dimanche 31 janvier 2016

28 EME REUNION - COUP DE COEUR DE GERARD



« LA SEPTIEME FONCTION DU LANGAGE » de Laurent BINET

·         Broché: 496 pages

·         Editeur : Grasset (19 août 2015)

·         Collection : Littérature Française

 


 
 
Laurent Binet est un écrivain français né à Paris le 19 juillet 1972.
Laurent Binet a fait ses études à Paris. Il écrit en 2000 un récit d'inspiration surréaliste, Forces et faiblesses de nos muqueuses (éd. Le Manuscrit). En 2004, il publie La Vie professionnelle de Laurent B.(éd. Little Big Man) qui témoigne de son expérience d'enseignant dans le secondaire à Paris et en région parisienne.
En 2010, a paru aux éditions Grasset HHhH (acronyme pour Himmlers Hirn heisst Heydrich, signifiant le cerveau d'Himmler s'appelle Heydrich), qui raconte la véritable histoire de « l'Opération Anthropoïde», au cours de laquelle deux résistants tchécoslovaques furent envoyés par Londres pour assassiner Reinhard Heydrich, chef de la Gestapo et des services secrets nazis. Réflexion sur la fiction romanesque et son articulation problématique à la vérité historique, le livre est remarqué par la presse dès sa sortie en janvier 2010. Il obtient le Prix Goncourt du Premier Roman le 2 mars 2010.

Agrégé de Lettres Modernes, il enseigne dans la région parisienne et est chargé de cours à l'Université. Il a participé notamment à la mise en place de la convention ZEP-Sciences Po. Avant d'enseigner en France, il a dispensé des cours de français dans une académie militaire en Slovaquie. Musicien, il a été également chanteur-compositeur du groupe Stalingrad.

 

« A Bologne, il couche avec Bianca dans un amphithéâtre du XVIIe et il échappe à un attentat à la bombe. Ici, il manque de se faire poignarder dans une bibliothèque de nuit par un philosophe du langage et il assiste à une scène de levrette plus ou moins mythologique sur une photocopieuse. Il a rencontré Giscard à l’Elysée, a croisé Foucault dans un sauna gay, a participé à une poursuite en voiture à l’issue de laquelle il a échappé à une tentative d’assassinat, a vu un homme en tuer un autre avec un parapluie empoisonné, a découvert une société secrète où on coupe les doigts des perdants, a traversé l’Atlantique pour récupérer un mystérieux document. Il a vécu en quelques mois plus d’événements extraordinaires qu’il aurait pensé en vivre durant toute sa vie. Simon sait reconnaître du romanesque quand il en rencontre. Il repense aux surnuméraires d’Umberto Eco. Il tire sur le joint. »

Le point de départ de ce roman est la mort de Roland Barthes, renversé par une camionnette de blanchisserie le 25 février 1980. L'hypothèse est qu'il s'agit d'un assassinat. Dans les milieux intellectuels et politiques de l'époque, tout le monde est suspect...

 
 
L’avis de Gérard

Voila un roman totalement neuf, qui a du souffle, de l’audace, du piment, de l’intelligence surtout, qui nous conduit en compagnie des plus brillants intellectuels des années 1980 dans une intrigue à la Indiana Jones.

 Ma première réaction à la lecture des premières pages du roman a été de m’interroger sur la frontière entre la réalité et la fiction.

Les premières pages sont tellement ancrées dans le réel que toutes les situations semblent vraies. Ainsi l’accident de Roland Barthes renversé par une camionnette de blanchisserie à deux pas du Collège de France, après un déjeuner avec François Mitterand rue de Bièvres est relaté avec une telle méticulosité que tout ce qui est écrit parait fidèle à la réalité. Seuls quelques détails nécessaires à la construction de l’intrigue romanesque ont été ajoutés.

Alors très vite je me suis pris au jeu : « qui a tué Roland Barthes ? » Binet a gagné son pari.

Ensuite, j’ai éprouvé une réelle fascination pour les intellectuels et autres philosophes  qui dans les années 1980 tenaient le haut du pavé au Collège de France, à Normale Sup, à Vincennes ou à la Sorbonne, Binet en fait des personnages de son roman ; ainsi voit-on évoluer, parfois dans des situations rocambolesques, voire ridicules pour certains, les Barthes, Foucault, Althusser, Lacan, Derrida, Deleuze, Guattari, Umberto Eco et les Jean Edern, BHL, Julia Kristeva, Sollers également… Binet nous offre le grand bonheur de partager avec eux quelques instants de vie, à Paris, à Bologne, à Venise ou encore dans une université américaine. Il invente des dialogues entre Foucault et Derrida par exemple ou plus exactement il recontextualise des paroles prononcées et des phrases réellement écrites par ses personnages dans la vie réelle ce qui contribue à plonger le lecteur dans la fiction tout en gardant l’impression qu’il se situe dans la réalité.
 
Le terme de « jubilatoire » à été utilisé par plusieurs critiques pour qualifier ce roman, je le fais mien car il exprime exactement ce que j’ai ressenti en dévorant une à une les pages de ce récit très brillant.
L’une des conséquences inattendue de la lecture du roman de Binet a été de me redonner l’envie de lire ou de relire Foucault, Deleuze et peut-être même Derrida ou Althusser et de redécouvrir ainsi l’excitation intellectuelle que j’avais pu ressentir à l’époque à la lecture de « L’archéologie du savoir » ou des « Mots et des choses ».
Enfin, Binet est un admirateur d’Umberto Eco, il en fait d’ailleurs l’un des personnages de son roman, et nul doute que celui qui a apprécié « Au nom de la rose » se délectera de la « Septième Fonction du Langage ».
Une vraie prouesse romanesque qui construit un monde à deux versants celui du réel et celui de la fiction et qui perd le lecteur de le labyrinthe de l’imagination créatrice, pour son plus grand plaisir.
 
 
 
LE LIVRE SUIVANT N'EST PAS UNCOUP DE COEUR
 
 


« ENVOYEE SPECIALE «  de Jean ECHENOZ

·         Broché: 312 pages

·         Editeur : Les Editions de Minuit (7 janvier 2016)

·         Langue : Français
 

 

Jean Echenoz est né à Orange en 1947. Il a obtenu le prix Médicis en 1983 pour Cherokee et le prix Goncourt en 1999 pour Je m'en vais.

 
Constance étant oisive, on va lui trouver de quoi s'occuper. Des bords de Seine aux rives de la mer Jaune, en passant par les fins fonds de la Creuse, rien ne devrait l'empêcher d'accomplir sa mission. Seul problème : le personnel chargé de son encadrement n'est pas toujours très bien organisé.

 

L’avis de Gérard

Je ne suis pas un grand admirateur d’Echenoz. Je n’avais pas aimé « 14 » et « Envoyée spéciale » n’a pas emporté mon adhésion. Echenoz a certainement un style brillant, mais ce n’est pas suffisant pour donner naissance à un roman de qualité. L’histoire n’a que peu d’intérêt, les digressions ironiques ou humoristiques systématiques lassent rapidement le lecteur. Bref je n’ai pas aimé.

Cependant, la plupart des critiques ont encensé ce livre. Donc pour les inconditionnels… si vous avez envie de perdre un peu de temps en passant de la Creuse à la Corée du Nord…


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