dimanche 28 septembre 2014

23EME REUNION - COUPS DE COEUR DE MICHEL BAC

Michel n'a pu être parmi nous pour notre 23ème réunion, mais il nous fait part de ses coups de cœur.

« JOSEPH » de Marie Hélène Lafon
- Buchet Chastel, août 2014, 144 pages

Recommandé par Michel, Jean Bernard et Gérard

 


Roman qui évoque la vie d’un simple ouvrier agricole. Une écriture sobre, retenue, précise, pour traduire les rares événements d’une vie de rien, en suggérer la vacuité, exprimer la richesse, aussi, de moments en apparence insignifiants.
Elle parle avec humanité et pudeur de ceux qui sont réputés taiseux. Ses mots, pesés, disent avec finesse l’épaisseur des silences, la richesse des évocations d’un tissu social minuscule autant que dense, les signes discrets d’un monde en bascule.
M.BAC
 
Joseph est ouvrier agricole, dans une ferme du Cantal. Il a bientôt soixante ans. Il connaît les fermes de son pays, et leurs histoires. Il est doux, silencieux. Il a aimé Sylvie, un été, il avait trente ans. Elle n'était pas d'ici et avait beaucoup souffert, avec et par les hommes. Elle pensait se consoler avec lui, mais Joseph a payé pour tous. Sylvie est partie au milieu de l'hiver avec un autre. Joseph s'est alors mis à boire, comme on tombe dans un trou.
Joseph a un frère, marié, plus beau et entreprenant, qui est allé faire sa vie ailleurs et qui, à la mort du père, a emmené la mère vivre dans sa maison. Joseph reste seul et finira seul. Il est un témoin, un voyeur de la vie des autres.
(note éditeur)
 
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Luz Arce, « lEnfer », Elsa Osario, « Luz ou le temps sauvage » Philippe Broussard « La disparue de San Juan » parlent dun autre monde, celui de lAmérique latine livrée à la sauvagerie des militaires se revendiquant des valeurs chrétiennes du monde occidental pour leur croisade anticommuniste.
Le terme sauvagerie est dailleurs inadéquat, puisque aucune bête sauvage na fait subir à des hommes, femmes et enfants, la cruauté des traitements infligés par ces tortionnaires. Pas seulement dans labjection des tortures physiques mais aussi dans le raffinement qui consiste à laisser indéfiniment enfler langoisse des familles de « disparus » qui nont officiellement jamais été arrês, jamais incarcérés et dont les proches ont si désespérément cherché trace de vie ou de mort …
 
« L ’ENFER » – LUZ ARCE
– août 2015 – Edit. Les Petits Matins, 352 pages
 


 
 
Luz Arce écrit sa propre histoire, celle dune jeune dirigeante de gauche chilienne kidnappée, torturée jusqu’à donner des noms puis collaborer avec la Dina, la Gestapo locale.
Elle décrit aussi sa vie daprès, rongée par le remords et la quête dune rédemption ; ce sera au prix dune seconde trahison, où elle témoignera contre les tortionnaires et leurs maîtres, où elle dialoguera, aussi, avec des familles de victimes, de ses victimes
Cest la rencontre avec un prêtre dominicain qui lui permettra deffectuer un long et douloureux cheminement de retour à la vie.
Avec des mots simples elle donne à appréhender le bien et le mal et la porosité de leur frontière. M. BAC
 
"Membre de la garde rapprochée de Salvador Allende, Luz Arce rejoint la résistance après le coup d’État de Pinochet. En 1974, elle est arrêtée par la police politique (la Dina), violée et sauvagement torturée pendant plusieurs mois. Brisée moralement et consciente de la menace qui pèse sur sa famille, la jeune femme livre à la police quelques-uns de ses camarades, qui sont tour à tour arrêtés ou tués. Piégée dans la spirale de la collaboration et menacée de mort par ses anciens amis, Luz Arce devient fonctionnaire des services de renseignements militaires. Lors du retour à la démocratie, ses nombreuses dépositions auprès de tribunaux et devant la commission Vérité et Réconciliation permettent l’arrestation de plusieurs tortionnaires. À la suite de cela, Luz Arce doit fuir en Autriche afin d’échapper aux menaces des militaires déchus. Bien plus qu’une autobiographie, L’Enfer permet de comprendre les mécanismes qui ont poussé une jeune femme à l’engagement politique puis à la résistance contre Pinochet, et enfin à la collaboration. Luz Arce y retrace l’ensemble de son parcours, depuis son enfance jusqu’au moment où elle prend la décision de publier ce livre, qui paraît en 1993 au Chili. Outre son parcours personnel, elle analyse le contexte politique de son pays et s’interroge sur la condition de femme dans un Chili très patriarcal." (note éditeur)
 
LUZ OU LE TEMPS SAUVAGE - ELSA ROSARIO
– février 2010 – Points Grands Romans, 472 pages
 
 
Elsa Osario, contemporaine du coup d’état argentin de 1976, propose un roman sur la quête d’identité d’une jeune femme qui a vécu dans son éducation des indices troublants dans le lien qui l’unit à ses parents. Au terme d’une quête aux multiples rebondissements, elle découvre qu’elle a été le bébé arraché à une prisonnière et confiée à une famille de militaires. Pas n’importe quelle famille…
Même sur un tel sujet, les personnages ne sont pas univoques, et, si la construction du roman peut surprendre dans un premier temps, le lecteur est très vite happé par le cheminement de cette quête. La langue, sobre, dit l’emprise de l’angoisse et de la terreur, comme la splendeur de l ‘élan amoureux et le goût de la vie.
 
Philippe Broussard s’était intéressé comme journaliste au cas de Marie-Anne Erize , jeune franco-argentine disparue en 1976. Après un premier article, il a poursuivi pendant 10 ans la recherche de ce que fut une vie brève et exceptionnelle et des circonstances dans lesquelles elle a été brisée.
Il parvient à retrouver la piste du tortionnaire en chef, reconverti en avocat et protégé par un réseau de catholiques ultra et de militaires fiers de leurs performances … ces épisodes ne sont pas les moins bouleversants d’un livre qui en est riche ! M. BAC
 
LA DISPARUE DE SAN JUAN - PHILIPPE BROUSSARD
10/18 - novembre 2012, 444 pages
 
 
 
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« PAS PLEURER » – LYDIE SALVAYRE
– Août 2014, Seuil, La collection Cadre Rouge
Deux voix entrelacées. Celle, révoltée, de Bernanos, témoin direct de la guerre civile espagnole, qui dénonce la terreur exercée par les Nationaux avec la bénédiction de l’Église contre « les mauvais pauvres ».Celle, roborative, de Montse, mère de la narratrice et « mauvaise pauvre », qui a tout gommé de sa mémoire, hormis les jours enchantés de l’insurrection libertaire par laquelle s’ouvrit la guerre de 36 dans certaines régions d’Espagne, des jours qui comptèrent parmi les plus intenses de sa vie. Deux paroles, deux visions qui résonnent étrangement avec notre présent et qui font apparaître l’art romanesque de Lydie Salvayre dans toute sa force, entre violence et légèreté, entre brutalité et finesse, porté par une prose tantôt impeccable, tantôt joyeusement malmenée. Lydie Salvayre a obtenu le prix Hermès du Premier roman pour La Déclaration, le prix Novembre (aujourd’hui Prix Décembre) pour La Compagnie des Spectres et le prix François Billetdoux pour BW. Ses livres sont traduits dans une vingtaine de langues. Certains ont fait l’objet d’adaptations théâtrales. (note éditeur)
 
« Pas pleurer » conjugue, dans lEspagne de 1936, la découverte de la vie par une jeune paysanne de 15 ans qui rejoint les anarchistes à Barcelone, et la colère de Bernanos devant les meurtres de masse commis par les franquistes avec la bédiction de la hiérarchie catholique.
Lindignation devant le crime et la trahison des valeurs chrétiennes, larrachement aux pesanteurs de la misère paysanne pour savourer la liberté et la joie des esprits et des corps, sont traduits par une langue brillante et inventive et souvent très drôle. Tels les dialogues avec sa mère dans un savoureux sabir franco espagnol ou le portrait brillamment troussé dune vieille fille tourmentée par ses refoulements et franquiste en diable. M. BAC
 
 
 
 
 
 
 

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