Italo Calvino est considéré comme un des grands écrivains italiens du 20éme siècle.
Bien qu’il disait :
« J’aime beaucoup les auteurs
anonymes, que l’auteur parle à travers ses œuvres, il n’y a pas l’encombrement
qui est la personne. Les auteurs desquels on ne connaît rien ont une force
majeure. »
Une rapide biographie paraît utile, tant son œuvre est liée
aux différentes étapes de sa vie .
Italo Calvino est né en 1923
à Santiago de Las Vegas à Cuba où ses parents travaillaient avant de rentrer en
Italie deux ans plus tard.Son père était agronome (sa première orientation) et sa mère biologiste, un milieu plutôt scientifique que littéraire. Il a un frère. Il grandit dans l’Italie mussolinienne, dans une éducation est laïque et antiraciste.
Il commence des études d’agronomie qu’il abandonnera en 1943, après l’arrestation ratée de Mussolini, il prend le maquis et se bat avec les brigades Garibaldi.
Deux ans plus tard, en 1945, il est à Turin, où il participe à plusieurs journaux (l’Unita). Là, il intègre le parti communiste et entame des études littéraires. À cette période, il fait la connaissance de Cesare Pavese qui l'encourage à écrire.
Son premier roman est publié en 1947 ; "Le sentier des nids d’araignées", il y parle de son vécu de résistant.
Il poursuit avec deux œuvres néo réalistes, puis passe aux fables ou contes avec la trilogie des ancêtres dont le plus fameux est sans doute le "Baron perché" et qu’il écrira entre 1952 et 1957. Cette trilogie des ancêtres qui propose une vision allégorique de la condition humaine sera son premier grand succès
Italo Calvino a dit qu’il se sentait très proche du personnage du "Baron
perché" dont il parlait ainsi :
« Le jeu ne commençait à m’intéresser que si je faisais
de ce personnage non pas un misanthrope mais un homme continuellement dévoué au
bien de son prochain, inséré dans le mouvement de son temps. Dans Le Baron
perché, l’homme complet s’apparentait à celui
qui réalise sa propre plénitude en se soumettant à une discipline volontaire
rude et contraignante. Il se passait avec ce personnage quelque chose pour moi
d’insolite : je le prenais au sérieux, j’y croyais, je m’identifiais à lui.
La mère de Côme comprend que lorsque l’on prend une voix de rébellion,
il faut la suivre avec un regard moral, elle le sent, c’est sur ce plan-là que
les parents et les fils trouvent un respect mutuel au-delà des différences
d’opinion. »
En parallèle, de 1950 à 1956, Calvino regroupe et traduit des contes folkloriques italiens du XIXe siècle, qu'il compile sous le nom de "Contes populaires italiens".
En 1956, à l’invasion de la Hongrie, il quitte le parti communiste et ils se détourne alors de son engagement politique. Sa production littéraire ralentit au profit d'activités dans le domaine de l’édition et du journalisme.
Il réfléchit à la place de la littérature dans un monde toujours plus complexe et publie deux articles importants sur ce thème en 1960 : "La mer de l'objectivité" et "Le défi au labyrinthe".
Il publie en 1963 "La Journée d'un scrutateur" . Le roman se situe en 1953, mais il dit qu’il a mis 10 ans à écrire ce petit livre et que c’est l’ouvrage qu’il a eu le plus de mal à écrire.
Cela se passe lors des élections de 1953, alors que la démocratie chrétienne au pouvoir avait décidé d’instaurer une prime de majorité, le parti qui faisait plus de 50% avait les deux tiers des sièges. Toutes les voix comptaient et c’est ce que décrit le livre dans le Cottolengo (hospice de Turin) : « A la fois drôle et triste. Un peu comme le chevalier inexistant qui prend la guerre au sérieux alors que les autres le vivent comme une coutume. »
En 1967, Italo Calvino s'installe à Paris. Il fréquente les membres de l'OuLiPo et devient l'un des leurs en 1972.
A cette époque, il rencontre Perec, Lévi-Strauss et Roland Barthes, qui influencent sa manière d'écrire.
De plus, proche d'universitaires de la Sorbonne, Calvino découvre les écrivains classiques, de Dante à Balzac, de Cervantès à Shakespeare.
Parce qu'il n'est pas que passionné par la littérature, Calvino continue d'étudier les sciences naturelles et la sociologie, comme à ses débuts. Ces domaines jouent un rôle important dans son œuvre, à l'image de "Cosmicomics" en 1965. On y lit aussi son amour du fantastique au sens italien du terme, c’est-à-dire l’imaginaire.
En 1964, Calvino se marie et sa fille naît l'année suivante. Il vivra mai 68.
En 1969 paraît « Le Château des destins croisés ».
En 1972 et 1979, deux ouvrages viennent le compléter et forment le « système combinatoire des récits et des destins humains ». Il s'agit des « Villes invisibles », et de « Si par une nuit d'hiver un voyageur », œuvre oulipienne.
Durant l'été 1985, l'écrivain travaille sur une série de conférences qu'il doit donner à Harvard. Mais il est victime de plusieurs attaques cardiaques.
Italo Calvino meurt à l'hôpital de Sienne le 19 septembre 1985, d'une hémorragie cérébrale.
Calvino a également écrit plusieurs scénarios, de 1962 à 1983.
Italo est un homme engagé, notamment dans le communisme, il s’intéresse à la fois à la littérature et aux sciences, il aime inventer des machines.
L’œuvre est variée, Italo Calvino ne voulait jamais écrire le même livre, il voulait amuser le lecteur et ses livres sont plein d’humour, l’ironie n’est jamais méchante, un fonds de pessimisme transparaît souvent. Le style est magnifique, les descriptions des atmosphères et de la nature sont très imagées.
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