J’ai été heureux de découvrir ce livre, que j’ai (lu
intégralement et) beaucoup apprécié.
Particulièrement ce maillage des discours, qui alterne les
contenus (pour les actions et les personnages) et les modes narratifs.
Bien sûr cette évocation puissante de la révolution du Caire
en 2011 et de sa répression.
J’ai une petite déception et une grande interrogation.
Je suis un peu gêné par la manière dont se combinent la part
documentaire et la part de fiction. Ce n’est pas le principe même d’une telle
combinaison qui est en jeu. Mais on se trouve ici, alternativement, soit dans
un document brut (les témoignages sur la répression), soit dans une fiction qui
ne résiste pas à quelques fioritures (dans le traitement de l’histoire d’amour
entre Achraf et Akram).
On aurait envie de savoir quelle est la part d’expérience
réellement vécue entre Achraf et Akram ; même remarque pour la riche histoire
et de l’usine et des rapports entre Asma et Mazen ; ou pour le
verrouillage de la télévision et l’itinéraire matrimonial complexe de Nourhane.
Ma grande interrogation porterait sur l’Egypte d’aujourd’hui,
comparée à 2011. La chape de plomb est-elle la même qu’en 2011 ou la situation
a-t-elle évolué ? Y a-t-il quand même des points communs avec le Hirak algérien
né en 2019 ?
On a peut-être un début de réponse quand on lit qu’Alaa El
Aswany est poursuivi en justice début 2019 par le parquet général militaire égyptien.
Accusé d'"insultes envers le président" dans son livre de 2018, il
revendique "le devoir de l'écrivain de défendre les valeurs humaines"
(France Culture, 20 mars 2019).
On trouve peu de choses sur lui en 2020. Il est invité au
Mucem à Marseille en avril (fermé pour l’instant pour cause de virus).
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