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samedi 28 novembre 2015

27EME SEANCE - "SPLENDEURS ET MISERES DES COURTISANES" DE BALZAC - ROMAN PRESENTE PAR MONIQUE


SPLENDEURS ET MISERES DES COURTISANES 

Les éditions modernes de Splendeurs et Misères des Courtisanes présentent ce texte comme un ensemble suivi et homogène, et c'est certainement un des plus saisissants tours de force de Balzac que d'être parvenu à faire, d'un roman rédigé sur neuf ans (1838-1847), publié sous toutes les formes de support disponibles à l'époque (feuilletons, volume séparé, oeuvres complètes), et soumis à tant de réécriture, de corrections et de rectifications, l'assise centrale cohérente du monde fictionnel de La Comédie humaine. Son histoire commence avec l'achèvement du Père Goriot. Quelques jours, à peine, avant d'écrire la dernière phrase de son chef-d'oeuvre, Balzac note, sur son manuscrit un titre : La Torpille. En 1838, il publie, effectivement, un début de fiction ainsi intitulé, mais le projet est aussitôt interrompu. Il n'est repris qu'en 1843, l'histoire de la rédaction devenant alors inséparable de celle de la publication, alternant écriture pour feuilleton et reprises en volumes avec modifications d'importance variable.

 La fresque, une fois achevée, comprend quatre parties assez distinctes, qui pourraient très bien avoir été publiées comme quatre romans. La variété des thèmes traités, la multiplicité des personnages, leurs liens multiples entre les différentes parties de l’histoire, la fin de Lucien de Rubempré, la présence de Rastignac, le rôle majeur qu’y joue Nucingen, la mention de Corentin et Peyrade, ainsi qu’évidemment le point culminant avec l’apparition récurrente de Vautrin, font de « Splendeurs et misères… » une sorte de mini Comédie Humaine dans La Comédie Humaine. Les quatre parties distinctes sont Comment aiment les filles, A combien l’amour revient aux vieillards, Où mènent les mauvais chemins, La dernière incarnation de Vautrin.

Avec Illusions perdues, dont il est un peu le pendant parisien et satanique, l'ensemble romanesque intitulé Splendeurs et misères des courtisanes jouit d'un prestige particulier au sein de La Comédie humaine.
Par son intrigue même, Splendeurs et misères des courtisanes est un carrefour où se croisent tous les héros, tous les destins et tous les styles balzaciens. Roman des filles, Splendeurs et Misères des Courtisanes est surtout le roman des voleurs. Lesquels ne parlent pas comme tout le monde. Avant le Victor Hugo des Misérables, Balzac a développé ici toute une poétique de l'argot crapuleux, dont les entrelacs métaphoriques et les ellipses saisissantes font entendre un idiome coloré dont l'inintelligibilité n'est pas un des moindres facteurs de fascination. Si Balzac a parfois cédé à la facilité de traduire littéralement l'énoncé argotique en une parenthèse additive.

27EME SEANCE - "LES ILLUSIONS PERDUES" DE BALZAC - ROMAN PRESENTE PAR MONIQUE


ILLUSIONS PERDUES

La formule de Balzac pour qualifier Illusions perdues : « l'œuvre capitale dans l'œuvre » dit assez son importance en même temps qu'elle suggère quelque chose de plus. Roman sur le fonctionnement de la machine littérature, roman où se retrouvent les principaux personnages réapparaissant du monde balzacien, il est aussi, par sa composition tripartite, par son prolongement dans Splendeurs et Misères des Courtisanes, une image réduite de La Comédie humaine, son « miroir concentrique ».

Illusions perdues a été publié en trois parties : Les Deux poètes ( titre initial illusions perdues) 1837, Un grand homme de province à Paris 1839 et les souffrances de l’inventeur (Ève et David)1843 . Dédié à Victor Hugo, ce texte fait partie du vaste ensemble des Études de mœurs de La Comédie humaine et, plus précisément, des Scènes de la vie de province..

Inspiré à Balzac par son expérience dans l'imprimerie (mais aussi la presse et l’édition), Illusions perdues raconte l’échec de Lucien de Rubempré, jeune provincial épris de gloire littéraire. En contrepoint au parcours malheureux de ce « grand homme de province », alternativement héros et antihéros plein de faiblesses, l'histoire évoque les modèles de vertu que sont la famille de Lucien et le « Cénacle », cercle intellectuel de « vrais grands hommes ». Les « illusions perdues » sont celles de Lucien face au monde littéraire et à sa propre destinée, mais aussi celles de sa famille envers les capacités et les qualités humaines du jeune homme.

C’est un des plus longs romans de La Comédie humaine d’Honoré de Balzac. Pour beaucoup, dont Marcel Proust, ce livre est aussi le meilleur de Balzac. Balzac en a écrit la première partie entre juillet et novembre 1836, écrivant à marche forcée pour échapper à une mise en demeure de son éditeur.

 Résumé


Les Deux poètes


C’est la partie la plus courte. Elle se déroule à Angoulême. David Séchard, fils d’un imprimeur, est lié par une amitié profonde à Lucien Chardon, jeune homme beau et lettré. Le père de David (type de l’avare qui souffre de devoir abandonner son activité à son fils) revend à son fils son imprimerie à des conditions très défavorables. David, qui a peu de goût pour les affaires, est proche de la ruine. Cependant, il parvient à subsister grâce au dévouement et à l’amour de sa femme, Ève, qui est la sœur de Lucien. Il recherche en secret un procédé permettant de produire du papier à faible coût à partir de fibres végétales. Lucien, lui, est épris d'une femme de la noblesse, madame de Bargeton, qui voit en lui un poète de talent, tandis qu'il il voit en elle sa Laure et, à l’imitation de Pétrarque, écrit un recueil de sonnets en son honneur. Elle s’éprend de lui et l’introduit dans la bonne société d'Angoulême. Cet amour entre un radieux jeune homme et une femme mariée plus âgée suscite des commérages. Pour y échapper, les amoureux vont s'installer à Paris, où Lucien espère faire éditer un roman qu'il est en train d'écrire.

 


 


Un grand homme de province à Paris


C’est la plus longue des trois parties. Lucien, arrivé à Paris, se découvre bien misérablement vêtu et logé en comparaison des élégants parisiens. Son amour pour madame de Bargeton souffre aussi de la comparaison avec des femmes de l'aristocratie. Pauvre et peu au fait des mœurs de la capitale, il se couvre de ridicule en faisant, à l'Opéra, ses premiers pas dans le monde, et perd l'appui de madame de Bargeton. Ses tentatives pour faire publier ses livres se soldent par des échecs. Il fait alors la connaissance de Daniel d'Arthez, un écrivain de génie qui l’introduit au Cénacle, cercle de jeunes hommes de tendances politiques et d’occupations diverses qui partagent dans une amitié parfaite une vie ascétique au service de l’art ou de la science. Lucien fréquente le Cénacle pendant un temps. Mais, trop impatient pour réussir par la voie ardue du seul travail littéraire, il cède à la tentation du journalisme, un univers corrompu dans lequel il connaît rapidement le succès grâce à des articles répondant aux goûts du jour. Il les signe Lucien de Rubempré, prenant le nom de jeune fille de sa mère. Il s’éprend d’une jeune actrice qui l'adore, Coralie, et mène une vie de luxe en s'endettant. Son ambition le pousse d’un journal libéral à un journal royaliste. Cette absence totale de principes est très mal perçue par ses anciens amis du Cénacle, qui l’attaquent violemment, tandis que ses nouveaux collègues ne le soutiennent guère. Sa ruine est consommée lorsque Coralie tombe malade. Il assiste impuissant à son agonie et se résout finalement à retourner à Angoulême pour solliciter l’aide de David, à qui il avait déjà auparavant demandé plusieurs aides financières, qui lui avaient été versées à chaque fois.

 


Les Souffrances de l’inventeur (d’abord publié sous le titre Ève et David)


David, au bout de nombreuses expériences, est parvenu à mettre au point un nouveau procédé de fabrication du papier sur lequel il travaillait depuis longtemps ; mais ses concurrents, les frères Cointet, réussissent à s'emparer du procédé avec la complicité d’un de ses employés. Par des manœuvres frauduleuses, ils réussissent à le mettre en faillite grâce à un effet financier que Lucien avait tiré sur le compte de David en imitant sa signature alors qu'il avait besoin d'argent à Paris. Incapable de payer cette dette, dont le montant a été multiplié par les frais d'avocat, David est mis en prison. Lorsqu’il apprend cette nouvelle lors de son retour dans sa famille, Lucien est accablé de remords devant cette ruine dont il est en grande partie responsable. Ne voyant pas d'avenir devant lui, il décide de se suicider. Alors qu’il cherchait un endroit convenable pour se noyer, un mystérieux abbé espagnol qui passait par là, Carlos Herrera, le convainc de renoncer à ce projet en lui offrant argent, vie de luxe et possibilité de vengeance, à condition qu’il lui obéisse aveuglément. Lucien accepte ce pacte. Il envoie alors à David la somme nécessaire pour sortir de prison et part pour Paris avec l’étrange prêtre. David parvient alors à un accord avec les Cointet, qui exploitent son invention. David et Ève, qui ont hérité une petite fortune du vieux Séchard, se retirent à la campagne, dans le petit village de Marsac, pour y vivre simplement, mais aisément.

27EME SEANCE DU SQUARE - HONORE DE BALZAC - BIOGRAPHIE PRESENTEE PAR MONIQUE


HONORE DE BALZAC

Jeunesse et milieu familial (1799-1806)

Honoré de Balzac est l’ainé des quatre enfants de Bernard François Balssa et d’Anne-Charlotte-Laure Sallembier. Du côté paternel : la réussite d'un berger de l'Albigeois, parti à pied, devenu secrétaire du Conseil du roi puis ayant fait carrière comme directeur des vivres Du côté maternel : une lignée de commerçants, une jeune mal mariée, jetée pour des raisons de fortune à un quinquagénaire ; des liaisons, un fils adultérin  (le dernier).

Né le 20 mai 1799, Honoré est mis en nourrice immédiatement et ne regagnera la maison familiale qu'au début de 1803. Cet épisode de la première enfance lui donnera le sentiment d'avoir été délaissé par sa mère

Il a une affection particulière pour sa sœur Laure.

La formation d'un jeune philosophe (1807-1818)

De huit à quatorze ans, Honoré est pensionnaire du collège des oratoriens de Vendôme, Au cours des six ans qu'il y passe, sans jamais rentrer chez lui, même pour les vacances, le jeune Balzac dévore des livres de tout genre : la lecture était devenue pour lui « une espèce de faim que rien ne pouvait assouvir ».Atteint de troubles nerveux attribués à l’abus de lecture il quitte le collège de Vendôme. A partir de 1814, il étudie au collège de Tours. Puis il continue ses études à Paris, bientôt rejoint par sa famille. Honoré se passionne pour la philosophie, obtient son baccalauréat, suit des cours de Droit puis devient clerc de notaire.

Les débuts et l’écriture alimentaire (1819-1822)


Son père âgé de 73 ans ayant été mis à la retraite, la famille n'a plus les moyens de vivre à Paris et déménage à Villeparisis. Le jeune Balzac ne veut pas quitter Paris et dit vouloir se consacrer à la littérature, il veut faire sa fortune par une œuvre littéraire. Ses parents le logent alors, en août 1819, dans une mansarde, au 9, rue de Lesdiguières, et lui laissent deux ans pour écrire. Balzac rappellera dans Illusions perdues cette période de sa vie. Il  écrit une tragédie, Cromwell (1819), péniblement imitée des maîtres classiques, il écrit aussi sous pseudonymes. Pour vivre, il travaille pour des officines qui ravitaillent en romans les cabinets de lecture. Le jeune homme apprend à connaître le monde des éditeurs et des petits journaux ; il découvre ce par quoi doit passer le talent lorsqu'on n'a pas l'indépendance et la fortune.

Les affres de l’éditeur-libraire-imprimeur (1823-1828)

Fin 1823, Balzac fait la connaissance de l’écrivain Horace Raisson (1798-1852), qui le fait pénétrer dans de nouveaux cercles de la vie parisienne. Tous deux collaborent au Feuilleton littéraire, qui soutient d'abord Saint-Aubin, puis le brise comme les petits journaux briseront son futur personnage Lucien de Rubempré.

Au début de 1824, il a publié deux brochures anonymes, certainement bien payées, peut-être provocatrices : Histoire impartiale des Jésuites et Du droit d'aînesse. Travaux de libraire, mais dans lesquels l'auteur expose des idées directement antilibérales sur l'unité, sur l'autorité, et auxquelles il ne renoncera jamais.

Après l’échec de Wann Chlore, en 1825, Balzac, malade, abandonne la littérature. Il trouve une aide financière auprès de Laure de Berny (1777-1836), femme mûrissante qui lui tient lieu à la fois de mère et d'initiatrice amoureuse et mondaine, et il se fait imprimeur, puis fondeur. L'expérience durera deux ans, tournant elle aussi au désastre. Seul un prêt de sa mère empêchera le déshonneur, mais ce prêt ne sera jamais remboursé et pèsera sur sa vie entière.

 
Premiers succès (1828-1830)
En 1828, ayant totalement échoué comme « industriel », Balzac reprend la plume.

Il écrit un roman sur les guerres civiles de Vendée : le Dernier Chouan et que Balzac publie en 1829. Le modèle est évidemment l'écrivain écossais Walter Scott, mais Balzac, admirateur récent des saint-simoniens, nourrit son roman historique de deux thématiques nouvelles : celle de la vie privée (la femme abandonnée, la femme dans la Révolution) et celle de la critique antilibérale.

Il revient de manière plus sérieuse dans les milieux de la presse et de la librairie. Ses activités se développent dans deux directions : il devient l'un des animateurs du Feuilleton des journaux politiques, feuille saint-simonienne, et collabore à la première Presse de Girardin, ayant ses entrées à la Silhouette et à la Caricature, vivant alors l'expérience qu'il prêtera plus tard à Lucien de Rubempré dans Illusions perdues. Par ailleurs, il écrit une Physiologie du mariage (commencée en 1826, mais qui n'est achevée que fin 1829) et entreprend une série de Scènes de la vie privée, dont les premières paraissent en mars 1830.

Le tournant (1830-1831)


Renonçant au genre « vie privée », il devient une célébrité par ses récits fantastiques et philosophiques, dont le couronnement est, en 1831, la Peau de chagrin. Cette fois, Balzac est lancé. Il est l'une des figures du nouveau Paris, il gagne de l'argent, et le dépense sans compter.

En même temps, Balzac rêve de fortune politique. Jusqu'alors, il avait été « de gauche », tout en ayant montré par ses écrits son hostilité fondamentale au libéralisme en tant que système économique et social. Les problèmes consécutifs à la révolution de Juillet précipitent son évolution dans un sens en apparence inattendu. Trop réaliste pour accepter l'idéalisme saint-simonien ou républicain, il ne saurait admettre la consécration du pouvoir bourgeois. Sans perspectives du côté de la gauche, refusant le « juste milieu », Balzac ne voit de solution que dans un royalisme moderne, fonctionnel, organisateur et unificateur, chargé d'intégrer les forces vives et d'assurer le développement en mettant fin à l'anarchie libérale et à l'atomisation du corps social par l'argent et les intérêts. C'est la fameuse « conversion ».

L’année charnière (1834)


Janvier 1834 début de la liaison avec la comtesse polonaise, Mme Hanska, qui lui avait écrit une lettre d'admiration signée l'Étrangère en 1832

À la fin de cette année 1834 se produit l'événement décisif, la grande cristallisation. Pour la Revue de Paris, Balzac écrit Le Père Goriot, scène de la vie privée, scène de la vie parisienne, roman d'éducation. Balzac applique pour la première fois un système appelé à devenir fameux, celui du retour des personnages : on retrouve le Rastignac de la Peau de chagrin, mais à vingt ans, lors de son arrivée à Paris. Balzac, par ce moyen technique, découvre un moyen d'unifier son œuvre à venir et constate l'unité profonde de ce qu’il a déjà écrit ; il n'y a plus qu'à débaptiser quelques personnages, qu'à arranger quelques dates (ce sera souvent du bricolage, et les invraisemblances ne disparaîtront jamais toutes) pour que les récits sortent de leur isolement et tendent à constituer les fragments d'une fresque.

 L’école du roman-feuilleton (1836-1841)


En 1836 deux nouveaux journaux sont lancés : « la Presse » et « Le Siècle »,  journaux bons marchés à « grands tirages », utilisant la formule du roman-feuilleton. Il s'agit là d'une mutation capitale, qui va fournir à Balzac un nouveau support, un moyen d'étonnante multiplication de soi (publication d'abord en feuilleton, ensuite en volume isolé, puis reprise dans des publications collectives) et lui permettre de toucher un tout nouveau public. Balzac renonce, vers cette époque, au conte philosophique, et il est exact que le roman-feuilleton condamnait ce genre quelque peu élitiste, qu'il appelait de l'intrigue, voire du mélodrame, qu'il privilégiait les sujets parisiens, les bas-fonds, etc

C'est le feuilleton qui va, chose étrange, permettre, dans ses bas de pages quotidiens et sur son papier sale, cette explosion et cette diffusion : les Employés et César Birotteau (1837), la Maison Nucingen (1838), Une fille d'Ève (1838-1839), le Curé de village (1839-1841), Béatrix (1839), Pierrette (1840), Une ténébreuse affaire, la Rabouilleuse, Ursule Mirouet (1841) sont tous des carrefours de personnages balzaciens, mais aussi des diffuseurs des anciennes théories désormais incarnées, marchant dans leur force et leur singularité personnelles.

Le grand auteur de la Comédie humaine (1842-1848)


La Comédie humaine est d'abord une entreprise de librairie : édition compacte, suppression des préfaces, des alinéas, des chapitres, souscription. C'est aussi une entreprise d'unification un peu extérieure aux textes : beaucoup de romans réédités seront remaniés de manière à entrer dans le système de reparution des personnages ; les plus anciens, comme les Chouans ou la Peau de chagrin, subiront les modifications les plus importantes ; souvent les personnages réels disparaîtront et céderont la place à leurs homologues de l'univers balzacien (le plus intéressant est le poète Canalis, qui remplace sans problème apparent, du moins Balzac le pense-t-il, Lamartine et Victor Hugo).

Le point le plus important est évidemment la naissance d'un espace biographique imaginaire, aucun personnage n'étant connaissable dans un seul roman, et surtout les périodes les plus anciennes de sa vie n'étant données à lire qu'après les périodes les plus récentes : ainsi pour Rastignac, dont le passé le plus lointain figure dans le Père Goriot, dont la période 1830 est contée dans la Peau de chagrin, la période intermédiaire dans la Maison Nucingen et l'Interdiction, et dont l'aboutissement politique se trouve dans les Comédiens sans le savoir.

 Le contrat fut signé en 1841, les premiers volumes parurent en 1842. Il devait y avoir dix-sept volumes, dont le dernier devait paraître en 1848. Désormais, Balzac, dans ses lettres à Mme Hanska, pouvait parler de lui comme du « grand auteur de la Comédie humaine ».

Les dernières années (1848-1850)


En 1846-1847, une œuvre capitale, les Parents pauvres (le Cousin Pons, la Cousine Bette) accomplissent la prouesse de rejoindre le temps : la date de l'intrigue est la même que la date de l'écriture. Le temps est rattrapé au moment où règnent les nouveaux maîtres dont le lecteur connaissait le passé.

Ensuite, la production se ralentit, puis se tarit. Balzac, épuisé, est pris tout entier par son idée fixe d'épouser Mme Hanska, pour qui il installe à Paris, rue Fortunée, un invraisemblable palais.

Pendant les deux années qui suivent, Balzac cesse d'écrire. En 1850, il finira par épouser sa comtesse, mais mourra presque aussitôt d'épuisement, salué par Victor Hugo. Après sa mort, sa veuve paiera ses dettes et fera éditer ou terminer les manuscrits disponibles. Balzac avait corrigé de sa main un exemplaire de sa Comédie. C'est celui qui devait servir aux éditions ultérieures.