Après un apéro très sympathique (il faut toujours soigner l'entrée en matière n'est-ce pas ?), nous avons entamé nos travaux sur J-M.G. Le Clézio.
13 livres de Le Clezio pour 13 convives
Chantal a fait forte impression lorsqu'elle nous a annoncé qu'elle avait lu 13 livres de Le Clézio. Impressionnant non ?
Chantal a fait forte impression lorsqu'elle nous a annoncé qu'elle avait lu 13 livres de Le Clézio. Impressionnant non ?
Dans le compte rendu que je fais, je ne reprends pas les propos exacts de Chantal, malheureusement, car je ne connais pas la sténo et je ne disposais d'aucun appareil d'enregistrement. Je me suis donc contenté de noter les titres de 8 livres et l'impression générale de Chantal.
Qu'elle m'excuse si j'ai trahi ses impressions !
Pour, d'avance, me faire pardonner, et surtout pour nous remettre en mémoire les contenus des livres, j'ai pris la liberté d'ajouter un bref descriptif du livre à chaque fois ou bien un commentaire (éclairé) de Le Clézio soi-même.
L'auteur en quelques lignes
D'abord quelques mots sur l'auteur : J.M.G. Le Clézio est né à Nice le 13 avril 1940 ; il est originaire d'une famille de Bretagne émigrée à l'Île Maurice au XVIIIe siècle. Il a poursuivi des études au Collège littéraire universitaire de Nice et est docteur en lettres.
Malgré de nombreux voyages, J.M.G. Le Clézio n'a jamais cessé d'écrire depuis l'âge de sept ou huit ans : poèmes, contes, récits, nouvelles, dont aucun n'avait été publié avant "Le procès verbal", son premier roman paru en septembre 1963 et qui obtint le prix Renaudot.
1963 : Le procès-verbal, éd. Gallimard, Paris (Prix Renaudot).
1965 : La fièvre, éd. Gallimard, Paris.
1966 : Le déluge, éd. Gallimard, Paris.
1967 : Terra Amata, éd. Gallimard, Paris.
1970 : La guerre, éd. Gallimard, Paris.
1973 : Les géants, éd. Gallimard, Paris.
1976 : Les prophéties du Chilam Balam, éd. Gallimard, Paris.
1978 : Mondo et autres histoires, éd. Gallimard, Paris.
1980 : Désert, éd. Gallimard, Paris.
1982 : La Ronde et autres faits divers, éd. Gallimard, Paris.
1982 : Celui qui n’avait jamais vu la mer, (suivi de) La montagne du dieu vivant, Folio Junior, éd. Gallimard, Paris.
1985 : Le chercheur d’or, éd. Gallimard, Paris.
1986 : Voyage à Rodrigues, éd. Gallimard, Paris.
1988 : Le rêve mexicain ou la pensée interrompue, éd. Gallimard, Paris.
1992 : Etoile errante, éd. Gallimard, Paris.
1996 : Poisson d’or, éd. Gallimard, Paris.
2000 : Cœur brûlé et autres romances, éd. Gallimard, Paris.
2003 : Révolutions, éd. Gallimard, Paris.
2008 : Ritournelle de la faim, éd. Gallimard, Paris.
Les lectures de Chantal
- La Ronde et autres faits divers, 1982 éd. Gallimard, Paris. Chantal a aimé ce livre qui l'a surpris en raison du ton assez dur du récit.
Descriptif : Onze nouvelles douces amères, dans le style ancien de l’auteur que poursuit l’horreur économique des années post-68. Toujours l’amour est ailleurs, toujours la civilisation embrigade, enferme, exploite. Ô civilisation ennemie, comme une vieillesse précoce qui atteint les enfants ! Ces nouvelles parlent de « faits divers » à la manière des chiens écrasés des journaux populaires. Les ‘chiens’ sont des gamins ou des adolescentes, des filles mères ou des immigrés, des vieilles chassées par le béton ou un chômeur obligé à voler. Le Clézio conte la sauvagerie dans la ville, la solitude au cœur de la civilisation : « elle emplit l’intérieur du mobile home, c’est elle qui vient maintenant, par vagues de plus en plus serrées, qui vient du fond de la nuit et qui vibre sur les étoiles bleutées des réverbères, et qui fait entendre son terrible silence… » (source : http://www.paperblog.fr/1343439/le-clezio-la-ronde-et-autres-faits-divers/)
- La Fête chantée, 1997, Editions Le Promeneur : le livre a plu à Chantal. Cela se passe au Mexique entre 1970 et 1974. A noter que Le Clézio parle notamment de Miguel Angel Asturias, ce qui permet à Chantal de le redécouvrir.
Descriptif : Le texte qui donne son titre au recueil raconte en particulier, dans une prose superbe, la découverte initiatique par Le Clézio de la culture indienne et du bouleversement qui s'ensuivit dans son existence. « Alors je vivais dans des maisons belles comme des palais, maisons vastes, arrondies, construites à l'orée des fleuves sur des pilotis, selon le plan simple et génial du parapluie, un tronc d'arbre central, pas de murs extérieurs, et un immense toit de feuilles qui abrite de la pluie, du brouillard du matin et du soleil violent de midi. Les sols étaient particulièrement beaux, faits d'une variété de bambou noir, brillant et élastique, frais dans le jour, doux la nuit. » (source : http://www.deslivres.com/livre/9782070749126/La-fete-chantee-et-autres-essais-de-theme-amerindien.html)
Le Clézio n'est pas seulement un romancier de l'errance. Il nous invite à un double retour vers la vie spartiate des origines, à travers ses rencontres avec une tribu du Panama et avec des nomades du Sud marocain. Dans ces deux mondes, l'homme blanc a joué un rôle de prédateur en bouleversant les sociétés anciennes, explique Le Clézio qui avait déjà abordé ce thème dans Le Rêve mexicain ou la pensée interrompue.

- Le chercheur d'or : Chantal n'est pas tendre avec ce livre. C'est une catatastrophe nous dit-elle ! Le style surtout avec des répétitions systématiques. Bref : à éviter.
Descriptif : Le Clézio mêle dans ce livre le mythe personnel (histoire du grand-père de l'auteur, quête du père, figures du voyage entre deux terres) et le mythe collectif (de Jason à Robinson Crusoé, d'Icare à Sisyphe). Ce roman, à caractère initiatique, construit autour du thème de la trace, signe tangible d'une présence, réécrit l'aventure du langage. Le récit interroge la filiation et l'héritage, la création littéraire et la place du mythe tout en tissant des thèmes propres à l'univers de l'auteur : ségrégation raciale ou sociale, motifs obsessionnels de l'arbre et du déluge, rencontre d'autrui, parcours d'un solitaire, rêveries, vertiges, lumière et mer...
- Le déluge, 1966, Ed. Gallimard. Chantal n'a pas eu le temps de le lire.
Descriptif : Le 25 janvier à 15 h 30, François Besson, le narrateur, est frappé par une vision qui prend valeur de symbole : au moment où s'élance vers le ciel le hurlement de la sirène, une jeune fille apparaît sur un vélomoteur. Elle disparaît entre les maisons en même temps que cesse le bruit. Cet instant provoque chez le narrateur un basculement intérieur. « Depuis ce jour, tout a pourri. Je, François Besson, vois la mort partout. ». Depuis ce jour François Besson vit les treize journées essentielles de sa vie.
Le premier jour il écoute la confidence d'une amie, Anna, enregistrée sur bande magnétique. Il écoute ce qu'elle espérait, ce qui la passionnait, sa lassitude et ses raisons d'en finir.
Le treizième jour, après avoir renoncé à l'argent, à l'amour, au travail et au bonheur, après avoir offert, en guise de sacrifice expiatoire, ses deux yeux à la brûlure du soleil, Besson fait passer l'envers de la bande. Anna raconte qu'elle a menti, que ses raisons de se suicider sont difficiles à dire mais qu'elle va mourir ; elle a absorbé le gardénal et il entendra ses dernières paroles. On assiste à la mort d'Anna. Elle dit : « C'est comme s'il y avait le déluge. »
Le livre se termine sur l'abandon de François Besson. Le 22 mars 1963, il cède : la barrière de sa volonté n'est plus. Il a voulu le déchaînement, et ce déchaînement s'accomplit."
- Ourania : Chantal a aimé et recommande sa lecture. L'histoire se passe au Mexique.
Voici ce qu'en dit Le Clézio soi-même :"J'ai écrit Ourania en référence et dévotion au livre qui a le plus compté dans la pensée européenne du XVIe siècle, L'Utopie de Thomas More. Ce livre a été admiré, critiqué, et aujourd'hui délaissé, alors qu'il porte en lui toutes les questions et les angoisses de notre modernité. Peut- être qu'aucune époque n'a été plus proche de celle de Thomas More que la nôtre, puisque, comme en son temps, cohabitent les plus grandes aspirations humanistes et les plus grands dévoiements, l'espoir d'une fraternité universelle, et la consolidation des castes et des intolérances."

Chantal a lu également :
- le Procès-verbal, 1963, Ed. Gallimard
Descriptif : Le roman raconte l'histoire d'un jeune homme appelé Adam Pollo, devenu marginal par choix, vivant seul dans une maison abandonnée, aux prises avec le vertige du monde ordinaire. L'histoire commence par un été chaud au Sud de la France. Adam Pollo vit dans une maison abandonnée sur une colline, à proximité d'une ville. Là, il reste près de la fenêtre à contempler le paysage. Puis, il fréquente les cafés, les plages, les rues. Une relation le lie à une jeune femme nommée Michèle. L'histoire plonge alors dans la description de nombreux faits effectués par Adam : jeu de billard, songeries, consommation de bière dans un café, promenade et rencontres sur la plage, dans les rues. A force de vouloir vivre, un jour, il descend dans une avenue, et parle aux individus comme un être hors du commun, faisant passer un message. Petit à petit, la folie le prend dans le tourbillon infernal urbain. Un jour, à la suite d'un acte, il est emmené par des policiers et se retrouve dans un asile d'aliénés, où il discute avec diverses personnes de philosophie divers sujets avec les personnes, dans la salle principale. L'histoire s'achève par la situation triste et désespérée d'Adam Pollo, qui après avoir voulu en vain vivre, a fini par devenir fou et rejeté par la société.
- Révolutions, 2003, Ed Gallimard.
Ce qu'en dit Le Clézio : « Ce n'est pas le paradis qui est perdu, c'est le temps avec ses révolutions. Nice, dans les années cinquante et soixante, était l'endroit rêvé où rendre un culte intérieur et un peu désespéré à l'île Maurice de mes ancêtres. La réalité semblait ne cesser de s'y transformer, des populations très pauvres, venues de tous les coins de l'Europe et de l'Asie, des Russes, des Italiens, des Grecs, des émigrés africains, et les premiers rapatriés fuyant la guerre d'Algérie, s'y croisaient chaque jour, et quelque chose de la fabrication de la pensée classique, c'est-à-dire de la philosophie, y était encore perceptible. Peut-être, à un degré différent et sur un autre mode, ce qu'était Alger ou Beyrouth à la même époque.
L'exil, la recherche d'une terre, font partie de ce qui m'a été donné premièrement. Il m'a toujours semblé, comme l'a dit Flannery O'Connor, qu'un romancier doit être porté à écrire sur les premières années de sa vie, où le principal lui a été donné. »
J. M. G. Le Clézio
- Hasard et angoli mala, 1999, Ed. Gallimard
Ce qu'en dit Le Clézio : "Comment Nassima, déguisée en garçon, s'embarqua à bord du Azzar et ce qui s'ensuivit.
Les deux courts romans (ou longues nouvelles) qu'on va lire, Hasard et Angoli Mala, sont séparés par quinze années. Il m'a semblé qu'ils parlaient du même apprentissage, de l'amour de la nature, du mal aussi. Mais au moment de les réunir, je ne sais plus très bien lequel est le miroir de l'autre."
J. M. G. Le Clézio.
En définitive, Chantal nous dit préférer les ouvrages les plus récents de Le Clézio.
1 commentaire:
Quel travail ! Que de commentaires et de propositions de lecture !
Je reviendrai sur la question du plaisir de la lecture.
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