Andreï Makine est un écrivain d'origine russe et de langue française, né à Krasnoïarsk en Sibérie le 10 septembre 1957. Il a également publié des romans sous le pseudonyme de Gabriel Osmonde.
Né en Sibérie, enfance et adolescence dans un orphelinat sibérien (parents disparus, probablement déportés). Bien qu’ayant eu une scolarité erratique, brillant élève de philosophie et de français qu'il étudie depuis l’école primaire. Boursier, il rédige une thèse de doctorat sur la littérature française contemporaine à l’Université de Moscou. À 30 ans, il s’installe à Paris. Il est d'abord assistant de russe au lycée Jacques Decour et dépose une thèse de doctorat sur Ivan Bounine (1870-1953) à la Sorbonne. Premier roman La Fille d’un héros de l’Union soviétique (1990). Choisit le français comme langue scripturale.
- 1995 le prix Goncourt, le prix Goncourt des lycéens et le prix Médicis ex æquo pour son roman Le Testament français ;
- Prix Eeva Joenpelto (Finlande) 1988 (Le Testament français);
- Prix RTL-Lire 2001 (La Musique d'une vie);
- Prix de la Fondation Prince Pierre de Monaco 2005 (pour l'ensemble de son œuvre);
- Prix Lanterna Magica du Meilleur Roman Adaptable à l’Ecran 2005 (La Femme qui attendait).
Vit actuellement à Paris mais se tient, autant que possible, à l’écart de la vie littéraire, se consacre entièrement à la littérature. L’obtention du Goncourt lui valut, entre autres, la nationalité française préalablement refusée.
En 2011 il révèle qu'il a publié des romans sous le nom de Gabriel Osmonde
Oeuvres publiées :
Sous le nom d'Andreï Makine :- La Fille d'un héros de l'Union soviétique, 1990
- Confession d'un porte-drapeau déchu, 1992
- Au temps du fleuve Amour, 1994
- Le Testament français, 1995
- Le Crime d'Olga Arbélina, 1998
- Requiem pour l'Est, 2000
- La Musique d'une vie, 2001
- La Terre et le ciel de Jacques Dorme, 2003
- La Femme qui attendait, 2004
- Cette France qu'on oublie d'aimer, 2006
- L'Amour humain, 2006
- Le Monde selon Gabriel, 2007
- La Vie d'un homme inconnu, 2009
- Le Livre des brèves amours éternelles, 2011
- Le Voyage d'une femme qui n'avait plus peur de vieillir, Albin Michel, 2001
- Les 20 000 Femmes de la vie d'un homme, Albin Michel, 2004
- L'Œuvre de l'amour, Pygmalion, 2006
- Alternaissance, Pygmalion, 2011
Un éclairage de la critique littéraire Muriel Lucie Clément sur un thème cher à Makine :
La pensée dualiste d'A. M. qui structure plusieurs de ses romans, est déjà présente dans sa thèse de doctorat où il décrit comme une antinomie « significative pour la pensée esthétique et philosophique russe » (La prose d'I. A. Bounine, 7) les concepts du 'byt' et du 'bytié'. Le premier serait « le vécu, le quotidien, les us et coutumes, l'ensemble des conventions socio-psychologiques, le cadre socio-psychologique de l'existence. […] Le 'bytié' signifiera […] le dépassement du 'byt', le retour à l'univers perçu dans son état extra fonctionnel » (7). L'un des piliers de la poétique de M. est donc la figure de l'antinomie, qui se constitue fréquemment par une scission entre le quotidien et son dépassement. Dans ses romans, le quotidien coïncide avec la réalité crue de la Sibérie, dépourvue de 'finesse', comme, par exemple, dans La Fille d’un héros de l’Union soviétique ou Au temps du fleuve Amour. Le dépassement réussit souvent grâce à l'image d'une France mythique, une « France-Atlantide », comme dans Le testament français. Parfois le lecteur peut même observer une inversion des pôles antinomiques, ce qui permet à l’auteur une meilleure esquisse de la problématique abordée : inversion de la problématique de l'exil et de l'identité dans Le testament français, où le jeune narrateur se sentant étranger dans son pays natal a la nostalgie de la France pourtant inconnue. Inversion de la problématique de l'inceste dans Le crime d'Olga Arbélina, où l'enfant abuse de l'adulte. Inversion, encore, de la problématique de la guerre et de la paix et de la notion de héros dans La fille d'un héros de l'union soviétique où le héros est un antihéros et le personnage principal y est le père et non la fille.
