jeudi 22 mai 2014

COMPTE RENDU DE LA 22EME REUNION DU SQUARE LITTERAIRE - 16 MAI 2014


 
Version traduite par Jacques Darras


 Version traduite par Stephen Spriel

Jean Bernard a lu ce livre il y a quarante environ lorsqu'il faisait son service militaire.

Il nous propose un résumé et quelques clés de lecture du livre de Malcolm Lowry "Sous le volcan" (Under the Volcano).

En voici le compte-rendu très imparfait, élaboré à partir des notes prises lors de sa présentation.

Ce roman, paru en 1947, qui a été construit, écrit et réécrit en plusieurs étapes (il a même échappé de peu à un incendie), se passe au Mexique. Il se divise en deux périodes.

- Novembre 1938, c'est -à-dire pendant la guerre d'Espagne et la déroute des républicains

- Novembre 1939, alors que s'annonce la seconde guerre mondiale

En réalité,  le roman se déroule sur une année, le livre commence le jour des Morts (2 novembre 1939), puis nous remontons le temps et nous nous retrouvons 1 an avant, jour pour jour, soit le 2 novembre 1938.
Le récit, divisé en 12 chapitres, relate en fait les 12 dernières heures dramatiques de la vie de Geoffrey Firmin (le Consul) et d’Yvonne sa femme ils vivent séparés). Cette organisation du récit renvoie à un certain ésotérisme.
Lowry était un homme d'une grande culture.
L'auteur de "Sous le volcan" a créé quatre personnages principaux :

- Geoffrey Firmin, le Consul alcoolique, mari d'Yvonne

- Yvonne, la femme de Geoffrey, ancienne actrice, séductrice et amoureuse de Geoffrey, qui revient après une longue absence

- Hugh Firmin, le demi-frère de Geoffrey, guitariste, marin et journaliste

- et, Jacques Laruelle, un français, producteur de films, ami d'enfance de Geoffrey et aussi ancien amant d'Yvonne.

 Le 1er chapitre, comme indiqué précédemment, se déroule en novembre 1939. Le personnage principal est le consul, Geoffrey Firmin. C'est un alcoolique fini qui consomme essentiellement du mescal (alcool mexicain, titrant environ 30-40°, obtenu par distillation du coeur de l'agave). L'alcoolisme du personnage est au cœur du récit. Il renvoie à l'alcoolisme de Lowry.

Le premier chapitre contient déjà tous les thèmes principaux du roman.
Le cœur de "Sous le volcan" est le lien d'amour qui unit Geoffrey et Yvonne, sa femme. Ce lien est très puissant, mais il est tumultueux et la relation amoureuse débouche sur la rupture et l'extrême souffrance de Geoffrey, mais aussi d'Yvonne.

L'une des questions qui se pose le lecteur est : "Pourquoi Geoffrey se plonge -t-il dans l'alcool qui causera sa perte?"
Il y a plusieurs réponses à cela. C'est peut-être d'abord une manière d'oublier certains faits passés de sa propre vie.  En particulier, lorsqu'il était officier sur un navire : "Le Samaritan" et qu'il captura un sous-marin allemand et son équipage. A l'arrivée au port, il manquait tous les officiers ennemis :"Le bruit courut que les mécaniciens du Samaritan les avaient kidnappés pour les brûler vifs dans les chaudières". ( p. 59 Edit. Cahiers rouges, Grasset).

Il s'en est suivi un procès. Geoffrey fut innocenté, mais il a été rétrogradé. Depuis la relation du Consul avec cet événement est ambigüe.

D'autres explications peuvent être trouvées dans l'histoire du Consul , pendant son enfance, à l'époque des Taskerson etc..

A partir du chapitre 2, le roman se situe sur une durée de 12 heures, le 2 novembre 1938.
L'auteur décrit une longue balade des personnages dans les méandres de la ville de Quauhnahuac, avec de nombreuses haltes dans les "cantinas".
Lowry a également truffé le parcours de lieux symboliques : la roue Ferris, le palais de Maximilien, la maison de Laruelle, sans oublier les deux volcans dans le lointain.
Autre élément remarquable, la présence de deux animaux : le cheval n°7 (mort d'Yvonne) et le chien paria. Ce dernier est à l'image du consul et de ce qu'il pense de lui.

Le sentiment amoureux entre Geoffrey et Yvonne qui jaillit du roman est très fort. Lowry a su générer une force émotionnelle puissante, grâce à son extraordinaire technique d'écriture. L'auteur mêle les éléments de forme avec pertinence.
Il utilise trois supports :

- le monologue intérieur

- le dialogue

- l'observateur.

 Les procédés s'entremêlent donnant l'impression au lecteur d'être plongé dans la vie quotidienne immédiate des personnages, dans leurs sentiments, leurs impressions, leurs désirs et  leur addiction.
Au passage, l'auteur critique de manière assez forte les comportements des mâles vis-à-vis des femmes. La critique sociale est également présente dans ce livre aux multiples facettes.

Roman riche, puissant, difficile d'accès, à lire et à relire.

A la suite de cette présentation un débat très intéressant s'est engagé entre les participants.

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