"J’ai beaucoup aimé ce livre ; encore merci
à Marie Christine de l’avoir recommandé. J’étais parfaitement passé à côté lors
de sa sortie et je vais du coup découvrir aussi l’immeuble Yacoubian .
J’ai été un peu gêné par la composition, assez
académique ; par exemple l’échange épistolaire entre Mazen et Asma
Gêné aussi par l’exceptionnelle pureté des
personnages positifs.
J’ai beaucoup aimé l’entrée en matière, si je
puis dire, où le dévôt général, après avoir prié comme il se doit, honore sa
considérable épouse avant d’aller superviser et améliorer les pratiques de
torture de ses sbires.
J’ai adoré l’ironie des portraits des tartuffes
religieux, des hommes et femmes de pouvoir, avec une mention spéciale à
Nourhane, qui ridiculiserait n’importe quelle sainte-n-y- touche.
Al Aswani déploie dans ces descriptions un
talent qui m’évoque Voltaire à son meilleur.
De plus, les invocations rituelles de Dieu, à
tout propos et sur tous sujets sont ici délicieusement illustratives de
l’hypocrisie élevée au rang d’un art majeur.
Quant aux militaires et policiers égyptiens,
ils interdisent d’utiliser à leur propos le terme de bestialité ou de
sauvagerie ; existe-t-il des bêtes sauvages capable de faire à leurs congénères
ce que ces gens-là ont fait aux révoltés ?***
C’est une puissante évocation de ce printemps
égyptien que propose Al Aswani, la ferveur et la soif de justice qui ont porté
des millions de personnes, et puis l’impitoyable brutalité avec laquelle
l’Ordre a été rétabli.
Il propose aussi une interrogation redoutable
sur la nostalgie ou le goût de la servitude ; question pondérée par l’hallucinante
description du bulldozer médiatique, de cette machine à décérébrer ; j’ai
eu peine à croire que cela puisse fonctionner à ce point …
Mais de nombreux exemples ailleurs qu’en Egypte
tendraient à le prouver.
J’ai bien aimé aussi, dans ce contexte où
rayonnent les « faux culs » la célébration de la chair et de l’amour."
*** : sur ce sujet , je crois que nous
avions évoqué un soir « la servante et le catcheur » de Castellanos
Moya .
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire