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lundi 10 décembre 2018

40EME REUNION - PRESENTATION DE LA BIOGRAPHIE D'ERNEST HEMINGWAY PAR MONIQUE

Avant la présentation de Monique, nous sommes très fiers d'avoir fêté, non pas Paris, mais notre "Square Littéraire" qui en est à sa quarantième réunion.

Merci à tous pour votre chaleureuse et assidue participation depuis le 5 juin 2009, date de notre première réunion au Square Trousseau.


Monique nous a présente Ernest HEMINGWAY, l'homme et l'écrivain. Voici le texte de sa présentation.
"Ce qui peut arriver de mieux à un écrivain, c'est de vivre une enfance malheureuse."
Le 21 juillet 1899, un gros bébé de cinq kilos, prénommé Ernest Miller, voit le jour à Oak Park, commune huppée des faubourgs de Chicago. 
La mère, Grace, est professeur de chant. Contralto à la carrière avortée ,elle se comporte en diva. Le père, Clarence Edmonds - surnommé Ed -, est médecin.
Grace Hemingway a donné à son fils aîné le prénom de son propre père, héros de la guerre de Sécession. Ernest a quatre sœurs et un petit frère. Leur mère les initie aux arts mais Ernie ne supporte pas l'ancienne cantatrice devenue... castratrice. Elle l'appelle "poupée chérie", l'habille en fille et refuse de lui couper les cheveux. Il la qualifiera plus tard d'égoïste, d'hystérique et même de "salope".
Ernest apprécie la compagnie de son père, qui l'emmène pêcher la truite dès l'âge de trois ans. Il évoquera, dans la nouvelle Père et fils, les merveilleux moments passés à Walloon Lake, Michigan, en territoire indien.
A l'école, doué en anglais, en latin mais aussi en sciences et en algèbre, Ernest est souvent premier de sa classe. Il dévore le Robinson Crusoé de Defoe, Walter Scott, Dickens, Mark Twain, Kipling, tous écrivains de l'action, de l'aventure et des grands espaces. 
Au sortir du collège, renonçant à l'université, Hemingway entre comme reporter au Star de Kansas City. Journaliste, il apprend à « écrire des phrases claires, éviter les adjectifs passe-partout, faire des récits intéressants, des phrases courtes dans un anglais vigoureux et souple ». C'est donc dans le journalisme qu'il apprend ce style sec, rigoureux, ce laconisme de procès-verbal et cet art de regarder. Ernest Hemingway n'abandonnera jamais le journalisme : il sera reporter en Europe, en Asie et en Orient. Trente-cinq ans de journalisme nourrissent son œuvre.
En 1914, Ernest Hemingway rêve de participer à la Grande Guerre. Mais il est réformé en raison de sa mauvaise vue. Il s'engage comme volontaire de la Croix-Rouge. Le 8 juillet, il se trouve dans une tranchée avec trois hommes quand un obus autrichien tombe sur eux. Les jambes d'Hemingway sont criblées d'éclats. Il parvient à hisser le seul survivant sur son dos et à le porter sous le feu ennemi. 
le jeune Hemingway regagne son pays en janvier 1919. On accueille en héros le premier Américain à revenir blessé du front italien. A Chicago, il fait la connaissance de Sherwood Anderson, écrivain en vogue qui prône la révolution des lettres américaines par le dépouillement du style. Anderson a vécu à Paris et encourage Hemingway à l'imiter. 
Il rencontre aussi Elizabeth Hadley Richardson, une jolie rousse de huit ans son aînée. Ils se marient en septembre 1921.
Il suit le conseil d'Anderson et se fait engager comme correspondant en Europe du Toronto Star, décidé à faire ses débuts littéraires dans la ville des Lumières. 
Sherwood Anderson lui a remis des lettres de recommandation à l'attention de ses amis Gertrude Stein, Sylvia Beach, Ezra Pound et James Joyce. Autant dire l'avant-garde de la petite colonie anglo-saxonne. 
En 1919, les Etats-Unis ont ratifié l'amendement sur la prohibition de l'alcool. Pour les artistes américains, les Etats-Unis ne sont plus synonymes de liberté mais d'hypocrisie. Et Paris symbolise la modernité. Ses terrasses de café ne désemplissent pas. Montparnasse pullule de peintres, de musiciens et de poètes. Un carrefour obligé pour tout écrivain en mal de reconnaissance. La France offre un avantage supplémentaire aux Américains : le taux de change est particulièrement intéressant.
A parcourir les capitales d'Europe pour le Toronto Star - Hem s'épuise. Cela l'empêche de peaufiner ses nouvelles et de se lancer, enfin, dans le roman. Il finit par démissionner en 1924 et mettra encore deux ans pour publier Le soleil se lève aussi
En 1927, il divorce pour épouser sa maîtresse Pauline Pfeiffer, journaliste à Vogue, puis entame L'adieu aux armes. "Pendant que j'écrivais le premier jet, mon second fils Patrick vint au monde et pendant que je récrivais l'ouvrage, mon père se tua à Oak Park, Illinois..." 
Pour oublier les fantômes d'Oak Park, le couple Hemingway s'installe à Key West, à la pointe de la Floride. En 1931, Pauline donne un troisième fils à son mari, Gregory. Quand L'adieu aux armes paraît, 80 000 exemplaires s'écoulent en quelques mois. Hemingway devient une célébrité, les journaux s'arrachent ses nouvelles, Hollywood achète les droits et l'argent coule à flots. Il entreprend la tournée des bars, adopte une armée de chats (qui reposent toujours dans le cimetière de son jardin), s'offre un bateau pour pêcher au gros dans la mer des Caraïbes.


En tant que journaliste, il a assisté, lucide, à la montée de l'extrême droite en Europe et annonce, dès 1934 : "La tragédie est proche."Ses séjours en terre ibérique lui ont fait aimer le peuple espagnol. Il va s'engager dès 1936 aux côtés des républicains : "Le fascisme est un mensonge, il est condamné à la stérilité littéraire. Un écrivain qui n'a pas le sentiment de la justice ou de l'injustice ferait mieux de se consacrer à l'édition d'un annuaire." 
Hemingway offre pour 40 000 dollars de matériel sanitaire à l'armée loyaliste et devient correspondant de guerre de la North American Newspaper Alliance pour couvrir la guerre civile espagnole.
L'écrivain retourne plusieurs fois dans Madrid assiégé, sous le feu des batteries allemandes, et y retrouve Martha Gellhorn, une correspondante de guerre "qui en a". Elle deviendra sa troisième épouse. 
Selon la petite histoire, il se serait entendu avec André Malraux, rencontré sur place : l'un écrirait sur le début de la guerre d'Espagne, l'autre sur la fin. Cette entente cordiale donnera L'espoir et... Pour qui sonne le glas
Comme Hemingway l'avait prophétisé, la victoire du franquisme a affaibli les démocraties européennes et entraîné la Seconde Guerre mondiale. Il lui faut poursuivre le combat contre les nazis. Il monte un réseau de contre-espionnage à Cuba .
On le retrouve en Normandie, immortalisé par le photographe Robert Capa lors du Débarquement. Hemingway se l'était juré : être toujours là où l'Histoire s'écrit ! Sa propre "division", composée d'admirateurs des FFI, lui permet de participer à la libération de Rambouillet.
Après la guerre, Hemingway n'est plus le même. L'action lui manque.
Ses proches décrivent un être hâbleur, gavé de succès, ivrogne, colérique et volontiers bagarreur. Martha le trouve pathétique et demande le divorce. Complètement à la dérive, il ingurgite un litre de whisky par jour et voit des nazis sans visage dans ses cauchemars. Incompris, il s'exile pour se consacrer à la pêche, à ses chats et à l'écriture. Il épouse Mary Welsh, plus dévouée, plus effacée que Martha. 
Il a découvert Cuba dans les années 1930 : l'île se situe juste en face de Key West. Son cadre lui avait inspiré En avoir ou pas, adapté au cinéma par Howard Hawks sous le titre Le port de l'angoisse .
Il achète une vaste propriété sur les hauteurs, la Finca Vigia, réplique de la Spanish House de Key West, et reçoit les stars d'Hollywood au bord de sa piscine. Son installation à Cuba attire les soupçons du FBI. Edgar Hoover, l'un des hommes les plus puissants d'Amérique, met l'écrivain sous surveillance.
Le monde littéraire le croyait fini quand Hemingway publie Le vieil homme et la mer en 1952. Ce chef-d'oeuvre de dépouillement lui vaut le prix Pulitzer. Puis la presse annonce la mort du grand écrivain dans un accident d'avion en Afrique. Cela l'amuse : il conserve les articles nécrologiques laudateurs dans un album relié en peau de lion. Les séquelles empêcheront l'écrivain de se rendre à la remise de son prix Nobel de littérature, décerné en 1954
Hemingway quitte son paradis tropical après la révolution cubaine, il ne supporte plus l'antiaméricanisme de l'île. 
Retranché dans sa maison aux airs de bunker, dans l'Idaho, il souffre d'hypertension, de diabète, d'impuissance sexuelle, d'une cirrhose, d'un début de la maladie d'Alzheimer et surtout d'une dépression. Devenu paranoïaque, il voyait des agents du FBI partout.
Hemingway met fin à ses jours peu avant son soixante-deuxième anniversaire.


STYLE :

« La plus grande difficulté, dit-il, c'était de décrire ce qui s'était réellement passé au moment de l'événement. Quand on écrit pour un journal, on raconte ce qui s'est passé et, à l'aide d'un procédé ou d'un autre, on arrive à communiquer l'émotion au lecteur, car l'émotion confère toujours une certaine vérité au récit d'un événement du jour. Mais la chose réelle, la succession mouvante des phénomènes qui produit l'émotion, cette réalité qui serait valable dans un an ou dans dix ans et, avec de la chance et assez de pureté d'expression, pour toujours, j'en étais encore loin et je m'acharnais à l'atteindre. » « J'essayais, ajoute-t-il, d'écrire en commençant par les choses les plus simples. »
C'est alors qu'il met au point son célèbre style, glacé, simple, rigoureux, qui note les faits avec une objectivité de procès-verbal. D'abord il remplace les développements psychologiques par le récit de l'action et du comportement des personnages. Puis il utilise les mots vrais, techniques. Enfin, il tisse un réseau de correspondances qui crée une ambiance climatique ou linguistique. « La prose, écrit-il, n'est pas de la décoration, c'est de l'architecture. »
Les techniques de style sont, chez Hemingway, de la même nature que les techniques de chasse, de pêche, de boxe, de tauromachie ou de stratégie. Il s'agit à la fois d'évasion et de discipline. Le style de Hemingway n'admet pas plus de chiqué que celui du torero : il passe au ras des choses comme l'autre au ras des cornes. Il est célèbre et très imité.
Ainsi, Hemingway décrit non pas une émotion, mais le geste et l'objet qui la matérialisent et la symbolisent. Ce nouveau roman, qui remplace l'analyse par la vision et met un terme à la littérature d'introspection et au romancier omniscient, doit naturellement beaucoup au cinéma.
Cette vision objective, ces gestes sans rime ni raison, ces actions sans commentaires ni projets sont ceux d'êtres perdus qui agissent à tâtons dans un univers où personne ne juge, n'espère, ne projette ni ne regrette, parce que rien n'a de sens. L'homme est réduit à ses faits et gestes, n'a plus ni espoir ni personnalité ; il ne cherche le combat que par goût du suicide, sachant que le néant – « nada » – triomphera toujours.
« Dans la pleine lumière d’un style clair, compact, sans épaisseur et transparent malgré sa densité, dans la franchise de cette prose dont un critique américain a dit que “chaque mot y était aussi frais et aussi résistant qu’un caillou ramassé au fond d’un ruisseau”, d’une simplicité dépouillée, d’une objectivité “à trois dimensions”, le message spirituel d’Ernest Hemingway prend une extraordinaire éloquence, établit le critique littéraire Marcel Brion dans son article de novembre 1954.  Il s’adresse à ce qu’il y a de plus secret et de plus universel à la fois en chaque homme.

OEUVRES 
Romans

Récits autobiographiques

Recueils de nouvelles
160 nouvelles

QUELQUES PHOTOS EN COMPLÉMENT



 Ernest en 1923

Ernest et Hardley en 1921

Gertrude STEIN devant son portrait peint par Picasso

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40EME REUNION - SYNTHESE DE NOS ECHANGES SUR "PARIS EST UNE FETE" PAR GÉRARD


Nos avis ont été partagés sur le livre, même si nous sommes tous d'accord sur le talent d'Hemingway.
"Paris est une fête" n'est peut-être pas la meilleure œuvre de l'écrivain pour apprécier la qualité de son écriture.
Le débat a été riche.

  • Le style : écrire vrai
Comme tous les grands écrivains, Hemingway a un style caractéristique, puissant, direct, vrai. Le lecteur est au cœur de l’action, il vit le récit avec ses émotions.
Nous sommes convenus que "Paris est une fête" n’est pas le meilleur livre d’Hemingway, tant au point de vue su style que de la narration. C'est une œuvre posthume.
Dans les premières pages, Hemingway utilise beaucoup le verbe être. Nous avons remarqué qu’il y avait plus des défauts dans la forme que dans le style à proprement parler. Le récit est teinté de nostalgie grâce au recours systématique à l’imparfait. En revanche, le rythme donné au récit résulte d’une alternance entre style indirect et style direct notamment sous forme de dialogues entre les personnages, ce qui rend la lecture très aisée.
Certains participants ont apprécié la capacité de l’auteur à générer des émotions chez le lecteur.
Le style est très précis, très travaillé, même si le lecteur ne s’en rend pas compte d’emblée.
Hemingway procède par petites touches. C’est un travailleur acharné qui a le souci du détail, rien ne lui échappe.
A titre d’exemple : « Le café des Amateurs était le tout-à-l’égout de la rue Mouffetard, une merveilleuse rue commerçante, étroite et très passante, qui mène à la place de la Contrescarpe. Les vieilles maisons, divisées en appartements, comportaient près de l’escalier, un cabinet à la turque par palier, avec de chaque côté du trou, deux petites plates-formes en ciment en forme de semelle, pour empêcher quelque locataire de glisser ; des pompes vidaient les fosses d’aisance pendant la nuit, dans des camions-citernes à chevaux… »
D’autres ont trouvé le style banal, considérant qu’il nuisait au fond.
Hemingway est l’écrivain du vrai. Dans le livre il décrit les difficultés qu’il peut ressentir en écrivant : « Mais parfois, quand je commençais un nouveau récit et ne pouvais me mettre en train, je m’asseyais devant le feu et pressais la pelure d’une des petites oranges au-dessus de la flamme et contemplais son crépitement bleu. Ou bien je me levais et regardais les toits de Paris et pensais « Ne t’en fais pas. Tu as toujours écrit jusqu’à présent et tu continueras. Ce qu’il faut c’est écrire une seule phrase vraie. Ecris la phrase la plus vraie que tu connaisses ». (La Pléiade p. 749) Dans ce passage et dans les lignes suivantes, Hem nous parle de son écriture et de sa conception de l’écriture.

  • Œuvre d’imagination ou description du Paris des années folles (1920-1926) ?
Nous nous sommes posé la question de savoir s’il s’agissait d’une œuvre de fiction ou d’une œuvre décrivant la réalité. Pour Hemingway, il y a une ambiguïté, finalement c’est au lecteur de décider : « Si le lecteur le souhaite ce livre peut être tenu pour une œuvre d’imagination. Mais il est toujours possible qu’une œuvre d’imagination jette quelque lueur sur ce qui a été rapporté comme un fait. » (Préface de 1960 - édition de La Pléiade)
Les personnages qui parcourent le livre ont réellement existé, Gertrude Stein, Picasso, Ezra Pound ou Scott Fitzgerald. Mais bien sûr, nous les voyons avec les yeux d’Hemingway qui n’a pas le souci ici du biographe.
L’un d’entre nous a fait remarquer que ce livre n’existe pas, qu’il n’est pas dans les manières de faire d’Hemingway.
Une discussion s’en est suivie sur le bien-fondé de publier à titre posthume une œuvre non réellement validée par l’écrivain. Nous nous retrouvons dans la même situation que lorsque nous avons échangé naguère sur l’"Homme révolté", œuvre posthume d’Albert Camus, non terminée.
Nous avons alors évoqué d’autres œuvres d’Hemingway, certainement mieux accomplies et totalement assumées par l’auteur comme "L’adieu aux armes", "Le soleil de lève aussi", "Mort dans l’après-midi" ou encore le magnifique « Le vieil homme et la mer », dernière œuvre publiée du vivant d’Hem et qui est un des plus grands romans contemporains.

  • Paris est une fête pendant les années folles
Paris est bien le sujet du livre, même si l’auteur nous emmène dans d’autres villes et d’autres contrées, notamment Lyon ou l’Autriche. A l’évidence, Hemingway aime Paris. Pour lui, comme pour beaucoup d’écrivains et artistes de l’époque, c’est une sorte d’Eden, Paris est une fête.
« Quand le printemps venait, même le faux printemps, il ne se posait qu’un seul problème, celui d’être aussi heureux que possible. Rien ne pouvait gâter une journée, sauf les gens, et si vous pouviez vous arranger pour ne pas avoir de rendez-vous, la journée n’avait pas de frontière ». (Pléiade p. 760)
Il faut dire, comme l’a fait observer l’une d’entre nous, que le voyage d’Hemingway à Paris et de biens d’autres artistes américains, correspond au début de la période de la prohibition aux Etats-Unis (janvier 1920).

  • Les rencontres
Pendant toute sa vie Hemingway a eu le goût des rencontres. C’est quelqu’un qui aime communiquer avec les autres. Il apprécie la rencontre des gens simples, notamment ceux qui ont la maîtrise d’une technique, le pêcheur, le chasseur, le cuisinier, le vigneron, il est plus sélectif dans ses rencontres avec les écrivains et les artistes, comme on peut s’en rendre compte dans le livre.
Le salon de Gertrude Stein était à l’époque le lieu de rencontres des artistes d’avant-garde du monde entier. Le Tout-Paris artistique s'y presse tout comme les étrangers de passage et surtout les Américains. 
Alors qu’il habite avec Hadley, 74 rue du Cardinal Lemoine, Hemingway lui rend visite à plusieurs reprises pour y découvrir de nouveaux livres ou rencontrer d’autres écrivains, et surtout pour parler littérature avec elle. Elle est parfois très critique sur les écrits d’Hemingway, mais cela ne l’empêche pas de poursuivre son chemin, convaincu qu’il est et sera un vrai écrivain.
Dans le livre Hem évoque des écrivains des peintres, il croise plusieurs de ses compatriotes, Ezra Pound le poète, Scott Fitzgerald, le grand écrivain, mais aussi le peintre bulgare Pascin et bien d’autres encore.
Paris est à cette époque la capitale des arts et de la création, elle rayonne. Hemingway sait traduire cette dimension de la ville lumière.

  •  Une autobiographie à l’époque des années folles
"Paris est une fête" a pour sujet Paris certes, mais aussi et surtout Hemingway. Il ne fait que nous parler de lui à toutes les pages, de son caractère, de ses relations avec sa femme, de ses goûts, notamment pour la cuisine et les vins français, de son activité de journaliste, d’écrivain.
Plusieurs passages du livre témoignent de sa grande connaissance des vins français, non pas à l’époque où se déroule l’action, il a alors un peu plus de vingt ans, mais plus tard lorsqu’il aura bourlingué. Rappelons que "Paris est une fête a été écrit" en 1960.
Déjà dans de multiples passages le lecteur remarque l’addiction d’Ernest Hemingway à l’alcool. A chaque page du livre, le lecteur l’imagine en train de boire.
Dans notre discussion, nous avons évoqué les maux dont a souffert Hemingway à la fin de sa vie, qui l’ont probablement conduit au suicide. L’alcool est l’une des causes de son très mauvais état de santé. A Cuba aujourd’hui, on visite les hôtels et bars où Hem allait déguster un Mojito - cocktail à base de rhum, de sucre, de citron vert et de menthe, son invention, attribuée au restaurant de La Havane « La Bodeguita Del Medio », remonte à l’époque de la prohibition – ou encore un Daiquiri - cocktail réalisé à partir de rhum et de jus de citron vert dont le nom provient d’une plage proche de Santiago de Cuba et d’une mine de fer qui se trouvait dans la région et qu’Hem dégustait au bar La Floridita à La Havane... Toute une époque !

  • Paris est une fête, un livre redevenu d’actualité

Cri d’amour, hommage joyeux à Paris, la ville qui a vu naître les premiers pas d’un grand écrivain, Paris est une fête a été redécouvert après les attentats qui ont frappé la capitale française le 13 novembre 2015. Ces chroniques de la vie parisienne d’Hemingway ont alors été brandies comme un symbole de résistance.  Elles ne constituent pas à proprement parler un roman sur Paris. Mais bien plutôt le regard nostalgique de l’écrivain sur ses années de jeunesse, une parenthèse enchantée qui se déploie de 1921 à 1926. (extrait France Inter)

Paris est donc redevenu un livre d’actualité. En effet, après les attentats du 13 novembre, le livre connaît un nouveau succès de librairie. De nombreuses librairies sont en rupture de stock. 20 000 exemplaires doivent être réimprimés. Fin 2015, l'ouvrage s'écoule à 28 000 exemplaires par semaine et sur l'ensemble de l'année, 125 400 exemplaires auront été vendus.
Les œuvres littéraires ont leur vie propre, elles échappent à leur auteur, chaque génération a le pouvoir de les faire vivre à nouveau sous un nouvel éclairage. La littérature est vraiment un art merveilleux !


  • Précisons enfin qu’un film intitulé « Paris est une fête » a été tourné entre 2014 et 2017
Une bande de copains, Elisabeth, Noémie, Paul, Olivier, Grégoire, Rémi ont commencé à tourner en 2014, un long-métrage avec une caméra miniature et un bout de scénario. Le film s’intitule : Paris est une fête. Rien à voir avec Ernest Hemingway, si ce n’est une même volonté de s’immerger dans l’atmosphère vibrante de la ville lumière à presque cent ans d’intervalle. Le tournage a duré trois ans.


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