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samedi 7 octobre 2017

35EME REUNION : LE LIVRE DE CALVINO " SI UNE NUIT D'HIVER UN VOYAGEUR", PAR AGNES

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Le récit commence par une interpellation de l’auteur envers le lecteur, on retrouve tout au long du livre cette façon d’interpeller le lecteur en le tutoyant.
Calvino pense que le lecteur à un rôle à jour dans le livre.
« J’attends de mes lecteurs qu’ils lisent dans mes livres quelque chose que je ne savais pas, mais je ne peux m’y attendre que de la part des lecteurs qui s’attendent à lire quelque chose qu’ils ignoraient eux-mêmes. Les seuls livres que je reconnais comme miens sont ceux que je dois encore écrire."
Après le premier roman inachevé, on rencontre le personnage du lecteur.
Il lit un livre puis s’aperçoit que livre est incomplet. Il cherche un autre livre à la librairie et à cette occasion fait la rencontre de L'Autre Lecteur, Ludmilla, qui elle aussi a un problème avec son livre.
C’est le point de départ d’une aventure à la recherche de manuscrits qui est le prétexte à décrire le monde général des livres : problème d'édition, problème d'auteur, problème de droits, éditeur, libraires, traducteurs, lecteur, écrivains …


Comme ses collègues de l’OULIPO, Italo Calvino accorde une très grande importance à la structure du récit et croit que la valeur poétique peut et doit naître à l’intérieur de formes extrêmement contraignantes.



C’est à ce titre une œuvre Oulipienne qui répond à de nombreuses contraintes.



Chaque chapitre comprend une part de récit et un roman inachevé.
Parmi les contraintes, il y a le fait de faire 10 romans inachevés qui correspondent à 10 à autant de tendances du roman contemporain.

Il voulait faire un livre qui renfermerait tous les livres, embrasserait les savoirs et les possibles en littérature. Chaque roman inachevé correspond à un type de roman, les espaces cultures dans lesquels se déroulent les romans inachevés sont très variés : Japon, Amérique latine, polar américain, Caraïbes ...

Chacun de ces romans nous laisse à un stade qui donne envie d’en savoir plus .



La thèse d’Italo Calvino était que « la force de tout roman se concentre en son début.

Alors, 20, 100 ou 200 pages supplémentaires, tout cela ne nous apprendrait pas grand -chose de plus. Et donc, à quoi bon continuer ?»





Sont présents un peu partout le sentiment de vertiges et de vide dans ces romans dont les titres offrent une phrase.
Si une nuit d’hiver un voyageur, loin de l’habitat de Malbork, au bord de la côte à pic sans craindre le vent et le vertige, regarde en bas où l’ombre est la plus noire dans un réseau de lignes entrelacées, dans un réseau de lignes entrecroisées sur le tapis de feuilles illuminées par la lune autour d’une fosse vide. Quelle histoire, là-bas attend sa fin ?



Et puis il y a le récit dans lequel s’insèrent les romans inachevés.
Chaque chapitre comprend une part de récit et un roman inachevé.

Là aussi Italo Calvino a mis en œuvre des règles très précises. .

En synthèse, Calvino a expliqué qu’il fait appel au carré sémiotique greimassien. Et, pour complexifier encore davantage cette architecture, il adjoint une contrainte supplémentaire, de deuxième degré : l’ensemble des carrés doit lui-même respecter la structure de ce que les oulipiens appellent « la boule de neige fondante », de sorte que le nombre de carrés utilisés croît jusqu’à l’atteinte d’un plateau pour ensuite redescendre au nombre initial.



Cela devient très technique …

Cf article de Sylvie Langlois dans Littérature et Mathématiques : « Si par une nuit d’hiver un voyageur : quand la fiction dépasse la fiction », URI : id.erudit.org/iderudit/008245ar



Ce récit nous fait traverser les réflexions de Calvino sur les livres et la lecture

-        Le vol des manuscrits, le traducteur qui fait des faux

-        Les états d’âme de l’écrivain, la difficulté d’écrire et la façon d’écrire

-        Le poids des livres dans la culture et la politique 

-        La façon de lire : Ludmilla qui absorbe en l’état, Lotaria qui lit avec un élaborateur électronique

-        Un écrivain productif et un écrivain tourmenté qui finissent par produire un merveilleux livre

-        la maison d’édition débordée

-        La différence entre lire et entendre une traduction