mercredi 30 novembre 2011

12EME REUNION SYNTHESE (2)

 



Le moins qu'on puisse dire est que les avis de l'honorable compagnie ont été partagés.

D'un côté, celles et ceux qui n'ont pas été enthousiasmés par la lecture de "Testament à l'Anglaise".
Parmi les arguments cités on retiendra :
- les va et vient entre différentes périodes historiques qui contribuent à une certaine confusion
- un roman construit artificiellement et beaucoup trop long
- des personnages artificiels qui ne resteront pas, même s'ils paraissent bien étudiés
- un  organigramme familial (ou généalogique) complexe
- la fin du roman traitée sous forme de roman policier
- pas de sensibilité à son humour
- aspect manichéen du livre, excessif
- l'auteur cherche à faire passer des messages, au détriment de l'architecture romanesque, il a certainement une multitude de fiches à sa disposition sur les différents aspects de la société anglaise et ça se sent.

Les défenseurs de Coe, ceux qui ont apprécié le roman ont retenu :
- le sens de l'humour très british de l'auteur, à cet égard la fin du roman en pastiche d'Agatha Christie est amusante,
- l'esprit critique de l'auteur qui passe en revue les différents domaines où les membres de la famille Winshaw exercent leur pouvoir (politique, medias, banque, agroalimentaire, marché de l'art, santé...)
- une caricature de la société britannique à l'époque de Thatcher réussie et toujours d'actualité
- un romancier très contemporain qui ne se prend pas au sérieux et qui dit des choses vraies et qui a un sens prémonitoire évident
- un auteur qui a des convictions et qui les fait partager avec un humour très caustique
- un écrivain qui nous parle du monde dans lequel nous vivons et qui dénonce les excès des "rapaces", finalement un roman à caractère universel.
Bref les avis furent tranchés.

Michel Bac qui n'a pu être des nôtres nous a communiqué quelques brèves impressions : "je regretterai de ne pouvoir être là car j'aime beaucoup Jonathan Coe et je ne connais pas Virginia Woolf." Je garde un vif souvenir de l'humour dévastateur du "Testament " ...même si je n'avais pas goûté le final de l'intrigue.
Quelques années après, lorsqu’a éclaté la crise de la vache folle j'ai souvent cité la prémonition de l'artiste qui en avait décrit un des facteurs.

Dans un registre un peu différent , Michel Bac nous invite à lire "La route sanglante du jardinier Blott" de Tom Sharpe ou les deux premiers Wilt. Il souligne cependant que c'est assez roboratif : "là où Coe manie les ciseaux du couturier, Sharpe utilise plus volontiers le sécateur ou la herse."

Sur les autres livres de Jonathan Coe, peu de retour.
La pluie avant qu'elle tombre met en oeuvre un procédé littéraire intéressant. En réalité, il s'agit du récit d'une vieille dame qui avant de se suicider transmet l'histoire de sa famille à une petite nièce aveugle sous forme de commentaires d'une vingtaine de photos qu'elle a ell-même sélectionnées. Derrière des vies ordinaires et apparemment tranquilles se cachent de vrais drames qui transmettent leurs effets de génération en génération. Constat : une vie peut se réduire à 20 photos. mais derrière ces photos, que de vérités cachées, de non dits, de tragédies !
L'un des membres de notre auguste assemblée a regretté que l'on sente un peu trop la traduction.

En résumé : on apprécie ou non l'humour très britannique de Coe. Ce n'est certes pas de la grande littérature mais Coe est un écrivain qui incite à la vigilance et qui dénonce les excès d'une certaine forme de société néo-libérale. Un écrivain qui a quelque chose à dire sur le monde dans lequel nous vivons.


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