Le moins qu'on puisse dire est que cet ouvrage a fait débat. Un débat constructif.
Beaucoup d'entre nous ont éprouvé une certaine difficulté à entrer dans le jeu de l'auteur, dès la première lecture. Soit d'emblée, dès les premières pages, soit un peu plus tard.
Le sentiment qui s'est dégagé est qu'il s'agit d'un livre important, qui mérite qu'on y vienne et qu'on y revienne.
Michel Lebrun a commencé par nous présenter le contexte géo-politique dans lequel ce livre a été écrit, ainsi que des éléments clés de la biographie de l'auteur.
Il nous a remis cet extrait d'une interview de Juan Rulfo en 1985, quelques mois avant sa mort, l'Exelsior 1985 :
"Je dois mes deux livres à une pulsion interne et rien d'autre et surtout pas à des pressions externes, éditeur, amis... Mon oeuvre est le fruit d'une écriture cathartique qui a pour but de me défaire de mon malaise interne.
J'ai été terriblement marqué par les pillages que les "cristeros" avaient perpétrés dans le sud du Jalisco (l'Etat dans lequel il est né). J'ai traversé de nobreux villages fantômes où non seulement il n'y avait pas d'habitants, mais aucune autre vie même et j'ai attribué dans mes livres ces faits à un cacique parce que ce système existe toujours au Mexique et qu'il oblige toujours les gens à abandonner leurs lieux d'origine. C'est cela qui m'a donné la clé. Trente après je n'imaginais pas que le produit de mes obsessions serait lu même en turc, en grec ou en ukranien. Le mérite ne m'en revient pas. Quand j'ai écrit Pedro Paramo, je pensais seulement sortir d'une grande anxiété. Parce que pour écrire, on souffre vraiment".
Extraordinaire non !
Un article de Philippe LANCON, paru dans Libération du 19 janvier 2006, remis également par Michel, nous donne d'autres clés de lecture. Chacun peut s'y reporter.
1 commentaire:
"Parce que pour écrire, on souffre vraiment".
J'ai envie d'ajouter : ..., souvent, mais il y a aussi une jubilation intime quand l'accord parfait est enfin trouvé : le mot, le rythme, le sens, et j'ai envie de dire aussi ce secret espoir que le lecteur puisse s'emparer du texte et y trouver, lui-aussi, une certaine jubilation !
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