dimanche 19 juin 2022

49 EME REUNION : LE MOT INTRODUCTIF DE JEAN-PAUL - ELEMENT POUR UNE AUTOBIOGRAPHIE A VENIR !!!

Un peu difficile de faire une présentation à distance d'un livre comme "Petit Piment"

J'ai connu Pointe-Noire en 1957; j'étais fauché et cherchais à rentrer en France.  A l'époque Pointe Noire avait des peintres qui vendaient leurs oeuvres sur papier pour un prix dérisoire à tout promeneur arborant une gueule d'Européen; c'était lÉcole de Poto-poto qui illustrait la vie mi-réaliste mi-fantasmée du Congo de l'époque.  

J'avais 17 ans, étais très naïf et donc n'eut pas le bonheur de rencontrer de putes zaîroise.  A l'époque Pointe-Noire était au bout de la ligne,  une sorte de Porte de la Chapelle maritime pour les cargos et paquebots qui "faisaient" la côte ouest de l'Afrique. J'ai fini par embarquer sur le Mermoz pour Marseille, en quatrième classe, réservée aux é/immigrants; on y trouvait aussi quelques paumés comme moi, certains dans un état beaucoup plus délabré et pour tout dire au bout du rouleau.


Alain Mabanckou ne naîtra qu'en 1966, l'année où j'émigrai aux Etats-Unis.  
Il raconte avec panache sa propre vie  dans Lumières de Pointe Noire, paru en 2011.  
On ne peut échapper au charme du style de Mabanckou.  Il faisait partie des "sapeurs", ces jeunes Africains qui aimaient "se saper" et des conteurs qui savent faire une histoire d'un rien, tourner tout en dérision mais qui sous l'apparence de la pochade savent faire sentir à ceux et celles qui les écoutent ou les lisent l'histoire la grande. 
Comme il le dit lui-même, "Lumières de Pointe Noire" est vu de l'intérieur, un portrait intime. Petit Piment en est l'écho externe,  C'est Alain Mabanckou qui le dit. Il y trace l'histoire d'un orphelin et à travers cette histoire l'histoire cocasse et tragique d'un "enfant trouvé" africain qui doit s'inventer un parcours, dans le dédale de l'histoire elle-même cocasse et tragique du passage dit socialiste, de la russification du Congo des années 60-70.
L'écriture est savoureuse, les mots choisis avec précision, C'est un travail de graveur.  Qu'on ne s'étonne pas, le meilleur ami littéraire de Mabanckou est Le Clézio,  
On a tout-à-fait le droit de comparer Mabanckou à un autre conteur africain renommé et contemporain, Abdulrazak Gurnah et en particulier au Paradise de ce dernier.  De l'Afrique de l'Ouest à l'Afrique de l'Est, du français à l'anglais, on perçoit une sensibilité parallèle.  
Mabanckou est un conteur, un écrivain hors pair, une pointure.  

JEAN-PAUL


ALAIN MABANCKOU

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