- Le Studio de l'inutilité de Simon Leys, Flammarion, 2012
Dans sa jeunesse, Simon
Leys passa deux ans dans une cahute de Hong Kong en compagnie de trois amis,
une période bénie où "l'étude et la vie ne formaient plus qu'une seule et
même entreprise". C'est en souvenir de ce gîte régi par l'échange et
l'émulation, surnommé "Le Studio de l'inutilité", qu'il a baptisé ce recueil consacré à ses domaines de prédilection: la littérature, la Chine et la mer. Il y éclaire la "belgitude" d'Henri Michaux, dépeint la personnalité de George Orwell, analyse les rouages du génocide cambodgien, épingle les notes de Barthes visitant la Chine maoïste, débrouille les énigmes du "miracle chinois" à la lumière tragique des analyses de Liu Xiaobo, Prix Nobel de la Paix toujours emprisonné. Infligeant de salutaires accrocs à la pensée unique, Leys fait partager ses curiosités et ses admirations, ses enthousiasmes et ses indignations. Ce Studio est une ode au savoir "inutile" et à la quête désintéressée de la vérité.
l'émulation, surnommé "Le Studio de l'inutilité", qu'il a baptisé ce recueil consacré à ses domaines de prédilection: la littérature, la Chine et la mer. Il y éclaire la "belgitude" d'Henri Michaux, dépeint la personnalité de George Orwell, analyse les rouages du génocide cambodgien, épingle les notes de Barthes visitant la Chine maoïste, débrouille les énigmes du "miracle chinois" à la lumière tragique des analyses de Liu Xiaobo, Prix Nobel de la Paix toujours emprisonné. Infligeant de salutaires accrocs à la pensée unique, Leys fait partager ses curiosités et ses admirations, ses enthousiasmes et ses indignations. Ce Studio est une ode au savoir "inutile" et à la quête désintéressée de la vérité.
- L'Homme qui savait la langue des serpents" d'Andus KIVIRAHK, trad. Jean Pierre Minaudier, Edit. Attila, 440 pages
Voici l'histoire du dernier des hommes qui
parlaient la langue des serpents, de sa soeur qui tomba amoureuse d'un ours, de
sa mère qui rôtissait compulsivement des élans, de son grand-père qui
guerroyait sans jambes, de son oncle qu'il aimait tant, d'une jeune fille qui
croyait en l'amour, d'un sage qui ne l'était pas tant que ça, d'une paysanne
qui rêvait d'un loup-garou, d'un vieil homme qui pourchassait les vents, d'une
salamandre qui volait dans les airs, d'australopithèques qui élevaient des poux
géants, d'un poisson titanesque las de ce monde et de chevaliers teutons un peu
horrifiés par tout ce qui précède. Peuplé de personnages étonnants, empreint de
réalisme magique et d'un souffle inspiré des sagas islandaises, L'homme qui
savait la langue des serpents révèle l'humour et l'imagination délirante
d'Andrus Kivirhk. Le roman, qui connaît un immense succès en Estonie depuis sa
parution en 2007, retrace dans une époque médiévale réinventée la vie d'un
homme qui, habitant dans la forêt, voit le monde de ses ancêtres disparaître et
la modernité l'emporter. Une fable ? Oui, mais aussi, comme le souligne dans
une postface bien renseignée le traducteur, un regard acéré sur notre époque.


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