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mercredi 7 décembre 2016

32EME REUNION - SYNTHESE DES DEBATS


Après une présentation de la biographie d’Ohran Pamuk et un rappel des grandes dates de l’évolution de la Turquie contemporaine, nous avons engagé le débat sur « La maison du silence ».

La maison
Elle se situe à Fort Paradis, à environ trois quarts d’heure d’Istanbul en voiture. C’est dans cet endroit que Sélahattine et Fatma sont arrivés à la suite de la décision de Talat pacha, premier ministre turc et membre fondateur du Comité Union et Progrès (issu du mouvement des Jeunes Turcs). Cette maison sert de décor au roman. Le titre du livre en français est « la maison du silence », mais l’un d’entre nous fait observer que le titre d’origine signifie « la maison silencieuse », ce qui n’a pas le même sens.

La situation
La grand-mère qui a quatre-vingt-dix ans reçoit ses petits enfants pour les vacances dans la maison qu’elle habite avec Rédjep, un nain qu’elle considère comme son serviteur et qui répond à ses besoins. L’action se déroule sur deux ou trois semaines vraisemblablement.

Le débat s’est ouvert sur les personnages du récit.

Les personnages

  • Fatma
Cette grand-mère est apparue à certains comme une victime. Elle symbolise la tradition, le conservatisme et les valeurs attachées à l’empire ottoman : hiérarchie sociale prononcée, rôle de la femme dans la société aisée, croyance en dieu et pratique de l’islam...
Elle est victime de son mari Sélahattine, qui l’oblige à quitter Istanbul, qui abandonne son métier de médecin, qui trompe sa femme, qui ramène dans la maison, sa maitresse et les deux enfants qu’il lui a faits, qui sombre dans l’alcoolisme et qui dilapide la fortune de Fatma au fil du temps... Elle a également perdu son fils Dogan tragiquement. 
C’est un personnage qui fait penser à certaines héroïnes de Mauriac.
D’autres ont souligné que, derrière la femme dégoutée du monde et des hommes, il y avait une autre femme dans laquelle se cachait la petite fille qu’elle avait été à Istanbul (épisode du livre « Robinson Crusoé »), qui avait été capable d’amour pour son mari, pour son fils disparu à quarante-deux ans et qui restait très attentionnée avec ses petits enfants.
Mais Fatma se caractérise aussi par sa cruauté, notamment lorsqu’elle frappe violemment avec sa canne les deux enfants naturels de son mari et leur mère, provoquant ainsi l’infirmité de Rédjep et la claudication d’Ismail. Elle restera tyrannique, méprisante et odieuse dans ses rapports avec Redjep, devenu son serviteur.

  • Rédjep
Il apparaît comme le personnage clé du roman, d’une part parce qu’il a des relations avec chacun des autres personnages, il établit un lien entre eux, d’autre part parce qu’il relie le passé au présent. C’est aussi un personnage différent et mystérieux dans la mesure où il reste silencieux. Lui-même regrette de ne pas avoir d’ami pour l’écouter. C’est un acteur et un témoin privilégié de l’évolution de cette famille, de ses drames successifs.
L’un d’entre nous a suggéré qu’il incarnait l’inconscient de chaque personnage du roman.
  • Sélahattine
C’est un personnage qui n’apparait dans le roman qu’à travers les pensées d’autres personnages, en particulier de Fatma. Il incarne la vision d’une Turquie tournée vers l’Europe. Il est fasciné par Rousseau, Diderot, Voltaire et Darwin.
Il symbolise l’écrivain, le poète (au sens grec du terme) qui cherche à établir les fondements d’une Turquie moderne fondée sur la science, la laïcité, la liberté, l’égalité et la démocratie.
Nous nous sommes posé la question de savoir si c’était un raté. En fait, il est confronté à une œuvre impossible.
Ce personnage est l’archétype de l’écrivain en souffrance. Plusieurs d’entre nous ont fait référence à ce propos au propre père d’Ohran Pamuk, qui avait lui-même consacré une partie de sa vie à écrire (Cf discours de réception du prix Nobel de Pamuk) et qui un jour a remis ses manuscrits dans une valise à son fils.

  • Les petits enfants
Sans entrer dans les détails, nous avons observé qu’ils symbolisaient chacun un mode de pensée, une voie à suivre traduisant les contradictions de la société turque actuelle.
- Farouk, le chercheur universitaire, plongé dans l’étude du passé, alcoolique comme son père et désabusé. Il est divorcé et sans enfants.
- Nilgune, étudiante en sociologie et qui incarne la voie communiste; elle mourra après avoir été frappée avec violence par Hassan, le neveu de Redjep. Ce jeune homme est éperdument amoureux de la jeune fille. Il ne supportera pas d’être méprisé par elle. C’est un paumé, en échec scolaire, téléguidé par les nationalistes anticommunistes. Il peut faire penser à un Lacombe Lucien (dans le film de Louis Malle).
- Métine, le plus jeune, est fasciné par les Etats-Unis, par la réussite sociale et par l’argent. Très imbu de lui-même, il cherche à affirmer sa supériorité. Il souhaite vendre la maison pour la remplacer par un immeuble.

  • Hassan et les nationalistes
Hassan fréquente des jeunes nationalistes. Il partage leurs idées, mais il est aussi leur tête de turc (!!!). Ils mettent Hassan à l'épreuve en lui demandant de punir Nilgune. Ils incarnent la vision d’une Turquie nationaliste, violente, intolérante qui persécute ceux qui ne partagent pas leurs convictions, avec au premier rang les communistes. Ce sont les tenants d’un retour à un Islam fort avec tout ce que cela implique dans les rapports entre les hommes et les femmes.


Scènes marquantes du roman

A coté des personnages brossés par Pamuk, nous avons également apprécié certaines scènes du roman soit pour leur beauté, soit pour l’atmosphère qu’elles suggéraient.
Ainsi la promenade de Farouk à la recherche de l’ancien caravansérail sur un terrain qui jouxte la voie ferrée ou encore la virée des jeunes en voiture et en mer, qui nous a fait penser à l’atmosphère de la nouvelle vague en France et à certains romans de Françoise Sagan etc. 
Certaines descriptions des lieux dans lesquels évoluent les personnages sont particulièrement évocatrices et contribuent à donner au roman une atmosphère tantôt nostalgique, tantôt pesante et en pleine dérive.


L’écartèlement de la Turquie entre deux mondes

Le grand intérêt de ce livre est qu’il exprime à travers les personnages du roman à la fois la complexité de la société turque et son écartèlement permanent entre Orient et Occident, entre modernité et tradition, entre laïcité et islam, entre multiculturalisme et pureté ethnique (terme utilisé par les Jeunes turcs), entre passé et futur...
C’est un thème qui revient souvent dans les livres de Pamuk, en particulier dans « Château blanc », comme l’a indiqué l’une d’entre nous.

Nous avons relevé aussi, au fil des pages, la dureté de la société turque ainsi que les antagonismes entre ses différentes composantes.

Enfin, il a été observé que le roman de Pamuk n’avait aucun caractère didactique. Il pose des questions sur la Turquie, sur son passé, sur son évolution, sur son avenir... C’est au lecteur de trouver des réponses.


Les relations homme/femme

Ce roman évoque des situations amoureuses, mais curieusement elles semblent vouées à l’échec, comme si chaque personnage était irrémédiablement enfermé dans sa solitude. 
Il en est ainsi des rapports entre Fatma et Sélahattine qui se dégradent au fur et à mesure du récit et qui se traduisent par une violence extrême exercée par Fatma à l’encontre de la maîtresse de celui-ci et de ses enfants, entre Dogan et Gul, sa femme, totalement transparente et triste, entre Farouk et Selma qui se terminent par un divorce, entre Hassan et Nilgune qui débouchent également sur la violence et la mort de la jeune fille et enfin entre Djeylane et Métine qui ne peuvent aboutir car le sentiment amoureux n'est pas partagé par la jeune fille.
Quant à la relation entre Sélahattine et sa maîtresse, elle est d’abord physique, c'est peut-être aussi la seule qui génère un sentiment authentique. Une phrase du roman dont se souvient Fatma nous révèle le sentiment de Sélahattine (p. 310) : « quelle brave femme c’était, on retrouvait chez elle toute la beauté de mon peuple, qu’elle était bonne, mon Dieu qu’elle était bonne ! » Pamuk cite les relations entre Rousseau et sa femme, qui venait du peuple et avec laquelle il ne s'est jamais marié ou encore de Marx avec sa servante.
Au plan des relations sociales entre les hommes et les femmes, il existe en Turquie deux conceptions radicalement opposées : la conception conservatrice et religieuse, dans laquelle la femme n'est pas l'égale de l'homme et une conception progressiste dans la quelle la femme doit jouir des mêmes droits que les hommes, c'est celle de Sélahattine. L'histoire de la Turquie est très révélatrice de l'opposition entre ces deux conceptions.


Le temps et la mort

Ces thèmes s’incarnent à travers plusieurs personnages : Fatma d’abord, Rédjep, Sélahattine, mais aussi Farouk.
Il y a d’abord cette relation entre le temps de l’action du roman (environ 3 semaines) et le temps historique de la Turquie qui s’étend sur plus d’un siècle.
Ensuite, le lecteur se trouve confronté à des va-et-vient permanents entre le passé et le présent qui nous permettent de découvrir certains épisodes de l’histoire de chaque personnage.
Ainsi Sélahattine mène-t-il une véritable course contre le temps. Le temps qui avance pèse sur le grand dessein de Sélahattine qui se rétrécit comme une peau de chagrin.
De même, le monde de Fatma s’est rétréci au fil des ans. Désormais il y a le monde de sa chambre et des objets qui lui sont familiers, et le monde extérieur, derrière les persiennes. Ce rétrécissement, elle sent qu’il aboutira à la mort.
La mort rode presque à chaque page du roman, elle traduit l'échec de chaque personnage. Sélahattine est mort, Dogan, son fils est mort, Gul, la femme de ce dernier également. Nilgune meurt à la suite des violences exercées sur elle par Hassan et Fatma a atteint les limites de sa condition de vieille femme aigrie, dégoutée par le monde qui l'entoure, elle va mourir. 
Qui restera-t-il alors? Avec quels projets ? 
Cette question le lecteur ne peut s’empêcher de se la poser.

L’alcoolisme chez les personnages masculins

Sélahattine, fasciné par la culture européenne, devient alcoolique, son fils Dogan qui suit l’exemple de son père, devient alcoolique également, enfin Farouk, l’ainé des petits enfants, universitaire et historien, qui cherche indéfiniment sa voie dans l'histoire est aussi une alcoolique.
Nous nous sommes interrogés sur le sens de cet alcoolisme « héréditaire » et sur une certaine symbolique de l’échec qu’il véhiculait. 
A cette occasion nous avons observé que l’islam interdisait aux musulmans de boire de l’alcool. L’alcool, maladie de l’Occident ?

Solitude et incommunicabilité

Au delà de la Turquie contemporaine et de son histoire, le thème principal du livre, nous l'avons exprimé, c'est la solitude et l'absence de communication entre les différents personnages de la Maison du silence. Le recours systématique à la première personne du singulier exprime pleinement ce sentiment. Absence d'écoute, absence de vrai dialogue, personnages enfermés dans leur certitudes ou dans leurs doutes, c'est ce qui donne à ce livre sa dimension tragique qu'illustrent parfaitement les thèmes précités de la mort et de l'alcoolisme.


Le style du roman et les techniques d’écriture

Nous avons apprécié les techniques d’écriture utilisées par Pamuk, alternance du style direct et indirect, découpage du livre dans lequel chaque chapitre présente le point de vue, les pensées intimes d’un personnage différent.
L’écriture suit les méandres et les ruptures de la pensée intérieure de l’un et de l’autre.
La technique du monologue intérieur nous a fait penser à Joyce et à une auteure plus proche de nous, Marie Darrieusecq.
Les choix stylistiques de Pamuk ont aussi ici pour vertu d’illustrer une atmosphère empreinte de nostalgie, de doute, d'incertitude.
Pamuk d’une manière générale, pratique une écriture souvent innovante faites d’emprunts à d’autres auteurs ou de collages, comme il le dit lui-même. 
Il y a d’ailleurs peut-être un lien symbolique entre le style du livre parfois très composite et l’évocation d'une Turquie qui se cherche dans sa diversité et qui se caractérise par un multiculturalisme évident, héritage de l’empire ottoman.

En définitive, il semble que tous les lecteurs du Square aient apprécié ce roman qui nous plonge dans l’histoire de la Turquie moderne, dans ses problématiques socio-culturelles et qui nous aide à mieux comprendre les enjeux actuels de la situation politique de ce pays qui a toujours été un pont entre l'Orient et l'Occident.

lundi 5 décembre 2016

32 EME REUNION : ELEMENTS BIOGRAPHIQUES D'OHRAN PAMUK




OHRAN PAMUK

« Nous sommes en effet géographiquement à la frontière entre deux mondes et notre histoire comme notre culture en découle. A mes yeux cela représente une chance. Nous avons des partis qui veulent une Turquie totalement occidentale, ou totalement turque, ou totalement islamique. Ces projets radicaux sont réducteurs. Notre richesse est au contraire d’être tout cela à la fois » Ohran Pamuk 2002



- 1952 : naissance à Istanbul fans un famille aisée et laïque.
Il effectue des études d’architecture et de journalisme.
Très tôt c’est l’écriture qui l’intéresse. Il enseigne la littérature.
- 1982 : Pamuk se marie avec Aylin Turegenen, une historienne avec laquelle il a une fille, Rüya née en 1991. Il publie son premier roman, "Cevdet Bey et ses fils", qui peine à recevoir une réception commerciale mais la critique est au rendez-vous.
- 1985 : publication du roman "La Maison du silence". Il accède à la notoriété.
- 1985 : "Le Château blanc"
- 1990 : "Le Livre noir"
- 1994 : "La Vie Nouvelle"  
- 2000 : « Mon nom est rouge »
- 2002 : « Neige»
- 2006 : Prix Nobel de la Littérature en 2006. (Lire son discours, assez remarquable : https://www.nobelprize.org/nobel_prizes/literature/laureates/2006/pamuk-lecture_fr.html )
- 2011 : « Le musée de l’innocence »

Pamuk a remporté
-       trois grands prix littéraires en Turquie,
-       le prix France Culture en 1995,
-       le prix du meilleur livre étranger du New York Times,
-       le prix des libraires allemands en 2005
-       et le prix Médicis étranger pour Neige en 2005.

32EME REUNION - COUPS DE COEUR


MICHEL

« Rien que la vie », Nouvelles d’Alice Munro, prix Nobel de littérature

·  Poche: 379 pages
·  Editeur : Points (1 octobre 2015)
·  Collection : Points






En quelques mots subtils, Alice Munro cerne les destins qui vacillent...
Les nouvelles - une quinzaine - qui composent Rien que la vie (titre moins teinté d'ironie que le Dear Life, «chère vie», de la version originale), recueil paru avant le Nobel, illustrent de façon exemplaire l'art subtil et si précis de Munro : un ancrage chronologique flou qui donne à ses histoires un parfum d'intemporalité et d'universalité, un petit monde fictionnel de gens ordinaires, maris, femmes, amants, enfants, ouvriers, pasteurs... Que Munro embrasse en quelques pages une existence tout entière... (Nathalie Crom - Télérama du 1er octobre 2014)

Munro (Alice) ayant annoncé, peu avant son 82e anniversaire, en 2013, qu'elle arrêtait d'écrire, ce recueil est vraisemblablement son dernier. C'est pour cela sans doute qu'elle lui a donné en anglais ce titre magnifique, Dear Life. Comme une lettre à la vie. Pas un adieu - on y chercherait en vain une once de pathos. Plutôt une missive faussement légère et pleine de non-dits, comme celle qu'on adresserait à une amie après des années de tumultueuse fréquentation...
Des divorces, des remariages, des retours au pays compliqués, des femmes, beaucoup de femmes, cherchant à fuir leur destin ou à échapper à un cauchemar conjugal... : des thèmes banals en apparence. Mais avec du mystère. Avec cette nature canadienne époustouflante qui vient toujours en contrepoint de paysages intérieurs abîmés ou fragiles. Avec une impressionnante économie de moyens... Bref, avec la grâce. (Florence Noiville - Le Monde du 30 octobre 2014)

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CATHERINE

« Petit pays » de Gael Faye

·  Broché: 224 pages
·  Editeur : Grasset (24 août 2016)
·  Collection : Littérature Française




En 1992, Gabriel, dix ans, vit au Burundi avec son père français, entrepreneur, sa mère rwandaise et sa petite sœur, Ana, dans un confortable quartier d’expatriés. Gabriel passe le plus clair de son temps avec ses copains, une joyeuse bande occupée à faire les quatre cents coups. Un quotidien paisible, une enfance douce qui vont se disloquer en même temps que ce « petit pays » d’Afrique brutalement malmené par l’Histoire. Gabriel  voit avec inquiétude ses parents se séparer, puis la guerre civile se profiler, suivie du drame rwandais. Le quartier est bouleversé. Par vagues successives, la violence l’envahit, l’imprègne, et tout bascule. Gabriel se croyait un enfant, il va se découvrir métis, Tutsi, Français…
« J’ai écrit ce roman pour faire surgir un monde oublié, pour dire nos instants joyeux, discrets comme des filles de bonnes familles: le parfum de citronnelle dans les rues, les promenades le soir le long des bougainvilliers, les siestes l’après-midi derrière les moustiquaires trouées, les conversations futiles, assis sur un casier de bières, les termites les jours d’orages... J’ai écrit ce roman pour crier à l’univers que nous avons existé, avec nos vies simples, notre train-train, notre ennui, que nous avions des bonheurs qui ne cherchaient qu’à le rester avant d'être expédiés aux quatre coins du monde et de devenir une bande d’exilés, de réfugiés, d’immigrés, de migrants. »
Avec un rare sens du romanesque, Gaël Faye évoque les tourments et les interrogations d’un enfant pris dans une Histoire qui le fait grandir plus vite que prévu. Nourri d’un drame que l’auteur connaît bien, un premier roman d’une ampleur exceptionnelle, parcouru d’ombres et de lumière, de tragique et d’humour, de personnages qui tentent de survivre à la tragédie.


« MEMED LE FAUCON » de Yachar Kemal

·  Poche: 608 pages
·  Editeur : Gallimard (3 avril 1981)
·  Collection : Folio




Mèmed le Mince, le bandit d'honneur turc, le jeune et légendaire hors-la-loi, aide les paysans du village de Vayvay, soumis à l'implacable oppression de l'insatiable Ali Safa Bey, à changer d'attitude. Grâce à la présence de cet allié mystérieux et puissant, les actes de résistance se multiplient, la rébellion éclate. Mèmed quitte son refuge et, sûr de la complicité profonde du peuple, tue Ali Safa Bey.Un roman d'aventures, une épopée lyrique et aussi un roman réaliste.



« Les lois naturelles de l’enfant » de Céline Alvarez

·  Broché: 448 pages
·  Editeur : Les Arènes (31 août 2016)
·  Collection : AR.EDUCATION




L'enfant naît câblé pour apprendre et pour aimer. Chaque jour, les neurosciences nous révèlent son incroyable potentiel, sa capacité à se nourrir du monde pour former son intelligence. Pourtant, par manque d'information, nous imposons à l'enfant un système éducatif inadapté aux leviers naturels de son jeune cerveau, qui l'empêche d'apprendre qui freine l'apprentissage et n'encourage pas sa bienveillance innée. Plus de 40% d'entre eux sortent du primaire avec des lacunes qui les empêcheront de poursuivre une scolarité normale.
Céline Alvarez a mené une expérience dans une maternelle en « zone d'éducation prioritaire » et « plan violence », à Gennevilliers. Elle a respecté les « lois naturelles de l'enfant » et les résultats ont été exceptionnels. A la fin de la deuxième année, tous les enfants de grande section et 90% de moyenne section, étaient lecteurs et affichaient d'excellentes compétences en arithmétique. Ils avaient par ailleurs développé de grandes qualités morales et sociales.
Ce livre fondateur révèle une autre façon de voir l'enfant et de concevoir son éducation à la maison et à l'école. Céline Alvarez explique de manière limpide les grands principes scientifiques qui sous-tendent l'apprentissage et l'épanouissement. Elle partage son
expérience, les activités qui peuvent aider les enfants à développer leur potentiel, ainsi que la posture appropriée de l'adulte.
La révolution de l'éducation est possible.


« Le silence n’est plus à toi » d’Asli Erdogan

·  Broché: 120 pages
·  Editeur : ACTES SUD (4 janvier 2017)
·  Collection : ESSAIS LITTERAIRES



Vingt-neuf textes parus dans la presse au cours des dix dernières années chroniques politiques, réflexions sur l'écriture et l'exil, essais mixtes sur les actions gouvernementales, les pesanteurs archaïques et les clichés à l'oeuvre dans la vie quotidienne en Turquie qui éclaireront le profil d'essayiste engagée de Asl? Erdo?an et permettront de comprendre pourquoi l'auteur, victime de la chasse aux sorcières déclenchée en juillet 2016, est actuellement en prison. L'écriture toujours soignée et traversée de fulgurances poétiques de la romancière trouve ici un autre terrain d'expression, non moins convaincant.

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MONIQUE

« La Cheffe » de Marie Ndyaye

·  Broché: 288 pages
·  Editeur : Gallimard (3 octobre 2016)
·  Collection : Blanche




"Elle trouvait excessives les louanges dont on s'est mis à couvrir sa cuisine. Elle comprenait les sensations puisqu'elle s'appliquait à les faire naître, n'est-ce pas, et que leur manifestation sur la figure des convives l'enchantait, c'est tout de même bien ce à quoi elle s'évertuait jour après jour, depuis tant d'années, presque sans repos. Mais les mots pour décrire tout cela lui paraissaient indécents". Le narrateur raconte la vie et la carrière de la Cheffe, une cuisinière qui a connu une période de gloire, dont il a longtemps été l'assistant - et l'amoureux sans retour. Au centre du récit, la cuisine est vécue comme une aventure spirituelle. Non que le plaisir et le corps en soient absents, au contraire : ils sont les instruments d'un voyage vers un au-delà - la Cheffe allant toujours plus loin dans sa quête d'épure. Les phrases de Marie NDiaye se déploient lentement, comme pour envelopper le lecteur avec un charme constricteur. Les replis de l'âme de chaque personnage sont explorés avec une détermination calme dans la volonté de dissoudre la pénombre des êtres. Le récit dévoile une humanité violente, claire, à la fois mélancolique et enviable.


« Judas » d’Amor Oz

·  Broché: 352 pages
·  Editeur : Gallimard (25 août 2016)
·  Collection : Du monde entier



Shmuel Asch, le protagoniste de Judas, a quelques ressemblances avec d'autres antihéros qui traversent l'oeuvre d'Oz, mais son histoire est assurément singulière. Le jeune Shmuel est non seulement émotif et malheureux en amour mais il est aussi sur le point d'abandonner ses études faute d'argent quand il tombe sur une annonce inhabituelle. Nous sommes dans la Jérusalem encore divisée de 1959, et l'on cherche un garçon de compagnie pour un homme de soixante-dix ans : moyennant cinq heures de conversation et de lecture, un petit salaire et le logement sont offerts. Sa candidature acceptée, Shmuel s'installe dans la maison de Gershom Wald, un vieil homme fantasque passionné par l'histoire du sionisme et la question arabe, avec qui il aura bientôt de longues discussions enflammées. Quand il rencontre la mystérieuse Atalia Abravanel qui vit sous le même toit sans que Shmuel comprenne son lien avec le vieux Wald il est immédiatement fasciné par la beauté de cette femme un peu plus âgée que lui. Son obsession amoureuse allant de pair avec la volonté de percer le secret du lien entre Atalia et le vieillard, sa quête obstinée de la vérité ne manquera pas de résonner comme un écho à ses propres recherches au sujet de la figure de Judas. Judas est tout à la fois un magnifique roman d'amour, un grand livre sur les lignes de fracture entre judaïsme et christianisme, une réflexion sur la figure du traître et un ouvrage essentiel pour comprendre l'histoire d'Israël. Judas est d'ores et déjà considéré comme le grand roman de la maturité de l'auteur, et la publication simultanée en langues française et anglaise en septembre 2016 devrait constituer le point d'orgue d'une longue série triomphale de publications dans tous les grands pays du monde entier, où le roman a été unanimement salué comme un chef-d’œuvre.

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JOSEPH

« Libérez votre cerveau » d’Idriss Aberkane

·  Broché: 288 pages
·  Editeur : Robert Laffont (6 octobre 2016)
·  Collection : Réponses




Notre cerveau est plus grand que toutes ses créations. Ce n’est pas à notre cerveau de s’adapter à nos créations, mais l’inverse. De la médecine à la politique, du marketing à l’éducation, appliquer ce principe, c’est se changer soi-même... et changer le monde. Notre société brasse aujourd’hui une quantité gigantesque de connaissances et, malgré tout, ne produit que très peu de sagesse. Or une civilisation qui produit beaucoup de savoirs sans sagesse est vouée à l’autodestruction. L’ouvrage traite en particulier de la neuroergonomie, la science qui étudie le cerveau au travail. De l’école au bureau, ou en ville, le potentiel de cette nouvelle science est immense, aussi bien socialement qu’économiquement. Il décrit précisément notre cerveau, ses capacités, ses limites, ses points aveugles, et les moyens connus de l’utiliser au mieux. Des cas récents nous démontrent en effet à quel point l’usage de notre cerveau est perfectible : des calculateurs prodiges parviennent à calculer la racine treizième d’un nombre à cent chiffres en moins de quatre secondes. Or ils ont le même cerveau que nous ! La différence réside donc dans leur manière de l’utiliser, et en particulier dans leur capacité à répartir la charge cognitive sur plusieurs fonctions de leur esprit.
Cette capacité, Idriss Aberkane nous explique comment nous pourrions tous la maîtriser.


« Les morts de notre vie »
Avec les témoignages de Juliette Binoche, Christian Bobin, Catherine Clément, Philippe Labro, Daniel Mesguich, Edgar Morin, Amélie Nothomb

·  Broché: 304 pages
·  Editeur : ALBIN MICHEL (14 octobre 2015)
·  Collection : ESSAIS DOC.




Quand il faut évoquer la mort, nous savons que... nous ne savons rien. Quand il nous faut parler des morts de notre vie qui vivent encore en nous, habitent notre coeur , les mots nous manquent. De cette perte, de la mort même, nous préférons ne pas parler. Et pourtant, les absents n en finissent pas d être présents. Nous en sommes les gardiens fidèles.

À travers les entretiens qu’elles ont accordés à Damien Le Guay et Jean-Philippe de Tonnac, sept personnalités acceptent ici de témoigner : Juliette Binoche, Christian Bobin, Catherine Clément, Philippe Labro, Daniel Mesguich, Edgar Morin et Amélie Nothomb nous livrent avec profondeur et générosité leurs sentiments intimes, leurs croyances ou leur incroyance, leur philosophie de la vie. Au-delà des chagrins, des douleurs, ils disent tous le lien vital qui les relie à leurs morts les morts de leur vie. L extraordinaire diversité de ces paroles nous invite au partage pour être plus vivants.
Entretiens menés par Damien Le Guay, essayiste et Président du Comité national d éthique du funéraire, et Jean-Philippe de Tonnac, essayiste, journaliste et éditeur.

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CLAUDE

« Habiter l’anthropocène »
  • Date de parution 28/10/2014
  • Editeur Revue Stream
  • Collection Revue Stream, numéro 3 
Stream03 se penche sur les enjeux de l’urbanisation accélérée de la planète, qui accompagne sa mondialisation. Nous vivons une période de mutation: l’explosion démographique concentre l’humanité dans les grandes métropoles globales et en fait le principal lieu de résolution des défis – entre prise de conscience environnementale et omniprésence des technologies numériques – pour la poursuite d’un développement humain, économique et social durable.
L’Anthropocène désigne une nouvelle ère géologique, dans laquelle l’activité humaine est devenue la force géophysique prédominante : un concept aux implications dépassant le seul cadre du débat scientifique. Stream03 cherche les outils conceptuels pour penser le véritable changement de paradigme que représente notre condition urbaine à l’ère de l’Anthropocène.


« L’utilité de l’inutile » de Nuccio Ordine
·  Broché: 236 pages
·  Editeur : Les Belles Lettres; Édition : 2 (29 janvier 2015)
·  Collection : Romans, Essais, Poésie, Documents




Il n'est pas vrai pas même en temps de crise que seul ce qui est source de profit soit utile. Il existe dans les démocraties marchandes des savoirs réputés « inutiles » qui se révèlent en réalité d'une extraordinaire utilité. Dans cet ardent pamphlet, Nuccio Ordine attire notre attention sur l'utilité de l'inutile et sur l inutilité de l utile. À travers les réflexions de grands philosophes (Platon, Aristote, Tchouang-tseu, Pic de la Mirandole, Montaigne, Bruno, Kant, Tocqueville, Newman, Heidegger) et de grands écrivains (Ovide, Dante, Pétrarque, Boccace, L‘Arioste, Cervantès, Lessing, Dickens, Okatura Kakuzô, García Márquez, Ionesco, Calvino), Nuccio Ordine montre comment l’obsession de posséder et le culte de l’utilité finissent par dessécher l’esprit, en mettant en péril les écoles et les universités, l’art et la créativité, ainsi que certaines valeurs fondamentales telle que la dignitas hominis, l’amour et la vérité. Dans son remarquable essai traduit pour la première fois en français, Abraham Flexner souligne que les sciences, elles aussi, nous enseignent l’utilité de l’inutile. Ainsi, s’il élimine la gratuité et l’inutile, s’il supprime les luxes jugés superflus, l’homo sapiens aura bien du mal à rendre l’humanité plus humaine.
Un succès éditorial en Italie et en Espagne
« Nuccio Ordine propose là un texte idéal pour bien commencer l’année. »
Jean Birnbaum, directeur du « Monde des Livres », 4 janvier 2013
« Nous sommes reconnaissants à Nuccio Ordine excellent éditeur, entre autres travaux dignes de louanges, des œuvres de Giordano Bruno pour son manifeste L’Utilité de l’inutile. »
Fernando Savater, « El País »

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CHANTAL

« Témoignages sur le théâtre » de Louis Jouvet

·  Poche: 328 pages
·  Editeur : Editions Flammarion (11 juin 2009)
·  Collection : CHAMPS ART




« Il ne faut pas parler de vocation pour les comédiens. Seuls les poètes en ont une. Pur nous, la vocation est un mélange extrêmement douteux de toutes sortes de sentiments qui ne sont pas tous nobles, loin de là. Je ne crois guère à la pureté de la vocation, même chez les saints. La vocation est un résultat. Elle résulte de goûts, d'ambitions, de désirs d'autant moins purs qu'ils se manifestent à l'âge de tous les appétits, à l'âge où l'on ne peut juger véritablement ni du métier, ni de soi-même. La vocation n'est que le résultat de la pratique. C'est après avoir fait son métier pendant de nombreuses années, en avoir subi les déceptions, mesuré les difficultés imprévisibles, que s'affirme, se précise une décision qu'on peut appeler alors vocation. La vocation n'est qu'un choix persistant. Les vraies récompenses qu'elle accorde sont toutes intérieures et bien tardives. »


« A toute berzingue » de Kenneth COOK

·  Broché: 230 pages
·  Editeur : Editions Autrement (3 février 2016)
·  Collection : Littératures



Katie et Shaw se connaissent depuis vingt-quatre heures à peine. Pourtant, entre eux, c’est déjà «à la vie, à la mort», au sens propre du terme. Coincés dans une petite Honda lancée à toute berzingue sur la piste d’Obiri - six cents kilomètres de fournaise et de poussière au cœur de l’outback australien, ils sont poursuivis par une monstrueuse créature prête à tout pour les éliminer. Doivent-ils rebrousser chemin et affronter leur assaillant ? Ou continuer leur course folle sur cette piste qui semble mener droit en enfer ?

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JEAN BERNARD

« Leucate Univers » de Gérard Gavarry

·  Broché: 272 pages
·  Editeur : P.O.L (1 avril 2016)
·  Collection : FICTION



Curieux et vertigineux roman où l'Histoire, avec sa grande H, me guide le narrateur et sert à l'occasion de conteur-conteuse. Là où elle est il va. Les paysages que de près ou de loin elle scrute - pensive puis, bras tendu, les lui désignant silencieusement du doigt avant de prendre sa respiration de raconteuse -, il les scrute à son tour. Les odeurs d'iode marine, de vase lagunaire et de terre ensoleillée qu'elle hume, idem il les hume. Les gens auxquels elle se mêle, idem il se mêle à eux. Et sans qu'il soit besoin pour ça de quitter la presqu'île de Leucate - Languedoc -, ils s'aventurent tous deux dans le monde d'autrefois (le XVIème siècle des guerres de religion), dans le monde d'hier (celui de la France de la guerre d'Algérie), dans le monde d'aujourd'hui, parmi les humains affairés à leurs travaux saisonniers ainsi qu'à leurs amours et à leurs jeux, à leurs songes, à leurs parleries et à leurs conflits sanglants.

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SERGE

« Les mémoires de Surcouf »

Références du livre non trouvées sur Internet

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GERARD

« Chanson douce» de Lëila Slimani

·  Broché: 240 pages
·  Editeur : Gallimard; Édition : 01 (18 août 2016)
·  Collection : Blanche



Lorsque Myriam, mère de deux jeunes enfants, décide malgré les réticences de son mari de reprendre son activité au sein d'un cabinet d'avocats, le couple se met à la recherche d'une nounou. Après un casting sévère, ils engagent Louise, qui conquiert très vite l'affection des enfants et occupe progressivement une place centrale dans le foyer. Peu à peu le piège de la dépendance mutuelle va se refermer, jusqu'au drame. A travers la description précise du jeune couple et celle du personnage fascinant et mystérieux de la nounou, c'est notre époque qui se révèle, avec sa conception de l'amour et de l'éducation, des rapports de domination et d'argent, des préjugés de classe ou de culture. Le style sec et tranchant de Leïla Slimani, où percent des éclats de poésie ténébreuse, instaure dès les premières pages un suspense envoûtant.

Avis de Gérard (pas vraiment un coup de coeur)

Difficile d'échapper au Goncourt si l'on se prétend amateur de littérature !

Pour apprécier un livre, il faut tenir compte du contexte. Ces derniers mois je me suis plongé dans les œuvres d'écrivains très talentueux : Henry James, Virginia Woolf, Sandor Marai ou encore Balzac...
Je ne peux donc m'empêcher de comparer...

Bon, cela étant, le roman de Leïla Slimani a des qualités indéniables, notamment sur la forme, le style est alerte, incisif, les phrases sont courtes et bien balancées, ce qui donne du rythme au récit
"Mila et Adam font la sieste. Myriam et Paul sont assis au bord de leur lit. Anxieux et gênés. Ils n'ont jamais confié leurs enfants à personne. Myriam finissait ses études de droit quand elle est tombée enceinte de Mila, Elle a obtenu son diplôme deux semaines avant son accouchement..."
On est aux antipodes d'un certain lyrisme littéraire, mais j'aime bien.

Ensuite il y a la structure du livre : des chapitres très courts (en réalité ce ne sont pas des chapitres identifiés en tant que tels, mais peu importe!), découpés en courts passages avec des renvois à la ligne. La structure du roman est en cohérence avec le style vif et alerte. Le lecteur est dans le rythme du Paris d'aujourd'hui, un rythme à cent à l'heure, sans recul, où les personnages sont plongés dans l'action, faisant sans cesse le va et vient entre leur vie professionnelle et leur vie personnelle (pour autant qu'ils en aient une !).
Dans ce roman, tout converge pour nous donner cette impression de course sans fin où les personnages traversent les événements quotidiens comme des fantômes passant à travers les murs.
Le choix de la première scène du roman, atroce, nous confronte d'emblée à la réalité absurde d'une vie où ce que l'on appelle famille ne signifie plus grand chose.
Paradoxe, la famille, ou plutôt la cellule familiale parents/enfants peut apparaître aujourd'hui comme un des rares points fixes de l'existence urbaine et pourtant, lorsqu'on gratte un peu on s'aperçoit qu'elle n'existe que par le désir.
Désir qui arrive à s'incarner dans des flashs, l'espace de courts instants, lorsqu'on arrive à échapper au tumulte sourd de la mégalopole grise.

Dans la réalité, chez les bobos, la famille est élastique et elle risque d'éclater très vite.
Pour éviter qu'elle ne se disloque, on va alors chercher une nounou, Louise. Et c'est grâce  à cette nounou que le père et la mère arrivent à légitimer leur grand écart permanent.
Ce livre est plein d'instants de vérité qui éclairent sous un regard vif cette dislocation progressive de la cellule familiale bourgeoise moderne.
Les sentiments (le désir) sont bien là jaillissant des uns et des autres, mais ils cherchent en permanence leur objet dans un univers à la fois confiné et insaisissable.

Quant au personnage de Louise, je m'interroge.
Je m'interroge sur cette nounou que je ne suis pas arrivé une seconde à imaginer dans son apparence physique. J'ai eu l'impression que chaque nouvel élément descriptif du personnage venait brouiller les pistes d'une image en train de se construire avec difficulté.
En  réalité, j'ai substitué à Louise un personnage de ma vie réelle et c'est cela qui m'a rendu mal à l'aise. Et bien sûr, il y a quelque chose qui ne colle pas.

Impression similaire sur la psychologie de Louise. J'ai l'impression que l'auteure a composé son personnage par strates successives. Et même remarque, lorsque j'essaie de reconstruire la psychologie du personnage, je suis à nouveau dérouté par des épisodes improbables de sa vie. A nouveau, ça ne colle pas.

Finalement je me suis retrouvé dans le personnage du capitaine de police Nina Dorval, qui prend la place de Louise au moment de la reconstitution pour essayer de comprendre.
J'en ai déduis que le dessein de Leïla Slimani n'était pas de chercher à expliquer, mais simplement de poser des questions.

N'est ce pas en définitive un livre sur la frustration des uns et des autres, frustration aveugle et insoutenable qui débouche sur le drame absolu ?

Un livre qui nous parle, qui nous révèle une réalité de notre mode de vie mais qui ne donne pas de clés de compréhension.
Difficile pour le lecteur de comprendre par lui-même car Louise est totalement hermétique.


Ce livre n'est pas un grand roman!


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« Cette histoire-là » d’Alessandro Baricco


·  Poche: 352 pages
·  Editeur : Folio (11 juin 2009)
·  Collection : Folio



Ultimo Parri est un jeune homme qui vieillit en s'efforçant de remettre de l'ordre dans le monde. Il a cinq ans lorsqu'il voit sa première automobile, l'année de la course mythique Versailles-Madrid de 1903, dix-neuf ans le jour de la grande défaite de Caporetto en 1917, vingt-cinq ans lorsqu'il rencontre la femme de sa vie, et beaucoup plus le soir où il meurt, loin de sa campagne piémontaise natale.
Cette histoire-là est son histoire, qui nous emporte dans une course effrénée à travers le vingtième siècle. L'histoire d'une vie qui s'apparente à un destin. Car si la Terre - avec ses guerres sanglantes - tourne sans but autour du Soleil, un homme peut, s'il le désire, donner un sens à son existence.