Dans ce premier article vous trouverez la biographie de l'auteur présentée par Agnès.
Colombien , surnommé «
Gabo » dans toute l'Amérique latine, Gabriel Garcia Marquez, Prix Nobel de littérature 1982, est mort à Mexico en 2014.
Il était âgé de 87 ans. Son œuvre a été traduite dans toutes les langues ou
presque, et vendue à quelque 50 millions d'exemplaires.
On retrouve dans la
biographie de GGM beaucoup d’éléments de "100 ans de solitude".
Aîné de onze enfants, il
est né le 6 mars 1927, à Aracataca, un
village perdu entre les marigots et les plaines poussiéreuses de la côte
caraïbe colombienne. Dans son œuvre,
Aracataca deviendra Macondo, un endroit mythique mais réel, L'espagnol
sud-américain a fait de « macondiano » un adjectif pour décrire l'irrationnel du quotidien sous ces latitudes.
Aracataca, le village
et la maison c’est un endroit très important pour GGM : « pleine de monde -
grands-parents, hôtes de passage, serviteurs, indiens -, mais également pleine
de fantômes » (celui de sa mère absente en particulier).
Juste après la naissance de Gabriel, en 1929, ses
parents quittent Aracataca.
Gabo sera élevé par
ses grands-parents.
Sa formation intellectuelle ainsi qu'un certain sens de la
démesure lui viennent du colonel Marquez, son grand-père libre-penseur qui,
pour meubler l'ennui d'un
temps immobile, lui ressassait inlassablement ses souvenirs de la guerre des
Mille Jours : une dévastatrice guerre civile qui, entre 1899 et 1902 opposa le
camp « libéral » (dont il faisait partie) et celui des « conservateurs », et se
solda par la victoire de ces derniers.
Il doit aussi à ce
grand père les fondements de sa
conscience politique et sociale. Le colonel faisait en effet partie
des personnalités colombiennes qui s'étaient élevées contre le « massacre des
bananeraies » : en décembre 1928, 1500 ouvriers agricoles en grève avaient été
tués par l'armée colombienne, sous la pression des Etats-Unis qui
menaçaient d'envahir le pays avec
leur marines si le gouvernement n'agissait pas pour protéger les
intérêts de la compagnie américaine United Fruit. On retrouve cet épisode dans
100 ans de solitude.
Le culte du
surnaturel, des fantômes et des prémonitions lui vient de sa grand-mère qui se
levait la nuit pour lui raconter les histoires les plus extraordinaires de
revenants sorcières et nécromanciennes. Il va de fait s’insérer naturellement
dans le courant du réalisme magique.
Après une scolarité
chez les jésuites, il abandonnera ses études de droit pour le journalisme.
En 1955, GGM découvre la vérité sur la catastrophe du Caldas : ce destroyer de
la marine colombienne, le pont surchargé de marchandises de contrebande, avait
perdu huit hommes d'équipage dans la mer des Caraïbes lorsque les câbles de
cette cargaison illicite avaient lâché. Les officiers avaient prétendu avoir affronté une
terrible tempête. Il écrit 14 articles à la première personne qui s’arrachent
mais le mettent en danger. Son journal l’envoie à Paris.
Il arrive à Paris en pleine guerre d'Algérie, fréquente les milieux du FLN , il est proche des communistes , visite les
pays de l’Est. Son journal est interdit,
il se retrouve sans emploi et rentre en Colombie.
Il y épouse son amour
d’enfance en 1958 et a deux fils.
Il travaille pour
l’agence de presse cubaine, se rend à Cuba, espère partir au canada, puis
finalement décide de partir au Mexique avec sa famille.
LE CHOC DE « CENT ANS
DE SOLITUDE »
A 38 ans,
et après quatre livres publiés depuis que j'en avais 20, je me suis assis devant ma machine et j'ai écrit:
"Des années plus tard, face au peloton d'exécution,
le colonel Aureliano Buendía devait se rappeler ce lointain après-midi au cours
du quel son père l'emmena faire connaissance avec la glace.'' Je n'avais pas la moindre idée de ce que
voulait dire cette phrase ni d'où elle venait ni où elle allait me conduire. Ce
que je sais aujourd'hui, c'est que durant dix-huit mois je n'ai jamais passé un
seul jour sans écrire, jusqu'à terminer le livre. [...]
En fait la dactylographe a failli perdre des feuilles du romans , cette
période est une période d’extrême pauvreté pour la famille.
[...] Enfin, au début du mois d'août 1966, Mercedes et moi sommes allés à la Poste centrale de Mexico pour envoyer la version achevée de «Cent Ans de solitude» à Buenos Aires, un paquet de 590 feuillets écrits à la machine, avec double espacement et sur du papier ordinaire, adressé à Francisco Porrúa, le directeur littéraire des éditions Sudamericana. L'employé des postes a posé le paquet sur la balance, a fait ses calculs et a dit:
"Ca fait 82 pesos."
Mercedes a
compté les billets et les pièces de monnaie qui restaient dans son sac et
affronté la réalité:
"Nous n'en avons que 53."
Nous avons
ouvert le paquet, divisé le
contenu en deux parties égales et en avons envoyé une à Buenos Aires sans même
nous demander comment nous allions trouver l'argent pour expédier l'autre. Plus
tard, nous nous sommes aperçus que nous avions envoyé non pas la première
moitié du roman, mais la deuxième. Avant que nous trouvions de quoi l'expédier,
Paco Porrúa, notre homme aux éditions Sudamericana, anxieux de lire la première
moitié du livre, nous avait avancé l'argent.
C'est ainsi que
nous sommes nés une deuxième fois à notre nouvelle vie d'aujourd'hui.»
Cinq ans après sa sortie, Cent ans de solitude aura déjà été publié dans vingt-trois pays et se sera vendu à plus d'un million d'exemplaires rien qu'en langue espagnole. On sait que Garcia Marquez fut sincèrement abasourdi par le succès de ce livre.
Garcia Marquez,
meurtri et révolté par la dictature installée au Chili depuis le coup d'Etat du général Pinochet en septembre 1973, se refuse,
pour un temps, à écrire de nouveaux
romans et préfère s'engager dans ce
qu'il appelle « la guerre de l'information ». Il contribue dans son pays à la
création d'une revue indépendante, Alternativas, fustige le capitalisme et
l'impérialisme, prend la défense du tiers-monde et soutient publiquement, sans états d'âme apparents, le
régime de Fidel Castro.
En 1982, les jurés de
Stockholm lui décernent le prix Nobel. Il assistera à la cérémonie vêtu du « liqui-liqui »,
le costume blanc traditionnel de la côte caraïbe, au lieu du smoking
protocolaire. Son discours de réception est un fougueux plaidoyer pour
l'Amérique latine dont il décrit la « solitude » face « à l'oppression, au
pillage et à l'abandon », alors même que les dictatures s'y multiplient.
Il restera une référence.
On le sollicite - notamment à plusieurs reprises comme médiateur lors des
pourparlers de paix engagés avec la guérilla colombienne -, on le consulte sur
tous les sujets. Garcia Marquez n'est pas dupe. « Je suis un romancier, disait-il, et nous, les romanciers, ne sommes pas des intellectuels, mais
des sentimentaux, des émotionnels. Il nous arrive à nous, Latins, un grand
malheur. Dans nos pays, nous sommes devenus en quelque sorte la conscience de
notre société. Et voyez les désastres que nous provoquons.
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