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samedi 15 octobre 2016

31EME REUNION - BREF RESUME DE NOS DEBATS PAR GERARD


Avant d’entrer dans le  vif du sujet, précisons que plusieurs d’entre nous ne sont pas véritablement « entrés » dans Orlando : certains sont allés jusqu’au bout du livre, tandis que d’autres ont abandonné après quelques dizaines de pages. Les raisons invoquées sont diverses, elles ont trait au style narratif de Virginia Woolf, au contenu même du livre ou encore aux conditions de lecture. Il est vrai que l’environnement dans lequel on se trouve, la période de vie qui est la nôtre ou encore la disponibilité d’esprit du moment peuvent jouer un grand rôle dans le fait d’entrer ou non en symbiose avec un texte et/ou un écrivain.
Ceux qui ne sont pas entrés dans le roman, n’ont contesté ni le talent de Virginia Woolf, ni l’aspect novateur de son écriture, ils ont pour la plupart remis à plus tard une nouvelle lecture d’Orlando.

Une grande partie de notre groupe a réellement apprécié Orlando. Mais dans l’adhésion à l’œuvre on a pu constater plusieurs niveaux : il y a d’abord les inconditionnels de Virginia qui ont vu dans Orlando une invention narrative sur un mode léger, teinté d’humour, de complicité avec le lecteur et surtout de passion pour Vita d’une part, et pour la littérature d’autre part. il y a ceux qui ont aimé le livre, mais qui lui ont préféré Mrs. Dalloway, œuvre plus accomplie, plus travaillée dans laquelle Virginia Woolf donne la pleine mesure de son talent. Il y a enfin ceux qui ont été séduits par certains aspect de l’œuvre, notamment par les descriptions de paysages, d’atmosphères ou d’instants fugaces, mais qui ont aussi émis des critiques sur telle ou telle partie du roman, la fin notamment, ainsi que sur certaines longueurs.
Des premiers échanges ont eu pour thème différents épisodes de la vie de Virginia Woolf, chacun a pu apporter sa pierre à l’édifice.

S’agissant maintenant d’ »Orlando », plusieurs thèmes ont retenu notre attention et animé nos échanges :
-          Bien sûr le thème de la bissexualité et du transformisme. Ce thème a déjà été traité en littérature, mais nous avons quand même relevé l’audace dont a fait preuve Virginia en en 1927/1928 en mettant sous les projecteurs, dans le livre sa relation passionnée avec Vita Sackville West, une femme très attirante qui brillait de mille feux et qui elle-même écrivait.

-          Aussi  l’importance du temps et de sa perception. Le temps qui est une facette de ce qui périt avant de se renouveler. Plusieurs d’entre nous ont relevé dans le livre les différentes phases de sommeil d’Orlando souvent annoncé par des tintements de cloches

-          Le jeu des couleurs et le caractère impressionniste du roman, nous avons tous été séduits par la scène du dégel de Londres, scène admirable qui donne une idée du talent pictural de l’auteure

-          L’engagement pour le féminisme : à de multiples repris dans le livre est évoqué le positionnement des femmes dans la société, particulièrement à l’époque victorienne.

-          La folie, les symptômes bipolaires, l’irruption permanente de l’imaginaire dans le réel, les dépressions souvent liées à la mort d’êtres chers, sœur, mère, frère, père… et en définitive le suicide. Nous avons d’ailleurs cité dans nos débats le très beau film « The Hours » de Stephen Daldry, sorti en 2002, qui met en scène trois femmes vivant à des époques différentes, dont Virginia sombrant dans la folie, et qui gravitent autour de Mrs Dalloway et dont « The Hours » était le titre d’origine. Dans ce film la scène du suicide est particulièrement émouvante. La prestation des trois actrices est remarquable.

-          Nous avons aussi évoqué le style et la technique narrative de Virginia Woolf à travers Orlando, mais aussi à travers ses autres œuvres. Dans Orlando, nous avons relevé le caractère épique du roman dans les premiers chapitres et aussi le positionnement du narrateur-biographe qui entame des apartés avec le lecteur et le basculement dans les dernières pages du livre vers un monologue intérieur d’Orlando qui s’accompagne de la disparition du narrateur. Ce jeu du monologue intérieur qui apparaît souvent comme la « marque de fabrique » de Virginia a séduit plusieurs d’entre nous.

-          Parlant des grands écrivains nous avons établi des ponts entre Virginia Woolf :

o   et Henry James (dont un livre au moins a été publié par Virginia et son mari) qui a fait récemment l’objet d’une de nos réunions avec « Le motif dans le tapis » (1896),

o   et James Joyce dont le livre le plus célèbre « Ulysse » (1918), relate les pérégrinations de Leopold Bloom et Stephen Dedalus, à travers la ville de Dublin lors d'une journée ordinaire entre 8h du matin et 3h de la nuit suivante ; cet auteur totalement novateur recours à un procédé narratif qu’on a coutume d’appeler  le courant de conscience, technique qui consiste à décrire le point de vue du personnage en projetant au premier plan les pensées qui viennent à l’esprit de ce dernier, sans  suite logique. Virginia Woolf a vertement critiqué « Ulysses », dans son Journal, « un dévidoir d’indécences », « grossier », « le livre d’un manœuvre autodidacte » (16 août 1922) et elle a refusé de le publier chez Hogarth Press la maison d’édition dont elle était propriétaire avec son mari.

o   et Marcel Proust, dont l’écriture présente de nombreux points communs avec celle de Virginia Woolf, en particulier sur les problèmes de la durée romanesque et le souci d'une forme d'art qui puisse "redessiner", recréer le monde discontinu de la vie. » (in blog  http://republique-des-lettres.fr/virginia-woolf-0000.php)


Nul doute que bien d’autres thèmes ont été abordés lors de cette soirée, malheureusement les notes manuscrites me font défaut, si vous avez des ajouts à effectuer n’hésitez pas à me contacter.

31 EME REUNION - PRESENTATION D'ORLANDO PAR GERARD



Orlando se présente comme un conte fantastique et historique. Fantastique parce qu'il survole plusieurs époques en s'affranchissant  du temps et historique, pare qu'il se nourrit de personnages politiques ou littéraires ayant réellement existé. 
Mais le narrateur soi-même, à la page 65 de l’édition de Poche, estime qu'il est biographe.

Le roman est construit à partir de certains événements de la vie de Vita Sackville-West. Cette dernière trouvera dans Orlando à la fois un fabuleux poème se nourrissant de la relation amoureuse entre les deux femmes et un récit totalement novateur marquant une véritable rupture avec les techniques narratives de l’époque.

« Toute personne désirant se vouer à l’écriture d’un roman devrait lire Orlando en réfléchissant à toute la force créatrice de la vie que doit apporter la création littéraire. J’insiste sur le verbe « devoir », car les livres de Virginia Woolf respirent la nécessité intrinsèque d’exister. Ces textes devaient être écrits, imprimés, lus et ressentis, et défendus pour être de nouveau imprimés, lus et ressentis. Tout auteur qui respecte le geste d’écrire doit rédiger avec l’encre de cette nécessité, plus forte que le silence. » Richard Dalla Rosa (http://salon-litteraire.linternaute.com/fr/virginia-woolf/review/1799184-n-ayons-pas-peur-de-virginia-woolf)
 Photo de VITA-ORLANDO
·       Chapitre  1 : les fastes de la Cour et la passion amoureuse

L'intrigue débute au XVIème siècle. Orlando est un adolescent, aristocrate qui bénéficie des largesses de la reine Elizabeth 1er, dernière de la dynastie des Tudor (1558-1603), en contrepartie de ses bienveillants respects. La reine lui donne des terres, des maisons. C’est à la fois la période de l’innocence des origines et de la sérénité.

Lors du grand gel qui s'abat sur l'Angleterre durant le règne de Jacques Ier et qui donne lieu à un extraordinaire tableau brossé par l’auteure, Orlando tombe éperdument amoureux d'une princesse russe : Sacha (prénom pour le moins ambigu) Il connaît alors les fulgurances d’une passion dévorant, avec tous ses éclairs de bonheur indicible, mais aussi ses gouffres insondables. La jeune princesse tant aimée le trahit subitement en s’enfuyant sur un navire avec un beau marin. Trahison, terrible déception.

·       Chapitre 2 : désenchantement et amour de la littérature

, banni de la Cour et en grande disgrâce se retire dans sa grande maison, à la campagne. Il y vit en totale solitude. Un matin il ne se réveille pas de son sommeil, signe d’une mutation intérieure. Il tombe ensuite malade. Cette maladie qui le mine n’est rien d’autre que l’amour de la littérature. Ici, Orlando c’est Virginia. Il se consacre à la poésie (premières tentatives de reprendre Le Chêne qu’il commença à composer dès 1586).

Vient ensuite à sa rencontre un personnage très curieux et que l’on  retrouvera à une autre époque. Il s’agit de Nick Greene, sorte de critique littéraire ridicule et infatué de lui-même grâce auquel Virginia nous plongeons dans la période littéraire des Elisabéthains avec Shakespeare, Ben Jonson, Marlowe, Greene et Fletcher. Et Greene de critiquer avec sévérité et condescendance : « L’âge d’or de la littérature est fini ; l’âge d’or de la littérature c’était l’âge grec. Les Elisabéthains étaient inférieurs aux Grecs à tout point de vue » énonce-t-il p.613

Orlando rencontre ensuite l’archiduchesse Harriet Griselda de Finster Aarhorn et Scand op Boom et leur relation plutôt fuyante donne lieu à des scènes humoristiques. Plus loin dans le roman, ladite archiduchesse deviendra l’archiduc Harry, confortant ainsi le thème central du livre, l’androgynie et la bissexualité.

Orlando cherche à fuir cette archiduchesse qui envahit sa vie et il demande au roi Charles II de l’envoyer à Constantinople comme ambassadeur extraordinaire.




·       Chapitre 3 : Constantinople et la transformation

Ambassade mouvementée, toute en magnificence et en fêtes.

L’auteur décrit le charme d’Orlando : «C’est un mystérieux pouvoir où entrent la beauté, la naissance et un don plus rare : appelons ça le charme sans chercher plus loin. « Un million de chandelles » comme l’avait dit Sasha, brûlaient en lui et sans qu’il dût se préoccuper d’en allumer une seule… Il devint le dieu de bien des femmes et de quelques hommes. »

Le mariage illégitime, mais attesté par un écrit avec la danseuse bohémienne Rosita Lolita suivi d’une insurrection locale contemporaine d’une longue phase de sommeil, de léthargie, déclenchée lors de la supposée et incertaine nuit de noces, débouche sur la métamorphose d’Orlando en femme.

« Et, là-dessus Orlando s’éveille.

Il s’étire, il se lève. Il apparaît totalement nu à no yeux et, tandis que les trompettes clament « la Vérité ! la Vérité ! », force nous est de l’avouer, il est devenu femme. »

Orlando, femme, part avec les Bohémiens et vit avec eux.

Elle éprouve à nouveau le besoin d’écrire. L’incompatibilité entre les deux cultures, britannique et bohémienne fait qu’Orlando quitte ceux-ci.


Chapitre 4 : retour au pays

Orlando-femme retourne alors en Angleterre au moment où s'éveille le XVIIIème siècle.

Enfin vêtue en femme après avoir porté des vêtements asexués et ambivalents au cours de sa vie errante tzigane, elle découvre la différence des rapports masculin-féminin, les clefs de la séduction et des artifices de la femme (par exemple les mouches), la condition inférieure de son sexe et les pesanteurs sociales.

Nous sommes passés au début du XVIIIe siècle, à la fin du règne d’Anne (1702-1714) et Virginia Woolf en profite pour placer la rencontre d’Orlando avec les écrivains importants Pope, Swift et Addison.

Orlando est une femme en procès, spoliée, dépossédée de ses droits et de ses titres. Elle se trouve, dans ses errances en habit d’homme, confrontée aux femmes de condition modeste, aux prostituées.




Chapitre 5: le XIXe siècle

Très beau passage : mise en parallèle de la tombée de la nuit, du changement de journée via les douze coups de minuit, et du passage d’un siècle (le XVIIIe) à l’autre. Virginia Woolf met cette accélération du temps à profit pour développer son aversion pour l’époque victorienne qu’elle juge ténébreuse.

Voici un extrait de ce formidable morceau de littérature :

«  L’humidité pénétra à fond. Le froid gagna le cœur des hommes, l’humidité leur monta à la tête. Dans un effort désespéré pour donner à leurs sentiments un nid plus chaud, ils essayèrent de tous les moyens, tour à tour. On emmaillota l’amour, la naissance et la mort dans de multiples belles phrases. Les sexes s’éloignèrent de plus en plus l’un de l’autre. On ne toléra plus la moindre discussion ouverte. Dans chaque camp on pratiqua assidûment la dissimulation et l’échappatoire. Aux orgies de lierre et de verdure dans le sol détrempé de l’extérieur, correspondait une fécondité équivalente à l’intérieur. L’existence de la femme moyenne était une succession de grossesses. Elle se mariait à dix-neuf ans et, à trente ans, elle avait quinze ou dix-huit enfants ; car les jumeaux abondaient. C’est ainsi que naquit l’Empire britannique. Ainsi, (car on n’arrête pas l’humidité : elle s’introduit dans l’encrier tout comme dans les boiseries) les phrases gonflèrent, les adjectifs se multiplièrent, les sonnets devinrent des épopées et les petits essais, ces fantaisies longues d’une colonne, furent désormais des encyclopédies en dix ou vingt volumes. » p. 223

Orlando, par une sorte de refus, se réfugie dans l’espace privé de sa vieille demeure de Blackfriars, où elle se replonge dans l’écriture du poème Le Chêne.

Elle critique très sévèrement cette époque où le rôle réservé aux femmes est tout simplement révoltant.

Orlando rencontre subitement Marmaduke Bonthrop Shelmerdine, sorte d’aventurier des mers et d’explorateur.

« Le cheval était presque sur elle. Elle se redressa. Au-dessus d’elle, elle vit une ombre qui se détachait sur le ciel strié de jaune de l’aurore, dans un envol de vanneaux : c’était un homme à cheval. Il sursauta. Le cheval s’arrêta.

« Madame ! » s’écria l’homme en sautant à terre, « vous êtes blessée ! »

« Monsieur, je suis morte ! » répondit-elle.

Quelques minutes plus tard, ils étaient fiancés. » p. 242

Orlando a rencontré celui qu’elle attendait, elle ne peut s’épanouir qu’avec un être du même acabit. Chaque trait de caractère étant précisément attribué à un sexe au XXe siècle encore, sa sensibilité et la fantaisie de son esprit le rapproche en effet des femmes. Dans cette union se lit en filigrane l’amour véritable de Virginia Woolf pour Vita Sackville West.

Le chapitre 5 s’achève sur la scène des noces.

Chapitre 6 : le XXème siècle

Orlando habite maintenant à Mayfair, après Blackfriars, lorsqu’elle retrouve Nick Greene, qui, par esprit de contradiction, encense désormais les grands écrivains élisabéthains pour mieux rejeter les poètes et écrivains les plus célébrés du milieu du XIXe siècle, à savoir Tennyson, Browning et Carlyle

L’histoire nous emmène de manière rapide à la date du jeudi 11 octobre 1928. L’on passe en quelques lignes de Victoria au XXe siècle, via une brève évocation du règne d’Edouard VII. Orlando est maintenant un écrivain primé, reconnu pour Le Chêne, une poétesse émancipée ;

Orlando revient dans sa grande maison  encore habitée par les ombres, les illusions des siècles qu’elle a traversés, où le moindre objet et ustensile s’est imprégné des traces des personnages illustres qu’elle connut, en successions fugitives de fragments de scènes se télescopant dans sa mémoire, avec cette extraordinaire mise en perspective, en plans de plus en plus distants, éloignés dans le temps, jusqu’à ce mystérieux moine, spectre le plus lointain (remonterait-il à Chaucer ?). Tout finit par s’évanouir, galerie et personnages, sous les coups d’une horloge.
Le roman s’achève par la perception et l’évocation nocturne de paysages et d’autres fantômes du passé, jusqu’à ce que le vol de l’avion ramène Orlando en 1928 alors que minuit sonne.


Le style

Le texte est baroque, excessif, d’un excès assumé, presque surréaliste, par l’accumulation labyrinthique des détails égarant les lecteurs peu accoutumés à ce style.

C’est un immense poème symphonique ramassé, condensé, où la prolifération est rendue nécessaire par la volonté de Virginia Woolf de ne pas s’étendre sur des volumes entiers.

L’écriture ressemble à une promenade à travers les âges, comme souvent chez l’auteure qui délaisse l’action conventionnelle au profit des déambulations physiques et psychologiques d’Orlando.

La narration est de facture relativement classique dans la première partie de l’œuvre.

Dans les derniers chapitres on retrouve le monologue intérieur cher à l’auteur.

Orlando exprime sa propre voix, et prend le pas sur le narrateur à la fin du livre.


La liberté de l’écriture

Une immense variété de styles et de tons dans ce livre. C’est comme si le roman retraçait le cours de l’histoire de la littérature, à laquelle Virginia Woolf a consacré plusieurs articles réunis dans son Art du roman.




Le temps

Orlando est l’expression littéraire de la relativité. Le calendrier, le marquage des heures, le passage des époques, par une translation accélérée, la présence des horloges sonnantes, sont des motifs obsédants, presque permanents dans le livre sur lequel rode une odeur de mort omniprésente. L’heure de minuit, que l’on prétend fatidique, en leitmotiv, est chaque fois celle des événements importants émaillant le récit, jusqu’à sa conclusion.

Il y a de nombreux passages dans le livre qui évoquent le temps et son élasticité.
" Malheureusement le temps, qui apporte aux animaux et aux légumes épanouissement et déclin avec une ponctualité étonnante, n'a pas un effet aussi simple sur l'esprit humain. De plus, l'esprit humain métamorphose avec une égale bizarrerie le corps du temps. Une heure, dès qu'elle s'abrite dans le curieux habitacle de l'esprit humain peut s'allonger jusqu'à durer cinquante ou cent fois ce qu'indique l'horloge; par ailleurs une seconde peut suffire pour représenter avec précision une heure à la pendule que nous avons dans la tête. On ne connaît pas assez ce décalage extraordinaire entre le temps de l'horloge et le temps de l'esprit; il mériterait une enquête approfondie." p. 98. Bref, Virginia nous fait du Bergson ("Les données immédiates de la conscience" thèse de doctorat 1889).

vendredi 14 octobre 2016

QUELQUES CLICHES DE NOTRE AUGUSTE ASSEMBLEE SIGNES JOSEPH


La soirée commence par un condensé biographique de Virginia Woolf



Chacun a l'occasion de donner son point de vue sur Orlando.


Certains ont aimé, d'autres ont eu du mal à entrer dans le roman.


Monique parle de Mrs Dalloway.


Joseph repère les meilleurs angles...


Pendant que d'autres convives cherchent à pénétrer les secrets de la technique narrative de Virginia, du moins c'est ce qu'on pourrait croire !


Là on parle de l'empereur de Russie et du cadeau qu'il a fait au grand-père de Jean Bernard... au CREUSOT !!!

dimanche 2 octobre 2016

31 EME REUNION - COUPS DE COEUR DE CHANTAL ET DE MICHEL


« Journal d'un écrivain en pyjama », de Dany Laferrière

·         Poche: 336 pages

·         Editeur : Le Livre de Poche (2 janvier 2015)

·         Collection : Littérature; Documents


Présentation de l'éditeur
« Le pyjama est un étrange habit de travail. » C’est sur son métier que Dany Laferrière a choisi d’écrire dans Journal d’un écrivain en pyjama. Après trente ans de publications, il livre cent quatre-vingt-deux chroniques, comme il les appelle, où se mêlent réflexions, anecdotes, pensées. Avec la désinvolture qui caractérise son style, l’écrivain propose des conseils – « Comment débuter une histoire », « La description d'un paysage », « La mémoire de l’enfance » –, tout en partageant avec le lecteur son expérience et son goût pour la littérature. Une manière aussi de communiquer sa reconnaissance à ceux qui l’ont accompagné dans son parcours d’écriture : Homère, Borges, García Márquez, Capote… et puis tous les anonymes.
Dany Laferrière nous offre le portrait de l’écrivain encore inconnu. Avant l’heure. Avant l’œuvre. En pyjama. Un petit manuel plein d’humour pour écrivains en herbe. Aliocha Wald Lasowski, Le Magazine littéraire.

Biographie de l'auteur
Né à Haïti en 1953 et vivant au Canada depuis plus de trente ans, Dany Laferrière est l’auteur de romans salués par la critique : Le Goût des jeunes filles (2005), Vers le Sud (2006), Je suis un écrivain japonais (2008). Il pose d’une manière toute personnelle la question de l’identité et de l’exil.
 

 
« Lune de Glace » de Jan COSTIN WAGNER

·         Broché: 320 pages

·         Editeur : ACTES SUD (13 octobre 2012)

·         Collection : Babel noir

 


Quatrième de couverture

Dans une chambre d'hôpital, l'inspecteur finlandais Kimmo Joentaa assiste, impuissant, à la mort de sa jeune épouse, atteinte d'une maladie incurable. D'abord anesthésié par cette disparition, Kimmo sombre dans un chagrin terrible, à la fois mutique, furieux et traversé d'hallucinations dues au manque de sommeil. Dès le lendemain, l'inspecteur, qui refuse de prendre quelques jours de congé, est chargé par ses supérieurs d'une affaire de meurtre : une jeune femme a été étouffée pendant son sommeil. La porte de sa villa n'a pas été fracturée et aucun vol n'a été constaté. Très vite, la mort de cette inconnue rappelle à Kimmo celle de sa femme et son désespoir redouble. C'est d'ailleurs cette douleur si lourde à porter qui va rapprocher le policier et l'assassin, ces deux protagonistes incapables d'affronter la vie telle qu'elle est. Entre le chasseur et sa proie, une étrange relation d'empathie va s'installer... À mi-chemin entre le pur thriller et le roman psychologique, Lune de glace est un roman envoûtant. --Ce texte fait référence à une édition épuisée ou non disponible de ce titre.

Biographie de l'auteur

Né en 1972, Jan Costin Wagner vit la moitié de l'année à Francfort et l'autre en Finlande, patrie de son épouse. Ses romans sont traduits dans de nombreuses langues. En France il a publié : Lune de glace (Gallimard, 2006), Le silence (Jacqueline Chambon, 2009, lauréat du Deutschen Krimipreis et adapté au cinéma par Baran Bo Odar sous le titre Il était une fois un meurtre), L'hiver des lions (Jacqueline Chambon, 2010) et Lumière dans une maison obscure (Jacqueline Chambon, 2012), qui tous relatent des enquêtes de Kimmo Joentaa.

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Chantal nous a recommandé également les livres de Craig JOHNSON qui place ses personnages dans le Wyoming et dans la maison cheyenne.

Craig Johnson a exercé des métiers aussi divers qu'officier de police, professeur d'Université, cow-boy, charpentier et pêcheur professionnel. Il est également l'auteur de la série Walt Longmire, qui compte cinq titres à ce jour, et possède un ranch sur les contreforts des Bighorn Mountains, dans le Wyoming.

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Enfin Chantal a lu un livre naguère recommandé par Serge : "Effondrement" de Jared Diamond.
L'auteur explique pourquoi certaines sociétés ont disparu. Ces disparitions sont toujours liées à la destruction de l'environnement. Certaines ont su rattraper leurs erreurs quand d'autres ont refusé de revoir leur mode de vie.
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Michel Espagnon nous a recommandé le livre "Rue Darwin" de Boualem Sansal.



  • Poche: 304 pages
  • Editeur : Folio (7 mars 2013)
  • Collection : Folio

  • Présentation de l'éditeur

    Après la mort de sa mère, Yazid, le narrateur, décide de retourner rue Darwin dans le quartier Belcourt, à Alger. «Le temps de déterrer les morts et de les regarder en face» est venu. Une figure domine cette histoire : celle de Lalla Sadia, dite Djéda, toute-puissante grand-mère dont la fortune s’est bâtie à partir du bordel jouxtant la maison familiale. C’est là que Yazid a été élevé, avant de partir pour Alger. L’histoire de cette famille hors norme traverse la grande histoire tourmentée de l’Algérie, des années cinquante à aujourd’hui. Encore une fois, Boualem Sansal nous emporte dans un récit truculent et rageur. Les héros y sont les Algériens, déchirés entre leur patrie et une France avec qui les comptes n’ont toujours pas été soldés. Il parvient à introduire tendresse et humour jusque dans la description de la corruption, du grouillement de la misère, de la tristesse qui s’étend…

    Biographie de l'auteur

    Né en 1949, Boualem Sansal vit à Boumerdès, près d'Alger. Le village de l'Allemand a été récompensé par le Grand Prix RTL-Lire 2008, le Grand Prix SGDL du roman et le Grand Prix de la francophonie 2008. Rue Darwin, son dernier roman, a reçu le prix du Roman arabe 2012.
     


    Enfin Michel a évoqué :

    - Colette : "Chérie".

    ainsi que la pièce de théâtre "l'Affaire Desarthe", satyre de l'art conceptuel


     

    31 EME REUNION - COUPS DE COEUR DE JOSEPH


    « Arrogant » d’Antoine Glaser

    ·         Broché: 192 pages

    ·         Editeur : Fayard (9 mars 2016)

    ·         Collection : Documents

     

     
    Présentation de l'éditeur
    La France se réveille en Afrique avec la gueule de bois. Elle pensait que tout y était encore sous son contrôle et que sa « science africaine » était infaillible. Tout cela n’est qu’un leurre : les destinées politiques, religieuses, sociales et économiques de ce continent lui ont complètement échappé.
    Par arrogance, les dirigeants français ne se sont jamais véritablement intéressés à la complexité de l’Afrique. Quant à ceux qui s’y sont installés tout au long de la guerre froide – coopérants venus pour enseigner ou militaires y vivant en famille –, ils ont plus souvent cherché à former des Africains à leur image qu’à comprendre leurs spécificités et leurs désirs. D’ailleurs, en France même, n’aime-t-on pas que les Afro-Français qui nous ressemblent ?
    Aujourd’hui, la France paie cher cette arrogance. Les anciennes générations lui reprochent son ingratitude, tandis que les jeunes diplômés refoulés aux portes des consulats préfèrent poursuivre leurs études ailleurs. Les plus grands groupes industriels français perdent des contrats qu’ils pensaient leur être dus et des parts de marché face à leurs concurrents chinois. Les congrégations catholiques françaises sont vivement concurrencées par les Églises de réveil (évangéliques, pentecôtistes, charismatiques…), sans parler de l’expansion de l’islamisme radical.
    La méconnaissance de l’Afrique et des Africains a conduit la France à des analyses anachroniques et à sous-estimer la richesse de ce continent et de sa diaspora. C’est ce mépris qu’Antoine Glaser s’emploie à dénoncer ici. Il est temps de cesser de donner des leçons et d’apprendre de l’Afrique !
     

    Biographie de l'auteur
    Antoine Glaser est journaliste et écrivain. Il a fondé La Lettre du continent, lettre bimensuelle consacrée à l’Afrique. Il a également été le directeur de la rédaction d’Africa Intelligence. Parmi ses derniers ouvrages parus, Sarko en Afrique, avec Stephen Smith (Plon, 2008), et Africafrance. Quand les dirigeants africains deviennent les maîtres du jeu (Fayard, 2014).

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     Afriques - Entre puissance et vulnérabilité de Philippe Hugon

    ·         Broché: 272 pages

    ·         Editeur : Armand Colin (17 août 2016)

    ·         Collection : Comprendre le monde

     

    Présentation de l'éditeur
    L’Afrique contemporaine échappe aux représentations dominantes qui tentent de la saisir. Tel un volcan, elle déploie à la fois ses énergies, sa violence et sa fertilité. Côté pile, elle est perçue comme le continent des conflits, des épidémies et des famines. Côté face, c’est une économie émergente, nouvelle frontière de l’économie mondiale.
    Pour retranscrire toutes les nuances de cette Afrique contrastée et plurielle, il faut décentrer le regard et aller voir au-delà des théâtres d’ombres politiques ou médiatiques. Le poids de l’histoire et de la colonisation, la diversité des cultures et des structures sociales sont essentiels à sa compréhension.
    De même, sa présence sur la scène internationale et sa place dans la mondialisation ne peuvent être négligées. Enfin, c’est un continent de défis qui se révèle : explosion démographique, réchauffement climatique, terrorisme, etc. Ils sont autant de risques et d’opportunités pour l’avenir.


    Biographie de l'auteur
    Philippe Hugon est professeur émérite à Paris Ouest Nanterre, directeur de recherche à l’IRIS et membre de l’Académie des Sciences d’Outre-Mer. Il est l’auteur d’une vingtaine d’ouvrages sur l’Afrique, l’économie du développement, l’économie politique internationale, et la géopolitique.

     

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    Suicide de l'Occident, suicide de l'humanité ? de Michel Rocard

    ·         Broché: 432 pages

    ·         Editeur : FLAMMARION (18 février 2015)

    ·         Collection : DOCS, TEMOIGNAG

     



    Présentation de l'éditeur
    Au cours d'une vie publique où il a toujours pris soin de conjuguer action et réflexion, engagement politique et travail idéologique, Michel Rocard a eu l'occasion d'analyser avec acuité les évolutions de la société occidentale. Et, au-delà, du mode de vivre et de penser de l'humanité. Aujourd'hui, son constat est sans appel : notre société est en train de se suicider. La spéculation et la cupidité ont asphyxié l'économie. La marchandisation étouffe l'humanité et le ravage de la niche écologique menace la vie. Le précipice a beau s'approcher dangereusement, nous continuons allègrement notre marche vers l'effondrement. Pourtant, au milieu de ce marasme, des options permettent de corriger les erreurs commises. Ni le système économique ni les structures sociales ne sauraient être des facteurs d'inhibition : c'est donc à nous qu'il revient d'œuvrer collectivement et intelligemment pour saisir les opportunités de changer de chemin, recréer les conditions d'une société apaisée, d'une nature respectée et d'une humanité retrouvée.

    Biographie de l'auteur
    Michel Rocard : Plusieurs fois ministre, ancien Premier ministre (1988-1991) et leader de la deuxième gauche, il demeure une figure morale et indépendante de la gauche

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    "Les rimbaldolâtres" de Jean-Michel Djian

    ·         Broché: 128 pages

    ·         Editeur : Grasset (27 mai 2015)

    ·         Collection : Littérature Française

     


    Présentation de l'éditeur
    Tout semble avoir été dit sur Rimbaud. Tout. De son vivant déjà, Verlaine l’avait rangé dans son recueil des Poètes maudits, et on n’avait jamais vu maudit si fameux. Le mythe s’augmentait de l’absence, le poète abandonnant la poésie et partant pour le Harar. Rimbaud est très vite devenu plus que Rimbaud, plus que sa poésie. Tout de suite sont apparus des « rimbaldolâtres », qui l’ont utilisé pour leur cause. Catholiques, surréalistes, révolutionnaires, rockers, tant d’autres !
    En allant à la rencontre les rimbaldolâtres du XXIe siècle, biographes exaltés, essayistes maniaques, passionnés sincères, écrivains, cinéastes, hommes de télévision, jusqu’à Patti Smith qui, cent vingt ans après sa mort, lui a rendu un hommage public dans l’église Saint-Rémi de Charleville-Mézières, ce livre nous raconte la création d’une mythologie moderne.
    Seulement, plus on s’approprie Rimbaud, moins il est là. Plus on croit l’étreindre, plus il nous échappe. Cessant d’être poète, il est devenu, sous le regard érudit et jaloux des rimbaldolâtres une star, un extraterrestre. Son mystère est devenu la proie de tous les fantasmes.
    D’un style drôle et mordant, l’auteur nous révèle une face méconnue de ce continent littéraire, où prospère une légende dont on se demande qui elle sert le plus : l’idole ou ses dévots?


    Biographie de l'auteur
    Jean-Michel Djian est journaliste, écrivain et producteur à France Culture. Il est l’auteur de Ministre ou rien (Flammarion).