Autre coup de cœur, un petit livre de Ken LOACH, qui donne vraiment à réfléchir sur le message qu'il transmet.
« DEFIER
LE RECIT DES PUISSANTS » - KEN LOACH
- 2014 Indigène Editions, juin 2014, 48 pages
En revanche, y a-t-il une
esthétique de la résistance ? Ken Loach répond « oui ».
Mais soyons clairs. S’il est un des rares aujourd’hui à assurer que la lutte des classes est toujours aussi vivante, il ne cède jamais pour autant à la propagande. Il dit : « Je ne filme jamais un visage en gros plan ; car c’est une image hostile, elle réduit l’acteur, le personnage à un objet. » Or on peut faire ce qu’on veut d’un objet, l’exclure, l’expulser… Mais si la caméra est comme un œil humain, alors elle capte toutes les présences, les émotions, les lumières, les fragilités. Et nous devenons tous des « film makers ». (note éditeur)
Mais soyons clairs. S’il est un des rares aujourd’hui à assurer que la lutte des classes est toujours aussi vivante, il ne cède jamais pour autant à la propagande. Il dit : « Je ne filme jamais un visage en gros plan ; car c’est une image hostile, elle réduit l’acteur, le personnage à un objet. » Or on peut faire ce qu’on veut d’un objet, l’exclure, l’expulser… Mais si la caméra est comme un œil humain, alors elle capte toutes les présences, les émotions, les lumières, les fragilités. Et nous devenons tous des « film makers ». (note éditeur)
Rebondissant sur le message
final de Stéphane Hessel dans Indignez-vous ! (" Créer, c'est résister ;
résister, c'est créer "), Ken Loach défend dans ce livre sa vision engagée
de l'art, à travers évidemment le choix de ses sujets - des films populaires à
thème social ou historique acclamés par la critique. Il montrera aussi comment
aujourd'hui, en Europe, les gouvernements étranglent le cinéma d'auteur par des
logiques économiques meurtrières qui augmente les coûts, vide les salles de
leur public et les films de leur potentiel artistique. Mais il défendra aussi
une pratique de l'esthétisme comme engagement, au sens où Flaubert déjà
affirmait : " Là où la forme fait défaut, l'idée manque " et où
Picasso déclarait : " L'art est un mensonge qui nous fait réaliser la
vérité. "
Un livre tonique, profond et qui se lit en à peine une heure.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire