Sa biographie mérite d'être connue, nous l'empruntons à Wikipédia.
Ella Maillart est la fille de Paul Maillart, un
fourreur genevois libéral, et de Dagmar Klim, une danoise sportive, née Dagmar
Klim. Sa famille s'installe au Creux de
Genthod au bord du lac Léman
en 1913.
Attirée dès son jeune âge par le sport et le dépassement
de soi-même, Ella Maillart y rencontre Hermine de Saussure
(surnommée « Miette »), fille d'un officier de marine et
arrière-arrière-petite-fille de Horace-Bénédict de Saussure, considéré
comme le fondateur de l’alpinisme, avec qui elle pratique la voile et le ski. Elle
fonde à 16 ans le premier club féminin de hockey sur
terre en Suisse romande, le « Champel Hockey Club ».
À 20 ans, elle fait avec Hermine la traversée de
Cannes à la Corse et fait la connaissance d'Alain
Gerbault qui est en train de préparer son Firecrest
pour sa fameuse traversée en solitaire de l'océan Atlantique. Elle barre un monotype
national pour la Suisse aux régates olympiques de 1924,
seule femme et la plus jeune de la compétition. Elle participe en 1925 à une
croisière en Méditerranée de Marseille à Athènes
avec quatre autres jeunes filles dont Miette de Saussure et Marthe Oulié.
Un concours de circonstances et le mariage de son amie Miette avec
l'archéologue français Henri Seyrig (mariage dont sera issue la future
actrice Delphine Seyrig) l'oblige à abandonner son rêve
de vivre en mer.
Membre de l'équipe suisse de ski, elle défend, de
1931 à 1934, les couleurs de la Suisse aux quatre premiers championnats du monde de ski alpin
mais, attirée par le cinéma russe, elle part pour Moscou
faire un reportage
dont elle tire son premier livre : Parmi la jeunesse russe.
A la
découverte de l'Asie
Après un premier séjour à Moscou et la traversée du
Caucase
en 1930, elle parcourt l'Asie centrale soviétique en 1932. En 1934, elle
convainc le rédacteur en chef du Petit
Parisien Élie-Joseph Bois de l'envoyer au Mandchoukuo,
État créé par les Japonais en Chine en 1932. Le plus grand quotidien d'alors
finance son expédition et lui fournit une carte de presse qui lui procure les
facilités de passage. Elle y rencontre Peter Fleming,
grand reporter pour The Times et agent du MI6 et se lance avec lui, en février 1935,
dans un voyage de six mille kilomètres, de Pékin
jusqu'à Srinagar,
qui va durer sept mois et dont le récit sera retracé à la fois par Peter
Fleming dans son livre Courrier de Tartarie et par Ella Maillart sous le
titre Oasis interdites.
En 1937, elle traverse l'Inde, l'Afghanistan,
l'Iran et la Turquie pour faire des reportages, puis en 1939, elle part dans
une Ford, de Genève à Kaboul, avec Anne Marie Schwarzenbach (nommée Christina
dans le récit qu'elle rédige du voyage sous le titre La Voie cruelle)
qu'elle essaie de libérer de la drogue.
Cinq
années en Inde
De 1940 à 1945, elle passe cinq ans dans le sud de
l'Inde
auprès des maîtres de sagesse Ramana
Maharishi et Atmananda Krishna Menon.
Chandolin
De retour en Suisse, elle découvre grâce au peintre
Edmond Bille le village de Chandolin, situé à 2 000 m d'altitude, qui deviendra
une ancre dans sa vie nomade. Elle s'y fait construire un chalet
et y habite en solitaire, de mai à octobre, depuis 1948. De 1956 à 1987, Ella
devient guide culturel et fait découvrir plusieurs pays d'Asie à de petits
groupes de voyageurs.
Dans un article intitulé Pourquoi voyager,
Ella fait siennes ces paroles du maître chinois Chuang Tzou : « Si
nous abordons les choses par leurs différences, même le foie et la rate sont
aussi éloignés que les villes de Ch'u et Yueh. Si nous les abordons par leurs ressemblances
le monde est un. »
Ella fait du vélo et du ski jusqu'à l'âge de 80
ans.
Les manuscrits et documents d'Ella Maillart sont
conservés à la Bibliothèque de Genève, son œuvre photographique au Musée de
l'Élysée à Lausanne et ses films à la Cinémathèque suisse de Lausanne. La
petite commune valaisanne de Chandolin dans le Val
d'Anniviers (en Suisse) a rendu hommage à Ella Maillart en
collaboration avec ses amis en organisant dans le village une exposition
permanente qui retrace sa vie et permet de découvrir, à travers des
photographies et de nombreux objets de voyage, le témoignage de cette existence
si bien remplie.
source Wikipédia
"Des Monts Célestes aux sables rouges" d’Ella MAILLART
·
Poche: 358 pages
·
Editeur : Payot (19 mars 2003)
·
Collection : Petite Bibliothèque Voyageurs
1932. Ella Maillart est en Union
soviétique. Elle rencontre le cinéaste Poudovkine, l'écrivain Isaac Babel,
fréquente l'intelligentsia. Mais son but est ailleurs : explorer la frontière
chinoise, rencontrer les nomades dont parlait René Grousset, ces " coureurs
d'immensité sur un sol âpre, sous un ciel implacable, qui furent vraiment la
race de fer de l'ancien monde ". Elle part seule à travers le Turkestan,
que l'armée rouge et le parti s'efforcent d'occidentaliser. A cheval, elle
traverse le pays des Kirghizes et parvient jusqu'aux Tien Shan : les Monts
célestes. Depuis la frontière de la Chine, après une incroyable ascension de
5000 mètres, elle gagne les villes mythiques de Tachkent, Samarcande et
Boukhara. Une ultime épreuve l'attend : traverser le désert des sables rouges,
entre l'Ouzbékistan et la mer d'Aral. A dos de chameau, par des températures
extrêmes, échappant de justesse aux pillards et aux contrôles soviétiques, elle
vient à bout de son périple.

