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"Syngué sabour", d'Atiq Rahimi, POL (25 août 2008), 154 pages
En persan, Syngué sabour est le nom
d’une pierre noire magique, une pierre de patience, qui accueille la détresse
de ceux qui se confient à elle. Certains, dans ce livre en tout cas, disent
même que c’est elle qui est à La Mecque, et autour de quoi tournent les
millions de pèlerins. Le jour où elle explosera d’avoir ainsi reçu trop de malheur,
ce sera l’Apocalypse.
Mais ici, la Syngué sabour, c’est un homme allongé, comme décérébré après qu’une balle se soit logée dans sa nuque sans pour autant le tuer. Sa femme est auprès de lui. Elle lui en veut de l’avoir sacrifiée à la guerre, de n’avoir jamais résisté à l’appel des armes, d’avoir été un héros, et pour ce résultat : n’être plus à la suite d’une rixe banale qu’un légume. Pourtant elle le soigne, et elle lui parle. Elle lui parle même de plus en plus. Tandis que dans les rues les factions s’affrontent, tandis que des soldats pillent et tuent alentour, elle parle, elle dévide sa litanie sans jamais savoir si son mari l’entend et la comprend. Et c’est une extraordinaire confession sans retenue par quoi elle se libère de l’oppression conjugale, sociale, religieuse, allant jusqu’à révéler d’impensables secrets dans le contexte d’un pays semblable à l’Afghanistan. À la fin du livre cette Syngué sabour explosera...
Mais ici, la Syngué sabour, c’est un homme allongé, comme décérébré après qu’une balle se soit logée dans sa nuque sans pour autant le tuer. Sa femme est auprès de lui. Elle lui en veut de l’avoir sacrifiée à la guerre, de n’avoir jamais résisté à l’appel des armes, d’avoir été un héros, et pour ce résultat : n’être plus à la suite d’une rixe banale qu’un légume. Pourtant elle le soigne, et elle lui parle. Elle lui parle même de plus en plus. Tandis que dans les rues les factions s’affrontent, tandis que des soldats pillent et tuent alentour, elle parle, elle dévide sa litanie sans jamais savoir si son mari l’entend et la comprend. Et c’est une extraordinaire confession sans retenue par quoi elle se libère de l’oppression conjugale, sociale, religieuse, allant jusqu’à révéler d’impensables secrets dans le contexte d’un pays semblable à l’Afghanistan. À la fin du livre cette Syngué sabour explosera...
- "Austerlitz",
de W.G. Sebald (Folio 2006) et Actes Sud 2002, 349 pages
L'ultime roman de W. G. Sebald nous fait connaître la vie de Jacques
Austerlitz, un homme hanté par une appréhension obscure, lancé dans la recherche de ses origines. Par ce portrait
saisissant d'un émigrant déraciné, fragile, érudit et digne, l'auteur élève
une sorte d'anti-monument pour tous ceux qui, au cours de l'Histoire, se retrouvent pourchassés, déplacés,
coupés de leurs racines - sans jamais en comprendre la raison ni le sens. La
vulnérabilité douce et secrète de Sebald et de ses personnages hors du commun, leur façon d'être
tour à tour gagnés par la beauté du monde et la souffrance qu'il engendre font que ses œuvres s'inscrivent dans la mémoire comme des événements
majeurs.


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