Le récit commence par une interpellation de l’auteur envers le lecteur, on retrouve tout au long du livre cette façon d’interpeller le lecteur en le tutoyant.
Calvino pense que le lecteur à un rôle à jour dans le livre.
« J’attends de mes lecteurs qu’ils lisent dans mes livres quelque chose que je ne savais pas, mais je ne peux m’y attendre que de la part des lecteurs qui s’attendent à lire quelque chose qu’ils ignoraient eux-mêmes. Les seuls livres que je reconnais comme miens sont ceux que je dois encore écrire."
Après le premier roman inachevé, on rencontre le personnage du lecteur.
Il lit un livre puis s’aperçoit que livre est incomplet. Il cherche un autre livre à la librairie et à cette occasion fait la rencontre de L'Autre Lecteur, Ludmilla, qui elle aussi a un problème avec son livre.
C’est le point de départ d’une aventure à la recherche de manuscrits qui est le prétexte à décrire le monde général des livres : problème d'édition, problème d'auteur, problème de droits, éditeur, libraires, traducteurs, lecteur, écrivains …
Comme ses collègues de l’OULIPO, Italo Calvino accorde une très grande importance à la structure du récit et
croit que la valeur poétique peut et doit naître à l’intérieur de formes
extrêmement contraignantes.
C’est à ce titre une
œuvre Oulipienne qui répond à de nombreuses contraintes.
Chaque chapitre comprend
une part de récit et un roman inachevé.
Parmi les contraintes, il y a le fait de faire 10 romans inachevés qui correspondent à 10 à autant de tendances du roman contemporain.
Parmi les contraintes, il y a le fait de faire 10 romans inachevés qui correspondent à 10 à autant de tendances du roman contemporain.
Il voulait faire un
livre qui renfermerait tous les livres, embrasserait les savoirs et les
possibles en littérature. Chaque roman inachevé correspond à un type de roman,
les espaces cultures dans lesquels se déroulent les romans inachevés sont très
variés : Japon, Amérique latine, polar américain, Caraïbes ...
Chacun de ces romans
nous laisse à un stade qui donne envie d’en savoir plus .
La thèse d’Italo Calvino
était que « la force de tout roman se concentre en son début.
Alors, 20, 100 ou
200 pages supplémentaires, tout cela ne nous apprendrait pas grand -chose de
plus. Et donc, à quoi bon continuer ?»
Sont présents un peu
partout le sentiment de vertiges et de vide dans ces romans dont les titres
offrent une phrase.
Si une nuit d’hiver un
voyageur, loin de l’habitat de Malbork, au bord de la côte à pic sans craindre le vent et le vertige, regarde en bas où l’ombre est la
plus noire dans un réseau de lignes
entrelacées, dans un
réseau de lignes entrecroisées sur le tapis
de feuilles illuminées par la lune autour d’une fosse vide.
Quelle histoire, là-bas attend sa fin ?
Et puis il y a le récit
dans lequel s’insèrent les romans inachevés.
Chaque chapitre comprend une part de récit et un roman inachevé.
Là aussi Italo Calvino a mis en œuvre des règles très précises. .
Chaque chapitre comprend une part de récit et un roman inachevé.
Là aussi Italo Calvino a mis en œuvre des règles très précises. .
En synthèse, Calvino a
expliqué qu’il fait appel au carré sémiotique greimassien. Et, pour
complexifier encore davantage cette architecture, il adjoint une contrainte
supplémentaire, de deuxième degré : l’ensemble des carrés doit lui-même
respecter la structure de ce que les oulipiens appellent « la boule de neige
fondante », de sorte que le nombre de carrés utilisés croît jusqu’à l’atteinte
d’un plateau pour ensuite redescendre au nombre initial.
Cela devient très
technique …
Cf article de Sylvie Langlois dans Littérature et
Mathématiques : « Si par une nuit d’hiver un voyageur : quand la
fiction dépasse la fiction », URI : id.erudit.org/iderudit/008245ar
Ce récit nous fait traverser les réflexions de Calvino sur
les livres et la lecture
-
Le vol des manuscrits, le traducteur qui fait
des faux
- Les états d’âme de l’écrivain, la difficulté d’écrire
et la façon d’écrire
-
Le poids des livres dans la culture et la
politique
-
La façon de lire : Ludmilla qui absorbe en l’état,
Lotaria qui lit avec un élaborateur électronique
-
Un écrivain productif et un écrivain tourmenté
qui finissent par produire un merveilleux livre
- la maison d’édition débordée
-
La différence entre lire et entendre une
traduction
