jeudi 18 mai 2017

34EME REUNION : COUPS DE COEUR DE MICHEL BAC


« Campagnes » de Jean ROLIN 
·  Poche: 232 pages
·  Editeur : La Table Ronde (21 avril 2011)
·  Collection : La petite Vermillon

"Venant de Slavonie, ayant franchi la Save à hauteur de Bosanski Samac, la première difficulté que nous ayons rencontrée ce fut à la sortie de Kakanj, au pied de la centrale thermique qui se dresse sur le côté gauche de la route, un barrage de miliciens dont il n'était pas facile de déterminer l'obédience. Après avoir fouillé la voiture, ils nous taxèrent d'un peu d'argent et de quelques paquets de cigarettes. Ils avaient l'air heureux, sinon vraiment de bonne humeur : c'était le début de la guerre, il faisait beau, les pertes étaient encore limitées de part et d'autre, et tout neuf le plaisir de porter des armes et de s'en servir pour imposer sa loi, terroriser les civils, abuser des filles, enfin jouir gratuitement de toutes ces choses si longues et si coûteuses à se procurer en temps de paix, quand il faut travailler, et encore, pour les obtenir".





« Le dernier penalty, histoire de football et de guerre », de Gigi RIVA

·  Broché: 184 pages
·  Editeur : Seuil (12 mai 2016)
·  Collection : Fiction & Cie

Le destin de la Yougoslavie aurait-il changé, et son unité aurait-elle été préservée, si Faruk Hadzibegic avait marqué son pénalty décisif, en quarts de finale de la Coupe du monde de football contre l'Argentine de Maradona, le 30 juin 1990, à Florence ? C'est ce que le capitaine de son équipe, natif de Sarajevo, aurait tendance à penser, lui qui porte sur ses épaules l'inconsolable remords d'avoir vu son tir retenu par le gardien. Et c'est ce que tout le monde lui dit ou rappelle, lorsqu'il retourne au pays, lui qui s'est depuis longtemps établi en France. Mais les signes de fracture de l'ancienne fédération socialiste maintenue à flot par Tito étaient déjà nombreux, dix ans après la mort du dirigeant. Les virages des stades étaient chauffés à blanc par les slogans identitaires, et un match entre le Dynamo Zagreb et l'Etoile Rouge de Belgrade avait déjà mis le feu aux poudres. Croates et Serbes portaient le même maillot dans ce Mondial italien, mais pour la dernière fois. Bientôt, les supporters de football deviendraient les miliciens d'une guerre civile où les nationalismes s'affronteraient dans le sang et sous les bombardements. Spectatrice impuissante, l'Europe a perdu beaucoup de son âme dans cette guerre récente, lointaine et pourtant si proche. Au bout de son pied, c'est plus qu'un ballon qui attendait Hadzibegic : c'est un morceau de la grande Histoire.



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