jeudi 9 décembre 2010

COMPTE RENDU DE NOTRE 7EME REUNION : PARTIE 1

Notre 7ème réunion avait pour thème : le roman policier.

Anne a beaucoup insisté pour que le roman policier, souvent considéré comme un art mineur, soit à l'affiche de nos débats. Certains d'entre nous n'étaient pas d'avance convaincus, d'où l'intérêt de cet éhange approfondi.

Force est de reconnaître que ceux qui étaient convaincus le sont restés. Quant à ceux qui considèrent le polar comme une distraction, peu d'entre eux, semble-t-il, ont changé d'avis. Mais au moins ont-ils fait l'effort d'ouvrir un polar et de le lire... jusqu'au bout.


L'auteur au programme était Arnaldur INDRIDASON. Il était prévu également pour ceux qui préfèrent l'exotisme, de lire le roman de Qiu XIAOLONG intitulé " l'Héroïne rouge".


Parmi les romans les plus connus d'Indridason : La Dame en vert, la Cité des Jarres, la Voix et l'Homme du Lac.

Premier constat : la plupart d'entre nous a lu au moins un ou deux romans d'Indridason. Les avis sont pour le moins partagés.
Un tour de table a permis a chacun de communiquer ses impressions de lecture. Ce que chacun semble avoir retenu, sinon apprécié, c'est la description qui est faite de l'Islande, pays plutôt méconnu, de ses habitants et de ses moeurs. Anne a insisté sur le caractère du policier, personnage principal, un paumé qui a des ennuis avec sa famille, une sorte d'anti-héros passionné par son métier. Erlandur fait penser à Wallander le policier Suédois imaginé par Mankel, indéniablement.
"La Voix" semble-t-il ne sous a pas autant captivé que "la Femme en vert", "la Cité des Jarres" ou "l'Homme du La"c surtout, c'est l'avis de Sylvie, d'Agnès et de Claude (à vérifier quand même).
En fait, Indridason choisit un thème principal sur lequel il s'est parfaitement documenté (le génome humain, l'hérédité, la violence conjugale, la Stasi... et il construit son roman en faisant évoluer ses personnages dans un microcosme islandais. Voir le commentaire de Claude sur son blog, dans lequel il fait un commentaire sur la Femme en vert.

Au cours de nos échanges, Joseph s'est interrogé sur ce qu'est un polar. Et il s'est appuyé sur les polars transcrits au cinéma pour essayer de trouver une réponse. Il a cité entre autres : "Le grand sommeil" (adapté de Chandler), "Dark Passage" d'après le roman de David Goodis, le Faucon maltais de John Huston, adapté du roman policier éponyme de Dashiell Hammett paru en 1929.Il a évoqué Ruth Kendell alias Barbara Vine dont les romans policiers ont été adaptés au cinéma, citons entre autres :" L’homme à la tortue" par Pedro Almodóvar (En chair et en os), et "La Cérémonie" et" La Demoiselle d'honneur" par Claude Chabrol.

Joseph a également parlé de "Kiss me Deadly" de Robert Alldrich qui date de 1955.
"Kiss Me Deadly" est l’adaptation totalement sublimée d’un roman de Mickey Spillane ayant pour héros le détective Mike Hammer. Ce dernier est plongé dans une enquête labyrinthique mêlant truands, femmes fatales et policiers, trahisons et double jeu, manipulation et coups de théâtre, poursuites et bagarres, le tout dans une atmosphère nocturne mystérieuse et inquiétante. Bref, tous les ingrédients du film noir sont ici réunis, dans la plus pure exhaustivité. Mais Robert Aldrich et son scénariste A.I. Bezzerides, font littéralement imploser le genre, faisant d’ "En Quatrième Vitesse" un météorite cinématographique sans égal.

Qu'est ce qui fait l'originalité du roman policier : un crime ou plusieurs ? un mystère : qui a tué ? un suspense comme chez Hitchcock ou bien tout simplement une ambiance, la description d'un milieu avec une intrigue policière comme prétexte ?

Catherine observe que le roman noir actuel a tendance a délaisser le mystère au profit de l'ambiance. Pour Anne, le roman policier nous offre la possibilité de découvrir très vite un univers. C'est une manière simple et originale de découvrir, un pays, un milieu, des us et coutumes. Elle évoque notamment les romans d'Andrea Camilleri qui nous parle a merveille de la Sicile et de la cuisine sicilienne à travers les aventures du comissaire Montalbano. Gérard évoque Simenon, qui n'a rien fait d'autre que de balader son Maigret dans de multiples milieux sociaux.
Nous évoquons aussi les romans "policiers historiques", comme "Au nom de la Rose", écrits par des érudits qui nous plongent au cœur de l'Histoire avec un H, tout en maintenant le suspense jusqu'à la dernière page.

Michel Bac parle de John Le Carré auteur de nombreux romans se déroulant dans le contexte de la guerre froide, en particulier ceux mettant en scène George Smiley dans la trilogie "Karla". Ses héros sont complexes et discrets. La structure de ses romans est très élaborée et l'action n'y tient qu'une place réduite. On y découvre les enjeux de la géopolitique à travers la vie d'espions qui mènent un double jeu et qui en définitive sont abandonnés par leurs commanditaires : les Etats.
On cite comme exemple de ce type de roman : la "Constance du Jardinier" qui a d'ailleurs fait l'objet d'une adaptation au cinéma.



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