
L'homme
Tout d’abord Claude a rappelé les principaux éléments biographiques et bibliographiques concernant Arto Paasilinna, le plus célèbre des écrivains finlandais contemporain. En 1942, il est né à l’arrière d’un camion fuyant les nazis. Le thème de la fuite est très présent dans l’univers des romans de Paasilinna. Il a commencé à travailler à 13 ans. Il a fait de très nombreux métiers (bucheron, artisan, …) avant d’être journaliste puis écrivain. C’est un autodidacte.
Les romans
Dans ses romans, Paasilinna met en scène des personnages souvent ordinaires (mais qui ont un grain en général !) auxquels ils arrivent des histoires déroutantes ; truculentes pour certains, loufoques pour d’autres. Les avis sont très partagés.
Certains romans ont recueilli plus de suffrages que d’autres.
Le plus connu : « Le lièvre de Vatanen », qui a été lu par une majorité d’entre nous a été plutôt apprécié, malgré quelques réticences (Gérard et Anne notamment).
En revanche « Un homme heureux » et « La forêt des renards pendus » ont recueilli plusieurs avis favorables notamment de Sylvie, et des deux Patrick.
Chantal, qui a lu 9 des 12 romans traduits en français, a une préférence pour « Le meunier hurlant ».
Claude est assez inconditionnel de Paasilinna en reconnaissant que la production n’est pas uniforme. Deux préférences : « La forêt des renards pendus » et « La cavale du géomètre ». Nous avons parlé également de « Petits suicides entre amis » en des termes plus sévères, quant aux « Prisonniers du Paradis », les avis sont partagés !
Paasilinna est un auteur qui se lit facilement et qui pratique un humour très particulier qui a séduit une partie d’entre nous.
Il a une production littéraire importante : 35 romans à raison d’un par an qu’il écrit selon un rituel et un rythme qui lui sont propres. De septembre à fin décembre, Paasilinna s’enferme et écrit. A Noël il transmet ses épreuves à son éditeur pour corrections. Il se prend quelques jours avant de replonger dans l’écriture jusqu’au Printemps. Le livre est achevé et Paasilinna voyage, lit, n’écrit pas. Jusqu’au début septembre prochain.
Cependant, comme l’a souligné Michel Lebrun, lorsqu’un écrivain est aussi prolixe, il faut s’attendre à des écarts de qualité entre ses différents romans. C’est le constat que nous avons pu faire.
Les thèmes récurrents
Paasilinna a la réputation d’être un auteur « écologique », la dimension retour à la nature est un de ses thèmes favoris. Plusieurs parallèles ont été faits avec des auteurs du 18ème (Bernardin de Saint-Pierre, Rousseau (démarche et contrat social notamment dans « Prisonniers du Paradis », La Fontaine). Le thème du retour à la nature est certes très présent, mais ce n’est pas le seul, la dimension critique sociale est aussi dominante. D’autres thèmes sont chers à Paasilinna : les animaux sont présents dans tous ses livres, pour certains ils jouent un rôle symbolique, mais tous ne partagent pas cet avis ; on retrouve également la fuite en avant, le travail de la matière, les beuveries salvatrices, la truculence de certains personnages, les scènes insolites etc. La plupart de ses livres ont l’avantage de nous faire découvrir une région du monde plutôt méconnue, la Finlande et en particulier la Laponie.
Le style de Paasilinna
Quant au style, sous réserve des problèmes de traduction, il n’a pas été apprécié de manière unanime, Anne et Alain-Pierre ont émis un avis sans appel. Claude ne le met pas au Panthéon finlandais mais serait capable de sortir quelques phrases assez belles (qu’il trouve…).
Légèreté paasilinnesque
Pour conclure un mot est revenu plusieurs fois dans nos échanges à propos des romans de Paasilinna, celui de « légèreté ». Quand on lit du Paasilinna on ne se prend pas la tête, on passe un bon moment, et si on est sensible à son humour on s’amuse bien.
Quant à l’exercice de lecture ciblé sur un auteur en particulier, il a porté ses fruits. Il a généré des échanges entre nous, ce qui était le but recherché. On a toutefois observé que le choix des livres lus par les uns et les autres revêtait une grande importance quant à l’opinion finale sur l’auteur. La sélection dès le départ d’un ou deux livres aurait peut-être été plus judicieuse. A méditer pour la suite !
Nous espérons ne pas avoir trahi les propos des amis du Square qui étaient présents le 27 novembre. Si c'était le cas, qu'ils n'hésitent pas à nous contacter.
Claude et Gérard.





