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jeudi 22 octobre 2015

26 EME REUNION - COUPS DE COEUR DE MICHEL B.


« ENTRE AMIS » d’AMOS OZ,
 
Trad. Sylvie Cohen, 2013, Gallimard, Du Monde Entier, 160 pages

 


«Au début de la fondation du kibboutz, nous formions une grande famille. Bien sûr, tout n’était pas rose, mais nous étions soudés. Le soir, on entonnait des mélodies entraînantes et des chansons nostalgiques jusque tard dans la nuit. On dormait dans des tentes et l’on entendait ceux qui parlaient pendant leur sommeil.» L’idéal de vie en communauté a-t-il résisté à l'érosion du temps pour les habitants du kibboutz Yikha ? Ben Gourion est Premier Ministre, et la société israélienne n’est déjà plus la même que du temps des fondateurs. Alors des questions de principe et de règlement se posent aux kibboutsniks : peut-on par exemple permettre à Henia Kalisch d’envoyer son fils Yotam faire des études à l’étranger - chez son oncle qui, justement, a quitté le kibboutz - et faut-il laisser le petit Youval à la maison des enfants, malgré ses pleurs ? Mais même dans une petite communauté très attachée aux principes idéologiques, les affaires de cœur prennent parfois toute la place. Yoev Carni va-t-il résister au charme de la jeune Nina, surtout quand il la croise pendant ses rondes de surveillance nocturnes ? Nahum Asherov peut-il accepter que son vieil ami David Dagan, excellent professeur et grand séducteur, s’installe avec sa fille Edna, âgée de dix-sept ans à peine ? Et que va faire Ariella, qui déborde d’affection pour l’ex-femme de son amant Boaz ? A Yikha comme ailleurs, l’on se débat avec ses chagrins d’amour et ses désirs irréalisables, mais dans un kibboutz, l’on n’est jamais seul… En huit nouvelles tragi-comiques qui se lisent comme un roman, Amos Oz scrute les passions et les faiblesses de l’être humain, fait surgir un monde englouti et nous offre surtout un grand livre mélancolique sur la solitude.

 

 « HISTOIRE D’UNE VIE », d’AHARON APPELFELD,
 
Médicis Etranger 2004, trad. Valerie Zenatti, 2005, Seuil, Points, 213 pages


 



Avec Histoire dune vie, Aharon Appelfeld nous livre quelques-unes des clés qui permettent d'accéder à son œuvre : souvenirs de la petite enfance à Czernowitz, en Bucovine. Portraits de ses parents, des juifs assimilés, et de ses grands-parents, un couple de paysans dont la spiritualité simple le marque à jamais. Il y a aussi ces scènes brèves, visions arrachées au cauchemar de l'extermination. Puis les années d'errance, l'arrivée en Palestine, et le début de ce qui soutiendra désormais son travail : le silence, la contemplation, l'invention d'une langue. Et le sentiment de l'inachèvement lié au refus obstiné de l'autobiographie, dans son acception la plus courante : histoire d'une vie. Comme si le dévoilement de ce que chacun a de plus intime exigeait une écriture impersonnelle. Pour Philip Roth, un de ses principaux admirateurs, Aharon Appelfeld est l'héritier de Kafka et de Bruno Schulz.

 

« FIN DE MISSION » de PHIL KLAY,
 
Edit. Gallmeister, 2015, Coll. Americana

 


Un soldat en Irak doit abattre des chiens qui se nourrissent de cadavres, puis, quelques mois après, reprendre place sur son canapé dans une banlieue résidentielle où femme et labrador l'attendent. Un marine affecté aux 'Affaires mortuaires' identifie, transporte et inhume des combattants indistinctement Irakiens et Américains. Pendant ce temps, un jeune officier se voit assigner la tâche absurde d'améliorer la vie des civils en leur apprenant à jouer au base-ball.
Dans Fin de mission, Phil Klay emmène le lecteur sur les lignes de front de l'Irak et de l'Afghanistan. Il cherche à comprendre ce qui s'est passé là-bas, mais aussi, surtout, comment vivent ceux qui sont rentrés. Entre brutalité et foi, culpabilité et peur, impuissance et besoin de survie, les vétérans cherchent un sens à donner au chaos auquel ils ont réchappé.

Écrit avec un réalisme pur et dur, ce livre fait de Phil Klay l'une des nouvelles voix les plus talentueuses de sa génération.

26 EME REUNION - COUPS DE COEUR DE MONIQUE


« DELIVRANCES » de TONI MORRISON, 2015, édit. Bourgois

 


Dans son onzième roman, qui se déroule à l’époque actuelle, Toni Morrison décrit sans concession des personnages longtemps prisonniers de leurs souvenirs et de leurs traumatismes. Au centre du récit, une jeune femme qui se fait appeler Bride. La noirceur de sa peau lui confère une beauté hors norme. Au fil des ans et des rencontres, elle connaît doutes, succès et atermoiements. Mais une fois délivrée du mensonge – à autrui ou à elle-même – et du fardeau de l’humiliation, elle saura, comme les autres, se reconstruire et envisager l’avenir avec sérénité. « Rusé, sauvage, et élégant… Toni Morrison distille des éléments de réalisme et d’hyperréalisme dans un chaos magique, tout en maintenant une atmosphère narrative séductrice et poétique, voire toxique… Une fois encore, Toni Morrison déploie une écriture courageuse et sensuelle qui fait d’elle, sans doute, la plus grande romancière contemporaine. » Lisa Shea, Elle « Toni Morrison ajoute une nouvelle pierre à l’édifice d’une œuvre […] au sein de laquelle elle ne cesse d’examiner, d’interroger les conflits et les changements culturels de notre époque. Délivrances est incontestablement un nouveau chef-d’œuvre. » Jane Ciabattari, BBCL’auteur décrit sans concession des personnages longtemps prisonniers de leurs souvenirs et de leurs traumatismes. Au centre du récit, une jeune femme qui se fait appeler Bride. La noirceur de sa beau lui confère une beauté extraordinaire. Au fil des ans et des rencontres elle est confrontée à des doutes. Mais une fois délivrée du mensonge et de l’humiliation, elle sait se reconstruire et envisager l’avenir avec sérénité.

 

 

« L’AMIE PRODIGIEUSE » d’ELENA FERRANTE, trad. Elsa Damien, 2014 édit. Gallimard Collection du Monde Entier, 400 pages

 

Naples, fin des années cinquante. Deux amies, Elena et Lila, vivent dans un quartier défavorisé de la ville, leurs familles sont pauvres et, bien qu'elles soient douées pour les études, ce n'est pas la voie qui leur est promise. Lila, la surdouée, abandonne rapidement l'école pour travailler avec son père et son frère dans leur échoppe de cordonnier. En revanche, Elena est soutenue par son institutrice, qui pousse ses parents à l'envoyer au collège puis, plus tard, au lycée, comme les enfants des Carracci et des Sarratore, des familles plus aisées qui peuvent se le permettre. Durant cette période, les deux jeunes filles se transforment physiquement et psychologiquement, s'entraident ou s'en prennent l'une à l'autre. Leurs chemins parfois se croisent et d'autres fois s'écartent, avec pour toile de fond une Naples sombre mais en ébullition, violente et dure. Des chemins qui les conduiront, après le passage par l'adolescence, à l'aube de l'âge adulte, non sans ruptures ni souffrances.
Formidable voyage dans Naples et dans l'Italie du boom économique, L'amie prodigieuse trace le portrait de deux héroïnes inoubliables, qu'Elena Ferrante traque avec passion et tendresse jusqu'au plus profond de leur âme

 

 

« L’ENVOUTE » de SOMERSET MAUGHAM,
 
Les Editions  du Sonneur, 2015, L Grande Collection, 340 pages

 


Charles Strickland, agent de change respectable et prospère du Londres du début du XXe siècle, quitte brutalement sa famille et son pays pour s'installer à Paris. Sa femme envoie le narrateur - un écrivain à succès-sur le continent pour tenter de ramener l'époux déserteur à la raison. C'est un homme dur et égoïste que le jeune auteur rencontre alors, mais un homme habité par une obsession jusque-là non avouée - la peinture -, qui le mènera jusqu'en Polynésie. Cette ode de W Somerset Maugham (1874-1965) aux puissantes forces du génie créatif est inspirée de la vie de Paul Gauguin. Avec ironie, finesse et une fascination non dissimulée, l'écrivain britannique dénonce dans L'Envoûté la bienséance et le poids de la norme, et s'interroge sur l'engagement qu'exige le destin d'artiste.

mercredi 21 octobre 2015

SEANCE DU SQUARE DU 25 SEPTEMBRE - 26 EME REUNION - LES BRUMES DU PASSE DE PADURA

LEONARDO PADURA - "LES BRUMES DU PASSE" ROMAN PRESENTE PAR ANNE

 
 
 
 

Personnages
Conde ancien inspecteur de police
Amalia et Dioniso Ferrero
Alcides Montes De Oca (frère « de lait » et amant de Amalia)
Violeta Del Rio, chanteuse, la Dame de la Nuit
Yoyi El Palomo, jeune trafiquant
Capitaine Manuel Palacios (son ancien chef)
Tamara

 

 

L’histoire
Conde, devenu vendeur de livres d’occasion, pour subsister pendant la Crise après avoir démissionné de son poste d’inspecteur de police, découvre une bibliothèque fabuleuse dans un palais en décrépitude, déserté par ses propriétaires émigrés aux USA dès les premières années de la révolution.  A cette occasion, il a la prémonition que, au delà des ouvrages extraordinaires de la bibliothèque, un secret plane sur cette maison.  Il découvre  grâce à une plongée dans les années 60 et à quelques témoins encore en vie, l’existence et le destin d’une chanteuse de boléro, Violeta del Rio, disparue corps et bien au début des années 60 et, à travers elle, la tragédie qui s’est jouée dans cette famille.
 
Réflexions
Choix de la littérature policière
Genre policier pour montrer la réalité sociale qui l'entoure : Cuba et La Havane au fil du temps, temps désespérant en général (dictatures, corruption, pauvreté, manque de liberté...) 
 
On  y trouve les thèmes récurrents des 4 tomes du « cycle des 4 saisons » via le personnage de Conde mais le style est plus ramassé, plus mature.  
 
Ecriture très riche et dense, parfois répétitive qui restitue de façn très palpable la vie des gens à la Havane non seulement dans les années 60  (La Havane prérévolutionnaire,  conspirations politiques et crimes mafieux /Pauvreté, jeu, drogue et prostitution contrôlés par la mafia nord américaine (parrains Meyer Lansky et Lucky Luciano ) mais aussi dans le monde contemporain (période la crise des années 2000 pénuries : précarisation généralisée, faim, désespérance)
 
 
Le personnage de Conde : 
Conde, personnage jouisseur, humaniste, sans illusion : alter ego de Padura ?
 
Même chronologie
Né à La Havane en 1955 : les dates de Conde correspondant à celles de Padura tout au long de son périple à travers le temps
 
Les valeurs, les thèmes récurrents :
CUBA/La Havane : le personnage principal: La Havane que Padura n’a jamais quittée. Il vit à Cuba dans le quartier de Mantilla où il est né. Conde nous fait découvrir une ville dont Padura connaît les moindres recoins, l’histoire, les heurs et malheurs, les quartiers les plus riches, dangereux ou pauvres.
L’amitié et la cuisine : Les anciens du lycée de la Vibora : le Flaco Carlos, Andrés, Candito El Rojo, Le Conejo.
« Ecriture subtile, dense, réjouissante, chaleureuse, dont l'exubérante abondance trouve son reflet dans les repas pantagruéliques et impossibles que prépare Joséfina, la mère du Flaco Carlos, alors que partout règne la faim»
 
La désespérance/ la nostalgie : p.14 BP « son départ de la police et son entrée forcée dans le monde du commerce avaient coïncidé avec l’annonce officielle de la Crise dans l’île, cette Crise galopante qui allait faire pâlir toutes les précédentes, toujours les mêmes, les éternelles, parmi lesquelles Conde et ses amis s’étaient promenés pendant des dizaines d’années, périodes récurrentes de pénuries qui commençaient maintenant à ressembler  (...) à des temps paradisiaques (...). »  suite p14
 
Les livres : Cf. Rapport Conde avec les livres fondateurs de l’ïle de Cuba : émotion (p. 23 BP), respect et culpabilité de devoir les vendre
Cf. P 26 « Conde eu la nette sensation que cet endroit était un sanctuaire perdu dans le temps et (...) il se demanda si il n’était pas en train de commettre un acte de profanation »
 
Le sport :
Cf. Padura et le base ball / versus Andres,
Cf. Ses reportages dans le journal Juventud Rebelle /versus le culte voué par Conde et ses personnages aux gloires du sort national cubain
 
 
 
En résumé
p. 345 (Brumes du passé:  « Je crois tout au plus à l’amitié, à la mémoire et à quelques livres (...) En vendant de vieux bouquins, je me sens plus libre, sans aucun pouvoir sur les autres et surtout en accord avec moi-même.(...) Quand je peux, eh bien, je profite de mes petits plaisirs, le plus loin possible de tout ce qui sent le pouvoir, de ce qui pourrait me faire croire que j’ai le droit de penser pour les autres (...) ».


26 EME REUNION - "HERETIQUES" DE LEONARDO PADURA PRESENTE PAR CLAUDE



C'est le dernier livre de Padura paru en 2013.
Ce roman de 600 pages comprend 3 livres qui portent les prénoms de Daniel, Elias et Judith,  trois personnages de la bible et se termine par une Genèse. Il s'articule sur trois personnages :

-1939 : un paquebot arrive à Cuba, chargé de 900 juifs fuyant l'Allemagne; Ils sont payé le régime nazi pour fuir; le régime cubain leur demande également de payer un demi-million de dollars pour entrer sur l'île en tant que réfugiés. Bien peu le peuvent. Daniel Kaminsky né dans le quartier juif de Cracovie, espère retrouver ses parents qui l'ont envoyé depuis plusieurs mois déjà chez son oncle Joseph habitant La Havane. Son père, sur le bateau, possède un tableau de Rembrandt, dans la famille depuis 1648 , qu'il propose comme monnaie d'échange… Le S.S. Saint-Louis,  resta plusieurs jours ancré au large du port de La Havane à attendre l’autorisation de débarquer ses passagers. Le jeune Daniel Kaminsky et son oncle sont sûrs que le trésor qu’ils transportent convaincra les fonctionnaires chargés de les contrôler. Mais le plan échoue et le navire remporte vers l’Allemagne tout espoir de retrouvailles.
 

En 2007, son fils, Elias Kaminsky, peintre né à Miami, sollicite l'aide de Conde, personnage qui apparaît dans presque tous les romans de Padura. Ce dernier s'est reconverti dans la vente de livres d'occasion anciens. afin qu'il l'aide Elias lui demande de l'aider à savoir par quelles étapes est passé le tableau mis en vente. Celui-ci est entré à Cuba, mais pas ses propriétaires. Il a été acheté en 1940 à la Havane devant notaire. Condé apprend que le jeune juif David a rejeté la religion juive pour épouser une jeune fille catholique, avant de reprendre sa religion plus tard.


- 1643, Amsterdam : Un jeune juif Elias Ambrosius âgé de 17 ans, souhaite rencontrer Rembrandt afin qu'il lui apprenne à peindre. Il cherche à le rencontrer par tous les moyens. Il se fait recruter dans son atelier pour faire le ménage et peu à peu il réalise son rêve en devenant peintre. Il posera pour des tableaux, peindra des hommes des corps et même un christ, bravant ainsi tous les interdits religieux du judaïsme qui interdit toute représentation du corps humain, il devra affronter les religieux intégriste et radicaux et s'expatrier

- - Années 2000 : Conde est sollicité par la nièce d' Elias Kaminsky, son ami afin qu'il retrouve une jeune "emo" disparue. Les emo sont des jeunes cubains, rejetant la société et le socialisme cubain, " À la base de ces comportements, on trouve toujours une grande insatisfaction, bien souvent avec la famille. Mais de ce cercle elle se projette sur la société, également oppressante, avec laquelle ces jeunes essaient de rompre".
Ils vivent très mal dans ce Cuba qui les oppresse, " Si un pays où système ne te permet pas de choisir où tu veux être et vivre, c'est parce qu'il a échoué. La fidélité par obligation est un échec"