Gary est un caméléon. Il évoque d'ailleurs dans ses écrits la particularité de cet animal de changer d'aspect, de se rendre méconnaissable ; de "tromper son monde" en quelque sorte. Gary n'a-t-il pas en définitive passé sa vie à "tromper son monde", tout en se trompant lui-même avec la conscience parfaite de cette démultiplication ? Ecrivain célèbre, aristocrate républicain, héros de la nation française, grand diplomate, etc. toutes ces ombres immenses dans lesquelles Gary-Ajar a du se glisser pour répondre à l'exhortation maternelle !
Gary et les femmes : "homme à femmes" faible et tendre dans l'intimité, macho imbécile à la scène de la vie. Est-il le seul ? Est-ce si incompréhensible ?
Gary le révolté : celui qui n'oubliera jamais de dire qu'au N°16 de la rue Grande-Pohulanka, à Wilno, habitait M. Piekielny", ce petit homme dont"les
os (...) transformés à la sortie du four en savon, ont depuis
longtemps servi à satisfaire les besoins de propreté des nazis." Et même si ce n'est pas vrai (qu'il l'ait dit devant la reine d'Angleterre), le seul fait de l'avoir écrit est immense.
Alors Gary mystificateur assumé qui nous révèle qu'en chacun de nous il y a plusieurs êtres et que c'est sans doute la force des génies ou des poètes d'accepter de les montrer...
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