Figure ci-dessous, la présentation intégrale que Michel nous a faite de ce monument de la littérature.
A propos de Vie et Destin : une ambition
Le titre est ambitieux et l’œuvre tient ses promesses. Elle est maintenant considérée, à l’instar de « Guerre et Paix », comme un des grands chefs d’œuvre de la littérature mondiale
Cette fresque grandiose, mais d’une profonde humanité, s’inscrit dans un moment clé de l’histoire du XXème siècle. En 63 chapitres, non titrés, une solide trame narrative entraine le lecteur à suivre quelques dizaines de personnages en autant de lieux et de moments.
Une écriture
Grossman excelle dans l’art de la description et celui du portrait, par une écriture vive et empathique, qui valorise le détail, les annotations significatives et la qualité du dialogue.
Mais il sait aussi changer d’angle pour évoquer l’ampleur d’un système ou la complexité d’une stratégie.
Dans le détail comme dans la hauteur de vue, Il écrit la vie et interroge
le destin.
Il rend compte des contraintes et embarras du quotidien, des grands projets des laboratoires de recherche comme des pitoyables mesquineries de tel ou tel savant.
Il déploie un humour et une ironie qui n’épargnent pas son personnage principal, son double, Strum, « enclin à adopter des positions hégéliennes » après qu’il a retrouvé quelques éléments de statut de sa vie d’antan ; « ce qui est réel est rationnel … » (706 Nota : les chiffres renvoient aux pages de l'édition "Bouquins")
Ni le général représentant du Grand quartier général à Kouïbychev qui
s’assure avant de repartir, en urgence à Moscou, que sa femme aura bien accès à
la livraison de pommes de terre. (272)
Les flèches les plus acérées sont réservés à ces commissaires politiques dont l’incompétence militaire n’a d’égale que la duplicité, dans un art consommé de la trahison (283,560).
Il témoigne d’une sensibilité et d’une compassion rares, profondément
émouvantes et parfois bouleversantes … Ainsi :
· La lettre que Strum reçoit de sa mère enfermée dans le ghetto ; elle
revient sur la vie d’avant, l’amour pour son enfant, l’espoir et le désespoir,
en sachant « l’horreur qui s’avance » (67).
· L’arrivée au camp d’un convoi de déportés et la marche à la mort vers la
chambre à gaz dans laquelle Sofia Ossipovna aide un petit garçon qu’elle
ne connaissait pas à affronter la mort …
Ce que Grossman avait vu et ressenti lors de la libération des villes ukrainiennes, dont la sienne, ce qu’il avait vu et compris des camps de mise à mort de Maidanek et Treblinka, ce qu’il avait accumulé comme témoignages pour l’élaboration du « Livre noir » trouve dans cette œuvre une dimension littéraire exceptionnelle.
L’évocation de la fournaise de Stalingrad dont il avait si bien
réussi à rendre compte dans ses articles illustre ce talent.
Elle est vue au ras des combattants, de la douleur, de la peur, de la mort dans les abris qui s’écroulent sous les bombes et les flammes ; vue par les défenseurs acculés à la Volga, vue aussi de l’autre rive ou dans la terrible traversée du fleuve. Elle est vécue dans le fracas des obus, dans des combats dantesques et les corps à corps dans le chaos des ruines et, toujours, la faim, la soif, le froid .
Dans ce maelstrom se détachent les figures de généraux ou de simples soldats, dont l’une, particulièrement originale, celle de Grekov qui bloque l’ennemi dans son avant-poste de la « maison numéro 6 » et dirige ses compagnons « non pas comme pas comme un détachement militaire mais quelque chose dans le genre de la Commune de Paris ». Un ilot « d’esprit, d’indépendance et d’initiative », redoutablement efficace de surcroît…mais « contraire à l’esprit soviétique » pour le commissaire politique (362).
Or ce fut « la victoire la moins stalinienne de la guerre » ; « jamais
sans doute la liberté et la fraternité de l’homo soviéticus dans les caves, les
ruines, les égouts ne furent plus grandes. » (Wieviorka
435)
« La liberté qui faisait naître la victoire devenait, tout en restant le
but de la guerre, un moyen de mener la guerre. » (415)
« Au moment où la guerre populaire atteignit son acmé pendant la
défense de Stalingrad, cette guerre permit à Staline de proclamer ouvertement
l’idéologie du nationalisme étatique » 569
Et de tuer l’espoir d’un monde meilleur auxquels ont cru les combattants : « presque tous, croyaient que le bien triompherait de cette guerre, et que les hommes honnêtes qui n’avaient pas hésité à verser leur sang pourraient bâtir une vie juste et bonne » 182
« Nous serons frères » titre un chapitre de Catherine Merridale dans son livre consacré aux frontiviki …
Les survivants des combats retrouveront un pays saigné à blanc et la glaciation d’une dictature stalinienne confortée par la victoire.
C’est aussi une écriture exigeante et nuancée qui porte les grandes
questions philosophiques et politiques.
Grossman brasse cette matière avec infiniment de puissance et de délicatesse. Les questions et débats sur la vie, la mort, L’Histoire, la fraternité, la terreur, la honte, l’amour, l’espoir s’incarnent en des personnages étonnamment crédibles, des hommes et non pas des pantins.
Des personnages
"Vie et destin" met en scène un extraordinaire foisonnement de personnages. Un tableau n’est certes pas inutile pour se repérer dans les noms et patronymes et surtout les vies des membres de la famille Chapochnikov, de leurs proches et même au-delà. ! Staline ou Hitler, Tchouikov ou Paulus y tiennent leur rôle comme nombre de militaires de l’Armée rouge ou de la Wehrmacht.
Mais surtout des sans grade, ouvriers d’usine à Stalingrad ou directeur de la centrale électrique ; « vieux-bolcheviks » en camp de concentration nazi ou bien prisonniers du NKVD à la Loubianka. Prisonniers du goulag ou chercheurs en physique nucléaire, dont Strum, qui serait le double de l’auteur.
Des personnages saisis comme personnes, avec leur singularité et leur humanité.
Des êtres humains confrontés à l’ouragan de la guerre entre deux systèmes,
de la lutte à mort entre leurs armées ou simplement aux questions que pose la
vie.
Grossman aime les gens simples et il est frappant de constater que les officiers sont rarement mis en scène sans de simples soldats, lesquels ne sont pas des figurants mais des acteurs dont la parole est significative
L’originalité et la force de Grossman tiennent à ce que ces personnes, singulières, sont, pour la plupart, porteuses d’hésitations, de questions, de doutes.
Ainsi le courage de Strum qui refuse un mea culpa solennel mais qui « écrit la lettre qu’il eût envoyée s’il avait décidé de se repentir » Il constate les revirements de ses collègues amis ou ennemis après le coup de téléphone de Staline ; il n’est pas dupe de son évolution et de celle de ses collègues…et signe la lettre appelant à la condamnation des médecins accusés d’avoir assassiné Gorki… « Il avait commis une terrible lâcheté ! Lui, un être humain, avait jeté la pierre, à des pauvres gens, ensanglantés, sans défense. »
Cette fresque, inscrite dans un moment dramatique de l’histoire, fait la part belle aux sentiments : la peur, le désespoir, mais aussi l’enthousiasme et l’engagement. Il évoque même avec infiniment de délicatesse, le sentiment amoureux, et aussi le désir ; lequel ne coïncide pas avec la soumission de la femme, comme en témoigne Alla Sergueivna au QG du front Sud-est.
Evguenia, qui renonce aux promesses de son amour naissant pour aider son ancien mari pris dans les griffes du NKVD, mais aussi Strum sont déchirés par la violence du sentiment amoureux « d’une vérité qui engendrait mensonges, cruauté l’égard leurs proches », (605).
En contrepoint, Grosman excelle aussi dans la célébration des beautés de la nature : la lumière du soir sur les ruines de Stalingrad, le soleil, le vent sur la steppe kalmouke ou encore le silence avant le déchaînement de l’artillerie, le silence à la fin de la bataille.
Et la douloureuse poésie dans la dernière page : « dans ce silence de la forêt, la tristesse était plus forte que dans le silence de l’automne. On entendait, dans son mutisme, les morts qu’on pleure et la joie furieuse de vivre. »
Cet éloge du doute s’accomplit dans la valorisation de l’individu, de l’être humain dans sa singularité, de sa liberté qui est en jeu contre les grands systèmes idéologiques. Un des thèmes majeurs de cette œuvre est en effet I ’opposition entre « la puissance hypnotique des grandes idées » et le doute, la nuance, l’hésitation, l’approfondissement qui sont précieux pour la science comme pour la vie.
Il me semble que le fil rouge de cette œuvre est bien dans le choix d’opposer, au « Grand Bien, si terrible, la bonté humaine dans la vie de tous les jours, sans témoins sans idéologie » (344)
Dans, selon l’auteur :
« Un livre écrit avec le sang du cœur, au nom de la vérité et de
l’amour des hommes »
Lettre à Khrouchtchev (1006)
Ce ne sont là que quelques-unes des questions que pose la prodigieuse richesse de « Vie et Destin »
- Parallèles et convergences entre les 2 totalitarismes.
· Une « ruse de la Raison », pour reprendre la formule de Hegel, : La liberté comme condition de l’engagement vers une victoire… qui renforce la dictature
· La puissance des mécaniques de la terreur dans le système soviétique. « Il savait maintenant comment on peut briser un homme » 723, et aussi en une amère ironie : « pourquoi la révolution était elle aussi cruelle envers ceux qui s’était montrés sans pitié pour les ennemis de la révolution ?» (672)
· Juif, soviétique, russe, ukrainien ;
sémantique et discrimination.
Au moment où Grossman écrit Vie et destin ou lorsqu’il l’inscrit
dans le temps de la guerre, il ne semble pas que ces dénominations soient
exclusives l’une de l’autre. Il m’apparait, sous réserve de vérification, que « russe »
soit englobant et pas seulement de façon défensive : certes, le
commissaire ne veut pas « le grand peuple russe réduit à l’état de
minorité nationale » (173)
Mais,
« Je ne me suis jamais senti juive. Depuis l’enfance, je vivais
parmi des amies russes ; mes poètes préférés étaient Pouchkine et
Nekrassov et la pièce où j’ai pleuré avec toute la salle …est Oncle Vania… Et
lorsque j’avais 14 ans, ma famille avait décidé de partir pour l’Amérique du
Sud, et j’ai dit à papa : je ne quitterai jamais la Russie. Je me pendrais
plutôt. Et je ne suis pas partie. »
Et pourtant, en ces jours terribles, mon cœur s’est empli d’une tendresse maternelle pour le peuple juif. Je ne me connaissais pas cet amour auparavant ; il me rappelle l’amour que j’ai pour toi mon fils bien-aimé. »
Et comment ne pas penser à ce qui se commet en Ukraine aujourd’hui , lorsque Grossman décrit l’entrée des troupes soviétiques en Ukraine en 1943….
« Comment exprimer le sentiment qui nous a
envahis quand nous sentîmes le souffle doux de l’Ukraine, qui surgissait devant
nous, dans sa splendeur indicible, dans sa mélancolie et son courroux, dans la
richesse de son sol, dans les noirs haillons de ses décombres, dans la grâce
généreuse de ses jardins, dans la flamme et dans les larmes …Quel est donc ce sentiment ? Il rend le peuple
conscient de son unité et cette conscience s’éveille dans les souffrances,
parmi les gémissements des enfants et des vieilles femmes périssant dans les
flammes. C’est pourquoi la rencontre du laborieux peuple d’Ukraine avec ses
frères, venant à eux de Sibérie, de la Volga, des steppes kazakhes, bouleverse
les cœurs”. (234) « Années de
guerre »
Annexes
Vassili Grossman, 1905-1964 ; éléments biographiques.
Un homme qui se voulait ordinaire, confronté à des tragédies du XXème siècle
1905 : naissance à
Berditchev une des principales villes juives d’Ukraine. Famille petite
bourgeoisie intellectuelle juive ; père chimiste, mère professeur de
français séparation rapide des parents.
Études de physique chimie à
Moscou.
1929-1933 : travaille comme
chimiste dans le Donbass.
1928 : premier mariage et
naissance d’une fille en 1930.
1934 : Publication d’un
récit : « Dans la ville de Berditchev », remarqué par Gorki qui l’encourage à
devenir écrivain. Fréquente un groupe de jeunes
écrivains, « Pereval ». Il tombe amoureux de l’épouse, de l’un
d’entre, eux, Olga Guber.
1936 : mariage avec Olga
1937 : adhésion à l’Union
des écrivains. Sans adhésion au parti communiste.
Guber et
d’autres membres de Pereval sont arrêtés, jugés en 20 mn et fusillés
Grossman
signe une lettre collective demandant la mort pour les accusés du procès
Boukharine.
1938 : Olga est arrêté au titre d’ex -épouse d’un
« ennemi du peuple ». Grossman se bat pour réussir à la faire libérer
et prendre sous tutelle ses deux enfants.
1941 : invasion de l’URSS par les armées nazies. Grossman devient
correspondant de guerre pour le Journal de l’armée « l’Etoile rouge »
qu’il suit, de Moscou à Berlin, en passant par Stalingrad d’août 42 à janvier
43. Ses articles sont très appréciés des lecteurs civils comme militaires, à
commencer par les simples soldats.
1942 : travaille avec
Ehrenburg et autres au Livre noir … dont la publication sera reportée puis
annulée.
1943/44 : lors de
l’avancée de l’armée rouge en Ukraine, découvre l’extermination systématique
des juifs dont sa mère dans sa ville de Berditchev ; puis, ensuite, les
camps d’extermination de Maidanek et Treblinka.
Son article sur « l’enfer
de Treblinka » sera soumis au procès de Nuremberg
1949-1952 : écrit sur
Stalingrad ; douze versions sont nécessaires avant que soit autorisée la publication
de « Pour une juste cause ». Salué début 1952, attaqué ensuite
Signature d’une pétition
contre le « complot des blouses blanches », distinguant le peuple
juif des comploteurs
1953 : mort de
Staline ; période du « Dégel » ; rapport Khrouchtchev 1956
1955-59 : rédaction de
Vie et Destin
1956- 59 : vit avec
Ekaterina Zabolotskaia puis revient avec son épouse
1961 : confiscation du
tapuscrit ; lettre à Khrouchtchev; entretien avec Souslov .
Une copie a été confiée à un ami fidèle ;
1964 : mort de Vassili
Grossman.
Vie et destin sera publié en 1980 en Occident, en 1988 en Union soviétique
Un homme engagé, exigeant,
déchiré qui conquiert son intégrité morale en « surmontant ses propres
faiblesses » (T. Todorov )
S’inscrit dans la lignée de Tchékhov :« soyons bon à l’égard de l’homme, quel qu’il soit, évêque, moujik, industriel, millionnaire, forçat de Sakhaline, serveur de restaurant » 233
Vie et destin : quelques sommaires éléments de contexte sur la guerre à l’est
La « nature extrême de la guerre à l’est » a été tardivement dévoilée par les historiens, en particulier depuis les années 80. La récente somme de Jean Lopez et Lasha Otkhmezuri « Barbarossa » en récapitule les principaux éléments :
·
Le projet de guerre nazi
porte tout à fait explicitement une lutte à mort combinant une idéologie
antisémite et anti bolchevique contre l’incarnation du judeobolchevisme :
l’Urss.
·
Il s’ancre dans la quête du
Lebensraum, l’espace vital conquis à l’est ; mais la terre et ses
richesses …sans les hommes ; ou plus précisément sans les sous-hommes
slaves.
·
Ce projet est très largement partagé
par l’État-major l’encadrement, et la troupe imprégnée depuis des années par
l’idéologie nazie elle-même proclamée par des généraux pourtant de tradition
prussienne.
·
Ce projet s’accorde bien avec une
donnée culturelle importante ; dans la pensée stratégique allemande. Pour obtenir
une bataille décisive et une guerre courte, il faut percer, vite, écraser avec
une violence extrême. A fortiori dans les immenses espaces russes, la terreur
aidera à éviter contestation à l’arrière du front
·
Il est
programmé que l’armée allemande vivra sur l’habitant ; civils et
prisonniers feront avec ce qui reste.
·
L’extermination
des juifs et des prisonniers démarrera d’emblée, et s’exacerbera avec les
combats, et la pénétration dans les profondeurs du territoire. Elle ne
connaitra aucune pause. « Entre juin 1941 et le printemps 1942, les
données statistiques donnent le vertige…
4 millions de soviétiques désarmés dont 2 millions de prisonniers de guerre sont morts du fait des décisions allemandes. » Barbarossa (681)
Le désastre russe
·
Un appareil de défense en pleine
recomposition après les échecs de la guerre de Finlande et la décimation des
purges staliniennes : 80 % du haut commandement 25% des officiers (Wieviorka 195)
·
Perte de cadres, de compétences ;
règne de la peur et de la soumission inhibitrices. Perte d’initiative et
d’intelligence cf renseignement sur la préparation de l’attaque allemande.
·
Doctrine centrée sur la
contre-offensive pour des troupes massées aux frontières
·
Matériel plutôt supérieur à celui des
Allemands mais incompétence généralisée dans l’encadrement de très faible
niveau de formation.
· Staline ne croit pas à la guerre et s’y engage à reculons ; considérables pertes de territoires dont l’Ukraine et le Donbass. Énormes pertes de matériel. 3,3 millions de prisonniers fin 41, dont 60 % meurent de famine, de mauvais traitements ou simplement massacrés ;
L’attaque allemande sera finalement stoppée à proximité de Moscou dans l’hiver 1941/42. Offensives contre-offensives se succéderont jusqu’à l’été 42, où l’offensive allemande est axée vers le sud-est , une branche vers les champs pétrolifères, et le Caucase, l’autre branche vers le Don et la Volga, vers Stalingrad .
La « bataille au bord du gouffre. », prendra au fil des combats, une considérable charge symbolique, pour les nazis, comme pour les soviétiques. Elle deviendra un tournant de la guerre et la défaite allemande aura un retentissement mondial
Quelques indications bibliographiques
|
Vassili Grossman |
Œuvres |
Robert Laffont Coll
Bouquins |
2006 |
|
|
Pour une juste cause |
L’âge d’homme |
2000 |
|
|
Carnets de guerre Présentés par Anthony Beevor |
Calmann Levy |
2007 |
|
|
Souvenirs et correspondance Présentés par Fiodor Guber |
Calmann Levy |
2023 |
|
|
Le livre noir.. avec Ilya Ehrenburg |
Actes sud |
1993 |
|
Salomon Malka |
La vie et le destin de
Vassili Grossman |
CNRS |
2008 |
|
Jean Lopez & Lasha Otkhmezuri |
Barbarossa |
Passés composés |
2019 |
|
Olivier
Wieviorka |
Histoire totale de la deuxième guerre mondiale |
Perrin |
2023 |
|
Catherine
Merridale |
Les guerriers du froid Vie et mort des soldats de l’Armée rouge 1939/45 |
Fayard |
2012 |
|
Omer Bartov |
L’armée de Hitler : la Wehrmacht, les
nazis et la guerre |
Hachette |
1999 |
|
Wolfram
Wette |
Les crimes de la Wehrmacht |
Perrin |
2009 |
|
Anthony Beevor |
Stalingrad |
De Fallois |
1999 |
|
Nikolai Nikouline |
Carnets de guerre |
Les Arènes |
2019 |
- un
roman de 1000 pages, que je me suis forcé à lire jusqu'à la dernière de
celles-ci, car il serait au cœur de la prochaine réunion du Square
Littéraire;
- avec
de nombreux basculement entre mon manque d'intérêt pour ce récit et un plaisir
de lecture pour tel ou tel épisode;
-
je fus souvent perdu dans le flot de toutes ces histoires, le nombre
incroyables des personnages et le maillage de leurs relations, qui plus est au
fil des. ans.
* Pour faire
court:
- le récit se
déroule pendant la ;longue et très brutale bataille de Stalingrad entre troupes
allemandes et soviétiques pendant la seconde guerre mondiale;
- en
arrière-plan, deux régimes pour le moins autoritaires, celui de Staline
et celui d'Hitler;
- un découpage
minutieux et solidement documenté sur ces affrontements militaires;
- une double
mise en scène pour nombre de personnages, tant dans leur vie privée que dans
cette situation de guerre, avec des implications croisées entre ces deux
mondes;
-
la queue-leu-leu des bonheurs, des chagrins, des peurs, des joies, des
enthousiasmes vécus par chacun d'eux.
* Outils
narratifs:
- d'interminables
et parfois lassant défilés d'une voix off, c'est à dire celle de l'auteur, qui
décrit le contexte et se glisse dans la mémoire, les.réflexions, les sentiments
et les émotions des personnages;
- les seuls
moments qui ont accroché mon attention, quant au fond et aux outils narratifs
utilisés, sont ceux qui ciblent les combats et l'on se croirait dans un
reportage de terrain par un journaliste spécialisé sur cette thématique.
* Pour
conclure ne pas oublier que ce fut un livre confronté à des grandes difficultés
de publication en raison de la mise en scène de camps de la mort, du.côté
allemand mais également soviétique.
D'où des
interdictions de publication et/ou des exigences de correction exigées par le
pouvoir soviétique..
Un très, très court résumé des débats :
Les participants se sont divisés en 2 clans : ceux qui ont trouvé le livre génial et qui sont allés au bout des 1000 et quelques pages ; ceux qui ont bien aimé le livre mais sans l'enthousiasme des premiers, avec des passages qu'ils ont sauté allègrement et qui, en règle générale, ne sont pas allés au bout (votre serviteur par exemple) et ceux qui n'ont pas aimé (mais je ne citerai pas de noms ...).
Bilan : il fallait le faire ; le Square l'a fait !
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