"Le
dernier lapon", d'Olivier Truc, Editions Métailié (13 septembre 2012), 453
pages
Mais dans la nuit, le tambour est volé. Les soupçons iront des fondamentalistes protestants aux indépendantistes sami. La mort d'un éleveur de rennes n'arrange rien à l'affaire. La Laponie, si tranquille en apparence, va se révéler terre de conflits, de colères et de mystères. Klemet, le Lapon, et sa jeune coéquipière Nina, enquêteurs de la police des rennes, se lancent dans une enquête déroutante. Mais à Kautokeino, on n'aime guère les vagues. Ils sont renvoyés à leurs patrouilles en motoneige à travers la toundra, et à la pacification des éternelles querelles entre éleveurs de rennes.
Les mystères du 72e tambour vont les rattraper.
Pourquoi en 1939 l'un des guides sami a-t-il confié à l'expédition française ce
tambour, de quel message était-il porteur?
Que racontent les joïks traditionnels que chante le
vieil oncle de Klemet ?
Que vient faire en ville ce Français qui aime trop
les très jeunes filles et qui a l'air de si bien connaître la géologie de la
région ? À qui s'adressent les prières de la pieuse Berit ? Que cache la beauté
sauvage d'AsIak, qui vit en marge du monde moderne avec sa femme à moitié folle
?
Dans un paysage incroyable, des personnages
attachants et forts nous plongent aux limites de l'hypermodernité et de la
tradition d'un peuple luttant pour sa survie culturelle. Un thriller magnifique
et prenant, écrit par un auteur au style direct et vigoureux, qui connaît bien
la région dont il parle.
-
"Etranges rivages" de Arnaldur Indridason, trad Eric Boury, Editions
Métailié (7 février 2013), 298 pages
Extraits de critiques de presse
Le paysage, sa beauté autant que sa sauvagerie, en
constitue le personnage principal. Indridason a l'art de faire résonner les
silences, attentif à chaque geste, à chaque regard. Tout fait sens dans ce
chant douloureux et âpre, inspiré, économe de ses mots. Et c'est sans doute le
plus beau livre de la série : il s'en dégage une poésie noire et profondément
mélancolique, mais aussi, au bout du compte, la lumière vacillante d'une paix
possible.
(Michel
Abescat - Télérama du 6 février 2013 )
Indridason replonge son commissaire hanté dans la
région des fjords où il a grandi...
Etranges Rivages est la septième occurrence de ce cycle et sans aucun doute son acmé. D'ailleurs, une suite est-elle encore possible ? Le dénouement renforce le doute, ce «matin limpide» qui engloutit Erlendur dans une inhabituelle sérénité. Donc, on sait déjà tout, il n'y a même pas de mobile ou de coupable à découvrir, et pourtant tel l'enfant fasciné par le conte, sitôt la lecture finie, on voudrait s'y replonger. Etranges Rivages est un livre-sirène, au chant tragique magnétique....
A la fois sonar hypersensible du sentiment humain et très archaïque, Erlendur est aussi attachant et effrayant que cette nature dont il sait la cruauté mais dont il déplore la domestication par l'industrialisation.
Etranges Rivages est la septième occurrence de ce cycle et sans aucun doute son acmé. D'ailleurs, une suite est-elle encore possible ? Le dénouement renforce le doute, ce «matin limpide» qui engloutit Erlendur dans une inhabituelle sérénité. Donc, on sait déjà tout, il n'y a même pas de mobile ou de coupable à découvrir, et pourtant tel l'enfant fasciné par le conte, sitôt la lecture finie, on voudrait s'y replonger. Etranges Rivages est un livre-sirène, au chant tragique magnétique....
A la fois sonar hypersensible du sentiment humain et très archaïque, Erlendur est aussi attachant et effrayant que cette nature dont il sait la cruauté mais dont il déplore la domestication par l'industrialisation.
(Sabrina
Champenois - Libération du 7 février 2013 )
Il fallait bien que ça arrive un jour. Comme Harry
Bosch a eu besoin de parler de l'assassinat de sa mère, comme Kurt Wallander a
dû faire la paix avec les fantômes de sa vie, le commissaire Erlendur affronte
le drame qui le hante depuis toujours : la disparition de son jeune frère, âgé
de 8 ans... Pourtant, le roman touche au but et au coeur parce
que l'intrigue tricote et détricote les mystères et les drames de l'amour,
surtout parce qu'il dévoile, en de très belles séquences, cette fameuse
randonnée sous la neige, la tempête, le froid, et la main de Bergur échappant à
Erlendur. Ce geste, ce vide, cette mort vont faire de lui l'homme qu'il est. Et
le personnage qu'il deviendra.
(Eric
Libiot - L'Express, février 2013 )


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