- FREDERIC MITTERAND
"RECREATION"
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Broché: 720 pages
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Editeur : ROBERT LAFFONT (24 octobre 2013)
PRIX DU LIVRE POLITIQUE 2014
" Je
suis devenu ministre par surprise. J'ai essayé de faire mon boulot le mieux
possible et peut-être pas trop mal, puisque j'ai tenu trois ans alors que ce
n'était pas gagné au départ. J'ai raconté cette histoire bien sagement et
sérieusement dans un bouquin qui a ennuyé tout le monde, Le Désir et la chance.
Avec le recul, ce qui m'a plu dans cette aventure c'est d'avoir pu sauter dans
la cage aux lions et observer leur férocité, leurs grognements et leurs
faiblesses. Ce fut à la fois dangereux, excitant et amusant car je n'étais pas
dompteur de profession mais aussi bien décidé à ne pas me faire manger. J'ai
reçu pas mal de coups de griffes mais j'en suis quand même sorti sain et sauf.
J'ai retrouvé ma vie d'avant sans regrets ni amertume pendant qu'ils continuent
à s'entredévorer, mais j'ai emporté une clef de la cage avec moi et comme je ne
suis pas un petit cachottier je la tiens à la disposition de tous ceux qui
voudraient s'en servir pour tenter leur chance à leur tour. À condition d'aimer
ce genre de sport et d'apprendre vite à courir plus vite que les grands fauves,
ça vaut vraiment le coup d'essayer. L'existence n'offre pas beaucoup de
récréations de ce genre... "
- MAYLIS DE KERANGAL
"TANGENTE VERS L'EST"
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Broché: 136 pages
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Editeur : Verticales (12 janvier 2012)
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Collection : Minimales/Verticales
«Ceux-là
viennent de Moscou et ne savent pas où ils vont. Ils sont nombreux, plus d’une
centaine, des gars jeunes, blancs, pâles même, hâves et tondus, les bras
veineux le regard qui piétine, le torse encagé dans un marcel kaki, allongés
sur les couchettes, laissant pendre leur ennui résigné dans le vide, plus de
quarante heures qu’ils sont là, à touche-touche, coincés dans la latence du
train, les conscrits.» Pendant quelques jours, le jeune appelé Aliocha et
Hélène, une Française montée en gare de Krasnoïarsk, vont partager en secret le
même compartiment, supporter les malentendus de cette promiscuité forcée et
déjouer la traque au déserteur qui fait rage d’un bout à l’autre du
Transsibérien. Les voilà condamnés à fuir vers l’est, chacun selon sa logique
propre et incommunicable.
Catherine nous a également parlé du dernier livre de Makine (sans que ce soit un coup de cœur semble-t-il !)
Le thème du livre a été l'occasion d'un débat animé, Monique, manifestement, n'a pas trouvé un grand intérêt à la lecture de ce livre.
Claude a écrit un compte rendu de lecture sur son blog http://pergame-shelter.blogspot.fr/ art du 18 février 2014.
- ANDREI MAKINE
"LE PAYS DU LIEUTENANT SCHREIBER"
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Broché: 224 pages
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Editeur : Grasset (3 janvier 2014)
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Collection : Littérature Française
« Je
n’aurais jamais imaginé un destin aussi ouvert sur le sens de la vie. Une
existence où se sont incarnés le courage et l’instinct de la mort, l’intense
volupté d’être et la douleur, la révolte et le détachement. J’ai découvert un
homme qui avait vécu à l’encontre de la haine, aimé au milieu de la pire
sauvagerie des guerres, un soldat qui avait su pardonner mais n’avait rien
oublié. Son combat rendait leur vraie densité aux mots qu’on n’osait plus
prononcer : héroïsme, sacrifice, honneur, patrie… J’ai appris aussi à quel
point, dans le monde d’aujourd’hui, cette voix française pouvait être censurée,
étouffée. Ce livre n’a d’autre but que d’aider la parole du lieutenant
Schreiber à vaincre l’oubli. »
A.M.
Andreï
Makine rend hommage à Jean-Claude Servan-Schreiber, combattant et résistant
méconnu. Et déplore que la France ne soit pas à la hauteur de ses héros...
Mais de quel Schreiber s'agit-il ? Au sein de l'illustre famille Servan-Schreiber, Jean-Jacques reste celui qui a marqué les esprits et effacé les autres. Mais que savons-nous de son cousin Jean-Claude ? Rien, et c'est ce mur d'ignorance qu'Andreï Makine a voulu abattre. Jean-Claude était lieutenant dans le 4e régiment de cuirassiers. Courageusement engagé dans les combats les plus âpres : Belgique, Flandres, Dunkerque. Le vieil homme a déjà 92 ans lorsqu'il évoque sa guerre. Parfois, les noms de ses camarades morts sur le champ de bataille lui échappent. Il en a vu tomber tellement. Le lieutenant Schreiber se souvient bien, en revanche, de cette journée d'avril 1941 au cours de laquelle il reçoit une décoration pour actes de bravoure en même temps que son avis d'exclusion de l'armée parce qu'il est juif...
Le livre de Makine blesse. Il blesse parce qu'il vise juste. Parce que c'est un drapeau en berne qu'il hisse. (Valérie Trierweiler - Paris-Match, janvier 2014)
Il est sans doute arrivé à Makine ce qui arrive à beaucoup d'entre nous. Qui, en effet, rencontrant une très vieille personne et se faisant raconter son existence, n'a jamais été tenté de la pousser à «écrire ses mémoires» ? Nous sommes tous frappés, alors, de l'incroyable réserve d'humanité, de courage, de beauté, de force, de vaillance que recèlent ces expériences qui vont bientôt disparaître. Nous avons souvent l'impression que nous sommes face à des destins exceptionnels, inédits, admirables et que le monde entier devrait se les entendre narrer. Las ! Il y a sans doute trop de destins derrière nous. Nous ne pouvons pas tous les répertorier, les engranger. Cette incapacité n'est pas négligente elle est une frustrante impossibilité. Il faudrait des Makine pour tous ceux qui nous ont précédés. (Bruno Frappat - La Croix du 22 janvier 2014)
Ce livre qui sonne comme un écho loyal et révérencieux à "la vie d'un homme inconnu", "n'a d'autre but que d'aider la parole du lieutenant Schreiber à vaincre l'oubli". Plus qu'un hommage, c'est une nouvelle édition commentée de ses mémoires, une seconde chance, comme une prière. Puisse Makine, Prix Goncourt, Goncourt des lycéens et Médicis pour Le testament français en 1995, auteur de vingt livres traduits dans plus de quarante langues, arracher l'histoire et le pays du lieutenant Schreiber au silence et à l'amnésie. (Marine de Tilly - Le Point du 23 janvier 2014)
Mais de quel Schreiber s'agit-il ? Au sein de l'illustre famille Servan-Schreiber, Jean-Jacques reste celui qui a marqué les esprits et effacé les autres. Mais que savons-nous de son cousin Jean-Claude ? Rien, et c'est ce mur d'ignorance qu'Andreï Makine a voulu abattre. Jean-Claude était lieutenant dans le 4e régiment de cuirassiers. Courageusement engagé dans les combats les plus âpres : Belgique, Flandres, Dunkerque. Le vieil homme a déjà 92 ans lorsqu'il évoque sa guerre. Parfois, les noms de ses camarades morts sur le champ de bataille lui échappent. Il en a vu tomber tellement. Le lieutenant Schreiber se souvient bien, en revanche, de cette journée d'avril 1941 au cours de laquelle il reçoit une décoration pour actes de bravoure en même temps que son avis d'exclusion de l'armée parce qu'il est juif...
Le livre de Makine blesse. Il blesse parce qu'il vise juste. Parce que c'est un drapeau en berne qu'il hisse. (Valérie Trierweiler - Paris-Match, janvier 2014)
Il est sans doute arrivé à Makine ce qui arrive à beaucoup d'entre nous. Qui, en effet, rencontrant une très vieille personne et se faisant raconter son existence, n'a jamais été tenté de la pousser à «écrire ses mémoires» ? Nous sommes tous frappés, alors, de l'incroyable réserve d'humanité, de courage, de beauté, de force, de vaillance que recèlent ces expériences qui vont bientôt disparaître. Nous avons souvent l'impression que nous sommes face à des destins exceptionnels, inédits, admirables et que le monde entier devrait se les entendre narrer. Las ! Il y a sans doute trop de destins derrière nous. Nous ne pouvons pas tous les répertorier, les engranger. Cette incapacité n'est pas négligente elle est une frustrante impossibilité. Il faudrait des Makine pour tous ceux qui nous ont précédés. (Bruno Frappat - La Croix du 22 janvier 2014)
Ce livre qui sonne comme un écho loyal et révérencieux à "la vie d'un homme inconnu", "n'a d'autre but que d'aider la parole du lieutenant Schreiber à vaincre l'oubli". Plus qu'un hommage, c'est une nouvelle édition commentée de ses mémoires, une seconde chance, comme une prière. Puisse Makine, Prix Goncourt, Goncourt des lycéens et Médicis pour Le testament français en 1995, auteur de vingt livres traduits dans plus de quarante langues, arracher l'histoire et le pays du lieutenant Schreiber au silence et à l'amnésie. (Marine de Tilly - Le Point du 23 janvier 2014)



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