La plupart d'entre nous cependant disent ne pas en regretter la lecture, même si celle-ci s'est avérée pénible. Plusieurs d'entre nous ont apprécié la première partie du livre.
Ce qui ressort en premier lieu : la lourdeur de la description des bas-fonds, une pornographie au-delà des limites, des personnages outrancièrement vils, méchants et lâches, quelques notes de racisme et une très grande misogynie.
Si dans son ensemble le texte est d'une grande grossièreté, utilisant des "mots crus" (dixit Céline pour qui "écrire est une sécrétion"), nous nous accordons pour y avoir aussi relevé quelques trouvailles stylistiques, ainsi que des descriptions puissantes comme par exemple l'extrait lu par Claude.
D'autre part, il est difficile de faire abstraction de l'homme et de ne pas se méfier de cet individu honteux.
Cela nous a amenés à débattre de la problématique sur la distinction entre sphère privée et oeuvre. Quelques auteurs parmi nous ont rappelé que les personnages d'un roman finissent immanquablement par échapper à leur auteur pour, en quelque sorte, écrire leur propre vie. De fait la question se pose est-ce Céline ou son double qui écrit ?
Michel, arrivé parmi nous ce jour, s'est demandé si la finalité n'était pas justement de donner la nausée pour témoigner de l'horreur de la guerre. Le livre se situe dans le contexte de la Grande Guerre, et beaucoup d'écrivains ont eu du mal à en exprimer l'horreur.
Michel E. fait toutefois un parallèle avec un livre de Maurice Genevoix "La Mort de Près". Cet auteur y décrit l'horreur de la guerre des tranchées qu'il a vécue comme Céline.
Nous nous sommes aussi posé la question de savoir si Céline de son vivant aurait fait publier ce texte tel quel, ou s'il l'aurait remanié, car si son style est qualifié de "parlé", il n'est pas dénué de travail et c'est précisément en ça qu'on le présente souvent comme une révolution littéraire.
Enfin, Michel conclut le débat en nous rappelant que, comme tant d'autres écrivains, Céline achève son roman "Rigodon", le 30 juin 1961 et meurt le lendemain...


Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire