
S'il est vrai que l'on ne peut pas parler de "coup de coeur", ce petit livre recèle quelques réflexions qui me semblent extrêmement intéressantes :
1) le constat que des évènements nouveaux majeurs sont advenus au 20ème siècle avec des conséquences extrêmement importantes pour l'humanité sur le plan de : l'agriculture, les transports, la santé, la démographie, les connexions, les conflits ; autant d'évènements (dont l'importance se mesure à la durée d'existence de la situation qu'ils viennent bouleverser)qui sont les ferments de crises locales et dont l'amplification et/ou la conjonction potentielle peut amener à une crise globale
2) le constat suivant, et qui découle du 1er, c'est que l'Homme n'a pas pris la mesure de l'écart énorme qui s'est installé entre son rythme propre (celui de la nature) et celui de la société qu'il a créée ; dont un des avatars est l'écart entre riches et pauvres ; ces fractures sont, comme dans la tectonique des plaques, sources de catastrophes
3)La proposition de Michel Serres c'est la création d'une instance mondiale fondée sur d'autres valeurs et un autre référentiel que celui qui prévaut encore aujourd'hui : le WAFEL (Water, Air, Fire, Earth, Life) ; dans lesquels les savants (toutes sciences confondues...les "dures" et les "molles") auraient véritablement leur place dans les décisions du monde (et pas seulement les "politiques")sous réserve d'avoir prêté serment ; le 1er : de ne jamais participer au dévoiement de leurs inventions pour servir des objectifs contribuant à l'augmentation de la misère, de l'ignorance, de la servilité ou de l'inégalité ; le 2nd : de ne servir aucun intérêt militaire ou économique
Cet opuscule souffre d'un sentiment vague que l'on peut avoir en 1ère lecture d'un "livre de commande" (thème porteur + nom de l'écrivain = recette de ventes assurée). Mais ne jetons pas le bébé avec l'eau du bain !
Dommage, car de véritables questions sont posées dont les propositions de résolution auraient mérité un exposé plus dense et, paradoxalement, moins abscons par endroit. Mais, si l'opuscule avait fait ne serait-ce que 200 pages, l'aurais-je lu ?
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