dimanche 15 mars 2020

45EME REUNION : LE POINT DE VUE DE JOSEPH SUR " J'AI COURU VERS LE NIL " D'ALAA EL ASWANY

J’ai été heureux de découvrir ce livre, que j’ai (lu intégralement et) beaucoup apprécié.
Particulièrement ce maillage des discours, qui alterne les contenus (pour les actions et les personnages) et les modes narratifs.
Bien sûr cette évocation puissante de la révolution du Caire en 2011 et de sa répression.
J’ai une petite déception et une grande interrogation.
Je suis un peu gêné par la manière dont se combinent la part documentaire et la part de fiction. Ce n’est pas le principe même d’une telle combinaison qui est en jeu. Mais on se trouve ici, alternativement, soit dans un document brut (les témoignages sur la répression), soit dans une fiction qui ne résiste pas à quelques fioritures (dans le traitement de l’histoire d’amour entre Achraf et Akram).
On aurait envie de savoir quelle est la part d’expérience réellement vécue entre Achraf et Akram ; même remarque pour la riche histoire et de l’usine et des rapports entre Asma et Mazen ; ou pour le verrouillage de la télévision et l’itinéraire matrimonial complexe de Nourhane.  
Ma grande interrogation porterait sur l’Egypte d’aujourd’hui, comparée à 2011. La chape de plomb est-elle la même qu’en 2011 ou la situation a-t-elle évolué ? Y a-t-il quand même des points communs avec le Hirak algérien né en 2019 ?
On a peut-être un début de réponse quand on lit qu’Alaa El Aswany est poursuivi en justice début 2019 par le parquet général militaire égyptien. Accusé d'"insultes envers le président" dans son livre de 2018, il revendique "le devoir de l'écrivain de défendre les valeurs humaines" (France Culture, 20 mars 2019).
On trouve peu de choses sur lui en 2020. Il est invité au Mucem à Marseille en avril (fermé pour l’instant pour cause de virus).

Aucun commentaire: