dimanche 26 mai 2013

18EME REUNION : LES COUPS DE COEUR D'ANNE




"Le dernier lapon", d'Olivier Truc, Editions Métailié (13 septembre 2012), 453 pages

 Kautokeino, Laponie centrale, 10 janvier. Nuit polaire, froid glacial. Demain le soleil, disparu depuis 40 jours, va renaître. Demain entre 11h14 et 11h41, Klemet va redevenir un homme, avec une ombre. Demain le centre culturel va exposer un tambour de chaman légué par un compagnon de Paul-Émile Victor.
Mais dans la nuit, le tambour est volé. Les soupçons iront des fondamentalistes protestants aux indépendantistes sami. La mort d'un éleveur de rennes n'arrange rien à l'affaire. La Laponie, si tranquille en apparence, va se révéler terre de conflits, de colères et de mystères. Klemet, le Lapon, et sa jeune coéquipière Nina, enquêteurs de la police des rennes, se lancent dans une enquête déroutante. Mais à Kautokeino, on n'aime guère les vagues. Ils sont renvoyés à leurs patrouilles en motoneige à travers la toundra, et à la pacification des éternelles querelles entre éleveurs de rennes.

Les mystères du 72e tambour vont les rattraper. Pourquoi en 1939 l'un des guides sami a-t-il confié à l'expédition française ce tambour, de quel message était-il porteur?

Que racontent les joïks traditionnels que chante le vieil oncle de Klemet ?

Que vient faire en ville ce Français qui aime trop les très jeunes filles et qui a l'air de si bien connaître la géologie de la région ? À qui s'adressent les prières de la pieuse Berit ? Que cache la beauté sauvage d'AsIak, qui vit en marge du monde moderne avec sa femme à moitié folle ?

Dans un paysage incroyable, des personnages attachants et forts nous plongent aux limites de l'hypermodernité et de la tradition d'un peuple luttant pour sa survie culturelle. Un thriller magnifique et prenant, écrit par un auteur au style direct et vigoureux, qui connaît bien la région dont il parle.
 
 
 
 
 
- "Etranges rivages" de Arnaldur Indridason, trad Eric Boury, Editions Métailié (7 février 2013), 298 pages
Extraits de critiques de presse
Le paysage, sa beauté autant que sa sauvagerie, en constitue le personnage principal. Indridason a l'art de faire résonner les silences, attentif à chaque geste, à chaque regard. Tout fait sens dans ce chant douloureux et âpre, inspiré, économe de ses mots. Et c'est sans doute le plus beau livre de la série : il s'en dégage une poésie noire et profondément mélancolique, mais aussi, au bout du compte, la lumière vacillante d'une paix possible.
(Michel Abescat - Télérama du 6 février 2013 )
Indridason replonge son commissaire hanté dans la région des fjords où il a grandi...
Etranges Rivages est la septième occurrence de ce cycle et sans aucun doute son acmé. D'ailleurs, une suite est-elle encore possible ? Le dénouement renforce le doute, ce «matin limpide» qui engloutit Erlendur dans une inhabituelle sérénité. Donc, on sait déjà tout, il n'y a même pas de mobile ou de coupable à découvrir, et pourtant tel l'enfant fasciné par le conte, sitôt la lecture finie, on voudrait s'y replonger. Etranges Rivages est un livre-sirène, au chant tragique magnétique....
A la fois sonar hypersensible du sentiment humain et très archaïque, Erlendur est aussi attachant et effrayant que cette nature dont il sait la cruauté mais dont il déplore la domestication par l'industrialisation.
(Sabrina Champenois - Libération du 7 février 2013 )
Il fallait bien que ça arrive un jour. Comme Harry Bosch a eu besoin de parler de l'assassinat de sa mère, comme Kurt Wallander a dû faire la paix avec les fantômes de sa vie, le commissaire Erlendur affronte le drame qui le hante depuis toujours : la disparition de son jeune frère, âgé de 8 ans... Pourtant, le roman touche au but et au coeur parce que l'intrigue tricote et détricote les mystères et les drames de l'amour, surtout parce qu'il dévoile, en de très belles séquences, cette fameuse randonnée sous la neige, la tempête, le froid, et la main de Bergur échappant à Erlendur. Ce geste, ce vide, cette mort vont faire de lui l'homme qu'il est. Et le personnage qu'il deviendra.
(Eric Libiot - L'Express, février 2013 )

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