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samedi 20 mai 2017

34EME REUNION - SYNTHESE DES DEBATS PAR GERARD

Après une introduction du roman par Patrick, les débats ont commencé.


LES THEMES DE L'ILE MYSTERIEUSE

Le thème principal de l’Ile mystérieuse est le voyage
Mais ce constat peut s’appliquer à la quasi-totalité des livres de Jules Verne.
Aussi avons-nous plutôt insisté lors de nos échanges sur les thèmes plus spécifiques à ce roman.

  • Le pouvoir des sciences

Dans l’Ile mystérieuse nous avons tous été frappés par l’importance accordée aux sciences dans le roman. Les références aux mathématiques, à la physique, la chimie, la mécanique, la biologie, la botanique, la pharmacie, l’astrologie, l’agronomie, la géographie, la cartographie etc. sont légion dans les quelques huit cents pages du livre.
Toutefois, il ne s’agit pas ici d’un savoir encyclopédique abstrait, l’objectif est bien d’appliquer les connaissances scientifiques pour résoudre les problèmes concrets que se posent les naufragés. Problèmes qui souvent consistent à se déplacer ou à survivre.

« Ils savaient » et l’homme qui « sait » réussit là ou d’autres végéteraient et périraient inévitablement. » (Ed Livre de Poche p. 233)

Parmi les connaissances pratiques mises en œuvre dans l’Ile mystérieuse, on peut citer :
  • allumer un feu sans allumette, ni silex,
  • mesurer des hauteurs,
  • déterminer des longitudes et des latitudes,
  • construire un four à poterie,
  • élaborer de la nitroglycérine et du pyroxyle,
  • s'initier à la métallurgie en raffinant et travaillant du minerai de fer,
  • fabriquer des bougies,
  • construire un ascenseur hydraulique,
  • alimenter en électricité un télégraphe par une pile rudimentaire,
  • fabriquer des vitres...

Notre analyse est que ces applications scientifiques avaient certainement pour objectif de séduire les jeunes lecteurs et de les appeler à développer leurs connaissances. Nous avons observé d’ailleurs que les livres de Jules Verne emportaient souvent la part du lion lors des traditionnelles distributions des prix des collèges et des lycées.

Nous avons également relevé que l’approche scientifique de Jules Verne est peu tournée vers l’anticipation, à l’exception peut-être du sous-marin du capitaine Nemo et des fusées et autres aéronefs. Ainsi a–t-on pu écrire : « la science de Jules Verne reste en deçà de son époque. Tous les romans qui procèdent d'une machine ne sont que des extrapolations sur d'anciens modèles. »
Certains d’entre nous ont insisté sur l’absence d’une connaissance scientifique très approfondie chez Jules Verne.
Il lisait plutôt des ouvrages de vulgarisation et se constituait des fiches englobant les grands domaines scientifiques, si bien qu’on a pu lui a reprocher de recopier une grande partie de ses fiches dans ses livres. Certains d’entre nous ont relevé le manque d’intérêt de certaines énumérations ou de certaines démonstrations.

Nous avons enfin fait le constat que Verne n’était pas un positiviste totalement convaincu. Il semble même qu’au fil des ans, le doute sur les pouvoirs de la science se soit amplifié chez l’écrivain.
Cyrus Smith soi-même émet lui aussi des doutes dans le roman sur le réel pouvoir de la science :
«  Mais le moment ne viendrait-il pas où toute leur science serait mise en défaut ? Ils étaient seuls sur cette île. Or, les hommes se complètent par l’état de société, ils sont nécessaires les uns aux autres. Cyrus Smith le savait bien, et quelquefois il se demandait si quelque circonstance ne se produirait pas, qu’ils seraient impuissants à surmonter ! » (Livre de Poche, p. 647)

  • Le statut social de l’ingénieur : hier et aujourd’hui

Si la science permet cependant dans bien des cas de trouver des solutions à des situations problématiques telles qu’elles se posent à des naufragés, nous avons également relevé que celui qui est détenteur de ces connaissances scientifiques dans le groupe, l’ingénieur Cyrus Smith, apparaissait comme le chef « naturel » de l’équipe. Autrement dit : le pouvoir à celui qui maîtrise le savoir.
Les autres personnages sont plutôt des exécutants, à l’exception toutefois du jeune Harbert Brown qui a déjà un excellent niveau de connaissances en botanique, ce qui est très utile pour tous.

Un débat s’est ouvert entre nous sur le rôle de l’ingénieur et sur son statut dans la société du XIXème et dans notre société actuelle.
Les avis ont divergé, les uns considérant que l’ingénieur aujourd’hui ne bénéficiait plus du prestige qu’il avait jadis, et qu’il ne jouait plus un rôle majeur dans la société actuelle, tandis que d’autres membres du Square ont affirmé que les ingénieurs, notamment ceux formés dans les grandes écoles, jouaient un rôle très important dans l’économie et dans les entreprises aujourd’hui et qu’ils bénéficiaient dans leur domaine, d’une reconnaissance et d’un pouvoir de décision non négligeables.


  • L’organisation du travail au sein de l’équipe

Certains d’entre nous relevé qu’il exista une certaine division du travail entre les membres de l’équipe : Nab est chargé de faire la cuisine, Pencroff exerce sa compétence en matière de bateau et de navigation, Harbert dans le domaine de la botanique, Spilett, le reporter touche un peu à tout et Cyrus bien sûr est à l’origine de tous les projets, c’est lui qui donne les objectifs et les moyens.
Mais il faut remarquer également, que l’ingénieur incite tous ces hommes à une certaine polyvalence, ainsi sont-ils tour à tour : charpentier, menuisier, maçon, mécanicien, chasseurs, cultivateurs...
Cette organisation souple est rendue possible par la confiance réciproque existant entre les personnes et par la docilité de tous les personnages. Les rapports humains sont décrits ici sous un angle idyllique.
Il semble également que la notion de groupe prévaut sur celle de l’individu. Il n’y a par exemple sur l’île aucune tentative d’appropriation individuelle, c’est le groupe, entité de fait, qui gère les biens et les ressources des naufragés.
Ceux-ci constituent en quelque sorte une famille qui a en charge le développement de l’île grâce aux sciences et au progrès technique.


  • Des personnages sans épaisseur

Les personnages de l’Ile mystérieuse, n’ont pas l’épaisseur des personnages habituels des romans du XIXe. Ainsi, ils n’ont aucune dimension psychologique et leurs relations ne sont entachées d’aucun conflit pendant les presque quatre années où ils vivent sur l’Ile Lincoln.
Nous sommes dans un roman de genre, un roman d’aventure, dans lequel toute dimension psychologique est absente. Ainsi le lecteur n’a t-il qu’à fixer son attention sur l’action et sur le déroulement des événements.
A noter également l’absence de toute présence féminine dans le roman, ce qui n’est pas le cas dans tous les romans de Jules Verne.
Nous avons enfin remarqué que l’auteur faisait totalement l’impasse sur la libido de ses personnages.


  • Une vision de la nature loin d’être monolithique

Nous avons souligné que pendant leur séjour sur l’Ile mystérieuse, les naufragés n’ont eu qu’à bénéficier des ressources mises à leur disposition par la nature.
Tout au plus les connaissances scientifiques de l’ingénieur Cyrus Smith leur ont-t-elles permis de les transformer, pour répondre à leurs besoins primaires.
Après l’envol du ballon, tout semble se passer comme dans un rêve. Il y a certes des catastrophes qui se produisent, mais elles se terminent toujours bien.
Pour mener une vie heureuse sur l’île, il suffit d’utiliser les ressources mises à disposition par la nature et de travailler dur, celles-ci existent en abondance et aucun risque de pénurie ne se profile.

Toutefois, à la fin du roman, on observe que la nature ne génère pas que des bienfaits pour l’homme, parfois elle balaie tout sur son passage et réduit à néant tous les efforts des hommes.

On peut en conclure que Jules Verne n’a pas un point de vue figé sur les sciences et sur l’environnement naturel.
Il a bien conscience, dès son époque, d’une part que les ressources naturelles utilisables par les hommes, même si elles abondent, ne sont pas inépuisables (les prélèvements doivent se faire en fonction des besoins) et que d’autre part, la science peut se révéler totalement dépassée devant des événements aussi puissants que des ouragans ou des éruptions volcaniques. La fin de l’Ile mystérieuse le démontre amplement. Ce point a été relevé par plusieurs d’entre nous, nous avons même évoqué l’idée d’un Jules Verne écologiste avant l’heure.

Nous nous sommes aussi posé la question de savoir si Ian Flemming ne s’était pas inspiré de la fin de l’Ile mystérieuse pour construire les fins cataclysmiques de ses James Bond. Ceux qui font le mal sont détruits dans des cataclysmes épouvantables.


  • Un roman qui traduit les idées dominantes de la fin du XIXe en France

    -  La promotion de la colonisation

A l’évidence, les personnages du roman se comportent comme des conquérants, ils reprennent tous les procédés des grands conquistadors du passé : exploration des terres, établissement de cartes, attribution de noms « américains » aux différentes parties de l’île, construction d’éléments de défense contre les attaques potentielles...
Jules Verne décrit la démarche, mais ce n’est pas pour autant un défenseur du colonialisme.
  
-    - Une vision discriminante à l’encontre des noirs...

Nous avons relevé le sort qui est fait à Nab dans le roman. C’est « un nègre », un ancien esclave affranchi, très attaché à son maître et qui se ferait tuer pour lui. Nab fait certes partie de l’équipe, mais il a quand même un statut à part. Les qualificatifs utilisés à son égard sont teintés de racisme.


      - La question de l’antisémitisme de Jules Verne

Un débat a eu lieu entre nous sur ce point.
Dans l’Ile mystérieuse, rien ne laisse à penser que Verne est antisémite. Néanmoins si l’on se réfère à certains passages d’autres de ses romans et notamment du Château des Carpathes, il laisse apparaître un antisémitisme certain.
Par ailleurs, quelques uns d’entre nous ont rappelé l’appartenance de Jules Verne au camp des anti-dreyfusards.




-    - La défense des opprimés

Ce thème entre en partie en contradiction avec celui de la colonisation, mais il est fait allusion dans le roman, à la défense de ceux qui réclament la liberté et l’indépendance des peuples. Jules Verne n'est donc pas à classer dans la catégorie des affreux colonialistes. Pour lui, les colons sont ceux qui en premier lieu apporte le progrès.
Mais lorsque les puissances coloniales oppriment les peuples, Jules Verne se range aux côtés des opprimés.
Plus tard Mathias Sandorf incarnera d’ailleurs le rôle du libérateur de la Hongrie contre l’Autriche.

  • Le style de Jules Verne

Jules Verne est incontestablement un conteur. Il sait raconter des histoires en respectant des critères très classiques du roman de genre. L'Ile mystérieuse est un livre agréable à lire malgré son volume.
Plusieurs d’entre nous ont relevé qu’à aucun moment ils n’ont éprouvé de lassitude dans la lecture du livre. Lorsque l’attention commence à s’émousser, l’auteur sait introduire un nouvel événement qui relance son intérêt.
Notons toutefois que certains n’ont pas lu l’intégralité du roman et que d’autres ont pratiqué la technique du saut de pages. Mais sur un roman de 800 pages, cela peut se comprendre.

La succession d’événements qui se produisent sur l’île et qui échappent à toute rationalité amène le lecteur, comme les naufragés eux-mêmes, à imaginer différentes hypothèses qui maintiennent en permanence son intérêt.
La révélation finale est un coup de maître, elle a aussi pour fonction d’établir des passerelles avec d’autres romans de Jules Verne.

  • Jules Verne et la littérature

Lors de nos débats nous nous sommes demandé si les romans de Jules Verne relevaient du domaine de la littérature.
Il est certain que cet auteur n’était pas traité dans les manuels de littérature des lycées, comme le « Lagarde et Michard » par exemple. Ce qui signifiait qu’il n’était pas reconnu par les autorités académiques comme un grand écrivain.

Les critiques constatent également qu’à l’époque où Jules Verne écrivait ses romans, d’autres écrivains faisaient véritablement œuvre de création littéraire et renouvelaient profondément l’esthétique de la littérature. Ce qui n'a jamais été son cas.

Mais si l’on rapproche le projet d’écriture de Jules Verne et les résultats qu’il a atteint peut-on réellement lui reprocher de n’être pas ce qu’il n’a pas souhaité être ?
Aujourd’hui encore Jules Verne reste l’un des écrivains français les plus lus dans le monde.


Les autres livres de Jules Verne lus par les participants au Square

- « Michel Strogoff », Chantal considère que c’est un livre qui tient la route encore aujourd’hui.
- « Le château des Carpathes » se réfère à l’évidence à Edgar Poe, dont Jules Verne était un fervent admirateur. Michel E. fait observer que ce roman lui apparaît aujourd’hui comme un livre de souvenirs d’enfance. Il lui fait penser aux livres qu’on remettait aux premiers de la classe lors de la distribution des prix.
- Monique présente un inédit de Jules Verne intitulé « l’Oncle de Robinson ».

  • Une grande innovation : les différentes éditions des romans de Jules Verne

Comme la plupart des Voyages extraordinaires de Jules Verne, L’île mystérieuse paraît d’abord, en feuilleton (du 10 septembre 1874 au 28 octobre 1875) dans le Magasine d’éducation et de récréation, codirigé par Jean Macé, P.J. Stahl (pseudonyme de Pierre-Jules Hetzel) et... Jules Verne.

Une première édition en volume au format in-12°, broché, à prix modéré, est suivie, en décembre 1875, par une édition de prestige, volume triple, format in-8°, relié et cartonné dans la «Bibliothèque d’éducation et de récréation» des mêmes Éditions Hetzel. Disposant d’une carte et de 154 illustrations de Jules Férat, elle est régulièrement rééditée sous divers cartonnages jusqu’en 1914.




Nb: le «vol de mouettes» est caractéristique de L’île mystérieuse. Photographie fournie par A. Braut, 8 juillet 2002.

Exemple d'une couverture au deux éléphants évoquée par Serge lors de notre discussion :




  •  Des éditions illustrées

Dans le corps des romans de Jules Verne, l'idée de Hetzel fut une fois ces textes palpitants illustrés d'images évocatrices par des grands noms de la gravure, d'habiller enfin le tout d'une percaline de couleur vive sur lequel s'imprime des décors rappelant le sujet des ouvrages. Hetzel a utilisé les ressources décoratives offertes par la reliure industrielle qui était née vers le milieu du XIXè siècle. Les décors pouvaient être utilisés pour plusieurs titres: obus, bannière, sphère armillaire, portrait, mappemonde, steamer, bouquets de roses, ou encore tête d'éléphant.

vendredi 19 mai 2017

34EME REUNION - BIBLIOGRAPHIE DE JULES VERNE

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 Jules Verne par Nadar


Les romans de Jules Verne
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  1. Cinq semaines en ballon (1863)
  2. Voyage au centre de la Terre (1864)
  3. Le Comte de Chanteleine (1864), publié en revue seulement ; première publication en volume en 1971.
  4. De la Terre à la Lune (1865)
  5. Les Aventures du capitaine Hatteras (1866), publié en deux parties : Les Anglais au Pôle Nord (1866) et Le désert de glace (1866)
  6. Les Enfants du capitaine Grant (1868), publié en trois parties : L’Amérique du Sud (1866), L’Australie (1866) et L’Océan Pacifique (1867)
  7. Vingt mille lieues sous les mers (1870), publié en deux parties (1869 et 1870)
  8. Autour de la Lune (1870), suite de De la Terre à la Lune
  9. Une ville flottante (1871)
  10. Les Forceurs de blocus (1871)
  11. Une fantaisie du docteur Ox (1872), repris dans Le Docteur Ox en 1874
  12. Aventures de trois Russes et de trois Anglais dans l'Afrique australe (1872)
  13. Le Tour du monde en quatre-vingts jours (1873)
  14. Le Pays des fourrures (1873)
  15. L'Île mystérieuse (1874-1875), publié en trois parties : Les naufragés de l’air (1874), L’Abandonné (1875) et Le secret de l’île (1875)
  16. Le Chancellor (1875)
  17. Michel Strogoff (1876)
  18. Hector Servadac (1877)
  19. Les Indes noires (1877)
  20. Un capitaine de quinze ans (187
  21.  Les Cinq Cents Millions de la Bégum (1879)
  22. Les Tribulations d'un Chinois en Chine (1879)
  23. La Maison à vapeur (1880)
  24. Dix heures en chasse (1881), publié à la suite du Rayon vert
  25. La Jangada (1881)
  26. L'École des Robinsons (1882)
  27. Le Rayon vert (1882)
  28. Kéraban-le-Têtu (1883)
  29. L'Étoile du sud (1884)
  30. L'Archipel en feu (1884)
  31. Frritt-Flacc (1884), publié à la suite d'Un billet de loterie
  32. Mathias Sandorf (1885)
  33. L'Épave du Cynthia (1885)
  34. Robur le Conquérant (1886)
  35. Un billet de loterie (1886)
  36. Nord contre Sud (1887)
  37. Le Chemin de France (1887)
  38. Gil Braltar (1887), publié à la suite du Chemin de France
  39. Deux ans de vacances (1888)
  40. Famille-Sans-Nom (1889)
  41. Sans dessus dessous (1889)
  42. César Cascabel (1890)
  43. Mistress Branican (1891)
  44. Le Château des Carpathes (1892)
  45. Claudius Bombarnac (1892)
  46. P'tit-Bonhomme (1893), a aussi été republié sous le titre Fils d’Irlande
  47. Mirifiques Aventures de maître Antifer (1894)
  48. L'Île à hélice (1895)
  49. Face au drapeau (1896)
  50. Clovis Dardentor (1896)
  51. Le Sphinx des glaces (1897)
  52. Le Superbe Orénoque (1898)
  53. Le Volcan d'or (1899)
  54. Le Testament d'un excentrique (1899)
  55. Seconde patrie (1900)
  56. Le Village aérien (1901), d’abord publié sous le titre La Grande Forêt
  57. Les Histoires de Jean-Marie Cabidoulin (1901), a aussi été republié sous le titre Le Serpent de mer
  58. Les Frères Kip (1902)
  59. Bourses de voyage (1903)
  60. Un drame en Livonie (1904)
  61. Maître du monde (1904)
  62. L'Invasion de la mer (1905)


Jules Verne a également écrit des poèmes, des pièces de théâtre et des essais, mais qui n’ont pas eu le succès de ses romans.

34EME REUNION - BIOGRAPHIE DE JULES VERNE

Patrick nous a présenté dans un premier temps une brève biographie de Jules Verne.

L’écrivain est né sur l’île Feydeau à Nantes le 8 février 1828.
En 1834, à l'âge de six ans, il est mis en pension dans une école tenue par une certaine Mme Sambin, veuve d'un capitaine au long cours. L'année suivante, il entre avec son frère au collège Saint-Stanislas, un établissement religieux.
Certains biographes affirment qu'en 1839, à l'âge de 11 ans, Jules se serait embarqué comme mousse sur un long-courrier en partance pour les Indes.
Son père l'aurait récupéré in extremis et  Jules aurait avoué alors être parti pour rapporter un collier de corail à sa cousine, Caroline, dont il était amoureux.
Après une sévère réprimande de son père, il aurait promis de ne plus voyager qu'en rêve.
En 1840, il  entre au petit séminaire de Saint-Donatien.
De 1844 à 1846, il poursuit ses études au lycée Royal de Nantes (actuellement lycée Clemenceau).



En 1847, Jules Verne est envoyé à Paris par son père, pour continuer ses études, mais aussi peut-être parce qu'il voulait l'éloigner de Nantes.
En effet, Caroline (1826-1902), la cousine de Jules, dont il est très épris, se marie le 27 avril 1847 avec Émile Dezaunay, un homme de quarante ans. Jules Verne en conçut une amertume profonde.
Après un séjour à Paris, où il passe ses examens de première année de droit, il revient à Nantes pour préparer sa deuxième année.
A cette époque qu'il fait la connaissance de Rose Herminie Arnaud Grossetière pour laquelle il va éprouver une violente passion.
En 1848, Jules s’installe à Paris. Il rencontre des écrivains connus comme Alexandre Dumas entre autres et il est très influencé par Victor Hugo.
Il rencontre alors l’éditeur Hetzel.
En 1856, il fait la connaissance d’Honorine Meurel à Amiens. Il épouse cette jeune veuve et mère de deux filles l’année suivante. Ils auront ensuite un fils, Michel Verne en 1861. Jules Verne, afin de faire vivre sa famille, devient agent de change à la bourse de Paris. En 1859, il part avec son ami Aristide Hignard à la découverte l’Ecosse.
En 1862, il rencontre un éditeur du nom de Hetzel. Il lui propose un manuscrit intitulé Voyage en l’air. Il sera publié un an plus tard sous le titre "Cinq semaines en ballon", connaîtra un grand succès et sera le premier volume des Voyages  extraordinaires.
Il signe alors avec Pierre-Jules Hetzel un contrat qui le lie pour vingt ans.

En 1867, il embarque avec son frère à bord d’un énorme paquebot à destination de l’Amérique. Cet amoureux de la mer acquiert en 1868 son premier bateau, baptisé le Saint Michel en hommage à son fils, c’est une chaloupe de pêche aménagée pour la plaisance.
Il sera ensuite remplacé par le Saint Michel II et III (une goélette de 23m). 



En 1871, il part s’installer à Amiens, la ville d’origine de sa femme.

Au cours de l’année 1886, il est victime d’une crise de démence de son neveu qui lui tire dessus avec un revolver. Touché à la jambe, il boitera pour le reste de sa vie.
Malade du diabète Jules Verne, meurt le 24 mars 1905 à Amiens, dans sa maison du 44 boulevard Longueville.


S’agissant des deux romans qui étaient au programme de cette soirée :

- L’Ile Mystérieuse
Jules Verne a écrit ce roman en 3 étapes.
L’œuvre est d’abord publiée en feuilleton dans le Magasin d’éducation et de récréation du 1er janvier 1874 au 15 décembre 1875, puis est reprise en volume dès le 22 novembre 1875 chez Hetzel

- Le château des Carpathes
Le roman est achevé dès 1889. Il est d'abord publié sous forme de feuilleton, du 1er janvier au 15 décembre 1892, dans le Magasin d'éducation et de récréation, avant d'être repris en volume la même année chez Herzel.