- Claude recommande "Caïn" de José Saramago, publié en 2009 :
Près de vingt ans après L’Evangile selon Jésus-Christ dont la résonance dans un Portugal catholique avait pratiquement contraint l’auteur à s’exiler à Lanzarote, voilà que dans Caïn, José Saramago réinterprète, dans une satire extrêmement dense de contenus, les évènements les plus connus de l’Ancien Testament. Revenant sur ce Dieu injuste et vengeur, il utilise un des personnages les plus maltraités, Caïn, qui, envieux de son frère Abel, doux et agréable à Dieu, finit par le tuer, devenant ainsi l’archétype de l’assassin, du mal, une des pierres d’angle de la religion catholique, avec le remord pour le péché et le sens de la faillibilité humaine.(texte de l'éditeur).
- Michel Bac nous rappelle les "Chroniques de Nicolas 1er" ainsi que "L'origine de la violence" de Fabrice Humbert : Lors d'un voyage scolaire en Allemagne, un jeune professeur découvre au camp de concentration de Buchenwald la photographie d'un détenu dont la ressemblance avec son propre père Adrien, le stupéfie. Rentré en France, il retrouve son père, mais le souvenir de la photographie ne le quitte plus. Il décide alors de se lancer dans une recherche qui va bouleverser sa vie. Ce détenu, nommé David Wagner, se révèle être son véritable grand-père. Peu à peu se met en place l'autre famille, la branche Wagner, la branche cachée, celle dont personne chez les Fabre n'évoque l'existence. Et c'est le destin croisé de ces deux familles, deux générations plus tôt, lorsque l'ambitieux David Wagner rencontra le riche Marcel Fabre et sa femme Virginie, qui éclate alors au grand jour, ainsi que les terribles conséquences que la liaison entre David et Virginie entraîna. Au cours de sa quête à travers la France et l'Allemagne, dans la nouvelle vie qu'il tâche d'inventer avec une Allemande qu'il vient de rencontrer, le jeune homme se rend compte qu'on ne se débarrasse pas si facilement du passé - ni du sien, ni de celui de sa famille. Lorsqu'on remonte à l'origine de la violence, c'est sa propre violence qu'on finit par rencontrer. (texte de l'éditeur)
- Marie-Christine a aimé "La reine des Lectrices" d'Alan Bennett : " Que se passerait-il outre-Manche si, par le plus grand des hasards, Sa Majesté la Reine se découvrait une passion pour la lecture ? Si, tout d'un coup, plus rien n'arrêtait son insatiable soif de livres, au point qu'elle en vienne à négliger ses engagements royaux ? C'est à cette drôle de fiction que nous invite Alan Bennett, le plus grinçant des comiques anglais. Henry James, les sœurs Brontë, le sulfureux Jean Genet et bien d'autres défilent sous l'œil implacable d'Elizabeth, cependant que le monde empesé et so british de Buckingham Palace s'inquiète : du valet de chambre au prince Philip, d'aucuns grincent des dents tandis que la royale passion littéraire met sens dessus dessous l'implacable protocole de la maison Windsor. C'est en maître de l'humour décalé qu'Alain Bennett a concocté cette joyeuse farce qui, par-delà la drôlerie, est aussi une belle réflexion sur le pouvoir subversif de la lecture.
- Marie Christine nous conseille également de lire les nouvelles d'Annie Saumont. Elle est reconnue comme la spécialiste française et contemporaine de la nouvelle en tant que genre (confirmation de Michel Lebrun) ainsi que "Orages Ordinaires" de William Boyd : Adam Kindred, jeune climatologue désireux de restituer un dossier à son propriétaire, un médecin, le retrouve poignardé chez lui. Afin d’échapper au tueur qu’il a surpris, et à la police car tout l’accable, il se crée un refuge au bord de la Tamise et peu à peu se clochardise...
- Catherine Michailof a aimé "L'intranquille", un livre de Gérard Garouste le peintre avec Nadine Perrignon, paru chez l'Iconoclaste : " Je suis le fils d'un salopard qui m'aimait. Mon père était un marchand de meubles qui récupéra les biens des Juifs déportés. Mot par mot, il m'a fallu démonter cette grande duperie que fut mon éducation. À vingt-huit ans, j'ai connu une première crise de délire, puis d'autres. Je fais des séjours réguliers en hôpital psychiatrique. Pas sûr que tout cela ait un rapport, mais l'enfance et la folie sont à mes trousses. Longtemps je n'ai été qu'une somme de questions. Aujourd'hui, j'ai soixante-trois ans, je ne suis pas un sage, je ne suis pas guéri, je suis peintre. Et je crois pouvoir transmettre ce que j'ai compris. "

- Michel Lebrun nous dit le plus grand bien de Julius Margolin qui a écrit en 1949 : " Voyage au pays des Ze Ka" (sur la vie des camps en URSS) : il s'agit d'une nouvelle édition qui publie l'intégralité du texte pour la première fois et sous son titre original. C'est un des plus bouleversants témoignages jamais écrits sur le Goulag. Ce récit de cinq années passées dans les camps soviétiques ne le cède en rien à ceux de ses célèbres successeurs, ni pour la qualité littéraire, ni pour l'acuité de pensée et la hauteur de vue avec lesquelles l'auteur s'efforce de donner un sens à son expérience, aux limites de l'humain.

- Michel nous recommande également un livre que nous avons plusieurs fois cité de Leonardo Padura, écrivain cubain : "L'homme qui aimait les chiens".
- Serge Michailof nous invite à lire "L'effondrement -Comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie " de Jared Diamond, paru chez Gallimard (NRF) : La question : « Comment des sociétés ont-elles disparu dans le passé ? » peut aussi se formuler : « Au rythme actuel de la croissance démographique, et particulièrement de l'augmentation des besoins économiques, de santé et en énergie, les sociétés contemporaines pourront-elles survivre demain ? »
La réponse se formule à partir d'un tour du monde dans l'espace et dans le temps – depuis les sociétés disparues du passé (les îles de Pâques, de Pitcairn et d'Henderson ; les Indiens mimbres et anasazis du sud-ouest des États-Unis ; les sociétés moche et inca ; les colonies vikings du Groenland) aux sociétés fragilisées d'aujourd'hui (Rwanda, Haïti et Saint-Domingue, la Chine, le Montana et l'Australie) en passant par les sociétés qui surent, à un moment donné, enrayer leur effondrement (la Nouvelle-Guinée, Tipokia et le Japon de l'ère Tokugawa).
De cette étude comparée, et sans pareille, Jared Diamond conclut qu'il n'existe aucun cas dans lequel l'effondrement d'une société ne serait attribuable qu'aux seuls dommages écologiques. Plusieurs facteurs, au nombre de cinq, entrent toujours potentiellement en jeu : des dommages environnementaux ; un changement climatique ; des voisins hostiles ; des rapports de dépendance avec des partenaires commerciaux ; les réponses apportées par une société, selon ses valeurs propres, à ces problèmes. (Texte de l'éditeur)

- Enfin Gérard recommande la lecture du "Pape des Escargots" ou de "La billebaude" d'Henri Vincenot, deux livres truculents, ancrés dans la culture bourguignogne et qui font passer une bon moment au lecteur, a fortiori s'il est bourguignon, ainsi qu'un livre d'Orhan Pamuk "D'autres couleurs" paru en folio. Il s'agit d'un ensemble de textes retraçant la vie quotidienne et intellectuelle d'un grand écrivain contemporain.

N.B. : Il est fort possible que vous constatiez des oublis, dans ce cas écrivez-moi, je rectifierai.
Gérard
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