Mise
en perspective
En 2001 et
2004, deux romans de Coe « Bienvenue au Club (The Rotters' Club) » et
« Le Cercle fermé (The Closed Circle) » décrivent les aventures d'un
même groupe de personnes
- pendant leur
dernière année de lycée dans le premier roman
- vingt ans
plus tard dans le second.
Ces deux oeuvres
constituent une fresque des années 1970 et 1990 en Grande Bretagne, elles mettent
en évidence les mutations profondes qu'a subies la société entre ces deux
dates, avec les réformes thatchéristes et blairistes en les incarnant dans la
vie quotidienne des personnages.
« Le cœur de
l’Angleterre » constitue en quelque sorte la suite de ces deux livres,
dans le contexte des années qui conduiront au Brexit.
En
anglais le roman s’intitule « Middle England ». Nous nous sommes posés
la question de savoir si la traduction en français par « Le cœur de
l’Angleterre » est judicieuse. Si elle rend vraiment compte de
l’intention de l’auteur. On
peut traduire en effet Middle England par « le centre de l’Angleterre »,
la « moyenne
Angleterre » ou encore l’ « Angleterre centrale ». Dans ce
cas, c’est la situation géographique, celle de Birmingham, à laquelle il
est fait référence. L’expression française « au cœur de l’Angleterre »
peut
cependant avoir un sens beaucoup plus large et révéler une dimension
plus sociologique que
géographique.
Nous n’avons pas tranché cette question. Nous n’avons fait que la
soulever.
Architecture
du roman
- Pour
les uns la première partie laisse présager d’un grand livre puis…
- Pour
d’autres, la première partie est difficile à lire dans la mesure où elle met en
scène des situations familiales sans grand intérêt, heureusement apparaît
ensuite une ouverture sur un champ plus collectif
- Quant
à la fin du roman, elle laisse perplexe la plupart d’entre nous : pourquoi
ne pas avoir intégré une chute, dans l’attente d’une suite ? Pourquoi avoir
choisi un décor provençal et un pays de lumière en abandonnant à son sort la
triste Angleterre ? Ne s’agit-il pas d’une pirouette permettant de boucler
le roman alors que dans le réel le Brexit continue à produire des effets ?
Un
récit ancré dans le temps
Le
temps qui passe est illustré par le découpage du livre :
- Les trois grandes parties : la
joyeuse Angleterre (de. ), l’Angleterre profonde (de ) et enfin la vieille Angleterre (
- Les épisodes datés en mois
- Les épisodes datés en jours
S’agissant de
la manière d’aborder le débat, deux approches ont été retenues l’une par Jean-Bernard, l’autre par Anne.
Approche
par les personnages (Jean-Bernard)
Cet angle d’attaque
du roman nous situe dans une posture plus littéraire qu’une approche par les
thèmes du roman.
"Ce qui
m’intéresse, c’est de voir comment mes personnages romanesques peuvent être
affectés par l’histoire et la politique" déclare l'auteur.
Une distinction
peut-être faite entre deux catégories de personnages.
Les
personnages principaux
·
Benjamin
Trotter
C’est un
quinquagénaire issu de la classe moyenne, originaire de Birmingham. Son père
Colin travaillait dans les ateliers Leyland. Sa mère Sheila était une femme au
foyer. Elle décède subitement d’un cancer foudroyant après cinquante années de
mariage.
Ben a eu un
grand amour dans sa vie Cicely. Il a vécu des années avec cette femme avant qu’ils
se séparent. Elle vit maintenant en Australie.
On peut décrire
Ben comme un looser, mais on peut aussi voir en lui un témoin, un observateur
plongé dans un monde dans lequel il n’est pas réellement engagé. Il vit dans un
moulin acheté après la vente de son appartement à Londres. Il a écrit un
livre de plus de 3 000 pages qui a pour thème principal son amour pour Cicely. Finalement,
grâce à son ami Philip, le livre est publié après avoir été sérieusement caviardé. "Une Rose sans épine" se vend bien.
A tel point que Ben est nominé pour le Booker Prize.
Ben est au
centre d’une famille qui comprend Colin, son père, Lois, sa sœur et Sophie, sa
nièce. Il est l'ami de
Doug un journaliste politique. Il retrouve par hasard un vieux copain qui s’appelle
Charlie Chappell. Il retrouve
également une ancienne petite amie, Jennifer, avec laquelle il a une relation
sexuelle suivie.
On peut voir
Ben comme le « double » de Jonathan Coe. Il a la cinquantaine, il est originaire de Birmingham une ville ouvrière.
Il a une scolarité normale. Ses parents l’inscrivent au Trinity College à
Cambridge. Et surtout, il écrit un livre.
· Sophie Coleman-Potter
Elle a 27 ans
en 2010. C’est la nièce de Ben, la fille de Lois et de Christopher. Sophie a
fait de bonnes études, elle devenue une brillante universitaire.
Elle n’a pas trouvé son équilibre sur le plan sentimental. Elle vit à Londres et
représente le prototype de la jeune femme londonienne élitiste. Elle fréquente
des homosexuels branchés. Elle a des idées progressistes et se range parmi les « Remain ».
Elle est confrontée à des situations qui bouleversent sa vision du monde :
sa relation avec Ian, un moniteur d’auto-école, la croisière qu’elle entreprend
en compagnie d’un écrivain à la mode, sa rencontre lors d’un colloque à
Marseille avec Adam, sa triste mise à l'écart de l'université...
Son
mariage
avec Ian la fait plonger dans l’Angleterre profonde, celle d’Helena,
lqui est à la fois traditionnaliste, nostalogique d’une certaine
Angleterre
et raciste au fond d'elle-même.
· Doug Anderton
Journaliste
politique, il a réussi s carrière professionnelle. Il est marié à Francesca une
richissime femme d’affaires. Ils ont un fils Ranulph dont on ne parle pas et une fille, Coriandre.
Doug fait parti du cercle des journalistes politiques. Il entretient des
relations avec Nigel, un conseiller en communication du gouvernement Cameron
qui lui donne des tuyaux. C’est un travailliste qui critique vertement Cameron
et les conservateurs.
Doug se sépare
de sa femme et de son standing. Il rencontre Gail une femme qui fait de la
politique dans le camp des conservateurs.
Avec Coriandre
sa fille, les rapports se crispent au fur et à mesure. Doug tire
systématiquement son épingle du jeu.
· Coriandre Anderton
C’est un
personnage important, dans la mesure où elle représente la jeunesse révoltée
contre la société établie. Elle a quatorze ans en 2011. Elle est attirée par
les jeunes en révolte et par les quartiers branchés du nord de Londres. Elle suit
des cours à l’université. Elle est membre d’un syndicat étudiant. Elle
participe à des manifs sans pour autant avoir des positions claires. Elle sera
à l’origine d’une campagne de dénigrement via les réseaux sociaux visant
Sophie, accusée de transphobie.
· Lois
Ce n’est pas tout à fait un
personnage principal dans le roman. Mais à la fin du livre on comprend le lien
très fort qui unit Ben et Lois. L’un et l’autre renonceront à leur partenaire respectif,
Ben à Jennifer et Lois à Christopher.
Ils quittent la
sombre Angleterre qui vit dans le chaos pour aller vivre dans le sud de la France,
pays de lumière. Finalement l’un et l’autre suivent une démarche parallèle qui
a peut être son origine dans leur famille. Ils ont tous été élevés dans les
seventies par Colin et Sheila dont on connait les valeurs. Provinciaux, issus
de la classe moyenne, attachés à la Vieille Angleterre qui dominait encore le
monde.
Ce monde là ayant disparu, Ben comme Lois sont paumés. Mais ni l’un ni l’autre
ne sont engagés et donc ils choisissent le vivre ailleurs, la fuite.
· Colin Trotter
Père de Ben et
de Lois, il représente à la fois la classe ouvrière, le provincial et le
nostalgique de la grandeur passée de l’Angleterre. Il ne comprend pas les évolutions.
Il n’évolue pas, il reste dans le monde ancien et bien sûr au risque de mettre
sa vie en danger, il votera pour « Leave ».
· Charlie Chappell
C’est un
personnage atypique qui exerce une activité de clown dans les "fast food". Un marginal, peut-être même
un poète. Camarade d’école de Ben, il est originaire comme lui de Birmingham. Manifestement il est
resté en bas de l’échelle sociale. Son comportement est celui d’un homme qui
combat pour survivre. Il vit avec une femme qui le tolère, mais qui le prend
pour un incapable. Cette femme a une fille pakistanaise Aneeqa que Charlie
considère comme sa propre fille. Il se bat pour qu’elle réussisse.
Concernant
le Brexit il hésite à voter comme sa classe celle des pauvres, des démunis, mais
le Brexit serait une catastrophe pour Aneequa, car elle ne pourrait pas
partir faire des études en Europe, en Espagne.
Charlie
symbolise les paumés, ceux qui dorment dans leur voiture et qui vont
chercher
leur bouffe à la banque alimentaire. Il fait une tentative de suicide,
Ben le sauve "in extremis". Mais c’est quelqu’un qui a une vraie
générosité. L’écriture d’un livre sur sa vie sera peut-être ce qui le
sauvera.
Les
personnages secondaires
· Ian
Il symbolise l’anglais
moyen qui réussit à vivre à Londres. Il est relativement ouvert et authentique
dans ses comportements. C’est ce que Sophie apprécie en lui. Après quelques
temps, elle découvre ses limites, notamment lorsqu’elle fait connaissance de sa mère et de
son contexte familial. La province, la rigidité, les bonnes manières, le
mariage les enfants et surtout pas d’immigrés. Ian votera "Leave".
· Helena
Mère de Ian. Elle a toujours vécu en Province.
Elle représente comme Colin, la vieille Angleterre. Elle porte en elle un racisme caché,
jusqu’au jour où elle doit faire un choix qui révèle ses convictions profondes.
· Sohan
Chargé de cours
au département d’anglais de l’université. C’est un intellectuel, un ami de Sophie.
Il est londonien. Homosexuel, il se marie avec Mike,
un trader pété de fric qui donnera ensuite dans l’humanitaire hors de Londres. Sohan
est pour la loi sur le mariage gay et il est contre le Brexit.
· Adam
C’est un
universitaire spécialisé qui évolue dans la sphère internationale. Le Brexit ne
semble pas le concerner au premier chef. Il a une très courte aventure avec Sophie à l'occasion d'un colloque à Marseille.
· Philip
C’est un ami et
un conseiller de Ben. Il est éditeur, il publiera son livre et fera en sorte qu’il
obtienne du succès.
· Nigel
Conseiller en
communication du gouvernement. Il exprime la rupture totale entre les
politiciens et le reste du monde. Il vit dans une bulle. Il ne sait même pas si
on dit Brixit ou Brexit. Il n’a aucune épaisseur, il retourne sa veste en
fonction des événements.
· Lionel Hampshire
Ecrivain arriviste
et vénal. Ayant reçu jadis le Booker Prize, il exploite sa popularité dans tous
les sens du terme.
· Grete
Jeune femme lithuanienne
qui s’occupe du ménage chez la mère de Ian. Victime de la xénophobie ambiante. Elle
évolue positivement et se marie avec Luka. Pour elle, l’enjeu du Brexit est
important…
· Culpepper
Homme d’influence
situé à la droite extrême, qui par l’intermédiaire de la fondation Imperium
exerce un pouvoir occulte sur les médias et les gouvernants. Coe le représente
comme un lâche qui a peur d’être agressé par ses anciens collègues de lycée. C’est
un calculateur cynique. Ces gens là trouvent un intérêt évident dans le Brexit.
Sur les caractéristiques de ces personnages nous avons engagé une discussion.
- Plusieurs
personnages sont particulièrement bien campés et ont une véritable épaisseur.
Benjamin, le quinquagénaire qui se découvre une vocation d’écrivain par exemple. Il éprouve
une difficulté à s’engager, la politique ne l’intéresse pas et, sur le Brexit il
n’a pas de position claire. Doug, son ami, est représentatif du Labour, même s’il
fréquente Gail qui n’est pas du même bord. Mais à travers cette contradiction,
il exprime la vérité de ces journalistes qui vivent dans les sphères du pouvoir.
A l’observation, la plupart de ces personnages clés du roman semblent être sur
la défensive. Qu’il s’agisse de Ben, de Sophie, de Doug ou de Charlie, ils n’ont
ni attitude constructive, ni attitude volontariste. D’ici à voir un certain
fatalisme qui débouchera d’ailleurs pour au moins trois d’entre eux sur un exil
dans le sud de la France, dans un pays de lumière. D’autres vont jusqu’à la
violence, signe d’impuissance, Charlie vis-à-vis de son concurrent, Doug
vis-à-vis de Culpepper…
- Les
personnages secondaires en revanche apparaissent à plusieurs d’entre nous comme
caricaturaux, qu’il s’agisse de Nigel, le conseiller en communication, de
Lionel Hampshire, l’écrivain vénal, de Wilcox le passager raciste, de Derek le
participant au stage de récupération de points ou encore de Mike, le trader
repenti qui se lance dans l’humanitaire. Des personnages « porte-enseigne
selon l’un d’entre nous. Difficile
cependant d’en déduire une faute d’écriture ou un manque de rigueur. Ces
personnages sont tels qu’on les rencontre dans la vie, tels qu’ils s’expriment
dans des rapports superficiels.
Approche
par les thèmes (Anne)
· Thème du temps qui passe et de la
nostalgie
Au-delà du
livre « Le cœur de l’Angleterre », ce thème semble récurrent chez
Coe. La famille Trotter évolue sur plus de trois décennies.
Dans ce dernier
roman, la génération des parents disparait en portant avec elle la nostalgie de
l’ancienne Angleterre. Les enfants cherchent à ressentir eux-mêmes cette nostalgie
dans des lieux qui leur rappellent leur enfance : Ben et son père sur la
place où se tenaient jadis les usines Leyland, Lois et Ben sur la colline où ils
répandent les cendres de leurs parents. Mais aussi Sophie qui revient à Marseille, au château d'If, avec Aneeqa
sur les lieux où elle a connu une romance avec Adam.
Ben au bord de
la Sorgue cherche les sensations qu'il éprouvait devant la rivière qui coulait dans son moulin en Angleterre…
Lors
de notre
dernière réunion, nous nous sommes penchés sur l’œuvre de Proust.
Certains d'entre nous ont même tenté une comparaison, loin d'être
favorable à Coe, il va sans dire. Mais lui-même est très sensible à
cette dimension de la littérature. Il l’exprime
en ces termes dans une intervew récente : « Pour moi, le plus beau titre de roman du
monde est à la Recherche du temps perdu. C’est l’essence même de l’écriture, les
années ne seront pas perdues puisqu’elles seront écrites. »
· Le politiquement correct
Coe
en donne
une définition dans la bouche de Ian. Il ne porte pas de jugement, mais
il montre les évolutions de nos sociétés modernes. Il faut respecter les
codes, avoir recours à un langage polissé. On s'interdit certaines
expressions. Peu à peu une certaine forme de liberté s'estompe devant la
pression sociale.
· L’immigration, le racisme latent, le
rejet de différences
A maintes
reprises dans le livre Coe décrit des situations où le racisme est perçu comme une
réalité rampante Outre-Manche. Que ce soit Derek qui s’en prend à Naheed, la jeune animatrice
d’auto-école, ou Héléna qui refuse de témoigner pour soutenir Grete contre l’agresseur
dont elle a été victime dans un supermarché : « je pense que, tout
bien considéré, il faudrait mieux que vous retourniez chez vous, vous et votre
mari. », ou encore ce Wilcox qui a sans le collimateur deux femmes lesbiennes
qui voyagent sur le même bateau… Le rejet de l’autre, de celui qui est
différent est partout, même chez Ian. C'est une des caractéristiques d notre société aujourd'hui.
Paupérisation des classes populaires
Les quelques mots prononcés par Charlie à la fin du roman (p.538) illustrent parfaitement ce lent processus de paupérisation qui prend sa source dans les années Thatcher : « Selon moi, tout a changé en Angleterre en mai 1979 et, quarante ans plus tard, on en paie encore les conséquences. Vous voyez Benjamin et moi, on est des enfants des années soixante-dix. On n’était peut-être que des gosses, mais c’est dans ce monde là qu’on a grandi. L’Etat-Providence, le système de santé, tout ce qu’on a mis en place après-guerre. Seulement tout ça se délite depuis 1979 et continue de se déliter. Le voilà le fond de l’affaire. Je ne sais pas si le Brexit est un symptôme ou s’il fait diversion. Mais en gros, le processus arrive à son terme aujourd’hui. Tout aura bientôt foutu le camp. »
· Le conflit des générations
Quatre
types de générations sont présents dans le livre. La
génération des seniors représentée par Colin, Helena et Wilcox.
La
génération des quinquagénaires avec Ben, Lois, Charlie, Doug, Philip. La
génération de Sophie et de Ian. Enfin celle de Coriandre et d'Aneeqa.
Les procédés narratifs
L’un d’entre
nous a beaucoup insisté sur cette question de l’originalité de la construction
du roman. Il est vrai que pour immerger les personnages dans un contexte
politique qui évolue sur 8 ans et pour saisir leurs observations, leurs
impressions et leurs réactions, il a fallu faire preuve de créativité.
Si l’on
recherche les procédés narratifs utilisés pour la période 2010 – août 2011, qu’observe-t-on
au niveau de l’écriture, qui permet d’introduire la dimension politique dans le
quotidien des personnages ?
- Faire parler un
autre : Colin fait parler sa femme Sheila il exprime en fait sa propre
vérité : décadence
- Dialogue entre
deux personnages : Doug synthétise l’opinion actuelle sur les élites
et les politiciens dans un dialogue avec Ben
- Ecoute d’une
chanson : de Shirley Collins p. 31
- Débat entre 2
écrivains sur « modération et tolérance en Angleterre. p. 45
- Discussion entre
Sohan et Sophie : « vendeuses et passants intolérants dans le
regard ». Ils détestent ces gens sans visage qui les jugent, là-haut, qui
décident de ce qu’ils ont le droit de dire et de ne pas dire à haute et
intelligible voix.
- Tuyaux et
commentaires d’un technocrate politicien Nigel p.53
- Réaction raciste d’un
participant au stage d’auto-école. Il dénonce le nouveau fascisme
- Lecture d’ un article sur un meurtrier présumé qui ferait un
bon coupable (p. 80)
- Référence à un livre qui traite du
génocide progressif des races blanches livre d’un dénommé Peter. Thèse de Kalergi, un australien. Pour
lui, les habitants des futurs « Etats Unis
d’Europe » ne seront plus les peuples originaires du Vieux Continent, mais
plutôt une sorte de sous-humanité bestiale issue de mélanges raciaux. Il
affirmait, sans demi-mesure, qu’il était nécessaire de « croiser »
les peuples européens avec les Asiatiques et les Noirs, pour créer un troupeau
multi-ethnique sans qualités spécifiques et facile à dominer pour les élites au
pouvoir.
- Le racisme derrière les propos du
quotidien : la
jeune lithuanienne Grete qui fait le ménage, les écrivains noirs européens
(thèse de Sophie)
- La désertification du monde rural (commerçants tous partis)
-
Participation à une
manif contre la police.
Dans ce quartier on parle des blancs et des noirs. Les noirs sont les cibles de
la police. Menaces de ces émeutiers pour les JO de Londres
- Ian agressé dans une manif par un manifestant à Birmingham
- Helena dénonce ces
« horreurs »
- Sophie prise de conscience du mur
entre deux mondes celui d’Helena et le sien.
Le style et le ton du livre
La qualité de l'écriture
Pour
ce qui est de la qualité du récit les avis sont partagés : quelques participants ont
relevé « plein de beaux moments », d’autres ont mis l’accent sur des passages plus faibles et plus
convenus. On a même reproché à Coe d'utiliser de grosses ficelles narratives. On
a aussi regretté que toutes les situations soient placées à même niveau, qu’il
s’agisse d’un repas avec des clowns, de scènes d’amour cocasses et d’échanges
sur la politique du gouvernement Cameron, par exemple.
Un
récit à l’anglaise, par petites touches impressionnistes
Globalement,
il nous a semblé que dans son approche littéraire, Jonathan Coe procédait à l’anglaise,
par petites touches concrètes, comme le ferait un peintre impressionniste. C‘est cette démarche littéraire ancrée dans
le quotidien des gens à Londres, à Birmingham ou ailleurs qui fait qu’on ne se
trouve pas dans un roman « politique », sinon « didactique »,
sur le Brexit. Ce qui intéresse Coe, c’est de voir comment ses
personnages romanesques peuvent être affectés par l’histoire et la politique.
Il n’y a pas d’explication, pas de jugement, il y a un simple constat.
Un
récit trempé dans l'humour britannique
Nous
avons remarqué dans plusieurs passages du livre le ton humoristique auquel l’auteur
a souvent recours, comme dans ses précédents livres.
Si
l’on prend pour simple exemple celui de relations amoureuses, on sourit plus d’une
fois en suivant les élans de Ben et de Jennifer sur fond de penderie ou bien ceux
de Sohan et Mike pendant une émission de télévision.
L’humour est plus féroce
pendant les diners sur le bateau de croisière ou pendant la partie de golf.
Un
passage du livre a marqué les esprits de beaucoup d'entre nous celui de
la cérémonie des Jeux Olympiques. Comment des individus si différents
les uns des autres, peuvent-ils à un même instant, assis devant leur
poste de télévision se retrouver dans un même élan émotionnel et
admiratif ?
Panem et circenses ou communion populaire exprimant la réalité d'un peuple ?
Panem et circenses ou communion populaire exprimant la réalité d'un peuple ?
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Impressionnant !
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