vendredi 28 septembre 2018

39EME REUNION - ESSAI DE SYNTHESE DES DÉBATS PAR GÉRARD


A la suite de la présentation de Claude nos débats ont porté d’abord sur la forme puis sur les différents thèmes du livre.

Sur le style
Pour quelques participants, le livre est facile à lire, le style est agréable, naturel et léger. On se laisse bercer par l’histoire.
On peut penser que l’auteure fait preuve d’une grande maîtrise du récit dans la mesure où le lecteur ne soupçonne pas le travail d’écriture qu’il a fallu mettre en œuvre. L’auteure a en quelque sorte gommé son travail de rédaction. Ceux qui ont lu le livre dans sa version originale en anglais ont également relevé cette qualité d’écriture.
Nous avons évoqué une écriture à la Murakami. N’oublions pas qu’Obinze, le personnage masculin principal est un admirateur de J.H Chase.
On s’est posé aussi la question du public des lecteurs. Chimamanda vise–t-elle un public nord-américain plus particulièrement ?

Dans l’ensemble, nous n’avons pas émis de critiques négatives sur le style. Parfois nous avons évoqué une certaine facilité notamment en ce qui concerne les relations finalement assez conventionnelles entre Obinze et Ifemelu.
Certains passages en revanche sont d’une grande beauté littéraire, comme celui lu par Claude.
Chimamanda joue également très habilement de l’ironie et de l’humour. Le ton est parfois sarcastique. Mais la vraisemblance des situations du quotidien rend le livre attrayant et excite notre curiosité de lecteur.
Plusieurs d’entre nous ont trouvé que le livre contenait des longueurs et que la dernière partie n’était pas à la hauteur des deux premières.

Nous avons relevé également l’importance du vocabulaire utilisé dans les différentes classes sociales. Il y a des mots qui masquent des phénomènes ou qui permettent de cultiver une certaine bonne conscience.

Sur l’aspect « découverte d’une vision du monde » beaucoup de participants ont été sensibles aux situations décrites par l’auteure, tant celles qui se passent au Nigeria que celles se déroulant aux Etats-Unis ou en Angleterre.
On n’imagine pas le quotidien d’une femme noire « africaine » aux USA. Le livre est l’occasion de le découvrir.
Un lecteur en particulier a apprécié le choix de ce livre qui lui a permis de découvrir le monde des relations inter-raciales aux USA.

Sur la nature du livre
Il y a certes des aspects très romanesques dans le livre, mais beaucoup d’entre nous ont parlé d’un écrit à caractère plutôt sociologique.
La composition du livre, notamment les différentes rencontres entre Ifemelu et les hommes, ressemble à une sorte de catalogue de situations archétypales. Les personnages sont sans nuances. On sent parfois un système derrière le récit.
Néanmoins, cela ne nuit pas à la fluidité de la lecture.

Sur les personnages
Les comportements des personnages posent parfois aussi des problèmes de cohérence et de crédibilité. Ainsi Obinzé apparaît comme un moraliste dans certains passages, alors que dans d’autres il n’hésite pas à avoir un comportement hors la loi. Il peut s'agir également d'un effet destructeur lié à la situation d'émigré dans un pays comme la Grande Bretagne. Le débat reste ouvert.

Les thèmes du livre
S’agissant des thèmes, nous avons évoqué : le racisme aux Etats-Unis dans sa diversité et dans sa complexité, les modèles sociaux dominants, la décentration qu’opère chez le lecteur blanc européen le monde américain décrit par une femme noire immigrée, l’exil et la condition de ceux qui reviennent dans leur pays d’origine, la société nigériane des gens aisés et le rôle des femmes dans cette société. On sait que Chimamanda est une féministe engagée.

« Americanah » a l’avantage de poser de nombreuses questions, sous un angle différent de ce qu’on trouve habituellement dans la littérature. Ces questions sont totalement celles de notre époque. On remarque aussi que l’auteure apporte des réponses.

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