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dimanche 30 mai 2010

6EME REUNION : NOS COUPS DE COEUR

VOICI LA LISTE DES LIVRES COUPS DE COEUR :

- "L'ombre de ce que nous avons été" de Luis Sepulveda, 2010, Ed. Métaillé, écrivain chilien. Proposé par Michel Bac, Monique en avait parlé précédemment.

- "L'Offense" de Ricardo Menendez Salmon, 2009, Ed. Actes Sud, dont nous avait parlé Michel Lebrun, Claude a fait un compte rendu de lecture sur son blog.

- "Marge brute" de Laurent Quintreau, 2006, Ed. Denoël, recommandé par Michel Bac : l'état-major d'une compagnie financière entame le rite du comité de direction. Onze cadres supérieurs autour d'une table, onze voix composent ce roman. Il est question de restructuration, dividende et de licenciements. Ces thèmes se mêlent aux sentiments des différents personnages et le lecteur plonge dans leurs histoires personnelles.



- "Les lettres qui ne sont jamais arrivées" de Mauricio Rosencof, 2009, Ed. Folies d'Encre, recommandé par Michel Bac. Moishe décrit le cours de son existence à Montevideo : son frère, ses parents, la vie du quartier. Son père attend chaque jour les lettres de ceux restés en Europe, lettres du ghetto, lettres d'Auschwitz de Ruth, Anna... qui vont mourir et que Moishe ne connaîtra pas. Désormais adulte, c'est Moishe qui écrit à son père disparu.

- "Les nouvelles orientales" de Marguerite Yourcenar, 1978, Ed. Gallimard - L'Imaginaire, présentées par Claude qui en fait, par ailleurs, un  compte rendu dans son blog.

- "Le quai de Ouistreham" de Florence Aubenas, 2010, Ed. L'olivier,  considéré comme un excellent livre de journaliste. Voir également un compte rendu sur le blog de Claude.

- "Histoire du Monde au XVème siècle", un véritable pavé sous forme d'histoire transversale, paru chez Fayard, 900 pages et chaudement recommandé par Michel Lebrun.


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- "Le Shah" et "Le Negus" de Ryszard Kapuściński, 2010, Ed. Flammarion, cités par Joseph.

- "HHhH" de Laurent Binet, 2010, Ed. Grasset, dont ont parlé Gérard et Michel Bac, mais qui n'est pas véritablement un coup de coeur. L'illustration d'une nouvelle tendance en littérature après Littel, Haenel, voici Binet. Compte rendu sur les blogs de Gérard.

samedi 29 mai 2010

CLAUDE LANCE LE DEBAT SUR LE STYLE ET ON CONTINUE LE TOUR DE TABLE SUR LE CLEZIO

Désert
Pour Claude, Le Clézio est un écrivain qu'il a envie d'aimer. C'est un humaniste, qui laisse tout sa place au temps. La notion de temps est importante chez lui. Il apprécie également son rythme littéraire. Il observe toutefois quelques faiblesses de style et souvent des répétitions.
Il nous parle de Désert : l'héroïne, Lalla, fille d'un bidonville, émigrée, réfugiée dans la misère marseillaise et dont la beauté lui permet de conquérir la notoriété des couvertures des magazines, tout en étant enceinte d'un berger muet du désert qui sent un peu fort la sueur et le poil de chèvre, mais qui reste son amour éternel, Lalla qui fuit cette vie facile et vient accoucher agrippée à un figuier immense au bord de la mer, a quelques centaines de mètres de son bidonville originel ... Bon, on se dit que Le Clézio est un sacré veinard : capable de croire en tout ça et de le distiller avec une lenteur de contemplatif anémié. Qu'est ce que je suis dur ce soir avec cet écrivain qui m'a enchante avec "L'africain" !...

Vous avez dit le style ?
Alain-Pierre rebondit et précise avec humour qu'il ne comprend l'approche littéraire de certains d'entre nous. Lorsqu'on lit un livre, de deux choses l'une, on le prend comme un tout ou on ne le prend pas. C'est une forme de plaisir global qui se dégage de la lecture. On ne sent pas l'acceptation de l'oeuvre en tant que telle. Disséquer une oeuvre avec d'un côté l'histoire, de l'autre le style etc. c'est gâcher son plaisir.
Monique répond à son tour que tout est dans la manière de lire, il y a d'abord le plaisir de lire, qui est premier pour elle, et le style de l'auteur qui vient en dernier. Elle a lu Onitscha, Ronde et autres faits divers, le Chercheur d'Or, Désert...
Pour Chantal, il y a plusieurs manières de lire. On peut par exemple lire les livres de Le Clézio dans l'optique d'un Cercle littéraire, avec l'idée qu'on va en parler en public.On peut aussi lire pour son propre plaisir personnel. Tout dépend de l'objectif : on ne lit pas systématiquement de la même façon.
Raga
Joseph a une démarche qui se situe entre les deux points de vue. 
Il enchaîne ensuite sur les trois livres de le Clézio qu'il avait à la maison et sur un quatrième qu'il a acheté. Il nous parle de "Raga", roman très documenté qui se passe dans des îles de l'Océanie. Ce qu'il apprécie chez Le Clézio, c'est son ouverture sur le monde. L'ouverture à toutes les cultures. S'agissant de Raga voici quelques indications sur son contenu.
Sur le planisphère, l’île Pentecôte n’est rien – pas même l’infime trace qu’une pointe de crayon laisse sur la feuille de papier. Question d’échelle, bien sûr : que pèse, posé au cœur de l’océan Pacifique, un lambeau de terre de quelques dizaines de kilomètres de long face à l’immensité du monde ? Question d’histoire, aussi : « On dit de l’Afrique qu’elle est le continent oublié. L’Océanie, c’est le continent invisible. Invisible parce que les voyageurs qui s’y sont aventurés la première fois ne l’ont pas aperçue, et parce qu’aujourd’hui elle reste un lieu sans reconnaissance internationale, un passage, une absence en quelque sorte », écrit J.M.G. Le Clézio, en préambule à ce superbe récit, qu’il a intitulé Raga – le nom de l’île Pentecôte en langue mélanésienne.
Claude nous parle ensuite de l'Africain avec un plaisir évident. Ceux qui connaissent l'Afrique s'y retrouvent.

Mondo et autres histoires
Agnès nous parle de ce livre qu'elle a lu avec plaisir. Il s'agit de nouvelles, huit en tout, ayant pour personnages des enfants. Ces enfants sont proches de la nature, ils recherchent avant tout la liberté, leur apprentissage ne se fait pas à l'école mais au contact de la nature. Des récits initiatiques écrits avec talent, un vocabulaire simpple et accessible.

Poisson d'Or
Quant à Gérard, il avoue avoir été séduit par les idées de Le Clézio et par son écriture. Dans Poisson d'Or qui contient de nombreuses similitudes avec Désert, l'auteur décrit le parcours initiatique d'une jeune fille qui n'a pas de passé et qui cherche son identité dans le voyage. Peu à peu, elle construit ses valeurs : le respect, la liberté, la solidarité des opprimés, jusqu'à la certitude que ses racines sont bien là où elle a passé son enfance, dans le sud marocain. Alors elle peut entamer sa vraie vie.
Agnès retrouve des points communs avec les héros des nouvelles. Finalement Le Clézio ne cherche-t-il pas l'oeuvre parfaite en tentant de réécrire la même histoire de multiples fois ?
Anne a lu Poisson d'Or, la Ritournelle de la faim et, en partie, l'Africain. Elle a aimé particulièrement Poisson d'Or. Elle observe que les héros de Le Clézio sont souvent des jeunes femmes qui se font exploiter et qui se construisent au fil du temps. Ainsi Leïla dans Poisson d'Or, ainsi Ethel dans la Ritournelle de la faim. On pourrait ajouter la Lalla de Désert. Pourquoi ce choix des jeunes filles ? Anne relève également des ruptures asserz caractéristiques dans l'écriture de Le Clézio.

Le Désert, l'Africain et Révolutions
Patrick a lu Désert et l'Africain. Il a été frappé aussi par le côté répétitif du récit, mais cela n'a pas d'inconvénient à la lecture, notamment lorsqu'il décrit le désert. Le langage est simple, accessible.
Michel Bac nous parle de Révolutions : il cite notamment la partie consacrée à la bataille de Valmy. Le Clézio cherche à rompre avec l'ordre établi, il opère un retour à l'essentiel. Il dit des choses très profondes.
Voici d'ailleurs un extrait d'une critique de l'Express qui abonde dans le sens de Michel : " Le récit s'appuie sur des noms magiques, calices toponymiques où macèrent les songes, les regrets, les désirs d'aventure et de solitude à la Robinson. Citons-en quelques-uns: la Kataviva, Ipah (Malaisie), Odessa, sur la mer Noire, Chichester, Trieste, Ekaterinbourg, Palma de Majorque, Rozilis, Ebène, etc. A Gethsémani, un ange passe. D'autres noms, plus inattendus chez Le Clézio, appellent l'Histoire et la font vivre au présent. Châlons, Les Islettes, la forêt d'Argonne. Les soldats de l'an II sont la Révolution en marche. Ils traversent la France à pied pour sauver la République. Sous les ailes du moulin de Valmy, le «voisinage du sang» et le «bourdonnement d'abeilles des boulets» bercent étrangement les cœurs et métamorphosent ces fils de rien venus de leurs provinces lointaines défendre la patrie et la liberté."
Michel Lebrun reprend à son compte les propos de Claude sur Le Clézio et nous parle d'un écrivain ouvert à toutes les cultures, engagé, et qui sait mettre en oeuvre un beau style d'écriture.

Onitscha
Christine évoque un livre déjà cité, mais dont on n'a pas encore parlé : Onitscha. C'est l'histoire d'un garçon qui part avec sa mère retrouver son père en Afrique. Le garçon ne connaît ni son père, ni l'Afrique. Sa mère pense à une Afrique idyllique. Elle est déçue par le pays. Le Clézio raconte l'itinéraire de cette famille éclatée. Christine est véritablement entrée dans le livre et a été séduite. Un regret, l'épilogue qui se passe 20 ans plus tard et qui n'apporte rien.

Le Procès-verbal
Christine a lu éle Procès-verbal, Sylvie également. Elles nous en parlent. Le Procès-Verbal a été publié en 1963, il a obtenu à l'époque le prix Renaudot. Le Clézio avait alors 23 ans. Le procès-verbal est difficile à raconter. C'est écrit dans le style du nouveau roman. Adam Pollo, c'est un peu Pierrot-le-fou. Le livre a été écrit à l'époque de la guerre d'Algérie. Une sorte de "roman-puzzle" d'après l'auteur. Adam Pollo vit retranché dans une maison abandonnée. Est-ce un évadé d'un hôpital psychiatrique ? Ou encore un déserteur ? Toujours est-il qu'il entretient un rapport particulier avec le monde qui l'entoure... On ne sait pas d'où vient le personnage principal. Tout se conjugue sur le thème de l'errance qui est un des thèmes clé de l'oeuvre de Le Clézio. Curieusement chaque chapitre commence par une lettre de l'alphabet dans l'ordre chronologique.
En cet instant nous mesurons tous la richesse de cet auteur. En écrivant ce compte-rendu je me demande si je ne suis pas passé à côte d'oeuvres importantes. J'ai envie d'aller plus loin sur le chemin de Le Clézio.

Prochaine rubrique : le roman policier.



CHANTAL ET LES 13 LIVRES DE LE CLEZIO : OUAOU !

Après un apéro très sympathique (il faut toujours soigner l'entrée en matière n'est-ce pas ?), nous avons entamé nos travaux sur J-M.G. Le Clézio.

13 livres de Le Clezio pour 13 convives
Chantal a fait forte impression lorsqu'elle nous a annoncé qu'elle avait lu 13 livres de Le Clézio. Impressionnant non ?
Dans le compte rendu que je fais, je ne reprends pas les propos exacts de Chantal, malheureusement, car je ne connais pas la sténo et je ne disposais d'aucun appareil d'enregistrement. Je me suis donc contenté de noter les titres de 8 livres et l'impression générale de Chantal.
Qu'elle m'excuse si j'ai trahi ses impressions !
Pour, d'avance, me faire pardonner, et surtout pour nous remettre en mémoire les contenus des livres, j'ai pris la liberté d'ajouter un bref descriptif du livre à chaque fois ou bien un commentaire (éclairé) de Le Clézio soi-même.

L'auteur en quelques lignes
D'abord quelques mots sur l'auteur : J.M.G. Le Clézio est né à Nice le 13 avril 1940 ; il est originaire d'une famille de Bretagne émigrée à l'Île Maurice au XVIIIe siècle. Il a poursuivi des études au Collège littéraire universitaire de Nice et est docteur en lettres.
Malgré de nombreux voyages, J.M.G. Le Clézio n'a jamais cessé d'écrire depuis l'âge de sept ou huit ans : poèmes, contes, récits, nouvelles, dont aucun n'avait été publié avant "Le procès verbal", son premier roman paru en septembre 1963 et qui obtint le prix Renaudot.
1963 : Le procès-verbal, éd. Gallimard, Paris (Prix Renaudot).
1965 : La fièvre, éd. Gallimard, Paris.
1966 : Le déluge, éd. Gallimard, Paris.
1967 : Terra Amata, éd. Gallimard, Paris.
1970 : La guerre, éd. Gallimard, Paris.
1973 : Les géants, éd. Gallimard, Paris.
1976 : Les prophéties du Chilam Balam, éd. Gallimard, Paris.
1978 : Mondo et autres histoires, éd. Gallimard, Paris.
1980 : Désert, éd. Gallimard, Paris.
1982 : La Ronde et autres faits divers, éd. Gallimard, Paris.
1982 : Celui qui n’avait jamais vu la mer, (suivi de) La montagne du dieu vivant, Folio Junior, éd. Gallimard, Paris.
1985 : Le chercheur d’or, éd. Gallimard, Paris.
1986 : Voyage à Rodrigues, éd. Gallimard, Paris.
1988 : Le rêve mexicain ou la pensée interrompue, éd. Gallimard, Paris.
1992 : Etoile errante, éd. Gallimard, Paris.
1996 : Poisson d’or, éd. Gallimard, Paris.
2000 : Cœur brûlé et autres romances, éd. Gallimard, Paris.
2003 : Révolutions, éd. Gallimard, Paris.
2008 : Ritournelle de la faim, éd. Gallimard, Paris.


Les lectures de Chantal

- La Ronde et autres faits divers, 1982 éd. Gallimard, Paris. Chantal a aimé ce livre qui l'a surpris en raison du ton assez dur du récit.
Descriptif : Onze nouvelles douces amères, dans le style ancien de l’auteur que poursuit l’horreur économique des années post-68. Toujours l’amour est ailleurs, toujours la civilisation embrigade, enferme, exploite. Ô civilisation ennemie, comme une vieillesse précoce qui atteint les enfants ! Ces nouvelles parlent de « faits divers » à la manière des chiens écrasés des journaux populaires. Les ‘chiens’ sont des gamins ou des adolescentes, des filles mères ou des immigrés, des vieilles chassées par le béton ou un chômeur obligé à voler. Le Clézio conte la sauvagerie dans la ville, la solitude au cœur de la civilisation : « elle emplit l’intérieur du mobile home, c’est elle qui vient maintenant, par vagues de plus en plus serrées, qui vient du fond de la nuit et qui vibre sur les étoiles bleutées des réverbères, et qui fait entendre son terrible silence… » (source : http://www.paperblog.fr/1343439/le-clezio-la-ronde-et-autres-faits-divers/)

- La Fête chantée, 1997, Editions Le Promeneur : le livre a plu à Chantal. Cela se passe au Mexique entre 1970 et 1974. A noter que Le Clézio parle notamment de Miguel Angel Asturias, ce qui permet à Chantal de le redécouvrir.
Descriptif : Le texte qui donne son titre au recueil raconte en particulier, dans une prose superbe, la découverte initiatique par Le Clézio de la culture indienne et du bouleversement qui s'ensuivit dans son existence. « Alors je vivais dans des maisons belles comme des palais, maisons vastes, arrondies, construites à l'orée des fleuves sur des pilotis, selon le plan simple et génial du parapluie, un tronc d'arbre central, pas de murs extérieurs, et un immense toit de feuilles qui abrite de la pluie, du brouillard du matin et du soleil violent de midi. Les sols étaient particulièrement beaux, faits d'une variété de bambou noir, brillant et élastique, frais dans le jour, doux la nuit. » (source : http://www.deslivres.com/livre/9782070749126/La-fete-chantee-et-autres-essais-de-theme-amerindien.html)
Le Clézio n'est pas seulement un romancier de l'errance. Il nous invite à un double retour vers la vie spartiate des origines, à travers ses rencontres avec une tribu du Panama et avec des nomades du Sud marocain. Dans ces deux mondes, l'homme blanc a joué un rôle de prédateur en bouleversant les sociétés anciennes, explique Le Clézio qui avait déjà abordé ce thème dans Le Rêve mexicain ou la pensée interrompue.

- Le chercheur d'or : Chantal n'est pas tendre avec ce livre. C'est une catatastrophe nous dit-elle ! Le style surtout avec des répétitions systématiques. Bref : à éviter.
Descriptif : Le Clézio mêle dans ce livre le mythe personnel (histoire du grand-père de l'auteur, quête du père, figures du voyage entre deux terres) et le mythe collectif (de Jason à Robinson Crusoé, d'Icare à Sisyphe). Ce roman, à caractère initiatique, construit autour du thème de la trace, signe tangible d'une présence, réécrit l'aventure du langage. Le récit interroge la filiation et l'héritage, la création littéraire et la place du mythe tout en tissant des thèmes propres à l'univers de l'auteur : ségrégation raciale ou sociale, motifs obsessionnels de l'arbre et du déluge, rencontre d'autrui, parcours d'un solitaire, rêveries, vertiges, lumière et mer...

- Le déluge, 1966, Ed. Gallimard. Chantal n'a pas eu le temps de le lire.
Descriptif : Le 25 janvier à 15 h 30, François Besson, le narrateur, est frappé par une vision qui prend valeur de symbole : au moment où s'élance vers le ciel le hurlement de la sirène, une jeune fille apparaît sur un vélomoteur. Elle disparaît entre les maisons en même temps que cesse le bruit. Cet instant provoque chez le narrateur un basculement intérieur. « Depuis ce jour, tout a pourri. Je, François Besson, vois la mort partout. ». Depuis ce jour François Besson vit les treize journées essentielles de sa vie.
Le premier jour il écoute la confidence d'une amie, Anna, enregistrée sur bande magnétique. Il écoute ce qu'elle espérait, ce qui la passionnait, sa lassitude et ses raisons d'en finir.
Le treizième jour, après avoir renoncé à l'argent, à l'amour, au travail et au bonheur, après avoir offert, en guise de sacrifice expiatoire, ses deux yeux à la brûlure du soleil, Besson fait passer l'envers de la bande. Anna raconte qu'elle a menti, que ses raisons de se suicider sont difficiles à dire mais qu'elle va mourir ; elle a absorbé le gardénal et il entendra ses dernières paroles. On assiste à la mort d'Anna. Elle dit : « C'est comme s'il y avait le déluge. »
Le livre se termine sur l'abandon de François Besson. Le 22 mars 1963, il cède : la barrière de sa volonté n'est plus. Il a voulu le déchaînement, et ce déchaînement s'accomplit."

- Ourania : Chantal a aimé et recommande sa lecture. L'histoire se passe au Mexique.
Voici ce qu'en dit Le Clézio soi-même :"J'ai écrit Ourania en référence et dévotion au livre qui a le plus compté dans la pensée européenne du XVIe siècle, L'Utopie de Thomas More. Ce livre a été admiré, critiqué, et aujourd'hui délaissé, alors qu'il porte en lui toutes les questions et les angoisses de notre modernité. Peut- être qu'aucune époque n'a été plus proche de celle de Thomas More que la nôtre, puisque, comme en son temps, cohabitent les plus grandes aspirations humanistes et les plus grands dévoiements, l'espoir d'une fraternité universelle, et la consolidation des castes et des intolérances."


Chantal a lu également :

- le Procès-verbal, 1963, Ed. Gallimard
Descriptif : Le roman raconte l'histoire d'un jeune homme appelé Adam Pollo, devenu marginal par choix, vivant seul dans une maison abandonnée, aux prises avec le vertige du monde ordinaire. L'histoire commence par un été chaud au Sud de la France. Adam Pollo vit dans une maison abandonnée sur une colline, à proximité d'une ville. Là, il reste près de la fenêtre à contempler le paysage. Puis, il fréquente les cafés, les plages, les rues. Une relation le lie à une jeune femme nommée Michèle. L'histoire plonge alors dans la description de nombreux faits effectués par Adam : jeu de billard, songeries, consommation de bière dans un café, promenade et rencontres sur la plage, dans les rues. A force de vouloir vivre, un jour, il descend dans une avenue, et parle aux individus comme un être hors du commun, faisant passer un message. Petit à petit, la folie le prend dans le tourbillon infernal urbain. Un jour, à la suite d'un acte, il est emmené par des policiers et se retrouve dans un asile d'aliénés, où il discute avec diverses personnes de philosophie divers sujets avec les personnes, dans la salle principale. L'histoire s'achève par la situation triste et désespérée d'Adam Pollo, qui après avoir voulu en vain vivre, a fini par devenir fou et rejeté par la société.

- Révolutions, 2003, Ed Gallimard.
Ce qu'en dit Le Clézio : « Ce n'est pas le paradis qui est perdu, c'est le temps avec ses révolutions. Nice, dans les années cinquante et soixante, était l'endroit rêvé où rendre un culte intérieur et un peu désespéré à l'île Maurice de mes ancêtres. La réalité semblait ne cesser de s'y transformer, des populations très pauvres, venues de tous les coins de l'Europe et de l'Asie, des Russes, des Italiens, des Grecs, des émigrés africains, et les premiers rapatriés fuyant la guerre d'Algérie, s'y croisaient chaque jour, et quelque chose de la fabrication de la pensée classique, c'est-à-dire de la philosophie, y était encore perceptible. Peut-être, à un degré différent et sur un autre mode, ce qu'était Alger ou Beyrouth à la même époque.

L'exil, la recherche d'une terre, font partie de ce qui m'a été donné premièrement. Il m'a toujours semblé, comme l'a dit Flannery O'Connor, qu'un romancier doit être porté à écrire sur les premières années de sa vie, où le principal lui a été donné. »
J. M. G. Le Clézio

- Hasard et angoli mala, 1999, Ed. Gallimard
Ce qu'en dit Le Clézio : "Comment Nassima, déguisée en garçon, s'embarqua à bord du Azzar et ce qui s'ensuivit.

Les deux courts romans (ou longues nouvelles) qu'on va lire, Hasard et Angoli Mala, sont séparés par quinze années. Il m'a semblé qu'ils parlaient du même apprentissage, de l'amour de la nature, du mal aussi. Mais au moment de les réunir, je ne sais plus très bien lequel est le miroir de l'autre."
J. M. G. Le Clézio.

En définitive, Chantal nous dit préférer les ouvrages les plus récents de Le Clézio.

jeudi 27 mai 2010

PROCHAINE REUNION VENDREDI 28 MAI AU DUC DE RICHELIEU

Comme convenu nous nous retrouverons à 19h 30 au restaurant le Duc de Richelieu vendredi.
Notre soirée a pour thème Jean Marie Gustave Le Clezio. Nous croyons savoir que chacun a lu des livres assez différents de cet auteur, ce qui devrait nous permettre d'avoir un  débat très intéressant.
N'oubliez pas de nous faire part de vos coups de coeur, surtout avant les vacances d'été, cela permettra à chacun de faire provision de bons livres.

samedi 10 avril 2010

D'UN GUSTAVE A L'AUTRE ...




La 5ème réunion du Square fut consacrée au grand maître de Croisset, ce cher Gustave Flaubert, la prochaine sera dédiée à un autre Gustave, contemporain cette fois-ci, accessoirement prix Nobel de littérature, Jean Marie Gustave Le Clezio.
C'est ce qu'on appelle une transition judicieuse !



 
Pour ceux qui souhaitent en savoir plus sur "notre" prix Nobel, voici un lien Internet permettant d'accéder au discours qu'il a prononcé à l'occasion de la réception de son prix :