- Remonter la Marne, de Jean Paul Kauffmann, Edit. Fayard, 2013, 264 pages
Remonter
à pied la Marne depuis sa confluence avec la Seine jusqu’à la source est une
odyssée à travers les odeurs, des paysages encore intacts traversés par une
étrange lumière, la rambleur. Villages aux devantures vides, églises fermées,
communes démeublées mais nullement moribondes, cette France inconnue se
découvre pas à pas. Seule la marche permet un rapport profond au temps, au
silence, aux rencontres.
Une géographie imprévue se dessine, l’aventureuse histoire de notre pays, riche en coups de théâtre, s’y révèle à la lumière du présent. Vulnérable, la Marne est depuis toujours la rivière du sursaut. La grâce surabonde dans cette Champagne marquée par le jansénisme.
L’auteur y a découvert la France des conjurateurs, ces indociles qui résistent à la maussaderie des temps présents et conjurent les esprits maléfiques d’aujourd’hui.
Remonter la Marne, ce n’est pas revenir en arrière et pleurer le passé, mais au contraire se perdre, chuter pour mieux renaître.
Une géographie imprévue se dessine, l’aventureuse histoire de notre pays, riche en coups de théâtre, s’y révèle à la lumière du présent. Vulnérable, la Marne est depuis toujours la rivière du sursaut. La grâce surabonde dans cette Champagne marquée par le jansénisme.
L’auteur y a découvert la France des conjurateurs, ces indociles qui résistent à la maussaderie des temps présents et conjurent les esprits maléfiques d’aujourd’hui.
Remonter la Marne, ce n’est pas revenir en arrière et pleurer le passé, mais au contraire se perdre, chuter pour mieux renaître.
Mathurin, Charlie, Nathanaël, Anne : quatre voix se relaient ici pour dire, chacune à son échelle, le tribut qu'il incombe un jour à chacun de payer au passé, qu'il s'agisse de tirer un trait sur lui afin de contourner l'obstacle, de l'assujettir à une idéologie - ou, plus rarement, et quoi qu'il en coûte, de demeurer fidèle au "yanvalou", ce salut à la terre ancestrale, en retrouvant les liens qui fondent une communauté.
Voyage initiatique au coeur de la désespérance, Yanvalou pour Charlie est sans aucun doute le roman de l'abandon des hommes par les hommes, et le chant qui réaffirme la rédemption d'être ensemble - en Haïti comme ailleurs.
Une enfance de Jésus, JM. Coetzee, Edit. Seuil, 213, 377 pages
Le
jeune David et Simon, son protecteur, sont arrivés – on ne sait d’où – par
bateau au camp de Belstar, où ils ont été reconditionnés afin de s’intégrer
dans leur nouveau pays : nouveaux noms, nouvelles dates de naissance (âge de 5
ans attribué à David, 45 à Simon), mémoire lavée de tous souvenirs,
apprentissage rapide de l’espagnol, langue du pays. Puis ils ont traversé le
désert et ont atterri au Centre d’accueil de Novilla, où les services publics
leur allouent un logement – sans loyer – ainsi que maints services gratuits, et
l’aident à trouver un emploi de docker. David ayant perdu en mer la lettre qui
expliquait sa filiation, Simon se fait le serment de lui trouver une mère que
son intuition seule désignera. Inés, une trentenaire, est l’élue. Elle accapare
l’enfant, dont elle fait sa chose et le soustrait au système éducatif, par la
fuite vers encore une autre vie. Coetzee s’intéresse-t-il au traitement
utopique des réfugiés dans un système bureaucratique efficace et une société
purgée de passion ? Aux rapports pédagogiques et tendres entre le gardien Simon
et sa charge, David, enfant précoce, parfois cabochard ? Aux effets de
l’ignorance dans laquelle se trouve un enfant qui ne connaît pas ses parents
biologiques ? Autant de questions qui restent sans réponse, qui en amènent de
nouvelles comme dans un cycle éternel.
JM.
Coetzee a reçu le prix Nobel de littérature en 2003.



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