jeudi 19 décembre 2013

20 EME REUNION : LES COUPS DE COEUR DE CATHERINE

  • VICTORIA ET LES STAVENEY de Doris LESSING, prix Nobel de Littérature, trad. Philippe Giraudon

Editions Flammarion, 10 mars 2010, 150 pages



 
Victoria n'a jamais oublié sa rencontre, à l'âge de neuf ans, avec une riche famille blanche, les Staveney. Ce souvenir entêtant la poussera, des années plus tard, à entamer une liaison avec leur fils, Thomas. De cette histoire naîtra Mary, petite fille à la peau claire et au sourire radieux. En adoration devant l'enfant, les Staveney proposent de l'accueillir chez eux de plus en plus souvent. Victoria, toute à la réalisation de la chance que représenterait une telle éducation pour sa fille, n'imagine pas quelles conséquences aura sa décision. La grande dame des lettres anglaises revient sur ses thèmes de prédilection : le racisme, l'hypocrisie, l'ambition. Un regard sans concession et d'une incroyable modernité sur notre époque.
 
 
Doris Lessing est née en Perse en 1919 et a vécu une grande partie de son enfance au Zimbabwe. Devenue célèbre dès son premier livre, Vaincue par la brousse (1950), elle est aussitôt apparue comme un écrivain engagé aux idées libérales. Prix Nobel de Littérature, elle est l'auteur d'une quarantaine d'ouvrages, parmi lesquels le célèbre Carnet d'or (Prix Médicis étranger), mais aussi Mémoires d'une survivante. Flammarion a notamment publié Le Rêve le plus doux (2004), Les Grand-mères (2005), Un enfant de l'amour (2007), et Alfred et Emily (2008).



  • LE FLAMAND DES VAGUES de Jan VAN DORP

Editions Phébus, Libretto, 28 janvier 2011



C'est un très beau roman d'aventures maritimes qui  retrace la vie d'un corsaire ostendais, Marinus De Boer, à la fin du XVIIe siècle et au début du XVIIIe, à l'époque de la Compagnie d'Ostende. Ce récit connaît un succès international lors de sa publication en 1948.



  • ANNA LA DOUCE de Dezsö KOSZTOLANYI

Editions Viviane Hamy, 17 septembre 2001, 314 pages



 
 
Dezsö Kosztolányi est l'un des plus grands écrivains hongrois du début du 20è siècle. Journaliste, poète, essayiste, traducteur d'auteurs français, allemands et chinois, il a écrit également quatre romans publiés entre 1922 et 1926. Anna la douce est le dernier d’entre eux. L'histoire se passe en 1919 à une époque trouble de la Hongrie.
Après la chute de l'empire austro-hongrois, les communistes gouvernent le pays pendant cent jours avant que le prince Mihaly Kàroly, avec le soutien de l'armée roumaine, retrouve son trône. Kosztolányi, qui ouvre son roman sur la chute des Rouges, décrit les comportements des habitants d'un immeuble où cohabitent et s'affrontent les bourgeois et leurs domestiques. Nous sommes cependant loin du roman à thèse car l'auteur porte un regard impartial semblable à celui d'un entomologiste qui observerait une société d'insectes.
Madame Vizy, épouse d'un conseiller ministériel et obsédée par les problèmes domestiques, désespère de trouver la bonne idéale. Le concierge, un homme cupide et opportuniste, lui propose alors d'engager sa nièce, Anna Edès (edès signifie doux en hongrois). Anna travaille bien, mange à peine, ne sort pas, ne vole pas. Madame Vizy en est si contente qu'elle tombe malade lorsque la bonne envisage de se marier. Kosztolányi rappelle ainsi que l'opposition entre les classes va de paire avec la dialectique du maître et de l'esclave : les deux camps s'opposent mais dépendent l'un de l'autre. Ainsi, indispensable à madame, Anna inspire aussi une passion à son neveu. Kosztolányi, sans craindre de choquer ses contemporains, fait d'ailleurs une description très juste des fantasmes ancillaires du jeune homme et des rapports érotiques qu'il noue avec la jeune femme. Mais face à ces réalités crûment dévoilées, le personnage d'Anna est un mystère. Est-elle une simple d'esprit, sans volonté ou bien un être à part ? Elle ne se révolte pas contre ses maîtres, elle ne les vénère pas non plus. Une nuit pourtant, elle les assassine. Anna avoue immédiatement son crime mais ne dit rien pour sa défense. Pourquoi a t-elle perpétré ce meurtre ? L'auteur ne donne pas de réponse, laissant le lecteur libre d'imaginer tout ce qu'il veut, même s'il ne s'agit là que d'un acte absurde semblable à celui commis par Meursault dans L'étranger d'Albert Camus. --Ariane Charton-- -- Urbuz.com

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