- Entre Amis, de Amos Oz, Gallimard, 2013, 160 pages
«Au début de la fondation du kibboutz, nous
formions une grande famille. Bien sûr, tout n’était pas rose, mais nous étions
soudés. Le soir, on entonnait des mélodies entraînantes et des chansons
nostalgiques jusque tard dans la nuit. On dormait dans des tentes et l’on
entendait ceux qui parlaient pendant leur sommeil.» L’idéal de vie en
communauté a-t-il résisté à l'érosion du temps pour les habitants du kibboutz Yikha ?
Ben Gourion est Premier Ministre, et la société israélienne n’est déjà plus la
même que du temps des fondateurs. Alors des questions de principe et de
règlement se posent aux kibboutsniks : peut-on par exemple permettre
à Henia Kalisch d’envoyer son fils Yotam faire des études à l’étranger - chez
son oncle qui, justement, a quitté le kibboutz - et faut-il laisser le petit
Youval à la maison des enfants, malgré ses pleurs ? Mais même dans une
petite communauté très attachée aux principes idéologiques, les affaires de
cœur prennent parfois toute la place. Yoev Carni va-t-il résister au charme de
la jeune Nina, surtout quand il la croise pendant ses rondes de surveillance
nocturnes ? Nahum Asherov peut-il accepter que son vieil ami David Dagan,
excellent professeur et grand séducteur, s’installe avec sa fille Edna, âgée de
dix-sept ans à peine ? Et que va faire Ariella, qui déborde d’affection
pour l’ex-femme de son amant Boaz ? A Yikha comme ailleurs, l’on se débat
avec ses chagrins d’amour et ses désirs irréalisables, mais dans un kibboutz,
l’on n’est jamais seul… En huit nouvelles tragi-comiques qui se lisent comme un
roman, Amos Oz scrute les passions et les faiblesses de l’être humain, fait
surgir un monde englouti et nous offre surtout un grand livre mélancolique sur
la solitude.

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