le thème principal de l’Ile mystérieuse est le voyage
Mais ce constat peut s’appliquer à la quasi-totalité des livres de Jules Verne.
Aussi avons-nous plutôt insisté lors de nos échanges sur les thèmes plus spécifiques à ce roman.

  • Le pouvoir des sciences

Dans l’Ile mystérieuse nous avons tous été frappés par l’importance accordée aux sciences dans le roman. Les références aux mathématiques, à la physique, la chimie, la mécanique, la biologie, la botanique, la pharmacie, l’astrologie, l’agronomie, la géographie, la cartographie etc. sont légion dans les quelques huit cents pages du livre.
Toutefois, il ne s’agit pas ici d’un savoir encyclopédique abstrait, l’objectif est bien d’appliquer les connaissances scientifiques pour résoudre les problèmes concrets que se posent les naufragés. Problèmes qui souvent consistent à se déplacer ou à survivre.

« Ils savaient » et l’homme qui « sait » réussit là ou d’autres végéteraient et périraient inévitablement. » (Ed Livre de Poche p. 233)

Parmi les connaissances pratiques mises en œuvre dans l’Ile mystérieuse, on peut citer :
  • allumer un feu sans allumette, ni silex,
  • mesurer des hauteurs,
  • déterminer des longitudes et des latitudes,
  • construire un four à poterie,
  • élaborer de la nitroglycérine et du pyroxyle,
  • s'initier à la métallurgie en raffinant et travaillant du minerai de fer,
  • fabriquer des bougies,
  • construire un ascenseur hydraulique,
  • alimenter en électricité un télégraphe par une pile rudimentaire,
  • fabriquer des vitres...

Notre analyse est que ces applications scientifiques avaient certainement pour objectif de séduire les jeunes lecteurs et de les appeler à développer leurs connaissances. Nous avons observé d’ailleurs que les livres de Jules Verne emportaient souvent la part du lion lors des traditionnelles distributions des prix des collèges et des lycées.

Nous avons également relevé que l’approche scientifique de Jules Verne est peu tournée vers l’anticipation, à l’exception peut-être du sous-marin du capitaine Nemo et des fusées et autres aéronefs. Ainsi a–t-on pu écrire : « la science de Jules Verne reste en deçà de son époque. Tous les romans qui procèdent d'une machine ne sont que des extrapolations sur d'anciens modèles. »
Certains d’entre nous ont insisté sur l’absence d’une connaissance scientifique très approfondie chez Jules Verne.
Il lisait plutôt des ouvrages de vulgarisation et se constituait des fiches englobant les grands domaines scientifiques, si bien qu’on a pu lui a reprocher de recopier une grande partie de ses fiches dans ses livres. Certains d’entre nous ont relevé le manque d’intérêt de certaines énumérations ou de certaines démonstrations.

Nous avons enfin fait le constat que Verne n’était pas un positiviste totalement convaincu. Il semble même qu’au fil des ans, le doute sur les pouvoirs de la science se soit amplifié chez l’écrivain.
Cyrus Smith soi-même émet lui aussi des doutes dans le roman sur le réel pouvoir de la science :
«  Mais le moment ne viendrait-il pas où toute leur science serait mise en défaut ? Ils étaient seuls sur cette île. Or, les hommes se complètent par l’état de société, ils sont nécessaires les uns aux autres. Cyrus Smith le savait bien, et quelquefois il se demandait si quelque circonstance ne se produirait pas, qu’ils seraient impuissants à surmonter ! » (Livre de Poche, p. 647)

  • Le statut social de l’ingénieur : hier et aujourd’hui

Si la science permet cependant dans bien des cas de trouver des solutions à des situations problématiques telles qu’elles se posent à des naufragés, nous avons également relevé que celui qui est détenteur de ces connaissances scientifiques dans le groupe, l’ingénieur Cyrus Smith, apparaissait comme le chef « naturel » de l’équipe. Autrement dit : le pouvoir à celui qui maîtrise le savoir.
Les autres personnages sont plutôt des exécutants, à l’exception toutefois du jeune Harbert Brown qui a déjà un excellent niveau de connaissances en botanique, ce qui est très utile pour tous.

Un débat s’est ouvert entre nous sur le rôle de l’ingénieur et sur son statut dans la société du XIXème et dans notre société actuelle.
Les avis ont divergé, les uns considérant que l’ingénieur aujourd’hui ne bénéficiait plus du prestige qu’il avait jadis, et qu’il ne jouait plus un rôle majeur dans la société actuelle, tandis que d’autres membres du Square ont affirmé que les ingénieurs, notamment ceux formés dans les grandes écoles, jouaient un rôle très important dans l’économie et dans les entreprises aujourd’hui et qu’ils bénéficiaient dans leur domaine, d’une reconnaissance et d’un pouvoir de décision non négligeables.


  • L’organisation du travail au sein de l’équipe

Certains d’entre nous relevé qu’il exista une certaine division du travail entre les membres de l’équipe : Nab est chargé de faire la cuisine, Pencroff exerce sa compétence en matière de bateau et de navigation, Harbert dans le domaine de la botanique, Spilett, le reporter touche un peu à tout et Cyrus bien sûr est à l’origine de tous les projets, c’est lui qui donne les objectifs et les moyens.
Mais il faut remarquer également, que l’ingénieur incite tous ces hommes à une certaine polyvalence, ainsi sont-ils tour à tour : charpentier, menuisier, maçon, mécanicien, chasseurs, cultivateurs...
Cette organisation souple est rendue possible par la confiance réciproque existant entre les personnes et par la docilité de tous les personnages. Les rapports humains sont décrits ici sous un angle idyllique.
Il semble également que la notion de groupe prévaut sur celle de l’individu. Il n’y a par exemple sur l’île aucune tentative d’appropriation individuelle, c’est le groupe, entité de fait, qui gère les biens et les ressources des naufragés.
Ceux-ci constituent en quelque sorte une famille qui a en charge le développement de l’île grâce aux sciences et au progrès technique.


  • Des personnages sans épaisseur

Les personnages de l’Ile mystérieuse, n’ont pas l’épaisseur des personnages habituels des romans du XIXe. Ainsi, ils n’ont aucune dimension psychologique et leurs relations ne sont entachées d’aucun conflit pendant les presque quatre années où ils vivent sur l’Ile Lincoln.
Nous sommes dans un roman de genre, un roman d’aventure, dans lequel toute dimension psychologique est absente. Ainsi le lecteur n’a t-il qu’à fixer son attention sur l’action et sur le déroulement des événements.
A noter également l’absence de toute présence féminine dans le roman, ce qui n’est pas le cas dans tous les romans de Jules Verne.
Nous avons enfin remarqué que l’auteur faisait totalement l’impasse sur la libido de ses personnages.


  • Une vision de la nature loin d’être monolithique

Nous avons souligné que pendant leur séjour sur l’Ile mystérieuse, les naufragés n’ont eu qu’à bénéficier des ressources mises à leur disposition par la nature.
Tout au plus les connaissances scientifiques de l’ingénieur Cyrus Smith leur ont-t-elles permis de les transformer, pour répondre à leurs besoins primaires.
Après l’envol du ballon, tout semble se passer comme dans un rêve. Il y a certes des catastrophes qui se produisent, mais elles se terminent toujours bien.
Pour mener une vie heureuse sur l’île, il suffit d’utiliser les ressources mises à disposition par la nature et de travailler dur, celles-ci existent en abondance et aucun risque de pénurie ne se profile.

Toutefois, à la fin du roman, on observe que la nature ne génère pas que des bienfaits pour l’homme, parfois elle balaie tout sur son passage et réduit à néant tous les efforts des hommes.

On peut en conclure que Jules Verne n’a pas un point de vue figé sur les sciences et sur l’environnement naturel.
Il a bien conscience, dès son époque, d’une part que les ressources naturelles utilisables par les hommes, même si elles abondent, ne sont pas inépuisables (les prélèvements doivent se faire en fonction des besoins) et que d’autre part, la science peut se révéler totalement dépassée devant des événements aussi puissants que des ouragans ou des éruptions volcaniques. La fin de l’Ile mystérieuse le démontre amplement. Ce point a été relevé par plusieurs d’entre nous, nous avons même évoqué l’idée d’un Jules Verne écologiste avant l’heure.

Nous nous sommes aussi posé la question de savoir si Ian Flemming ne s’était pas inspiré de la fin de l’Ile mystérieuse pour construire les fins cataclysmiques de ses James Bond. Ceux qui font le mal sont détruits dans des cataclysmes épouvantables.


  • Un roman qui traduit les idées dominantes de la fin du XIXe en France

    -  La promotion de la colonisation

A l’évidence, les personnages du roman se comportent comme des conquérants, ils reprennent tous les procédés des grands conquistadors du passé : exploration des terres, établissement de cartes, attribution de noms « américains » aux différentes parties de l’île, construction d’éléments de défense contre les attaques potentielles...
Jules Verne décrit la démarche, mais ce n’est pas pour autant un défenseur du colonialisme.
  
-    - Une vision discriminante à l’encontre des noirs...

Nous avons relevé le sort qui est fait à Nab dans le roman. C’est « un nègre », un ancien esclave affranchi, très attaché à son maître et qui se ferait tuer pour lui. Nab fait certes partie de l’équipe, mais il a quand même un statut à part. Les qualificatifs utilisés à son égard sont teintés de racisme.


      - La question de l’antisémitisme de Jules Verne

Un débat a eu lieu entre nous sur ce point.
Dans l’Ile mystérieuse, rien ne laisse à penser que Verne est antisémite. Néanmoins si l’on se réfère à certains passages d’autres de ses romans et notamment du Château des Carpathes, il laisse apparaître un antisémitisme certain.
Par ailleurs, quelques uns d’entre nous ont rappelé l’appartenance de Jules Verne au camp des anti-dreyfusards.




-    - La défense des opprimés

Ce thème entre en partie en contradiction avec celui de la colonisation, mais il est fait allusion dans le roman, à la défense de ceux qui réclament la liberté et l’indépendance des peuples. Jules Verne n'est donc pas à classer dans la catégorie des affreux colonialistes. Pour lui, les colons sont ceux qui en premier lieu apporte le progrès.
Mais lorsque les puissances coloniales oppriment les peuples, Jules Verne se range aux côtés des opprimés.
Plus tard Mathias Sandorf incarnera d’ailleurs le rôle du libérateur de la Hongrie contre l’Autriche.

  • Le style de Jules Verne

Jules Verne est incontestablement un conteur. Il sait raconter des histoires en respectant des critères très classiques du roman de genre. L'Ile mystérieuse est un livre agréable à lire malgré son volume.
Plusieurs d’entre nous ont relevé qu’à aucun moment ils n’ont éprouvé de lassitude dans la lecture du livre. Lorsque l’attention commence à s’émousser, l’auteur sait introduire un nouvel événement qui relance son intérêt.
Notons toutefois que certains n’ont pas lu l’intégralité du roman et que d’autres ont pratiqué la technique du saut de pages. Mais sur un roman de 800 pages, cela peut se comprendre.

La succession d’événements qui se produisent sur l’île et qui échappent à toute rationalité amène le lecteur, comme les naufragés eux-mêmes, à imaginer différentes hypothèses qui maintiennent en permanence son intérêt.
La révélation finale est un coup de maître, elle a aussi pour fonction d’établir des passerelles avec d’autres romans de Jules Verne.

  • Jules Verne et la littérature

Lors de nos débats nous nous sommes demandé si les romans de Jules Verne relevaient du domaine de la littérature.
Il est certain que cet auteur n’était pas traité dans les manuels de littérature des lycées, comme le « Lagarde et Michard » par exemple. Ce qui signifiait qu’il n’était pas reconnu par les autorités académiques comme un grand écrivain.

Les critiques constatent également qu’à l’époque où Jules Verne écrivait ses romans, d’autres écrivains faisaient véritablement œuvre de création littéraire et renouvelaient profondément l’esthétique de la littérature. Ce qui n'a jamais été son cas.

Mais si l’on rapproche le projet d’écriture de Jules Verne et les résultats qu’il a atteint peut-on réellement lui reprocher de n’être pas ce qu’il n’a pas souhaité être ?
Aujourd’hui encore Jules Verne reste l’un des écrivains français les plus lus dans le monde.


Les autres livres de Jules Verne lus par les participants au Square

- « Michel Strogoff », Chantal considère que c’est un livre qui tient la route encore aujourd’hui.
- « Le château des Carpathes » se réfère à l’évidence à Edgar Poe, dont Jules Verne était un fervent admirateur. Michel E. fait observer que ce roman lui apparaît aujourd’hui comme un livre de souvenirs d’enfance. Il lui fait penser aux livres qu’on remettait aux premiers de la classe lors de la distribution des prix.
- Monique présente un inédit de Jules Verne intitulé « l’Oncle de Robinson ».

  • Une grande innovation : les différentes éditions des romans de Jules Verne

Comme la plupart des Voyages extraordinaires de Jules Verne, L’île mystérieuse paraît d’abord, en feuilleton (du 10 septembre 1874 au 28 octobre 1875) dans le Magasine d’éducation et de récréation, codirigé par Jean Macé, P.J. Stahl (pseudonyme de Pierre-Jules Hetzel) et... Jules Verne.

Une première édition en volume au format in-12°, broché, à prix modéré, est suivie, en décembre 1875, par une édition de prestige, volume triple, format in-8°, relié et cartonné dans la «Bibliothèque d’éducation et de récréation» des mêmes Éditions Hetzel. Disposant d’une carte et de 154 illustrations de Jules Férat, elle est régulièrement rééditée sous divers cartonnages jusqu’en 1914.




Nb: le «vol de mouettes» est caractéristique de L’île mystérieuse. Photographie fournie par A. Braut, 8 juillet 2002.

Exemple d'une couverture au deux éléphants évoquée par Serge lors de notre discussion :




  •  Des éditions illustrées

Dans le corps des romans de Jules Verne, l'idée de Hetzel fut une fois ces textes palpitants illustrés d'images évocatrices par des grands noms de la gravure, d'habiller enfin le tout d'une percaline de couleur vive sur lequel s'imprime des décors rappelant le sujet des ouvrages. Hetzel a utilisé les ressources décoratives offertes par la reliure industrielle qui était née vers le milieu du XIXè siècle. Les décors pouvaient être utilisés pour plusieurs titres: obus, bannière, sphère armillaire, portrait, mappemonde, steamer, bouquets de roses, ou encore tête d'éléphant.

vendredi 19 mai 2017

34EME REUNION - BIOGRAPHIE DE JULES VERNE

Patrick nous a présenté dans un premier temps une brève biographie de Jules Verne.

L’écrivain est né sur l’île Feydeau à Nantes le 8 février 1828.
En 1834, à l'âge de six ans, il est mis en pension dans une école tenue par une certaine Mme Sambin, veuve d'un capitaine au long cours. L'année suivante, il entre avec son frère au collège Saint-Stanislas, un établissement religieux.
Certains biographes affirment qu'en 1839, à l'âge de 11 ans, Jules se serait embarqué comme mousse sur un long-courrier en partance pour les Indes.
Son père l'aurait récupéré in extremis et  Jules aurait avoué alors être parti pour rapporter un collier de corail à sa cousine, Caroline, dont il était amoureux.
Après une sévère réprimande de son père, il aurait promis de ne plus voyager qu'en rêve.
En 1840, il  entre au petit séminaire de Saint-Donatien.
De 1844 à 1846, il poursuit ses études au lycée Royal de Nantes (actuellement lycée Clemenceau).



En 1847, Jules Verne est envoyé à Paris par son père, pour continuer ses études, mais aussi peut-être parce qu'il voulait l'éloigner de Nantes.
En effet, Caroline (1826-1902), la cousine de Jules, dont il est très épris, se marie le 27 avril 1847 avec Émile Dezaunay, un homme de quarante ans. Jules Verne en conçut une amertume profonde.
Après un séjour à Paris, où il passe ses examens de première année de droit, il revient à Nantes pour préparer sa deuxième année.
A cette époque qu'il fait la connaissance de Rose Herminie Arnaud Grossetière pour laquelle il va éprouver une violente passion.
En 1848, Jules s’installe à Paris. Il rencontre des écrivains connus comme Alexandre Dumas entre autres et il est très influencé par Victor Hugo.
Il rencontre alors l’éditeur Hetzel.
En 1856, il fait la connaissance d’Honorine Meurel à Amiens. Il épouse cette jeune veuve et mère de deux filles l’année suivante. Ils auront ensuite un fils, Michel Verne en 1861. Jules Verne, afin de faire vivre sa famille, devient agent de change à la bourse de Paris. En 1859, il part avec son ami Aristide Hignard à la découverte l’Ecosse.
En 1862, il rencontre un éditeur du nom de Hetzel. Il lui propose un manuscrit intitulé Voyage en l’air. Il sera publié un an plus tard sous le titre "Cinq semaines en ballon", connaîtra un grand succès et sera le premier volume des Voyages  extraordinaires.
Il signe alors avec Pierre-Jules Hetzel un contrat qui le lie pour vingt ans.

En 1867, il embarque avec son frère à bord d’un énorme paquebot à destination de l’Amérique. Cet amoureux de la mer acquiert en 1868 son premier bateau, baptisé le Saint Michel en hommage à son fils, c’est une chaloupe de pêche aménagée pour la plaisance.
Il sera ensuite remplacé par le Saint Michel II et III (une goélette de 23m). 



En 1871, il part s’installer à Amiens, la ville d’origine de sa femme.

Au cours de l’année 1886, il est victime d’une crise de démence de son neveu qui lui tire dessus avec un revolver. Touché à la jambe, il boitera pour le reste de sa vie.
Malade du diabète Jules Verne, meurt le 24 mars 1905 à Amiens, dans sa maison du 44 boulevard Longueville.


S’agissant des deux romans qui étaient au programme de cette soirée :

- L’Ile Mystérieuse
Jules Verne a écrit ce roman en 3 étapes.
L’œuvre est d’abord publiée en feuilleton dans le Magasin d’éducation et de récréation du 1er janvier 1874 au 15 décembre 1875, puis est reprise en volume dès le 22 novembre 1875 chez Hetzel

- Le château des Carpathes
Le roman est achevé dès 1889. Il est d'abord publié sous forme de feuilleton, du 1er janvier au 15 décembre 1892, dans le Magasin d'éducation et de récréation, avant d'être repris en volume la même année chez Herzel.

jeudi 18 mai 2017

34EME REUNION - LES COUPS DE COEUR DE MONIQUE


« L’argent » d’Emile ZOLA
·  Broché: 308 pages
·  Editeur : CreateSpace Independent Publishing Platform (13 décembre 2016)
·  Langue : Français

L’Argent est un roman naturaliste d’Émile Zola publié en 1891, le dix-huitième volume de la série les Rougon-Macquart. Le héros est Aristide Saccard, frère du ministre Eugène Rougon, qu’on avait déjà vu amasser une fortune colossale dans la Curée. Après une succession de mauvaises affaires, il doit repartir de zéro, mais son ambition est demeurée intacte. Il vend sa luxueuse propriété du parc Monceau afin de régler ses créanciers, puis loue deux étages d’un hôtel où il installe la Banque Universelle, destinée à financer des projets de mise en valeur du Moyen-Orient. Tout est fait pour attirer petits et moyens épargnants, auxquels on promet des gains faciles et rapides. Les communiqués et articles de presse, les rumeurs savamment dosées font s’envoler les titres de la société. Saccard se retrouve à nouveau au sommet de la gloire et de la puissance… construites sur du sable, car il ne cesse d’acheter ses propres actions.






« La nature exposée », d’Erri De LUCA
·  Broché: 176 pages
·  Editeur : Gallimard (2 mars 2017)
·  Collection : Du monde entier

"Comme tu peux le voir, il s'agit d'une oeuvre digne d'un maître de la Renaissance. Aujourd'hui, l'Eglise veut récupérer l'original. Il s'agit de retirer le drapé". J'examine la couverture en pierre différente, elle semble bien ancrée sur les hanches et sur la nudité. Je lui dis qu'en la retirant on abîmera forcément la nature. "Quelle nature ?". La nature, le sexe, c'est ainsi qu'on nomme la nudité des hommes et des femmes chez moi". Dans un petit village au pied de la montagne, un homme, grand connaisseur des routes qui permettent de franchir la frontière, ajoute une activité de passeur pour les clandestins à son métier de sculpteur. C'est ainsi qu'il attire l'attention des médias. Il décide alors de quitter le village. Désormais installé au bord de la mer, il se voit proposer une tâche bien particulière : restaurer une croix de marbre, un Christ vêtu d'un pagne. Réflexion sur le sacré et le profane, sur la place de la religion dans nos sociétés, La nature exposée est un roman dense et puissant, dans lequel Erri De Luca souligne plus que jamais le besoin universel de solidarité et de compassion.



34EME REUNION - COUPS DE COEUR DE GERARD

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 Padura et La Havane

Ce ne sont pas exactement des coups de coeur, mais des guides initiatiques pour découvrir la vie de la Havane et du peuple cubain.
Je recommande donc tout particulièrement les romans de Leonardo Padura dont l’action se situe à La Havane, notamment : 
« Les brumes du passé », 
« Electre à La Havane », 
« L’automne à Cuba », 
« Vents de Carême. Une enquête de Mario Conde », 
« Mort d’un chinois à La Havane »...

Se promener dans les rues de La Havane avec un roman de Padura à la main : une approche de la littérature à la fois authentique, sensuelle et « jouissive ».

Padura dans le quartier de Mantilla à La Havane




Plan de La Havane avec la marque en rouge indiquant le quartier de Mantilla où est né et où vit Leonardo Padilla.

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Un roman déjà cité plusieurs fois, un véritable bijou littéraire : 
 

« Petit pays » de Gael FAYE

Avec le dernier roman de Makine, ce livre est à mon sens ce qui s'est écrit de mieux en France depuis 5 ans. 

Voir les coups de cœur des réunions précédentes.



34EME REUNION - COUPS DE COEUR DE SERGE


« EURO : Par ici la sortie? », de Patrick Artus et Marie Paule Virard

·  Broché: 176 pages
·  Editeur : Fayard (1 février 2017)
·  Collection : Documents

Depuis des mois, « la » question s’invite dans le débat : la création de l’euro ne fut-elle pas une tragique erreur et ne faudrait-il pas « en sortir » au plus vite ? Après le Brexit, le Frexit ?
À Paris comme à Londres ou à Rome, le divorce semble consommé entre l’Europe et des citoyens qui ne croient plus que l’Union européenne soit capable de leur garantir prospérité et emploi, et encore moins de relever les défis des années à venir. La belle idée de fraternité européenne a cédé la place à un euroscepticisme vengeur, fondé sur les déceptions accumulées depuis la création de l’euro et le rejet des classes dirigeantes.
Malfaçons originelles, dérives de la gouvernance… Les auteurs analysent comment l’Europe est arrivée au bord de la dislocation mais surtout pourquoi une « sortie » de l’euro serait une véritable folie qui pénaliserait d’abord les plus fragiles.
Ils formulent aussi des propositions à la fois économiques et institutionnelles pour sauver l’euro et faire de l’Europe un pôle de prospérité et de stabilité dans un monde de plus en plus imprévisible.





« Où va le monde ? » de Pascal Lamy et Nicole Gnesotto

·  Broché: 240 pages
·  Editeur : Odile Jacob (15 février 2017)
·  Collection : OJ.DOCUMENT

Comment en est-on arrivé là ?

Pourquoi le désordre, la violence, le chaos donnent-ils le sentiment d’être les nouvelles règles du système international, alors que
la paix, la prospérité, la liberté, la règle du droit étaient données,
il y a à peine vingt ans, comme les promesses de la fin de la guerre froide ?

Quelles dynamiques dominent aujourd’hui le monde ?

Le marché ou la force ? L’économie ou la géopolitique ?
       
La première va-t-elle réussir à pacifier le monde et l’unir dans un destin commun ?
       
La seconde finira-t-elle par casser l’unification des marchés au profit de désordres et de rivalités incontrôlés ?




34EME REUNION - COUP DE COEUR D'AGNES


« Ma part de gaulois », de Magyd Cherfi

·  Broché: 256 pages
·  Editeur : Actes Sud Editions (17 août 2016)
·  Collection : Domaine français

Printemps 1981, dans une cité d'un "quartier" de Toulouse, un rebeu atypique qui s'idéalise en poète de la racaille escalade une montagne nommée "baccalauréat" : du jamais vu chez les Sarrasins. Sur la ligne incertaine et dangereuse d'une insaisissable identité, le parolier-chanteur de Zebda raconte une adolescence entre chausse-trape et croc en jambes, dans une autofiction pleine d'énergie et de gravité, d'amertume ou de colère, de jubilation et d'autodérision.



34EME REUNION - COUP DE COEUR DE MICHEL ESPAGNON


« Journal (1939-1945) », de Maurice GARCON


·  Broché: 960 pages
·  Editeur : Tempus Perrin (13 avril 2017)
·  Collection : TEMPUS

Le témoignage magistral de l'un des plus grands avocats de son temps, Maurice Garçon (1889-1967).
Ce journal inédit couvre les années 1939 à 1945, consignant les événements, petits et grands, de la guerre, la défaite, l'Occupation et la Libération. Curieux de tout, l'avocat alors au sommet de son art, sillonne Paris et la province et consigne avec un rare talent normatif le fruit de ses rencontres, avec le mérite constant, et rare, de s'interdire toute réécriture. Laissant ainsi transparaître ses atermoiements et ses avis changeants. Son journal déborde. Portraits, anecdotes, détails méconnus foisonnent. Maurice Garçon connaît tout le monde : on croise autant de politiciens que de criminels notoires et de figures du grand monde... Une plongée sans précédent dans les années-noires.

Edition établie, présentée et annotée par Pascal Fouché et Pascale Froment. 




34EME REUNION - COUP DE COEUR DE MARIE-CHRISTINE


« Article 353 du Code pénal», de Tanguy Viel
·  Nombre de pages de l'édition imprimée : 176 pages
·  Editeur : Minuit (3 janvier 2017)

Pour avoir jeté à la mer le promoteur immobilier Antoine Lazenec, Martial Kermeur vient d'être arrêté par la police. Au juge devant lequel il a été déféré, il retrace le cours des événements qui l'ont mené là : son divorce, la garde de son fils Erwan, son licenciement et puis surtout, les miroitants projets de Lazenec.
Il faut dire que la tentation est grande d'investir toute sa prime de licenciement dans un bel appartement avec vue sur la mer. Encore faut-il qu'il soit construit.

Livre sur la route américaine qui fait penser à Faulkner.




34EME REUNION - COUP DE COEUR DE CLAUDE


REVUE ESPRIT
Mars/avril 2017

« Le problème technique »

Malgré ses prouesses, la technique présente des coûts humains, sociaux et écologiques démesurés. Grande pourvoyeuse de solutions, elle est devenue elle-même le problème, qui ne pourra être résolu de façon technique. C’est en effet de nous qu’il faut attendre un changement.


34EME REUNION - COUP DE COEUR DE CHANTAL


« La sonate à Bridgetower », d’Emmanuel DONGALA

·  Broché: 333 pages
·  Editeur : Actes Sud Editions (4 janvier 2017)
·  Collection : ROMANS, NOUVELLES

N'en déplaise à l'ingrate postérité, la célèbre Sonate à Kreutzer n'a pas été composée pour le violoniste Rodolphe Kreutzer, qui d'ailleurs ne l'a jamais interprétée, mais pour un jeune musicien tombé dans l'oubli. Comment celui-ci est devenu l'ami auquel Beethoven a dédié l'un de ses morceaux les plus virtuoses, voilà l'histoire qui est ici racontée. Au début de l'année 1789 débarquent à Paris le violoniste prodige George Bridgetower, neuf ans, et son père, un Noir de la Barbade qui se fait passer pour un prince d'Abyssinie. Arrivant d'Autriche, où George a suivi l'enseignement de Haydn, ils sont venus chercher l'or et la gloire que devrait leur assurer le talent du garçon...

De Paris à Londres, puis Vienne, ce récit d'apprentissage aussi vivant qu'érudit confronte aux bouleversements politiques et sociaux - notamment la mise en cause de l'esclavage aux colonies et l'évolution de la condition des Noirs en Europe - les transformations majeures que vit le monde des idées, de la musique et des sciences, pour éclairer les paradoxes et les accomplissements du Siècle des lumières.



34EME REUNION - COUPS DE COEUR DE CATHERINE


« PLONGER » de Christophe ONO-DIT-BIO

·  Poche: 464 pages
·  Editeur : Folio (29 janvier 2015)
·  Collection : Folio

"Ils l'ont retrouvée comme ça. Nue et morte. Sur la plage d'un pays arabe. Avec le sel qui faisait des cristaux sur sa peau." Un homme enquête sur la femme qu'il a passionnément aimée. Elle est partie il y a plusieurs mois, pour une destination inconnue, le laissant seul avec leur petit garçon. Elle était artiste, elle s'appelait Paz. Elle était solaire, inquiète, incroyablement douée. Elle étouffait en Europe. Pour son fils, à qui il doit la vérité sur sa mère, il remonte le fil de leur amour, leur rencontre, les débuts puis l'ascension de Paz dans le monde de l'art, la naissance de l'enfant, et essaie d'élucider les raisons qui ont précipité sa fin. Des trésors de la vieille Europe aux mégapoles du Nouveau Monde, du marbre des musées au sable des rivages où l'on se lave de tout, Plonger est l'histoire d'un couple de notre temps. En proie à tous les vertiges d'une époque où il devient de plus en plus difficile d'aimer.





 
REVUE « AMERICA »

America, America ! Une nouvelle Amérique ? Créer un nouveau magazine quand on évoque la disparition inéluctable de la presse papier est un défi qui ne semble pas effrayer François Busnel et Éric Fottorino. 
Avec la revue America ils veulent s’attacher à déchiffrer et comprendre l’Amérique qui a élu Trump à sa tête. Un premier numéro réussi et prometteur. L’Amérique comme vous ne l’avez jamais lue…