mercredi 3 février 2016

PRESENTATION DE " LA FIN DE L'HOMME ROUGE" DE SVETLANA ALEXIEVITCH

PRESENTATION PAR CLAUDE ET CATHERINE


Claude présente l’auteure de « La Fin de l’homme rouge », Svetlana Alexievitch. Il rappelle que Michel Bac est à l’origine de l’intérêt que nous avons porté à cette femme née en Ukraine et qui a obtenu le prix Nobel de littérature en 2015.

Il évoque le coup de poing qu’il a ressenti à la lecture de ce livre qui, pour lui, est un ouvrage de philosophie dans lequel il est question de la transcendance. Aujourd’hui, malheureusement nous vivons dans un monde où l’utopie a disparu.

Il retrace, dans les grandes lignes la biographie de Svetlana.

Cet écrivaine n’est ni une historienne  ni une romancière. Elle a inventé une forme de littérature dans laquelle elle traite de problèmes de la vie ordinaire. Elle met en scène des rires, des sourires ou des pleurs. Elle fait vivre des gens qui n’appartiennent pas à la grande Histoire. Elle s’intéresse avant tout à la matière humaine et aux émotions. Elle ne questionne pas les grandes idées et elle n’émet pas de jugement sur les situations vécues et rapportées dans son livre.

Ce qui la préoccupe plus particulièrement c’est la question de l’homme, de l’homme russe et de son inaptitude au bonheur.

 

Catherine évoque sa connaissance du monde russe et des russes qu’elle a rencontrés puis présente la démarche de Svetlana Alexievitch.

Svetlana Alexievitch est une littéraire. Ce n’est pas une historienne, ce qui l’intéresse c’est le vécu des gens dans une situation critique et dans une période donnée.
Sur la technique qu'elle utilise, Svetlana met plusieurs années pour écrire ses livres. Elle recueille auprès des personnes qu’elle interroge des données brutes qu’elle retranscrit ensuite.
Aucune thèse, aucun jugement dans ses livres qui sont construits comme des mosaïques, c’est au lecteur de se faire sa propre opinion.

La qualité principale de cette auteure est de savoir se mettre en situation d’écoute afin de mieux saisir et retranscrire ensuite ces émotions des vies ordinaires.

D’autres écrivains russes ont utilisé le même procédé littéraire. Elle s'en est inspirée.

Catherine présente ensuite la démarche de Svetlana Alexievitch dans son livre intitulé « La supplication ». L’information dont nos disposons sur la catastrophe de Tchernobyl est totalement désincarnée. Précisément l’objectif de Svetlana est de nous mettre en position de prendre en compte la confusion dans laquelle se sont trouvés ces gens qui ont vécu cette catastrophe de l’intérieur. Catastrophe qui a touché de nombreux villages où auparavant les nazis avaient commis les pires exactions. Catherine rappelle également que dans la région de Tchernobyl plus de 200 000 femmes ont  avorté de crainte des conséquences des phénomènes d’irradiation sur leur progéniture.

Les principaux écrits de Svetlana Alexievitch, pris Nobel de littérature 2015 :

  • 1985 : La guerre n'a pas un visage de femme, Paris, Presses de la Renaissance, 2004, trad. de Galia Ackerman et Paul Lequesne, 298 p. (ISBN 2-85616-918-X)
  • 1985 : Derniers témoins, Paris, Presses de la Renaissance, 2005, trad. d'Anne Coldefy-Faucard, 378 p. (ISBN 2-85616-973-2)
  • 1990 : Les Cercueils de zinc, [« Cinkovye mal′čiki »], Paris, Christian Bourgois, 1991, trad. de Wladimir Berelowitch, 285 p. (ISBN 2-267-00991-9)
  • 1995 : Ensorcelés par la mort, [« Začarovannye smert'û »], Paris, Plon, 1995, coll. « Feux croisés », trad. de Sophie Benech, 214 p. (ISBN 2-259-02791-1)
  • 1997 : La Supplication : Tchernobyl, chroniques du monde après l'apocalypse, [« Tchernobylskaïa molitva »], Paris, Lattès, 1999, trad. de Galia Ackerman et Pierre Lorrain, 267 p. (ISBN 2-7096-1914-8)
  • 2013 : La Fin de l'homme rouge ou le Temps du désenchantement (trad. du russe par Sophie Benech), Arles, Actes Sud,‎ , 542 p. (ISBN 978-2330023478)
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