lundi 11 juin 2018

38EME REUNION - LES COUPS DE COEUR DE MICHEL B.




« ENVOYE SPECIAL » DE JEAN ECHENOZ
-      Broché: 312 pages
-      Editeur : Les Editions de Minuit (7 janvier 2016)
-      Langue : Français

Constance étant oisive, on va lui trouver de quoi s'occuper. Des bords de Seine aux rives de la mer Jaune, en passant par les fins fonds de la Creuse, rien ne devrait l'empêcher d'accomplir sa mission. Seul problème : le personnel chargé de son encadrement n'est pas toujours très bien organisé.





« ET TU N’ES PAS REVENU » DE MARCELINE LORIDAN-IVENS

-      Broché: 112 pages
-      Editeur : Grasset (4 février 2015)
-      Collection : Littérature Française
« J’ai vécu puisque tu voulais que je vive. Mais vécu comme je l’ai appris là-bas, en prenant les jours les uns après les autres. Il y en eut de beaux tout de même. T’écrire m’a fait du bien. En te parlant, je ne me console pas. Je détends juste ce qui m’enserre le cœur. Je voudrais fuir l’histoire du monde, du siècle, revenir à la mienne, celle de Shloïme et sa chère petite fille. »
Le 29 février 1944, Marceline Loridan-Ivens a quinze ans lorsqu’elle est arrêtée avec son père lors d’une rafle. Déportée à Birkenau, elle subit l’horreur des camps et parvient à survivre. Son père, lui, ne reviendra jamais d’Auschwitz. Soixante-dix ans plus tard, elle lui adresse une lettre, rédigée avec la journaliste et écrivain Judith Perrignon, où elle raconte sa captivité, son retour, sa vie d’après.



Marceline Loridan-Ivens, née en 1928, déportée à Auschwitz-Birkenau avec son père, a été actrice, scénariste, réalisatrice. On lui doit notamment « La petite prairie aux bouleaux », avec Anouk Aimée (2003), de nombreux documentaires avec Joris Ivens, et Ma vie balagan (Robert Laffont, 2008).


Le point de vue de Michel Bac

Je viens de lire, tardivement, et après tant d’autres, un témoignage profondément bouleversant.
Paru en 2015, il a été écrit, avec Judith Pérignon, par Marceline Loridan-Ivens.(livre de poche)

80 pages environ, d’une sobriété et d’une incandescence rares.

Le père, et la fille de 15 ans, ont été raflés par des miliciens français, puis, après Drancy été expédiés à Auschwitz, et séparés à l’arrivée. Leurs kommandos se croiseront un soir ; elle court se jeter dans ses bras et en est arrachée par un SS qui la piétine devant un père qu’elle ne reverra jamais. Il a pu lui faire parvenir quelques mots sur un bout de papier, qu’elle perdra à jamais.

La lettre qu’elle lui écrit, 75 ans plus tard, rend compte, bien sûr, de l’horreur concentrationnaire, mais s’y ajoutait, pour une enfant de 15 ans, un déchirement singulier : « L’insoutenable incertitude de ce que devenait l’autre », une déchirure qui la brûlera tout au long de sa vie. «  Je t’aimais tellement que j’étais contente d’avoir été déportée avec toi. Je voudrais fuir l’histoire du monde, du siècle, revenir à la mienne, celle de Shloime et sa chère petite fille ».
« Car, avec le temps, l’ombre des camps sur ma vie se confond avec ton absence. Et c’est d’avoir vécu sans toi qui me pèse. »

Marceline évoque aussi le retour, la confrontation à la vie normale, avec ceux qui ne veulent pas savoir ou qui veulent oublier. Mais aussi la dévastation des familles, de « ceux qui sont malades des camps ou qui en meurent sans y être allés », comme ce frère qui aurait tant voulu que ce soit le père qui revienne, et qui finira par la persécuter violement avant de se suicider.

L’extermination de masse a aussi ravagé la vie de ceux qui y ont survécu …

Un autre livre est paru depuis, qui dit la rage de vivre après avoir été saccagée. Il s’intitule « L’amour après ». Ce sera ma prochaine lecture.

mb14/04/2018
Par analogie Catherine nous parle en quelques mots d’une récente exposition de « Ceija Stojka (1933-2013) une artiste rom dans le siècle » à la Maison rouge sur le thème « 40 ans après »
Ceija Stojka est née en Autriche en 1933, cinquième d'une fratrie de six enfants dans une famille de marchands de chevaux rom d'Europe Centrale, issue des Lovara. Déportée à l'âge de dix ans, parce que Rom, avec sa mère Sidonie et d'autres membres de sa famille, elle survit à trois camps de concentration, Auschwitz-Birkenau, Ravensbrück et Bergen-Belsen.
C'est seulement quarante ans plus tard, en 1988, à l’âge de cinquante-cinq ans, qu'elle ressent le besoin et la nécessité d'en parler ; elle se lance dans un fantastique travail de mémoire et, bien que considérée comme analphabète, écrit plusieurs ouvrages poignants, dans un style poétique et très personnel, qui font d'elle la première femme rom rescapée des camps de la mort à témoigner de son expérience concentrationnaire contre l'oubli et le déni, contre le racisme ambiant.
Son œuvre peinte ou dessinée, réalisée en une vingtaine d'années, sur papier, carton fin ou toile, compte plus d'un millier de pièces. Ceija peignait tous les jours, dans son appartement de la Kaiserstrasse à Vienne.
On note deux axes dans son travail pictural : la représentation, sans omettre les détails, des années terribles de guerre et de captivité endurées par sa famille, par son peuple ; en parallèle elle peint des paysages colorés idylliques, évocations des années d'avant-guerre, quand la famille Stojka, avec d'autres Roms, vivait heureuse et libre en roulotte dans la campagne autrichienne.
http://lamaisonrouge.org/fr/expositions-archives-detail/activites/ceija-stojka-1933-2013br-artiste-rom-dans-siecle/

Par analogie également sur le thème des couples célèbres (comme Marceline et Joris Ivens), Joseph évoque une exposition au Centre Pompidou de Metz du 28 avril au 20 août:
L’exposition explore le processus créatif généré par les relations amoureuses, passionnées, complexes parfois subversives, qui unissent les artistes avant-gardistes de la première moitié du XXème siècle.
Qu’ils soient officiels, clandestins, exclusifs ou libres, ces couples mythiques formés par des artistes tels que Jean Arp et Sophie Taeuber-Arp, Man Ray et Lee Miller, Eileen Gray et Jean Badovici, unissent non seulement les peintres, sculpteurs, photographes, architectes, designers, poètes, écrivains, mais aussi des musiciens, danseurs, performeurs et mécènes. Ils constituent à eux seuls des zones fertiles d’échanges, de confrontations et d’influences où fructifient les œuvres, les concepts et les mouvements.
La vie intime et amoureuse des artistes, consubstantielle de la création, transparaît à travers les œuvres destinées à être vues et exposées. Au-delà de cette valeur sentimentale, l’exposition apporte un éclairage essentiel sur l'évolution des moeurs et de la pensée des protagonistes de la modernité et révèle des collaborations méconnues. Des personnalités demeurées dans l’ombre de leur partenaire sont également présentées, dont la dessinatrice Suzanne Malherber, dite Marcel Moore, compagne de la photographe et auteure Lucy Schwob, dite Claude Cahun, ou encore la pianiste Nelly von Moorsel, épouse du peintre, architecte et théoricien Théo van Doesburg.
L’exposition réunit des chefs-d’œuvre, dont plus de cent cinquante proviennent du Centre Pompidou, Musée national d’art moderne, mais aussi de collections internationales prestigieuses. Elle explore la trajectoire artistique de ces binômes intimes pour offrir une relecture transversale de l’histoire de l’art. C’est la notion même de modernité qui est questionnée à travers le prisme de cette cellule organique, protéiforme, créatrice et parfois éphémère qu'a été le couple d'artistes.



« RETOUR A MATTERHORN » DE KARL MARLANTES
-      Poche: 936 pages
-      Editeur : Le Livre de Poche (21 août 2013)
-      Collection : Littérature



Prendre la colline de Matterhorn et la fortifier pour résister à l'armée nord-vietnamienne, l'abandonner pour exécuter une autre tâche, sans munitions et nourriture suffisantes, puis la réinvestir, telle est la mission qui incombe à la Compagnie Bravo dirigée par le lieutenant Mellas. Qu'ils marchent dans une jungle infestée de tigres et de sangsues, s'enfoncent dans leurs trous de combat boueux ou commettent l'irréparable, ce que vivent ces « gamins » noirs et blancs est tout à la fois terrifiant, héroïque, cruel, vain, tendre, absurde, désespérant et sublime. Un livre unanimement salué par la critique.
Marlentes écrit un roman qui est le récit infiniment précis de la matérialité de la guerre. Il rappelle cette évidence que l’on oublie toujours : ceux qui font la guerre sont des gamins. Alexis Jenni, prix Goncourt 2011, Le Point.



« ANTISÉMITE » DE PASCAL BONIFACE
-      Broché: 201 pages
-      Editeur : Max Milo (11 janvier 2018)
-      Collection : ESSAIS DOCUMENT


" On peut être en désaccord avec Pascal Boniface, cela ne justifie en rien les torrents de boue déversés sur lui depuis quinze ans, avec un parti pris dont j'ai été témoin direct à plusieurs reprises. " Michel Wieviorka
Un intellectuel accusé d'antisémitisme sans qu'il n'ait jamais prononcé ou écrit une phrase pouvant justifier cette accusation.
Un centre de recherches dont les travaux font autorité sur le plan national et international, qui a risqué de disparaître parce que son directeur a critiqué un gouvernement étranger.
Comment des hommes politiques de premier plan qui le soutenaient l'ont accusé publiquement sous la pression des lobbies.
Qu'une telle affaire se déroule en France paraît incroyable ; elle est pourtant réelle.
Pascal Boniface, dans un récit autobiographique précis et enlevé, en tire des conclusions sur l'importation du conflit israélo-palestinien en France et ses conséquences sociétales, ainsi que la réalité du communautarisme.


Sur la Guerre du Vietnam, l’excellent documentaire DVD d’ARTE
10 ans d’enquête, une foule d’archives et de témoignages saisissants et inédits. Une série documentaire d’une ampleur exceptionnelle par les réalisateurs de "The War".
Dans la tradition de son travail monumental sur la Seconde Guerre mondiale (The War - 2008), Ken Burns propose avec Lynn Novick, VIETNAM un voyage à l’intérieur du conflit qui a marqué une génération : 30 ans de soulèvements et de destructions, plus de 3 millions de morts…
À travers les récits intimes d’une centaine de témoins - simples soldats, civils et dirigeants qui ont fait, vécu et subi cette guerre - VIETNAM raconte l’histoire de la fin du colonialisme, de la montée en puissance de la Guerre froide et de la victoire d’un peuple de paysans contre l’une des machines les plus destructrices du monde.
Une mine d’archives inédites, de films amateurs, de photos prises par les plus grands journalistes et d’enregistrements sonores secrets nous plongent dans une expérience viscérale, rythmée par la force et l’énergie des morceaux de Dylan, des Stones, des Beatles et de Jimmy Hendrix qui l’accompagnent.




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