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lundi 10 décembre 2018

40EME REUNION - PRESENTATION DE LA BIOGRAPHIE D'ERNEST HEMINGWAY PAR MONIQUE

Avant la présentation de Monique, nous sommes très fiers d'avoir fêté, non pas Paris, mais notre "Square Littéraire" qui en est à sa quarantième réunion.

Merci à tous pour votre chaleureuse et assidue participation depuis le 5 juin 2009, date de notre première réunion au Square Trousseau.


Monique nous a présente Ernest HEMINGWAY, l'homme et l'écrivain. Voici le texte de sa présentation.
"Ce qui peut arriver de mieux à un écrivain, c'est de vivre une enfance malheureuse."
Le 21 juillet 1899, un gros bébé de cinq kilos, prénommé Ernest Miller, voit le jour à Oak Park, commune huppée des faubourgs de Chicago. 
La mère, Grace, est professeur de chant. Contralto à la carrière avortée ,elle se comporte en diva. Le père, Clarence Edmonds - surnommé Ed -, est médecin.
Grace Hemingway a donné à son fils aîné le prénom de son propre père, héros de la guerre de Sécession. Ernest a quatre sœurs et un petit frère. Leur mère les initie aux arts mais Ernie ne supporte pas l'ancienne cantatrice devenue... castratrice. Elle l'appelle "poupée chérie", l'habille en fille et refuse de lui couper les cheveux. Il la qualifiera plus tard d'égoïste, d'hystérique et même de "salope".
Ernest apprécie la compagnie de son père, qui l'emmène pêcher la truite dès l'âge de trois ans. Il évoquera, dans la nouvelle Père et fils, les merveilleux moments passés à Walloon Lake, Michigan, en territoire indien.
A l'école, doué en anglais, en latin mais aussi en sciences et en algèbre, Ernest est souvent premier de sa classe. Il dévore le Robinson Crusoé de Defoe, Walter Scott, Dickens, Mark Twain, Kipling, tous écrivains de l'action, de l'aventure et des grands espaces. 
Au sortir du collège, renonçant à l'université, Hemingway entre comme reporter au Star de Kansas City. Journaliste, il apprend à « écrire des phrases claires, éviter les adjectifs passe-partout, faire des récits intéressants, des phrases courtes dans un anglais vigoureux et souple ». C'est donc dans le journalisme qu'il apprend ce style sec, rigoureux, ce laconisme de procès-verbal et cet art de regarder. Ernest Hemingway n'abandonnera jamais le journalisme : il sera reporter en Europe, en Asie et en Orient. Trente-cinq ans de journalisme nourrissent son œuvre.
En 1914, Ernest Hemingway rêve de participer à la Grande Guerre. Mais il est réformé en raison de sa mauvaise vue. Il s'engage comme volontaire de la Croix-Rouge. Le 8 juillet, il se trouve dans une tranchée avec trois hommes quand un obus autrichien tombe sur eux. Les jambes d'Hemingway sont criblées d'éclats. Il parvient à hisser le seul survivant sur son dos et à le porter sous le feu ennemi. 
le jeune Hemingway regagne son pays en janvier 1919. On accueille en héros le premier Américain à revenir blessé du front italien. A Chicago, il fait la connaissance de Sherwood Anderson, écrivain en vogue qui prône la révolution des lettres américaines par le dépouillement du style. Anderson a vécu à Paris et encourage Hemingway à l'imiter. 
Il rencontre aussi Elizabeth Hadley Richardson, une jolie rousse de huit ans son aînée. Ils se marient en septembre 1921.
Il suit le conseil d'Anderson et se fait engager comme correspondant en Europe du Toronto Star, décidé à faire ses débuts littéraires dans la ville des Lumières. 
Sherwood Anderson lui a remis des lettres de recommandation à l'attention de ses amis Gertrude Stein, Sylvia Beach, Ezra Pound et James Joyce. Autant dire l'avant-garde de la petite colonie anglo-saxonne. 
En 1919, les Etats-Unis ont ratifié l'amendement sur la prohibition de l'alcool. Pour les artistes américains, les Etats-Unis ne sont plus synonymes de liberté mais d'hypocrisie. Et Paris symbolise la modernité. Ses terrasses de café ne désemplissent pas. Montparnasse pullule de peintres, de musiciens et de poètes. Un carrefour obligé pour tout écrivain en mal de reconnaissance. La France offre un avantage supplémentaire aux Américains : le taux de change est particulièrement intéressant.
A parcourir les capitales d'Europe pour le Toronto Star - Hem s'épuise. Cela l'empêche de peaufiner ses nouvelles et de se lancer, enfin, dans le roman. Il finit par démissionner en 1924 et mettra encore deux ans pour publier Le soleil se lève aussi
En 1927, il divorce pour épouser sa maîtresse Pauline Pfeiffer, journaliste à Vogue, puis entame L'adieu aux armes. "Pendant que j'écrivais le premier jet, mon second fils Patrick vint au monde et pendant que je récrivais l'ouvrage, mon père se tua à Oak Park, Illinois..." 
Pour oublier les fantômes d'Oak Park, le couple Hemingway s'installe à Key West, à la pointe de la Floride. En 1931, Pauline donne un troisième fils à son mari, Gregory. Quand L'adieu aux armes paraît, 80 000 exemplaires s'écoulent en quelques mois. Hemingway devient une célébrité, les journaux s'arrachent ses nouvelles, Hollywood achète les droits et l'argent coule à flots. Il entreprend la tournée des bars, adopte une armée de chats (qui reposent toujours dans le cimetière de son jardin), s'offre un bateau pour pêcher au gros dans la mer des Caraïbes.


En tant que journaliste, il a assisté, lucide, à la montée de l'extrême droite en Europe et annonce, dès 1934 : "La tragédie est proche."Ses séjours en terre ibérique lui ont fait aimer le peuple espagnol. Il va s'engager dès 1936 aux côtés des républicains : "Le fascisme est un mensonge, il est condamné à la stérilité littéraire. Un écrivain qui n'a pas le sentiment de la justice ou de l'injustice ferait mieux de se consacrer à l'édition d'un annuaire." 
Hemingway offre pour 40 000 dollars de matériel sanitaire à l'armée loyaliste et devient correspondant de guerre de la North American Newspaper Alliance pour couvrir la guerre civile espagnole.
L'écrivain retourne plusieurs fois dans Madrid assiégé, sous le feu des batteries allemandes, et y retrouve Martha Gellhorn, une correspondante de guerre "qui en a". Elle deviendra sa troisième épouse. 
Selon la petite histoire, il se serait entendu avec André Malraux, rencontré sur place : l'un écrirait sur le début de la guerre d'Espagne, l'autre sur la fin. Cette entente cordiale donnera L'espoir et... Pour qui sonne le glas
Comme Hemingway l'avait prophétisé, la victoire du franquisme a affaibli les démocraties européennes et entraîné la Seconde Guerre mondiale. Il lui faut poursuivre le combat contre les nazis. Il monte un réseau de contre-espionnage à Cuba .
On le retrouve en Normandie, immortalisé par le photographe Robert Capa lors du Débarquement. Hemingway se l'était juré : être toujours là où l'Histoire s'écrit ! Sa propre "division", composée d'admirateurs des FFI, lui permet de participer à la libération de Rambouillet.
Après la guerre, Hemingway n'est plus le même. L'action lui manque.
Ses proches décrivent un être hâbleur, gavé de succès, ivrogne, colérique et volontiers bagarreur. Martha le trouve pathétique et demande le divorce. Complètement à la dérive, il ingurgite un litre de whisky par jour et voit des nazis sans visage dans ses cauchemars. Incompris, il s'exile pour se consacrer à la pêche, à ses chats et à l'écriture. Il épouse Mary Welsh, plus dévouée, plus effacée que Martha. 
Il a découvert Cuba dans les années 1930 : l'île se situe juste en face de Key West. Son cadre lui avait inspiré En avoir ou pas, adapté au cinéma par Howard Hawks sous le titre Le port de l'angoisse .
Il achète une vaste propriété sur les hauteurs, la Finca Vigia, réplique de la Spanish House de Key West, et reçoit les stars d'Hollywood au bord de sa piscine. Son installation à Cuba attire les soupçons du FBI. Edgar Hoover, l'un des hommes les plus puissants d'Amérique, met l'écrivain sous surveillance.
Le monde littéraire le croyait fini quand Hemingway publie Le vieil homme et la mer en 1952. Ce chef-d'oeuvre de dépouillement lui vaut le prix Pulitzer. Puis la presse annonce la mort du grand écrivain dans un accident d'avion en Afrique. Cela l'amuse : il conserve les articles nécrologiques laudateurs dans un album relié en peau de lion. Les séquelles empêcheront l'écrivain de se rendre à la remise de son prix Nobel de littérature, décerné en 1954
Hemingway quitte son paradis tropical après la révolution cubaine, il ne supporte plus l'antiaméricanisme de l'île. 
Retranché dans sa maison aux airs de bunker, dans l'Idaho, il souffre d'hypertension, de diabète, d'impuissance sexuelle, d'une cirrhose, d'un début de la maladie d'Alzheimer et surtout d'une dépression. Devenu paranoïaque, il voyait des agents du FBI partout.
Hemingway met fin à ses jours peu avant son soixante-deuxième anniversaire.


STYLE :

« La plus grande difficulté, dit-il, c'était de décrire ce qui s'était réellement passé au moment de l'événement. Quand on écrit pour un journal, on raconte ce qui s'est passé et, à l'aide d'un procédé ou d'un autre, on arrive à communiquer l'émotion au lecteur, car l'émotion confère toujours une certaine vérité au récit d'un événement du jour. Mais la chose réelle, la succession mouvante des phénomènes qui produit l'émotion, cette réalité qui serait valable dans un an ou dans dix ans et, avec de la chance et assez de pureté d'expression, pour toujours, j'en étais encore loin et je m'acharnais à l'atteindre. » « J'essayais, ajoute-t-il, d'écrire en commençant par les choses les plus simples. »
C'est alors qu'il met au point son célèbre style, glacé, simple, rigoureux, qui note les faits avec une objectivité de procès-verbal. D'abord il remplace les développements psychologiques par le récit de l'action et du comportement des personnages. Puis il utilise les mots vrais, techniques. Enfin, il tisse un réseau de correspondances qui crée une ambiance climatique ou linguistique. « La prose, écrit-il, n'est pas de la décoration, c'est de l'architecture. »
Les techniques de style sont, chez Hemingway, de la même nature que les techniques de chasse, de pêche, de boxe, de tauromachie ou de stratégie. Il s'agit à la fois d'évasion et de discipline. Le style de Hemingway n'admet pas plus de chiqué que celui du torero : il passe au ras des choses comme l'autre au ras des cornes. Il est célèbre et très imité.
Ainsi, Hemingway décrit non pas une émotion, mais le geste et l'objet qui la matérialisent et la symbolisent. Ce nouveau roman, qui remplace l'analyse par la vision et met un terme à la littérature d'introspection et au romancier omniscient, doit naturellement beaucoup au cinéma.
Cette vision objective, ces gestes sans rime ni raison, ces actions sans commentaires ni projets sont ceux d'êtres perdus qui agissent à tâtons dans un univers où personne ne juge, n'espère, ne projette ni ne regrette, parce que rien n'a de sens. L'homme est réduit à ses faits et gestes, n'a plus ni espoir ni personnalité ; il ne cherche le combat que par goût du suicide, sachant que le néant – « nada » – triomphera toujours.
« Dans la pleine lumière d’un style clair, compact, sans épaisseur et transparent malgré sa densité, dans la franchise de cette prose dont un critique américain a dit que “chaque mot y était aussi frais et aussi résistant qu’un caillou ramassé au fond d’un ruisseau”, d’une simplicité dépouillée, d’une objectivité “à trois dimensions”, le message spirituel d’Ernest Hemingway prend une extraordinaire éloquence, établit le critique littéraire Marcel Brion dans son article de novembre 1954.  Il s’adresse à ce qu’il y a de plus secret et de plus universel à la fois en chaque homme.

OEUVRES 
Romans

Récits autobiographiques

Recueils de nouvelles
160 nouvelles

QUELQUES PHOTOS EN COMPLÉMENT



 Ernest en 1923

Ernest et Hardley en 1921

Gertrude STEIN devant son portrait peint par Picasso

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40EME REUNION - COUPS DE COEUR DE JEAN-PAUL


« SILAS MARNER » de GEORGES ELIOT
·  Poche: 320 pages
·  Editeur : Folio (6 mai 1980)
·  Collection : Folio

Georges Eliot, de son vrai nom Mary Ann Evans, est avec Dickens et Thackeray le plus grand romancier anglais du XIXe siècle, le chef de file de cette lignée superbe de femmes écrivains qui illustrèrent alors la littérature d'outre-Manche : Jane Austen, Mrs. Gaskell, les sœurs Brontë. Politiquement " radicale ", passionnée de problèmes philosophiques et sociaux, vivant en union libre avec un homme marié, George Eliot incarne aussi le premier refus de la condition " surnuméraire " de la femme et de tous les tabous de la société victorienne. Histoire d'un tisserand, d'un " cœur simple " qui meurt et renaît à l'amour, Silas Marner nous introduit au cœur le plus profond, savoureux et sensible, de l'Angleterre rustique, avec ses commères, ses auberges, ses libertins de village et ses illuminés.




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« LES BERTRAM » d’ANTHONY TROLLOPE
·  Broché: 574 pages
·  Editeur : CreateSpace Independent Publishing Platform (21 juillet 2015)
·  Langue : Français

Ce roman raconte l’histoire et le destin de quatre jeunes gens, tous plus ou moins apparentés à l’oncle Bertram, un vieillard millionnaire. Chacun des protagonistes de cette famille a sa propre conception du bonheur, mais tous s’en éloignent en commettant des erreurs liées à leurs passions ou à un manque de discernement...

Trollope, fut un romancier populaire, ce que ne l’empêcha pas de réunir une foule d’admirateurs autour de son œuvre : Sir Alec Guinness avouait ne jamais voyager sans un roman de Trollope. Le 1er Ministre britannique John Major, l'économiste John Kenneth Galbraith, l'écrivain américain de romans policiers Sue Grafton ou l'écrivain Harding Lemay, comptent parmi les admirateurs célèbres d’Anthony Trollope.

Dans les Bertram, roman très abouti et d’une rare intensité dramatique, Anthony Trollope donne toute la mesure de son talent. On sent ici l’œuvre de maturité, nourrie des expériences parfois amères de l’auteur.

Grâce à cette narration toute personnelle de Trollope dans Les Bertram, et comme toujours chez lui, on se laisse glisser avec plaisir dans cette littérature anglaise au récit ample en forme de saga à rebondissements, qui tisse une intrigue à la trame si resserrée qu’elle nous captive immanquablement jusqu’au dénouement.
Trollope a le génie des descriptions généreuses des caractères et de l’évolution sociale de ses personnages, et révèle ici encore ses brillantes analyses psychologiques tout en finesse. Il n’hésite pas à interpeller directement le lecteur, à le prendre par la main pour l’emmener à leur rencontre.

C’est un vrai régal pour le lecteur de progresser dans le portait plein de relief de George Bertram senior, cet avare riche comme Crésus. S’il semble de prime abord froid et antipathique, on découvre au fil des pages une personnalité bien plus complexe.
«J’ai voulu montrer les résultats de la faiblesse et de la folie - de ce genre de faiblesse et de folie qui est le plus répandu parmi nous.». explique ainsi Anthony Trollope dans l’épilogue des "Bertram".

Ce roman grandiose retrace le destin de quatre jeunes gens, tous apparentés à l’oncle Bertram, un vieillard millionnaire. Une histoire de famille donc, qui mêle les ressorts chers à l’auteur : l’amour, l’argent et l’ambition. Chaque protagoniste a sa propre vision du bonheur… et tous s’en éloignent en commettant des erreurs liées à leurs passions ou à leur manque de discernement. George Bertram, le jeune premier du roman, est victime de son idéalisme et de son amour-propre. C’est aussi par orgueil que Caroline Waddington, elle, repousse son fiancé alors qu’il est son unique amour. Pour Henry Harcourt, brillant avocat, la passion dominante est l’ambition, mais son désir de s’élever révélera sa cupidité sans limites. Quant à Arthur Wilkinson, cousin de George, la soumission dont il fait preuve envers sa mère le condamne pour longtemps au célibat.
Autour de ces personnages liés par des relations affectives ou familiales, gravite une foule de figures secondaires –vieilles filles naïves, militaires désargentés, veuves en quête de mari – qui animent la société provinciale de Littlebath.
Tous sont une occasion rêvée pour Trollope de livrer une critique acerbe de cette société victorienne hypocrite et bien-pensante dont il maîtrise à la perfection tout le jeu des convenances et des préjugés.

Mais le roman nous transporte aussi loin de l'Angleterre victorienne à Jérusalem et au Caire avant de nous faire découvrir à qui profitera le testament de l’oncle Bertram et qui parviendra finalement à se faire une place au soleil…





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« LE FUSIL DE CHASSE » de YASUSHI INO
·  Poche: 87 pages
·  Editeur : Le Livre de Poche (8 janvier 1992)
·  Collection : Biblio Romans

A bout de forces, trop fatiguée pour bouger le petit doigt je laissai machinalement mon regard s'attacher à ton reflet sur la vitre. Tu avais fini de frotter le canon et tu remontais la culasse, que tu avais également nettoyée. Alors tu levas et abaissas plusieurs fois le fusil en épaulant à chaque fois. Mais peu après le fusil ne bougea plus. Tu l'appuyas fermement contre ton épaule et tu visas, en fermant un oeil. Je me rendis compte que le canon était manifestement dirigé vers mon dos.Yasushi Inoué
Le Fusil de chasse, ou les multiples facettes d'une impossible passion. Trois lettres, adressées au même homme par trois femmes différentes, forment la texture tragique de ce récit singulier. Au départ, une banale histoire d'adultère. A l'arrivée, l'une des plus belles histoires d'amour de la littérature contemporaine. Avec une formidable économie de moyens, dans une langue subtilement dépouillée, Yasushi Inoué donne la version éternelle du couple maudit.




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« LE DIRECTOIRE : LA RÉPUBLIQUE SANS DÉMOCRATIE » de MARC BELISSAT ET YANNICK BOSC
·  Broché: 296 pages
·  Editeur : La Fabrique Editions (21 août 2018)
·  Collection : LA FABRIQUE

Quelle est donc cette "tyrannie" dont les artisans du Directoire, après Thermidor, voulaient débarrasser la France ? A en croire Boissy d'Anglas, qui rédige la Constitution de l'an III, c'est celle des assemblées primaires, livrées au suffrage universel, où le peuple est "constamment délibérant". Etrange "dictature", remarquent Yannick Bosc et Marc Belissa, que celle qui favorise la délibération des citoyens, organise l'opposition et autorise les insurrections... A l'encontre du récit qui fait de la période du Directoire celle du "retour à la normale", les auteurs de ce livre y voient surtout la répression des éléments les plus subversifs de la Révolution : où les Droits de l'homme, rangés au placard des principes abstraits, s'effacent devant le droit des propriétaires ; où l'on décapite l'opposition dans le procès de Babeuf et des "Egaux"; où l'on confisque la souveraineté populaire dans la confidence des assemblées censitaires ; où les intrigues - et l'armée - demeurent les seuls instruments de régulation politique. Longtemps boudé par l'historiographie, le Directoire méritait réexamen. Plus qu'une parenthèse entre la Révolution et le Premier Empire, il a été le laboratoire d'une forme de modernité politique, "celle de la république élitiste, parlementaire et colonialiste", dont la formule perdure encore : une république sans démocratie.




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« LES PHENICIENS : L’ANTIQUE ROYAUME DE LA POURPRE » de GEHRARD HERM, traduction DENISE MEUNIER
·  Broché: 351 pages
·  Editeur : Fayard (20 novembre 1996)
·  Langue : Français


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« POEMES 1901 – 1910 » de RENÉE VIVIEN
·  Broché: 357 pages
·  Editeur : ErosOnyx (1 novembre 2009)
·  Langue : Français



« ŒUVRE POÉTIQUE COMPLETE DE RENÉE VIVIEN 1877-1909 » de RENÉE VIVIEN
·  Broché: 512 pages
·  Editeur : Regine Deforges (10 novembre 1986)
·  Collection : Rd Hors Collect

Renée Vivien, née Pauline Mary Tarn, surnommée « Sapho 1900 », est une poétesse britannique de langue française du courant parnassien de la Belle Époque. Elle était la fille d’une américaine et d’un britannique fortuné (John Tarn) qui mourut en 1886, lui laissant un héritage qui la mettait à l’abri du besoin.
Elle voyagea beaucoup à travers le monde. Ainsi, le Japon, Mytilène et Constantinople figuraient au nombre de ses destinations préférées.
En 1899, elle s’installe définitivement à Paris et prend un nom de plume : René Vivien, prénom qu’elle féminise ensuite en Renée.
En 1901, paraît son premier recueil : Études et préludes.
De 1901 à 1909, l’intense production littéraire et poétique se mêle à des tentatives de suicide. Renée vit le spleen baudelairien, se drogue, boit de plus en plus d’alcool en solitaire.
Renée Vivien fut la première poétesse francophone à exprimer ouvertement son amour physique pour les femmes et la deuxième femme francophone ; après Mme Dacier au XVIIe siècle, à traduire l’œuvre de Sappho en français. 





Il manque une ou deux références de livres d'écrivains japonais cités par Jean-Paul. 
Peux-tu me les faire parvenir Jean-Paul? D'avance merci.
Gérard

40EME REUNION - COUPS DE COEUR DE CHANTAL


« LIRE ET VIVRE » de Tzvetan TODOROV (Auteur), André COMTE-SPONVILLE (Préface)
·  Broché: 450 pages
·  Editeur : Robert Laffont/Versilio (1 février 2018)
·  Langue : Français

« Tzvetan Todorov, à la différence de tant d'autres, n'était ni un faiseur ni un bateleur. Il était un doux intransigeant, un intellectuel lucide (l'expression, hélas, est le contraire d'un pléonasme), un savant modeste, un chercheur encyclopédiste et pédagogue (un "passeur', disait-il), un humaniste sans illusions, un citoyen du monde, modéré et exigeant. C'est pourquoi il importe tant de le lire : cela rend plus intelligent, plus modeste, plus nuancé, plus juste – plus conscient de la complexité du monde et du tragique de notre condition. " André Comte-Sponville.
Historien des idées et penseur, Tzvetan Todorov (1939-2017) a été publié et salué dans le monde entier. Ce recueil d'articles, dont il a travaillé la composition jusqu'à ses derniers jours, témoigne de la variété de ses centres d'intérêt et de l'immensité de sa culture : qu'il y soit question de l'identité nationale ou de l'Europe, de " guerre juste " ou de " devoir de mémoire ", de Romain Gary ou de Claude Lévi-Strauss, de Goya ou de Verdi, Tzvetan Todorov s'exprime partout avec clarté, simplicité et profondeur.




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« INSOUMIS » de Tzvetan TODOROV
·  Broché: 288 pages
·  Editeur : Robert Laffont/Versilio (24 septembre 2015)
·  Langue : Français

En racontant le destin de huit figures emblématiques, huit insoumis,
Tzvetan Todorov nous propose une passionnante réflexion sur les enjeux politiques de notre temps.
Ils ont vécu à des époques différentes, fait face à des ennemis qui ne sont pas de même nature – et leurs réponses ne sont pas univoques. Tous, pourtant, ont renoncé au confort d'une vie tranquille au nom d'un amour intransigeant : celui des êtres humains, celui de la vérité. Ils ont refusé de se soumettre : à l'agresseur venu du dehors, à leurs démons intérieurs aussi. Tous ont – parfois dès l'origine, parfois après une " conversion " religieuse ou laïque répudié l'usage de la violence dans leurs luttes.
Si ce livre d'histoires n'est pas seulement un livre d'histoire, c'est que chacun des " insoumis " dont Todorov retrace le destin a pour nous des résonances profondes, bien au-delà des circonstances que l'auteur relate et qui dépassent le caractère héroïque, voire tragique, de certains des personnages.
Soixante-dix ans après sa déportation et sa disparition à Auschwitz, la voix de la jeune Etty Hillesum nous émeut et nous inspire par sa volonté de partager le lot commun plutôt que de se sauver, elle, et d'affirmer la beauté du monde en toutes circonstances.
C'est par sa religion du vrai et du juste – et aussi par son inaltérable sens de l'humour, sa façon de considérer les humains non en " blocs " ethniques, nationaux, politiques, religieux, mais un par un – que Germaine Tillion, ethnologue, historienne, résistante, s'attache à notre cœur.
Entre les deux grands écrivains russes Boris Pasternak et Alexandre Soljenitsyne, que de différences de tempérament ! Pasternak se cache dans une résistance intérieure presque invisible pour édifier le roman majeur qu'est Le Docteur Jivago ; Soljenitsyne, guerrier sans relâche, faisant de son œuvre et de sa position publique une arme de combat contre le régime soviétique.
Malgré les apparences premières, il y a plus de points communs entre ces deux figures de la lutte contre les discriminations raciales que sont Nelson Mandela et Malcolm X, qu'il s'agisse du combat contre l'apartheid en Afrique du Sud ou de la révolte contre le racisme aux États-Unis, dans leur jeunesse l'un comme l'autre n'ont pas hésité à prêcher la violence contre la violence. Mais l'un comme l'autre y ont renoncé.
Avec l'exemple de l'historien israélien David Shulman, militant pacifique inlassable des droits des Palestiniens, Todorov n'hésite pas à aborder un conflit aux racines historiques complexes et aux résonances émotionnelles mondiales ; en achevant son livre sur la figure du lanceur d'alerte Edward Snowden, il ne fuit pas la controverse et nous entraîne au cœur d'un débat démocratique contemporain majeur.





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« LA QUALITÉ DU PARDON » de PETER BROOKE
·  Broché: 112 pages
·  Editeur : Le Seuil (24 avril 2014)
·  Collection : Sciences humaines (H.C.)

 Shakespeare et Peter Brook se connaissent depuis longtemps. Ils ont très souvent travaillé ensemble, dans tous les pays du monde, et pour le meilleur. Tout au long de sa vie, Peter Brook a exploré les secrets de cette œuvre incomparable, et constamment recommencée, comme si elle surgissait neuve et fraîche sous chaque regard. Dans ce livre, loin de toute théorie, de manière simple et concrète (et souvent drôle), il nous parle de son travail et de ses expériences, de ce qu'il a vu, senti, quelquefois compris, des abymes, des mystères, des visions, des détours étonnants du cœur et de la pensée que nous propose Shakespeare et – par-dessus tout – de cette force incomparable, qui surpasse toutes les autres, et qui est celle du pardon.




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« LE CONVOI DE L’EAU » d’AKIRA YASHOMOURA
·  Broché: 173 pages
·  Editeur : Actes Sud (19 janvier 2009)
·  Collection : Lettres japonaises

Un homme étrange s'engage au sein d'une équipe chargée de construire un barrage en haute montagne. Perdu dans la brume, tout au fond d'une vallée mal connue, se révèlent les contours d'un hameau, mais les travaux ne sont pas remis en question par cette découverte : le village sera englouti sous les eaux. Au cours de ce terrible chantier, le destin de cet homme entre en résonance avec celui de la petite communauté condamnée à l'exil. A la veille du départ qui leur est imposé, il observe les premières silhouettes alignées sur le sentier escarpé. Elles sont innombrables et portent sur leur dos un singulier fardeau. Des images de toute beauté, inoubliables.



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« LES BELLES ENDORMIES » de YASOUNARI KAWABATA
·  Poche: 124 pages
·  Editeur : Le Livre de Poche (1982)
·  Collection : Biblio Romans

Dans quel monde entrait le vieil Eguchi lorsqu’il franchit le seuil des Belles Endormies ? Ce roman, publié en 1961, décrit la quête des vieillards en mal de plaisirs. Dans une mystérieuse demeure, ils viennent passer une nuit aux côtés d’adolescentes endormies sous l’effet de puissants narcotiques.
Pour Eguchi, ces nuits passées dans la chambre des voluptés lui permettront de se ressouvenir des femmes de sa jeunesse, et de se plonger dans de longues méditations. Pour atteindre, qui sait ? au seuil de la mort, à la douceur de l’enfance et au pardon de ses fautes.




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« LA PAPETERIE TSUBAKI » D’ITO OGAWA
·  Broché: 384 pages
·  Editeur : PICQUIER (23 août 2018)
·  Collection : GRAND FORMAT

Hatoko a vingt-cinq ans et la voici de retour à Kamakura, dans la petite papeterie que lui a léguée sa grand-mère. Le moment est venu pour elle de faire ses premiers pas comme écrivain public, car cette grand-mère, une femme exigeante et sévère, lui a enseigné l'art difficile d'écrire pour les autres.
Le choix des mots, mais aussi la calligraphie, le papier, l'encre, l'enveloppe, le timbre, tout est important dans une lettre. Hatoko répond aux souhaits même les plus surprenants de ceux qui viennent la voir : elle calligraphie des cartes de v ux, rédige un mot de condoléances pour le décès d'un singe, des lettres d'adieu aussi bien que d'amour. A toutes les exigences elle se plie avec bonheur, pour résoudre un conflit, apaiser un chagrin.
Et c'est ainsi que, grâce à son talent, la papeterie Tsubaki devient bientôt un lieu de partage avec les autres et le théâtre des réconciliations inattendues.






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« LE POIDS DES SECRETS » D’AKI SHIMAZAKI
·  Poche: 114 pages
·  Editeur : Actes Sud (28 octobre 2005)
·  Collection : Babel

Dans une lettre laissée à sa fille après sa mort, Yukiko, une survivante de la bombe atomique, évoque les épisodes de son enfance et de son adolescence auprès de ses parents, d'abord à Tokyo puis à Nagasaki. Elle reconstitue le puzzle d'une vie familiale marquée par les mensonges d'un père qui l'ont poussée à commettre un meurtre.
Obéissant à une mécanique implacable qui mêle vie et Histoire, ce court premier roman marie le lourd parfum des camélias (tsubaki) à celui du cyanure. Sans céder au cynisme et avec un soupçon de bouddhisme, il rappelle douloureusement que nul n'échappe à son destin.