- LA GARDE BLANCHE de Mickhaïl BOULGAKOV
L'année 1918 touche à sa fin. En Russie, plus que partout
ailleurs, elle a été terrible. Des milliers de personnes se sont réfugiées à
Kiev la magnifique où fronde la guerre civile, et où les bolcheviks - grâce aux
autorités allemandes - n'ont pas encore droit de cité.
Chez les Tourbine, l'histoire et le temps sont abolis. On essaie
de vivre comme avant. Mais on est prêt à se battre pour défendre la ville…
Aussi, le 14 décembre, lorsque les troupes ukrainiennes déferlent sur Kiev,
tous les hommes de la famille rejoignent leurs unités.
Mais comment lutter contre une armée formée dans l'ombre et
dirigée par un être invisible, objet de mille rumeurs confuses, parodie
d'Antéchrist ? (texte de l'éditeur)
- LA FIN DU REVE EUROPEEN de François HEISBOURG
L’économie européenne va mal
et les peuples de notre continent sont à la peine. Cependant, avec l’apaisement
des crises successives de l’euro à partir de l’été 2012, on pourrait penser que
la phase la plus aiguë des difficultés est derrière nous et que moyennant un
assouplissement de la politique d’austérité après les élections allemandes,
l’horizon commencerait à s’éclaircir. Les élections indécises en Italie et la
secousse chypriote seraient ainsi des queues de comète, avant un retour
progressif à la croissance. Hélas, cette vision est fausse. Faute d’un
soubassement politique solide et d’institutions robustes, l’euro continue
d’aggraver les déséquilibres entre États du Nord et du Sud, compromettant à
terme sa propre survie. Les conditions même de son sauvetage accentuent les
divergences entre les États membres de l’Union, nourrissent les populismes et
le repli sur soi, et renforcent le rejet d’un rêve européen qui vire au
cauchemar. La sécurité, la prospérité, les valeurs démocratiques dont était
porteuse la construction européenne des pères fondateurs de l’immédiat
après-guerre sont compromises, mettant en cause la raison d’être de l’Union
européenne.
Pourtant, la fin de l’Union européenne serait une catastrophe qui doit être évitée, faute d’alternatives acceptables. Mais pour ce faire, il va falloir reculer pour mieux sauter : en profitant de l’actuelle accalmie, le temps n’est-il pas venu de mettre entre parenthèses l’aventure malheureuse qu’a été le lancement prématuré de l’euro ? Partant de là, ne pourrait-on relancer à partir d’une structure démocratique saine le débat sur l’intégration politique et économique de l’Union européenne, processus au terme duquel la monnaie unique serait rétablie sur des bases durables ?
Pourtant, la fin de l’Union européenne serait une catastrophe qui doit être évitée, faute d’alternatives acceptables. Mais pour ce faire, il va falloir reculer pour mieux sauter : en profitant de l’actuelle accalmie, le temps n’est-il pas venu de mettre entre parenthèses l’aventure malheureuse qu’a été le lancement prématuré de l’euro ? Partant de là, ne pourrait-on relancer à partir d’une structure démocratique saine le débat sur l’intégration politique et économique de l’Union européenne, processus au terme duquel la monnaie unique serait rétablie sur des bases durables ?


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