Ci-dessous, la remarquable présentation de Bernard.
Présentation
du docteur Jivago
Réunion
du Square du 20 juin 2024
Les
chiffres renvoient à la traduction de Hélène Henry
Les
chiffres précédés de « Q » se réfèrent à l’édition QUARTO (qui
reprend la traduction initiale, également reprise par FOLIO et La Pléiade).
[20 juin 2024]
1.
Introduction
La
première anecdote
-1937. Congrès des écrivains soviétiques. Période de
répression terrible. Les gens tombaient comme des mouches. Les amis de BP se
réunissent autour de lui et lui disent : « si tu parles
pendant le Congrès, ils vont t’arrêter, et si tu ne parles pas, ils
t’arrêteront tout de même pour insubordination ironique ». Deux mille
personnes étaient présentes. Jdanov, le bras droit de Staline pour les
questions culturelles, connu pour sa cruauté, était présent sur l’estrade. Le
congrès dura 3 jours et tous les discours disaient : « Merci au
frère Staline, merci au père Staline ». BP ne dit pas un mot. Au 3ème
jour ses amis lui dirent : « Quoi que tu fasses, ils vont t’arrêter.
S’il te plaît, peut-être pourrais-tu dire quelque chose, quelque chose que nous
pourrons garder en nous quand tu seras en prison ». BP se lève, se
rend au pupitre et dit un seul mot : un numéro : 30.
Sur ce,
2000 personnes se levèrent et récitèrent la traduction en russe du sonnet n° 30
de Shakespeare[1]. BP avait traduit en russe ce sonnet et les Russes
disent aujourd’hui encore que c’est, avec ceux de Pouchkine, l’un des grands
textes de la langue russe, mais c’est du Shakespeare. Et BP ne fut pas arrêté.
Cela
voulait dire : « Vous ne pouvez pas nous toucher, vous ne pouvez
pas détruire la langue russe, vous ne pouvez pas détruire le fait que nous
sachions par cœur ce que Pasternak nous a donnés ».
Cela montre également l’extraordinaire place de la poésie dans la culture russe et la place de la poésie dans un roman comme le docteur Jivago.
La
deuxième anecdote.
En 1945, Tatiana
Gneditch, grande traductrice russe, a été condamnée à 10 ans de camp de
redressement par le travail pour « trahison de la patrie ». Pendant
sa détention, elle traduit Don Juan le poème de Lord Byron de 17.000
vers, de mémoire alors qu’elle n’a ni le texte original ni dictionnaire ni
papier et en respectant les règles de prosodie russes. C’est le sujet d’un
livre « La traductrice » de Efim Etkind. On est ici en
présence d’une performance surhumaine, voire inhumaine, typiquement russe.
Cette
place de la poésie dans la culture russe et cette passion pour la poésie ne se
retrouvent pas seulement dans les poèmes qui ferment le livre. Au dernier
chapitre (épilogue), Gordon et Doudorov amis d’enfance de Iouri feuillettent le
recueil des poèmes de Iouri et le texte nous dit : ils en savaient la
moitié par cœur. Jivago dit : « nous relisons sans fin Eugène
Onéguine et les longs poèmes » (355).
2.
INTRODUCTION
(1)
Le docteur Jivago, c’est l’histoire du
docteur Iouri Jivago, médecin et poète.
(2)
Cette histoire commence sous la Russie
impériale alors que Iouri, fils d’une grande famille bourgeoise libérale est
déjà orphelin de son père, et assiste à l’enterrement de sa mère alors qu’il a
11 ans.
(3)
Cette histoire se termine avec sa mort en
descendant d’un tram à Moscou en 1929, alors qu’il est tombé dans la misère et
dans la folie après avoir abandonné tous ses proches – et après que son amour
Lara lui a été dérobée par l’ancien séducteur et protecteur de celle-ci
(Komarowski).
(4)
Ce qui frappe avant même de relater
l’histoire qui a traversé la première moitié du XXème siècle :
-Iouri est pris dans le chaos de l’histoire de la
Russie de 1903 à 1929 avec un épilogue se rapportant à la grande guerre
patriotique de 1945 (le roman traverse donc la fin de la Russie impériale, la
grande grève de 1905, la Révolution de février 1917, la Guerre civile, première
guerre mondiale, Révolution bolchevique, les purges) ;
-Iouri est pris dans une deuxième tourmente qui
est celle de sa passion pour Lara qu’il rencontre alors qu’elle est infirmière
dans un hôpital militaire alors qu’il est lui-même marié avec la fille d’une famille
d’intellectuels qui l’a recueilli à Moscou et qui a été élevée avec lui (Tonia,
qui finira par le quitter pour Paris) et alors que Lara est elle-même mariée
avec un fils d’ouvrier qui deviendra un personnage important du régime
bolchevique et qui se suicidera.
(5)
-Iouri est un homme ordinaire, ce n’est
pas un héros, il a des accès de lâcheté. Il se débat avec les circonstances,
avec sa conscience.
(6)
-Comme le montrent les 25 poèmes in
fine, et l’épilogue du roman où ses amis d’enfance récitent ses poèmes, Iouri
est un poète.
-D’abord un poète lyrique : véritablement
amoureux de la nature[2].
Alors qu’il traverse la Sibérie dans des conditions terribles, il est capable
de s’enthousiasmer pour un paysage de neige, de décrire les arbres ;
[Que] l’on a parfois envie de se
défaire de cette parole humaine,
Pompeuse et médiocre, désespérante,
Pour retrouver la nature
Qui ne se tait qu’en apparence (p. 183).
-Pour Pasternak, seule la nature est préservée et préserve des horreurs du monde, que ce soit les arbres, la neige ou les vaches dans un pré ; BP confronte l’expérience lyrique du monde aux injonctions pressantes de l’histoire ; p. 616 : « Jamais, jamais, même aux minutes du bonheur le plus prodigue, le plus éperdu, ils ne perdaient mémoire de ce qui plus que tout élève et ravit : « Le sentiment bienheureux qu’ils aidaient eux aussi à façonner la beauté du monde, qu’ils avaient un rapport profond avec toute la beauté, avec l’univers entier » (partie 15/15).
-Ensuite un poète qui célèbre la vie et l’idéal
chrétien. Il voit dans le fait de rebondir, de renaître après chaque échec
ou chaque faiblesse, une forme de résurrection. La vie est pour lui une forme
de résurrection permanente; JIVA est du vieux russe qui veut dire
ressuscité, renaissance : Jivago veut dire le vivant. Il est celui
qui tombe et qui renaît à chaque fois (voir p. 192 : « Chaque
homme est revenu à la vie, une nouvelle naissance tout le monde est transformé,
régénéré »);
-Les deux thèmes sont liés : le poète sait que la
vie ne peut être défendue que par la création : « il n’est de
peine au monde que la neige ne puisse apaiser ». Sa mission est de
défendre la vie et la création jusqu’au sacrifice, comme celui du Christ sur la
croix ;
-Ce que BP entend par résurrection, c’est la capacité
qu’a le monde de renaître en toutes choses et la capacité qu’a le mal de
renaître en bien ; il conteste l’interprétation traditionnelle de la
résurrection : « où irait-on mettre tous ces vivants ces morts,
multitudes rassemblées au cours de millénaires ? » (Q300) ;
-Le docteur Jivago est la trajectoire d’une lente
glissade vers le néant : fils d’une grande famille bourgeoise libérale ,
il est entré dans la révolution comme dans une ascèse. Iouri se meurt dans la
déchéance physique et sociale. C’est cette déchéance qui l’assimile au Christ,
alors qu’il est réduit à la déchéance et à la mendicité ;
-Le message est : « on n’arrive à rien
par la violence et on ne parvient au bien que par le bien » (332) ;
-Le livre est parsemé de références bibliques :
-l’ânesse de Balaam à propos d’un sourd-muet qui se
met à parler (Q 378). Voir le livre des Nombres;
-les références à l’apocalypse de Jean qui prophétise
qu’un déluge de sang se déchainera et recouvrira tout. Le déluge, c’est la
Révolution ;
-« au Royaume de Dieu, il n’y a ni Grec ni
esclave ».Voir l’épitre de Paul aux Galates (165).
(7)
-Iouri est l’homme des contrastes :
sa vie est faite d’actes extraordinairement courageux et de terribles
faiblesses mais il n’y a pas de place pour la vie rétrécie de petit bourgeois ;
(8)
-Le docteur Jivago n’est pas un roman à
thèse, parce qu’il n’y a pas de parole définitive : Vedeniapine, oncle de
Iouri, est un philosophe idéaliste chrétien, Gordon, l’ami d’enfance, est le
juif converti, Pavel Antipov (Strelnikov, le mari de Lara, est le révolutionnaire
fanatique surnommé l’ange exterminateur (Strelnikov veut dire le fusilleur),
Lara, est la déclassée, Evgraf Jivago, le demi-frère est l’énigme, Komarovski,
l’incarnation du mal. En ce sens, c’est un roman polyphonique où il n’y a pas
une voix qui l’emporte sur les autres. BP n’a jamais admis que l’art puisse
obéir à des impératifs politiques ;
(9)
-Le docteur Jivago est aussi un roman
d’amour : c’est la lecture la plus évidente : Iouri a trouvé un
second amour dans une maison abandonnée au milieu de l’Oural à Varykino et Lara
lui est dérobée par Komarowski, qui avait poussé son père au suicide. Le mari
de Lara, le révolutionnaire Strelnikov finit par se suicider à Varykino après
une discussion avec Iouri. p. 515 : « la Révolution a tout détruit
mais l’amour subsiste ».
(10)
C’est un roman sur la solitude. Les liens
entre les hommes se dissolvent et ne renaissent que par une série de
coïncidences ;
(11)
Enfin, le destin de Iouri reflète le
destin de proches de Pasternak, et notamment de Marina Tsvetaïeva et Olga
Ivinskaïa.
3.
BORIS PASTERNAK
(12)
Né en 1890 sous la Russie impériale, BP
est le fils d’un peintre connu portraitiste préféré de Tolstoï, la mère est pianiste.
Ils sont amis de Scriabine, Tolstoï, Rilke. Il fera d’abord des études de musique
et composera une sonate à l’âge de 13 ans, puis abandonnera au motif qu’il n’a
pas l’oreille absolue mais il jouera du piano toute sa vie. Il se tourne
ensuite vers des études de philosophie et de langues. Il passe un an en Allemagne.
Il sera un très grand traducteur (Shakespeare, Keats, Schiller, Goethe (Faust),
Verlaine). Même à l’époque stalinienne, ses traductions seront publiées sans interruption
et grâce à ces traductions (les traducteurs russes étaient rémunérés au nombre
de mots traduits), il ne sera jamais dans le besoin.
(13)
Enfant, il a assisté à des cruautés
commises par les cosaques du tsar et a d’abord approuvé la révolution
bolchevique à laquelle il assiste adolescent. Il parle des décrets de la
révolution de 1917 comme une « magnifique chirurgie, un eux, trois et
on vous excise artistement les vieilles plaies fétides ». Il faisait
grand cas de deux conquêtes soviétiques : « la liquidation du
profit personnel et celle de l’humiliation de la femme ». Il a été un
moment donné le « premier poète ». Il s’éloignera du régime avec
l’arrestation de Boukharine en 1935. L’arrestation de Boukharine dissipera ses
illusions et il deviendra un opposant silencieux.
(14)
BP est d’abord un poète. Sa passion est la
poésie dans un pays où la poésie joue un tout autre rôle qu’en France. Depuis
Pouchkine, la poésie est immensément populaire en Russie pour plusieurs
raisons : L’une des raisons tient aux règles de poétique - très strictes –
rendant les poèmes faciles à retenir. Il publiera un recueil en 1922, Ma
Sœur, la vie, qui est encore lu aujourd’hui.
(15)
En 1946, il entreprend de rédiger un
grande fresque historique, son unique roman. Il mettra 10 ans à l’écrire.
(16)
On raconte qu’il correspondait avec l’Occident
avec des cartes postales car il était persuadé que le KGB ne contrôlait pas les
cartes postales dont le contenu était toujours accessibles. En fait le KGB
contrôlait.
(17)
L’histoire de la publication du Docteur
Jivago est elle-même un roman. En 1956, les deux principales revues littéraires
russes refusent de l’éditer. BP remet son manuscrit à un journaliste italien
qui le fait publier par Feltrinelli qui était pourtant un éditeur communiste et
qui le publie malgré les menaces de Togliatti, le chef du parti communiste italien.
Le roman est publié en français l’année suivante grâce à quatre jeunes universitaires
slavistes qui traduisent le roman à 8 mains sans signer la traduction par peur
de se voir refuse des visas pour aller en Russie. BP, qui était francophone, chantera
les louanges de cette traduction[3].
(18)
BP a obtenu le Nobel en 1958 qu’il a
d’abord accepté puis refusé sous la pression des autorités russes. Craignant de
ne pas pouvoir retourner en Russie s’il va chercher son prix, il écrit à
Kroutchev : « je suis à la Russie par ma naissance, par ma vie,
par mon travail. Je ne conçois pas d’en être séparé, ou de vivre en dehors
d’elle ». Les autorités russes ont en quelque sorte contribué à donner
au livre une dimension politique qu’il n’avait pas, et à faire du Docteur
Jivago un succès planétaire. La CIA a même fait circuler sous le manteau en Russie
des exemplaires du docteur Jivago qu’elle avait fait éditer en petit format.
(19)
Alors qu’il était marié en secondes noces,
il a rencontré une femme Olga Invinskaïa, qui aurait servi de modèle à Lara. Le
roman fait écho à sa situation d’homme marié vivant avec une autre femme.
(20)
Il meurt en 1960 après avoir été victime
d’une terrible campagne de dénigrement (« il a vécu toute sa vie dans
notre poésie comme un porc à l’abri d’un chêne »), même par ses
meilleurs amis écrivains, et après avoir été exclu de l’Union des écrivains. Il
ne sera jamais déporté contrairement à Olga Invinskaïa qui ne sera libérée
qu’en 1964. Ses poèmes seront interdits de publication. Le roman ne sera publié
en Russie qu’en 1988 avec la perestroika. BP aura navigué toute sa vie entre
les menaces et les honneurs.
4.
RESUME
Le roman est
surprenant à trois égards
-D’abord par ce que le
docteur n’est au centre de l’action que lors de la seconde partie du
livre ;
-Ensuite parce qu’il faut s’acclimater
aux différentes formes que peuvent prendre les prénoms : le russe a ici la
même flexibilité que l’italien (pensons à Lorenzaccio pour Lorenzo), souplesse
que la langue française ne connaît pas ;
-Enfin, le film donne une image trompeuse du film : Varykino est en Oural, non dans la steppe plate et désertique que suggère le film tourné en Finlande. Contrairement au film, le livre n’a rien de romantique. La romance, la séduction joyeuse est absente du livre qui est avant tout le récit d’un effondrement.
Introduction
-L’intrigue s’organise
autour de trois cercles qui se recoupent :
-Le premier cercle,
c’est la famille Jivago/Gromeko
Iouri, orphelin, on l’a vu,
est recueilli par son oncle maternel Vedeniapine. Il est pris en charge par la
famille Gromeko et va être élevé avec leur fille Tonia, comme si c’était sa sœur.
Fin 1911, c’est Tonia qu’il va épouser et dont il aura deux enfants.
Informée de la liaison de Iouri
avec Lara et sans nouvelles de lui, Tonia lui envoie une lettre qui met 5 ans à
lui parvenir - p. 514) et le quitte pour Paris avec les enfants. C’est l’un des
moments forts du livre (partie 13/18). Ils ne se reverront jamais.
Iouri apprend que son père (qui a dilapidé sa fortune) a été acculé au suicide par une affairiste du nom de Komarowski qui est précisément le personnage qui a tenté de séduire et maltraité Lara.
-Le second cercle, c’est
le famille GUICHARD
Veuve d’un industriel
belge, Amalia Guichard, française, a deux enfants, Rodion et Lara. Leur
« bienfaiteur » est Viktor Komarowski qui a conseillé son mari et qui
a eu une relation avec Amalia. Komarowski s’intéresse à Lara adolescente qu’il
va harceler, flatter et séduire. Lara est finalement dégoutée.
A un bal de Noël chez les
Sventiski, Lara a l’intention de tuer Kowarowski mais blesse un
procureur . C’est grâce à l’entregent de Komarowski qu’elle échappe à
toutes poursuites.
Lara quitte la maison et
est éducatrice chez les Vologridov où elle est à l’abri de Komarowski pendant 3
ans.
Elle fait la connaissance
de Pacha et rêve d’aller avec lui en Oural où ils travailleraient comme
professeurs et créeraient un foyer. Lara reconnaît la grandeur de Pacha et sa
pureté morale qui le distingue de Komarowski.
En 1912, elle épouse Pacha Antipov. Appelé sous les drapeaux, Pacha deviendra un révolutionnaire fanatique avant de se suicider après avoir rencontré Iouri à Varykino où il pensait retrouver Lara mais Lara était déjà partie. La confession de Pacha à Iouri avant de mourir est un autre grand moment du livre (partie 14/17) ;
Le troisième cercle, c’est la famille TIVERSINE et le jeune Pacha ANTIPOV qui vit chez les Tiversine. Marfa Tiversina et Pacha assistent à la répression par les dragons.
-Le début du
roman comporte les signes avant-coureurs de l’effondrement :
-les orages au cimetière annoncent un temps d’épreuve (Q
19) ;
-le
suicide d’Andreï Jivago, le père de Iouri ;
-un
cheminot, le mari de Tiverzina, est brûlé vif à son poste (Q 246) ;
-une
jeune fille est séduite par un avocat affairiste libidineux (Komarovski) ;
-le
jeune Doudorov est en barque, il tombe à l’eau (Q 250) ;
-la
saleté de l’hôtel du Monténégro (Q 253) ;
-la
mère de Tonia, la femme de Iouri, meurt prématurément, elle s’empoisonne (Q
293) ;
-les
ouvriers du rail Moscou Kazan font grève (Q 257) ;
-le
Commissaire Hintz est assassiné par les déserteurs (Q 201) ;
-le
vieux cheminot ivrogne Khoudeleïev frappe ses apprentis (261) ;
-le
massacre par les dragons. Tout devient rouge (Q 268) ;
-Moscou
affamée (HH 226) ;
-Ostromyslenski
dépense l’argent destinée à l’entretien de Ioura (Q 272) ;
-les
femmes en fuite dans la taïga : « c’étaient de jeunes mères qui
n’avaient plus de raison. elles abandonnaient leur enfant sur le chemin,
vidaient la farine des sacs et rebroussaient chemin. plutôt une prompte mort qu’une
longue agonie affamée » (HH 450 (12-5). Même les vaches devenaient
folles.
Le
docteur Jivago, c’est le destin désordonné d’un médecin dont la première
épouse, Tonia, émigrera sans lui, tandis qu’il reste en régime bolchevique,
qu’il connaît un amour bouleversant avec une femme, Lara, dont le mari, Strelnikov
se suicidera, chef bolchevique bientôt liquidé par la Révolution qu’il a servi
Plus
tard, Lara est arrêtée et Iouri rentré à Moscou dans la misère, se mettra en
ménage avec une lingère et mourra, pris d’une attaque dans un tramway.
C’est
l’histoire de la décadence apparente d’un homme dont les vers, retrouvés par
ses amis après sa mort disent l’angoisse, le remord et l’émerveillement devant
le monde. il s’identifie à Hamlet et, à travers Hamlet, au Christ.
Je suis la cible des ténèbres
Cent jumelles sont braquées sur moi,
S’il se peut encore, Abba, mon père,
Cette coupe écarte la de moi.
Le poème Hamlet reprend un vieux diction russe : Vivre, ce n’est pas traverser un champ.
Première partie
– L’express de cinq heures (23-43)
Russie impériale 1902.
Iouri assiste à l’enterrement de sa mère, Maria Nikoleivna Jivago ;
Abandonné par son père, IJ a été recueilli par son oncle maternel Vedeniapine,
un philosophe et ancien prêtre orthodoxe. Le père de IJ était autrefois un riche
membre de la noblesse marchande moscovite mais il a dilapidé la fortune
familiale en Sibérie en se livrant à la débauche et à la fête.
La première scène décrit
l’enterrement de la mère de Iouri : le cortège funèbre, les chants rythmés
par les pas de la foule, la mise en terre, et la vision finale de l’enfant de
dix ans gravissant la tombe comme s’il voulait faire un discours.
Dès cette première scène,
le tableau du monde humain s’inscrit dans une image de l’univers (le souffle du
vent). Cette présence du cosmos est encore plus sensible dans la scène
suivante, qui décrit la tempête de neige réveillant le petit garçon dans le
monastère voisin du cimetière où il passe la nuit avec son oncle et tuteur, le
philosophe Nicolas Vedeniapine, au lendemain de l’enterrement de sa mère.
Scènes d’un grand
lyrisme : notamment quant Iouri enfant entend la voix de sa mère morte
dans la voix des oiseaux et des abeilles (Q 242). Le petit garçon qui ordonne
aux arbres de s’immobiliser (Q 248).
Une dernière scène nous présente
un troisième garçonnet, Nika Doudorov, confié par sa mère à l’intendant, qui se
souvient de l’aventure qui lui est arrivée la veille, lorsque, tombé à l’eau en
luttant avec l’adolescente Nadia, fille du propriétaire, qu’il croit détester,
il éprouve pour la première fois une émotion, qu’il ne sait pas identifier.
L’été suivant, IJ a 11 ans.
il se rend avec Vedeniapine à Duplyanka, la propriété de Kologrivov, un riche
marchand de soie.
Ils rendent visite à Voskobolnikov qui est un intellectuel qui vit dans la maison de l’intendant ; Kologrivov étant absent. Les filles de Kologrivov vivent également sur le domaine (Nadia et Lipa) ; ainsi que Nika Doudorov qui est le fils d’un terroriste condamné. Vedeniapine et Voskoboinikov s’aperçoivent qu’un train s’est arrêté à un endroit inattendu. Dans le train, un garçon de 11 ans Micha Gordon, fils d’un avocat juif, , voyage avec son père. Un homme qui parlait avec son père dans le train, s’enivre et se suicide en sautant du train. Le père de Micha tire le signal d’urgence. La police arrive. De la victime, nous apprendrons qu’il est le père du petit Iouri.
Deuxième partie
– Une petite fille d’un autre monde (44 – 93)
Pendant la guerre russo japonaise,
Amélie Guichard arrive à Moscou en provenance de l’Oural avec ses deux enfants
Rodion et Lara. Le défunt mari de Mme Guichard était un Belge travaillant comme
ingénieur pour les chemins de fer et était ami de Viktor Komarowski. K les
installe dans des chambres de l’hôtel miteux Montenegro, inscrit Rodion à
l’école des cadets et Lara dans un lycée de filles. L’école de filles est la
même que celle où va Nadia Kologrivov. Sur les conseils de K, Amélie investit
dans un atelier de couture. malgré la liaison qu’il entretient avec Amélie, K
séduit Lara à l’insu de sa mère.
Début octobre, les ouvriers
de la ligne de chemin de fer Moscou-Brest se mettent en grève. Le contremaître
de la gare est Pavel Feraponvich Antipov. Son ami, Kipriane Savelievich
Tiverzine est appelé dans un atelier du chemin de fer et empêche un ouvrier de
battre un apprenti (Ossip Galioline). La police arrête Pavel Feraponvich pour
son rôle dans la grève. Le fils de Pavel Feraponvich, Pavel Pavlovich (Pacha)
Antipov vient vivre avec Tiverzine et sa mère. La mère de Tiverzine et Pavel
participent à une manifestation qui est attaquée par les dragons, mais ils
survivent et rentrent chez eux. Alors que les manifestants s’enfuient,
Vedeniapine se tient dans un appartement de Moscou à la fenêtre et regarde les
gens s’enfuir.
En janvier 1906, les
Gromeko organisent un récital de musique de chambre chez eux. L’un des
interprètes est un ami d’Amélie Guichard et son voisin à l’hôtel Montenegro.
Amélie a pris du poison.
Elle est hors de danger. Elle dit: « heureusement toute cela était des
bétises ». Les garçons remarquent une fille endormie sur une chaise.
C’est Lara. C’est la première fois que IJ la voit. K sort de derrière un rideau
et pose une lampe sur la table à côté de la chaise de Lara. La lumière la
réveille et celle-ci partage un moment d’intimité avec K, sans savoir que IJ et Micha la regardent. Ils
échangent des regards complices, heureux que leur secret n’ait pas été
découvert et qu’Amélie ne soit pas morte. Micha murmure à Iouri que l’homme
qu’ils observent est le même que celui qui a soûlé son père dans le train peu
avant le suicide de ce dernier.
L’intrusion de Komarovski dans la vie de Lara n’avait suscité de la part de Lara que du dégoût (Q 280). Est-ce qu’on humilie quand on aime ? (Q 281).
Troisième
partie – L’arbre de Noël des Sventitski (94-127)
En novembre 1911, Anna
Ivanovna Gromeko tombe gravement malade d’une pneumonie. Iouri, Micha et Tonia
étudient pour devenir respectivement médecin, philologue et avocate. IJ apprend
que son père a eu un enfant, Evgraf de la princesse Stolbunova-Enrizzi. Le
récit revient au printemps 1906. Lara est de plus en plus tourmentée par
l’emprise de K sur elle. Elle trouve un travail de gouvernante dans la famille
Kologrivov. Au cours de sa quatrième année chez les Kologrivov, Lara reçoit la
visite de son frère Rodion. Il a besoin de 700 roubles pour couvrir une dette
il a perdu l’argent collectée pour faire un cadeau (Q 307). Lara indique
qu’elle va essayer de trouver l’argent et demande en échange le revolver de
cadet de Rodia ainsi que quelques cartouches . Elle obtient l’argent de
Kologrivov. Elle ne peut rembourser son emprunt car elle utilise son salaire
pour aider Pacha et son père qui vit en exil. Vers Noël 1911, Lara décide de se
séparer des Kologrivov et demande à K l’argent pour rembourser Kologrivov. Elle
prévoit de tuer K avec le pistolet de Rodion s’il refuse de rembourser. Le 27
décembre elle se rend chez K mais apprend qu’il est à une fête de Noël. Elle
rend visite à Pacha et lui dit qu’ils devraient se marier toute de suite. IJ et
Tonia se rendent chez les Sventistski. Lara arrive à la fête et ne connaît
personne d’autre que K. Lara tire sur Kornakov, un procureur au lieu de K. (Kornakov
a poursuivi un groupe de cheminots dont faisait partie Kiprian Tiverzin), le
père adoptif de Pacha. IJ la reconnaît. Lara tire sans l’atteindre sur le
séducteur dont elle veut se venger, sous les yeux de l’étudiant Iouri, invité à
la fête avec sa fiancée Tonia, fille de sa famille adoptive. Celui-ci voit
ainsi pour la seconde fois, sans la connaître, celle que la providence lui
destine. C’est la DEUXIEME
RENCONTRE (Q 317). Tonia lui dit qu’il doit rentrer d’urgence car
quelque chose ne va pas avec Anna Ivanovna, qui est retrouvée morte.
* * *
-Les parfums des étendues
qui l’entourent (109) ;
-L’art et l’apocalypse de Jean
(126)
-Le cimetière où il avait pleuré petit enfant (* 127) ;
Quatrième
partie – Vers l’inéluctable (128-172) [les échéances approchent]
K utilise ses relations
politiques pour protéger Lara des poursuites judiciaires ;
-Les deux héros suivant
chacun sa voie.
-Lara, que les démarches de
Komarovski pour éviter le scandale ont mise à l’abri de la justice, épouse un
camarade d’enfance, Pavel Antipov, fils d’ouvrier devenu étudiant en lettres,
qui l’aime depuis l’adolescence. elle part avec lui en province pour enseigner.
-Lara et Pacha se marient
(Q 330), ils obtiennent leur diplôme universitaire et partent pour Iouratine en
train ; noter l’évocation des bateaux retournés dans les jardins de
Iouratine (Q 341).
-De retour à Iouratine, les
Antipov ont également leur premier enfant, Katenka. Bien qu’il aime
profondément Lara, Pacha se sent de plus en plus étouffé par son amour. Afin de
s’échapper, il se porte volontaire et intègre l’école militaire d’Omsk. Alors que
tout leur sourit, il part.
-Lara commence à travailler
comme enseignante à Iouratine. Sans nouvelle de Pacha, Lara s’engage comme
infirmière et se fait nommer sur le front à la recherche de Pacha dans une
ville de Galicie. Cette ville est celle où IJ travaille comme médecin militaire.
En fait, Antipov a été fait prisonnier par l’armée austro-hongroise, mais est
déclaré à tort disparu au combat.
-Iouri lui achève ses
études de médecine et épouse sa camarade de jeux Tonia Gromenko, fille de sa
famille adoptive, qui lui donne un fils.
-Mais le hasard va
rapprocher Iouri et Lara : envoyé au front comme médecin militaire,
Jivago, hospitalisé à la suite d’une blessure, est soigné par Lara, engagée
comme infirmière pour retrouver son mari, volontaire disparu au cours d’une
opération : Iouri se rapproche enfin de la « petite fille d’un pauvre
milieu », cette inconnue qui a déjà frappé son imagination . Il vit à
ses côtés dans un village du front les moments exaltants de l’été 1917, « où
la révolution était un dieu descendu du ciel sur la terre, le dieu de cet été ».
Cette troisième rencontre,
fortuite comme les deux premières, marque plus nettement que jamais le rôle que
joue le hasard, c’est-à-dire la providence, dans la succession des évènements.
-C’est le deuxième automne
de la première guerre mondiale. IJ a épousé Tonia et travaille comme médecin
dans un hôpital de Moscou. Tonia donne naissance à leur premier enfant, un
fils.
-Blessé par un tir d’artillerie
(« éclat de shrapnel ») (Q 360), IJ est envoyé dans un hôpital de
campagne à Meliouzeïev où Lara est son infirmière. Galiouline se remet de ses
blessures. Il est maintenant lieutenant dans l’unité de Pacha. Il informe Lara
que Pacha est vivant mais elle en doute. Lara apprend à connaître IJ mais n’est
pas impressionnée par lui (un inconnu au nez camus qui n’avait rien de
remarquable, Q 362). A la fin de cette partie, on annonce à l’hôpital qu’il y a
eu une révolution.
* * *
-les lampadaires projetant
l’ombre bossue du cocher (131) ;
-Le mariage de Lara avec
Pacha ;
-Le traitement des Juifs
(161) (165) ;
-Au Royaume de Dieu, il n’y
a ni Grec ni esclave (165) ;
-Lara retrouve Iouri à l’hôpital
(168) ;
-Un inconnu au nez
retroussé qui n’avait rien de particulier (169) (Q 362) ;
-la mort du mutilé
Hammazeddine (Q 353) ;
-un cosaque humilie un
vieux juif. Brimade que Iouri fait cesser (Q 354) ;
Cinquième
partie – Adieu aux choses anciennes (173-214)
-Après sa guérison, IJ
reste à l’hôpital en tant que médecin. Il est en contact avec Lara.
-Tous deux ainsi que
Galiouline essaient d’obtenir la permission de partir et de rentrer chez eux.
-A Meliouzeïev, un
commissaire du gvt provisoire récemment arrivé, Hinz, est informé qu’une unité
militaire locale a déserté et campe dans une forêt défrichée voisine. Hinz
décide d’accompagner une troupe de cosaques qui a été convoquée pour désarmer les
déserteurs. Il pense pouvoir faire appel à la fierté des déserteurs en tant que
« soldats de la première armée révolutionnaire du monde ». Un train
de cosaques à cheval arrive et les cosaques entourent rapidement les déserteurs.
Hinz entre dans le cercle des cavaliers et fait un discours aux déserteurs. Son
discours se retourne contre lui. Les cosaques rengainent leurs sabres et fraternisent
avec les déserteurs. Les officiers cosaques conseillent à Hinz de fuir, ce
qu’il fait, mais il est poursuivi par les déserteurs et brutalement assassiné
par eux à la gare.
-Peu avant son départ, IJ
dit au revoir à Lara. il exprime son enthousiasme à l’idée que « le
toit de toute la Russie a été arraché » et que tout le peuple se
retrouve en pleine liberté. Il commence à dire à Lara maladroitement qu’il a
des sentiments pour elle. Lara l’arrête et ils se séparent. Ils partent par des
trains différents, elle pour Iouratine, et lui pour Moscou. Dans le train pour
Moscou, IJ réfléchit au fait que le monde est devenu très différent et qu’il a
« honnêtement essayé de toutes ses forces de ne pas aimer Lara ».
***
-L’humilité : il
reconnaît ses fautes (175) ;
-Iouri énumère les
précédentes rencontres à Tania (174) ;
-Tonia : « rejoins
cette infirmière dont les destin était semé de tant de coïncidences »
(175) :
-L’entremetteuse, Melle Fleury
(178) ;
-Dernière entrevue entre
Lara, Iouri avant le départ de Lara (192) ;
-L’ensauvagement (209) ;
-Lara : cette façon de
ne jamais retrouver quoi que ce soit à personne (209)
Sixième partie
– Le bivouac moscovite (215-265)
-Le retour de Jivago
démobilisé dans sa famille, avec laquelle il se trouve plongé dans les
désordres et la violence d’octobre ;
-Tonia a dû céder une
partie de la maison à l’Académie agricole ; « nous resterons sans
bois, sans eau et sans lumière. On va abolir la monnaie, le ravitaillement ne
se fera plus » ( 407).
-Petit banquet improvisé
avec le canard acheté en route et l’alci=ool pharmaceutique trouvé par Gordon.
* * *
-Les vieillards vendent à la sauvette des choses dont personne n’a
besoin (fleurs artificielles) (Q 402).
-Les rations dans le
train : sucre à moitié fondu (216) ;
-Retour chez les Gromeko (217) ;
-Sachenka donne une baffe à
Iouri (224) ;
-Moscou affamé (226) ;
-Iouri ne voyait aucun
espoir ni pour lui-même ni pour son milieu.
-Il aurait perdu la raison
sans les choses du quotidien, les tâches et les soucis. Il trouvait son salut
dans sa femme ;
-Il savait qu’il n’était
qu’un nain, eu égard du formidable mécanisme de l’avenir ;
-Il embrassait une dernière
fois, comme pour un adieu, les nuages et les arbres (236) ;
-Hôpital de l’élévation de
la Croix (242) ;
-Il trouve un homme inanimé
sur le terroir (241) ;
-Edition spéciale de
Pouvoir soviétique sur la dictature du prolétariat (247)
-Une femme est atteinte du
typhus (256) ;
-Poème entre la
résurrection et la mise au tombeau (264) ;
Septième partie
– En chemin (266-318)
-Après la Révolution
d’Octobre et la guerre civile russe, IJ et sa famille décident de s’enfuir
en train pour l’ancienne propriété de la famille de Tonia (Varykino) située
près de la ville de Iouratine dans l’Oural.
-Leur fuite, dans un train
bondé et constamment intercepté, vers l’Oural, où ils espèrent trouver un
refuge à Varykino, dans l’ancienne propriété de la famille de la mère de Tonia
(Krüger).
-C’est au cours de ce
voyage que, interpellé comme suspect, Iouri est présenté à celui dont il ne
sait pas qu’il est le mari de Lara, Pavel Antipov, qui, resté vivant et revenu
du front sans se faire connaître de sa femme, s’est engagé dans la guerre
civile et est devenu sous le nom de Strelnikov un dirigeant implacable des
formations de l’armée rouge dans l’Oural. BP en fait le personnage du
révolutionnaire, antipode du poète.
* * *
-Dans leurs bagages, ils ne
gardent que ce qui peut faire l’objet d’un troc (sel et tabac) (Q 449). Tonia
change un lièvre rôti contre une serviette (Q 458).
-Voyage en train. Neige
partout . Certains sont nu-pieds (277). Le train s’arrête sans raison (Q
465). Tout le monde est réquisitionné pour dégager la voie (Q 465) ;
-Avant le départ, Iouri et
Tonia allèrent admirer une dernière fois, la beauté de la voie ferrée libérée
(293) ;
-« On ne trouve pas
la solution en restant fidèle aux formes mais en s’en libérant » (313) ;
-Strelnikov passe en train
blindé spécial.
II
Huitième partie
– L’arrivée (323-349)
-IJ et sa famille
s’installent dans la maison abandonnée du domaine. IJ écrit des poèmes et des
articles de journal. Le printemps arrive et la famille se prépare à travailler
à la ferme.
***
-« Le marxisme, je
ne connais pas de courant de pensée qui soit plus éloigné des faits »
(329) ;
-La philosophie de
Iouri : « On n’arrive à rien par la violence. on ne mène au bien
que par le bien » (332) ;
Neuvième partie
– Varykino (350-384)
-IJ se rend à Iouratine
pour utiliser la bibliothèque publique où il aperçoit Lara. Quand il lève les
yeux pour lui parler, elle est partie. Il obtenait l’adresse de son domicile
grâce à un formulaire qu’elle a remis au bibliothécaire. Lors d’une autre visite
en ville, il se rend dans son appartement qu’elle partage avec sa fille. A la
suite d’un nouveau hasard, devient son amant. Elle l’informe que Strelnikov est
bien Pacha, son mari. Lors des visites suivantes de IJ à Iouratine, ils
consomment leur relation. Ils se retrouvent régulièrement pendant plus de deux
mois.
-Cette aventure
amoureuse est interrompue par la capture du docteur par les partisans, qui ont
besoin d’un médecin et le gardent prisonnier. IJ est enlevé par des hommes
fidèles à Liveri, commandant de la confrérie de la forêt, une bande de
partisans bolcheviks, pour être leur médecin.
-Lorsqu’il parvient à leur
échapper sa femme Tonia, son tout jeune fils et son beau-père sont parvenus à
quitter Varykino et ont été expulsés de Russie.
-Il est accueilli à
Iouratine par Lara avec laquelle, suspect au nouveau pouvoir installé dans la
petite ville, il trouve un refuge provisoire, à l’approche de l’hiver, dans la
propriété abandonnée de Varykino, assiégée par la neige et le loups.
* * *
-Absolument toutes les
femmes sont mères de grands hommes et ce n’est pas leur faute si leur fils les
trahit ensuite (355) ;
-Conversations infinies sur
l’art ;
-Le soir nous parlons de
Pouchkine encore et encore (358) ;
-Nous relisons sans fin
Eugène Onéguine et les loups (poèmes) (358) ;
-Les note de Iouri à
Varykino (355) ;
-Iouri reconnaît Lara
Antipova à la bibliothèque (366) ;
-les livres empruntés par
Lara sont des précis de marxisme (368) ;
-Strelnikov est Antipov mon
mari (377) ;
-Lara sur Strelnikov :
« Tout ça, c’est par trop plein d’amour’ ;
-Il croulait sous le faix de
la culpabilité (380) ;
-Une fois encore, il recevra
des mains du créateur cette merveille blanche qui est l’œuvre de Dieu (383) ;
-L’homme est né pour vivre,
pas pour se préparer à vivre (374) ;
Dixième partie
– Sur la route de Sibérie (385-411)
Liveri est un vieux
bolchevik dévoué et un leader très efficace. Liveri est un cocaïnomane et une
grande gueule. Il ennuie IJ avec ses longues conférences sur les gloires du socialisme
et sa victoire inévitable. IJ passe plus de deux ans avec Livéri et ses
partisans, puis parvient finalement à s’échapper. Après un voyage de retour à
Iouratine, effectué en grande partie à pied, IJ se rend en ville pour voir Lara
en premier plutôt que d’aller à Varykino voir sa famille. En ville, il apprend
que sa femme Tonia, ses enfants et son beau-père ont fui le domaine et sont
rentrés à Moscou. De Lara, il apprend que Tonia a accouché d’une fille après
son départ. Lara a assisté à la naissance. Elle et Tonia sont devenues des
amies proches. IJ trouve en emploi et reste avec Lara et sa fille pendant
quelques mois.
Onzième partie
– Les frères de la forêt (412-439)
-Chez les partisans : l’hiver
le typhus, l’été la dysenterie (415) ;
-Iouri est avec les
partisans mais il est tenté de rallier les blancs qu’il connaît bien. Pour les
autorités soviétiques, le symbole de la traîtrise.
Douzième partie
– Le sorbier engivré (440-467)
-Le mutilé à qui on avait sectionné
la jambe droite et le bras gauche que l’on avait attachés dans son dos
(459) ;
-Polykha tue ses enfants et
sa femme (463) ;
-Evasion de Iouri (466).
Evocation de la baie de sorbier (466) ;
Treizième
partie – En face de la maison aux effigies (468-518)
-Retour de Iouri à
Iouratine.
-Discours de Sima sur la
Grèce et l’ancien testament (Q 660) ;
-Un jour un habitant de la
ville remet à IJ une lettre
de Tonia écrite 5 mois plus tôt (Q 566). Tonia l’informe qu’elle va
s’exiler avec les enfants. Elle dit « le problème , c’est que je t’aime
et que tu ne m’aimes pas » et « Nous ne nous reverrons
jamais ». C’est l’un des grands moments du livre : « je
ne peux pas continuer, mon cœur éclate ». « Je ne t’accuse de
rien, je ne te reproche rien, arrange ta vie comme tu le veux ».
Lorsque IJ termine la lecture de la lettre, il s’évanouit.
-La déchéance
commence : « l’époque était la confirmation du vieil adage :
l’homme est un loup pour l’homme. il y eu des cas d’anthropophagie »
(470) ;
* * *
-Iouri demande des ciseaux
pour se couper la barbe à des couturières (478) ;
-La coiffeuse / couturière
est la fille du garde barrière Mikoulitsyne (482) ;
-« Quelle merveille
ta Tonia », dit Lara (493) ;
-Lara : « j’ai
été cassée, il y a un faible en moi » (495) ;
-Le rôle de Komarovski dans
le suicide du père de Iouri (qui a sauté d’un train) (497) ;
-Lara parle de Strelnikov
et montre combien il a changé : « il est l’incarnation de la
pureté » (418) ;
-Lara explique le
changement avec la guerre, le meurtre est quotidien (501) ;
-Sur l’ancien et nouveau
testament dans la liturgie (510)
-Sur la passion du Christ
(512) ;
-La lettre de Tonia (514)
(Q 666) ; elle est envoyée à l’adresse de Lara Antipova et mettra 5 ans à
arriver. La lettre remercie Lara. Absence totale d’animosité.
Quatorzième
partie – Varykino de nouveau (519-573)
Komarovski, le mauvais
génie de Lara, réapparaît. Il est devenu un personnage important de la
République d’Extrême Orient, Etat bourgeois créé en avril 1920 par les
bolcheviks pour reprendre en mains la région de Vladivostok occupée par le
Japon, et qui sera réintégré à la Russie soviétique en novembre 1922.
Rejoignant son poste dans un train spécial, il fait un détour par Varykino et
propose à Jivago et Lara de les mettre à l’abri des persécutions qui les
menacent en les emmenant avec lui. K déclare, à tort, que Pacha Antipov est
mort, ayant perdu les faveurs du parti. Affirmant que cela placerait Lara dans
le collimateur de la Tcheka, il persuade IJ qu’il est dans on intérêt de partir
à l’est. IJ convainc Lara de partir avec K en lui disant qu’il la rejoindra
bientôt.
Jivago refuse mais laisse
partir Lara en lui promettant de la rejoindre, tout en sachant, sans être
capable de s’y opposer, que leur séparation est définitive. Lara ne retrouvera
le poète que sur son lit de mort, dans une pièce où, revenue à Moscou après
maintes péripéties, elle est entrée par un de ces hasards qui, selon BP, sont
la signature de la providence. Telle est la conclusion tragique de la brève
idylle des deux amants.
L’idylle trouve l’épilogue
qui lui donne son sens symbolique dans un dernier chapitre, confrontant les
deux hommes qui ont aimé Lara : Jivago et Pavel Antipov (Strelnikov) :
elle incarne pour eux la destinée féminine et, arbitre sans le vouloir le choix
qu’ils ont fait pour elle. Resté seul dans leur refuge de Varykino, Iouri
découvre Pavel Antipov, croisé naguère au cours de son voyage en Sibérie sous
le masque du commissaire révolutionnaire Strelnikov, « le
fusilleur », et qui, devenu suspect aux Bolcheviks, se cache et finira par
se suicider. Mais auparavant, il passe de longues heures à évoquer avec Jivago
le souvenir de Lara, telle qu’ils l’ont vue l’un et l’autre en 1905, incarnant
la misère humaine et l’humiliation de la femme, qu’il faut arracher à son
malheur et racheter. C’est pour elle, pour la venger, que Pavel Antipov s’est
engagé dans la Révolution, qu’il est devenu « rasstrelnikov », le
fusilleur, et qu’à présent, son engagement va le mener au suicide. « Et
vous qu’avez-vous fait pour elle ? » demande-t-il à Jivago. Le
poète, celui qui a choisi la création, et non l’action, ne répond rien. Sa
réponse, en fait c’est le romancier qui l’apporte à sa place : c’est le
roman lui-même, l’œuvre dans laquelle d’emblée il s’est mis tout entier et à
laquelle il est prêt désormais à sacrifier sa vie.
Après avoir exprimé ses
regrets pour la douleur qu’il a causée à son pays et à ses proches, Pacha se
suicide. IJ retrouve son corps le lendemain matin.
* * *
-Tu comprends nous ne
sommes pas dans la même position. Toi, tu as reçu des ailes pour t’envoler
au-dessus des nuages ; moi qui suis femme pour me blottir contre terre et
protéger mon enfant » (Q 685) ;
-“Vous êtes un outrage
adressé à leur monde . Votre élimination est à l’ordre du jour »,
Komarovski à Iouri (521) ;
-Discours de Lara sur la
responsabilité de l’homme et celle de la femme : « Toi tu as le
droit d’hésiter, pas moi » (537) ;
-« Je suis ton
esclave qui t’aime aveuglément » (538) ;
-La splendeur de la vie
glacée (540) ;
-Iouri à Varykino :
« Seigneur et tout cela est pour moi. Pourquoi tant de bienfaits ?
Comment m’a-t-on admis auprès de toi ? » (541) ;
-3 heures du matin. Tout le
monde est endormi. Il rédige. Il entend un « son triste et lugubre » et
voit des loups. Les loups (542) (Q 690) ; les loups symbolisent la force
ennemie qui s’était donnée
-Iouri écrit des poèmes - exprimer
une émotion (545) ;
-Seuls et sans armes, ils
ne peuvent rester. Les loups (547) ;
-« Il devenait lentement
fou » (560) (Q 703) ;
-« L’art tragique
raconte le bonheur d’exister » ; Tout art est un récit sur le
bonheur d’exister (Q 705) ;
-Discussion avec Iouri :
elle était celle qui met le siècle en question, qui porte l’accusation. Cette
pensée aux aguets (569) ;
-Suicide
de Strelnikov (573);
Quinzième
partie – La fin (574-619)
-Iouri
retourne à Moscou. il est à pied. Le typhus fait rage. Il mange les grains de
seigle crus sur le bord de la route. (Q 718). Les mulots pénètrent dans les
manches lorsqu’il dort au bord de la route (Q717). Il traverse des villages
incendiés. Il retrouve Vassia Veretenniki ;
-Après
son retour à Moscou au printemps 1922 au début de la NEP, la santé de Iouri
décline. Il se laisse aller, il cesse de voir ses amis et tombe progressivement
dans la misère;
-Il
s’éprend de la fille de Markel Chtapov avec laquelle il a deux enfants ; ils
tombent dans une sorte de misère volontaire : ils scient du bois pour le
locataire d’un immeuble (Q 731) ;
-Il
a de nombreux projets d’écritures qu’il ne terminera jamais ;
-Il
quitte sa nouvelle famille et ses amis pour vivre seul à Moscou et travailler à
son écriture. On peut voir dans le fin solitaire de Jivago une forme de suicide ;
-Il
meurt d’une crise cardiaque en prenant le tramway ;
-Lara
retourne en Russie pour apprendre la mort de son mari et assista aux
funérailles de IJ ;
-Elle
persuade le demi-frère de IJ, Evgraf Jivago, qui est maintenant général du NKVD,
de l’aider à retrouver la fille qu’elle a conçue avec IJ et qu’elle a
abandonnée dans l’Oural ;
-Lara
disparaît. On la croit arrêtée pendant le grande purge de Staline et elle meurt
au Goulag , « un numéro sans nom sur une liste qui a ensuite été égarée » ;
-Iouri
n’aura jamais connu la fille qu’il a eue avec Lara.
* * *
-tomber
toujours plus bas (576)
-les
champs à l’abandon, les villages incendiés (576, 578) ;
-Iouri
retrouve Vassia Drykine qui avait voyagé avec lui dans le wagon (579) ;
-Vassia
imprime les fascicules écrits par Iouri (584) ;
-Iouri
rompt avec Vassia et tombe dans la misère (586-587) ;
-Iouri
retrouve Markel Chtapov, le concierge des Gromeko devenu intendant sous les
Rouges (586-587) ;
-« Qu’est-ce
que j’y peux si tu as eu tout faux. il ne fallait pas filer en Sibérie. Nous,
on a tout supporté et on s’en est sorti. Tu ne peux t’en prendre qu’à toi-même »
(589) ;
-Marina
Chtapova devient la troisième femme de Iouri (590) ;
-Marina
a deux filles de Iouri, Kapka (Kapitolina) et Klachka (Klavdia) (591)
-Gordon
et Doudorov réapparaissent. Doudorov est revenu de rélégation (592-593);
-« vivre,
c’est s’élancer vers la perfection et l’atteindre » (596) (Q 735) ;
-Gordon
et Doudorov se lancent à la recherche de Iouri (597) ;
-Iouri
décide de s’isoler (ce qui est une nouvelle folie pour Marina) (598) ; Il
fait savoir qu’il désire rester seul afin de pouvoir se consacrer entièrement à
ses affaires (Q 737). Il abadonne efemme et enfant
-Iouri
retrouve son demi-frère Evgraf Jivago : disparaître un instant, c’était
l’idée de Evgraf (599) ;
-Retour
à Moscou en 1922 (600) ;
-Mort
de Iouri à la descente d’un tramway : la dame en mauve, c’est Melle Fleury
(605), la première personne à avoir saisi l’existence d’une romance entre Iouri
et Lara ;
-« Son
œuvre de penseur et de poète avait encore plus d’amis inconnus » (606) ;
-Discussion
entre Lara et Evgraf (610). Lara apprend que Strelnikov (Antipov) s’est suicidé
(611) (Q 748) ;
-«Espérer
et agir, c’est une obligation dans le malheur » (613) ;--
-Lara
se signe devant le cercueil de Iouri (615) ; Lara reste immobile et
enveloppe le cercueil de son corps (Q 752). Là encore moment de grande émotion.
-« Adieu
mon fleuve rapide et profond » (617)
-« Il
ne restait personne. L’un était mort , l’autre s’était tué. Seul était
encore en vie celui qu’il aurait fallu tuer (614) ;-Un jour Lara
disparaît : il est probable qu’elle mourut ou disparut (619) ;
Seizième
partie – Epilogue (620 -638)
-Pendant
la seconde guerre mondiale, les vieux amis du docteur, Nika Doudorov et Micha
Gordon, se retrouvent. L’une de leurs discussions porte sur une blanchisseuse
locale nommée Tania, une orpheline de guerre et sa ressemblance avec Iouri et
Lara. Tania raconte aux deux hommes l’enfance difficile qu’elle a eue, car sa
mère l’a abandonnée pour épouser Kamarowski. Plus tard, les deux hommes se
retrouvent autour de la première édition des poèmes de IJ.
-La
mort de Kristina (Q 760).
-Décadence
apparente d’un homme dont les vers , retrouvés par ses amis après sa mort, disent
l’angoisse, le remords, l’émerveillement devant le monde. il s’identifie à
Hamlet et, à travers Hamlet, au Christ.
Ses
amis associent à son recueil poétique posthume
au pressentiment d’une délivrance prochaine que leur apportera la fin de
la guerre.
Dix-septième
partie – Poèmes de Iouri Jivago (639-677)
1
Hamlet
Hamlet est chargé de venger la mort de son père
assassiné. La mort d’Hamlet est le triomphe du bien sur le mal. Il a vengé son
père et ne souffre plus.
2
Mars
3
Semaine sainte
4
Nuit blanche
5
Eaux printanières
6
Explication
7
Eté en ville
8
Le vent
9
Griserie du houblon
10
L’été des bonnes femmes
11
Les noces
12
L’automne
13
Un conte
14
Août
15
Nuit d’hiver
16
Séparation
17
Apparition
18
L’étoile de Noël
19
L’aube
20Le
miracle
21
La terre
22
Jours de malheur
23
La Madeleine (I)
24
La Madeleine (II)
25
Le jardin de Gethsémani
5.
LA métaphore de la résurrection
-Le thème de la
résurrection est présent en ce sens que le monde (et au sein du monde, le mal) a
la capacité de renaître en toutes choses et en tout individu ici et maintenant.
La résurrection n’est pas un avenir lointain et hypothétique : elle est au
milieu de nous ;
-On
peut voir dans le docteur Jivago un grand roman christique : Le psaume
talisman est le psaume 90 :
Toi qui habites au secret du très haut,
Toi qui loges à l’ombre d’El Chaddaï
Dis à Yahvé : mon abri et ma forteresse
mon Dieu en qui je me confie
(21)
-Le Psaume 90 énonce la bonne garde
qu’assure El Chadaï à celui qui se confie en lui :
Il délivre des files de l’oiseleur,
Il guérit de la peste meurtrière
Il libère de la frayeur de la nuit,
Il sauve de la flèche qui vole le jour
(22)
-Commentaire de la phrase de saint Paul (épitres
aux Galates, 3-28) selon laquelle au royaume de Dieu, il n’y a plus ni Grecs,
ni juif, ni esclave, ni homme libre , car tous vous êtes un en Jésus Christ. Veut-il
seulement dire que tous sont égaux devant Dieu ? Non, les philosophes de
la Grèce le savaient avant lui. mais il dit : « Dans ce nouveau
type de relations humaines qui se nomme royaume de Dieu, il n’y a pas de
peuples, il y a des personnes » (HH 165, Q 358) ;
(23)
-« la nuit d’hiver » :
poème critiqué par le régime pour être érotique.
6.
JUDAISME
-Micha Gordon (10 ans) :
« Que signifie être juif ? Pourquoi cela existe-t-il ? Qu’est-ce
qui récompense ou justifie ce défi désarmé, qui n’apporte que des
chagrins ? » (23);
-Youri : « Aussi
loin que remontaient ses souvenirs, il n’avait jamais cessé de demander avec
étonnement comment, avec les mêmes bras et les mêmes jambes, on pourrait être
autre chose que tous les autres et par-dessus le marché quelque chose qui ne
plaisait guère et qu’on n’aimait pas » (23).
-Michel Gordon adulte trouvera
la solution, la seule qui paraîtra efficace et raisonnable : la conversion.
La figure du Christ marque la rupture avec le monde antique et la naissance
d’une ère nouvelle : c’est la voie choisie par BP :
« Depuis
cet instant, les peuples et les dieux ont cessé d’exister et l’homme a commencé »
(62-63).
-Védéniapine : « Jusqu’ici
on a considéré que ce qui importait le plus dans l’Evangile, c’étaient les
maximes morales et les règles contenues dans les commandements. Pour moi
l’essentiel est ce que le Christ a exprimé en paraboles tirées de la vie
courante, éclairant la vérité par la lumière du quotidien » (533).
-Iouri fait cesser des
brimade infligées par un cosaque à un viellard juif (Q 354) ;
7.
DIVERS
8.
Première
apparition du mot goulag en littérature (623) ;
Traduction :
n’est-ce pas vrai (611) ;
Sur
la révolution, le jour de congé décadaire (614) ;
FAMILLES
(24)
IOURI – TONIA GROMEKO (Antonina
Alexandrovna): Alexander (Sachenka) automne 1915 et Maria (Macha) printemps
1921
(25)
LARA - PAVEL (PACHA) ANTIPOV
(STRELNIKOV) : KATIA (KATENKA)
(26)
IOURI – MARINA CHTCHAPOV (fille de
Markel) : Kapitolina (Kapka) et Klavdia (Klachka).
(27)
IOURI – LARA : SACHA
f
CARACTERES
(28)
Lara – Larissa Fiodorovna
-« petite fille d’un autre milieu »
-L’intrusion de Komarovski dans la vie de Lara n’avait
suscité de sa part que du dégoût (Q 280) ;
-Est-ce qu’on humilie quand on aime ? (Q 281) ;
-La révolte contre l’offense subie ;
-Cette façon de ne jamais reprocher quoi que ce soit à
personne ; de ne se plaindre qu’en se taisant ;
-La femme du révolutionnaire Antipov qui incarne à la
fois :
le trouble et la paix ;
(le lien et la rupture ;
-le danger et le refuge ;
-la mort et la vie.
Symbole : les baies rouges du sorbier.
(29)
Jivago
-Il s’identifie à Hamlet, et, à travers Hamlet, au
Christ.
-Devant Anna Ivanovna Gromeko, sa belle-mère, il
improvise une conférence sur la résurrection : « l’immortalité,
c’est votre vie présente dans celle des autres » (Q 301).
-Iouri
n’est décrit nulle part « un inconnu au nez retroussé qui n’avait rien
de particulier », HH 169), sauf par Lara (première rencontre à
l’hôpital (355) ;
(30)
Oncle Nicolaï Vedeniapine
Prêtre défroqué qui ignore si Dieu existe et à quoi il
sert mais qui a choisi de rester fidèle au Christ. Devenu éditeur.
(31)
Strelnikov (le fusilleur) Pavel Antipov
-Brillant intelectuel qui a quitté l’Oural où il était
professeur et vivait avec Lara et leur fille depuis trois ans, pour fuir un
chagrin d’amour (l’ombre de la présence de Komarowski et s’engager sur le front
-Antipov veut changer l’ordre du monde, transformer la vie et créer par la
violence un monde où la femme ne sera plus soumise, avilie et exploitée par le
pouvoir de l’argent.
-Victime d’une dénonciation mensongère : je me
suis terré, j’ai eu faim (Q 708).
-Il voulait venger Lara de tout ce qu’elle avait
souffert. 6 ans seul. je devais d’abord acquérir la liberté (Q 712).
CONCLUSION
(32)
Jivago : Pasternak idéalisé :
celui qu’il aurait voulu être. Dans son imperfection, celui qu’il aurait voulu
être.
(33)
Roman sur la division entre l’évidence de
la beauté du monde et le principe de destruction qui l’habite.
-Contre le mal, le révolutionnaire prétend changer la
vie et ne fait que perpétuer la violence (Strelnikov est devenu un ange
exterminateur) ;
-Le poète sait que la vie ne peut être sauvée que par
la création : c’est sa mission qu’il doit remplir jusqu’au sacrifice,
semblable à celui du Christ sur la Croix. Les poèmes explicitent l’inspiration chrétienne
de l’ouvrage, centré sur le thème de la résurrection et de l’immortalité ;
(34)
Au moulin terrible de l’histoire, s’oppose
ainsi le moulin de la poésie et c’est celui-ci qui, en définitive, emporte la
victoire et fait des cimetières un champ impérissable.
(35)
C’est le roman de la pulvérisation des
liens qui ne sont sauvés que par le hasard et deviennent des croisements de
destins. L’amour de Jivago pour Lara : la réponse à ceux qui ont dévasté
l’authenticité du monde.
*
* *
[1] « When
to the sessions of sweet silent thought
I summon up remembrance of things
past
I sigh the lack of many a thing I sought
And with old woes new wail my dear time’s
waste”
[2]
« Il embrassait une dernière
fois, comme pour un adieu, les nuages et les arbres » (236). Voir
également p. 251 sur la ferveur féérique de la nuit.
[3]
C’est la traduction éditée en
folio et en Pleïade.
Présentation
du docteur Jivago
Réunion
du Square du 20 juin 2024
Les
chiffres renvoient à la traduction de Hélène Henry
Les
chiffres précédés de « Q » se réfèrent à l’édition QUARTO (qui
reprend la traduction initiale, également reprise par FOLIO et La Pléiade).
[20 juin 2024]
1.
Introduction
La
première anecdote
-1937. Congrès des écrivains soviétiques. Période de
répression terrible. Les gens tombaient comme des mouches. Les amis de BP se
réunissent autour de lui et lui disent : « si tu parles
pendant le Congrès, ils vont t’arrêter, et si tu ne parles pas, ils
t’arrêteront tout de même pour insubordination ironique ». Deux mille
personnes étaient présentes. Jdanov, le bras droit de Staline pour les
questions culturelles, connu pour sa cruauté, était présent sur l’estrade. Le
congrès dura 3 jours et tous les discours disaient : « Merci au
frère Staline, merci au père Staline ». BP ne dit pas un mot. Au 3ème
jour ses amis lui dirent : « Quoi que tu fasses, ils vont t’arrêter.
S’il te plaît, peut-être pourrais-tu dire quelque chose, quelque chose que nous
pourrons garder en nous quand tu seras en prison ». BP se lève, se
rend au pupitre et dit un seul mot : un numéro : 30.
Sur ce,
2000 personnes se levèrent et récitèrent la traduction en russe du sonnet n° 30
de Shakespeare[1]. BP avait traduit en russe ce sonnet et les Russes
disent aujourd’hui encore que c’est, avec ceux de Pouchkine, l’un des grands
textes de la langue russe, mais c’est du Shakespeare. Et BP ne fut pas arrêté.
Cela
voulait dire : « Vous ne pouvez pas nous toucher, vous ne pouvez
pas détruire la langue russe, vous ne pouvez pas détruire le fait que nous
sachions par cœur ce que Pasternak nous a donnés ».
Cela
montre également l’extraordinaire place de la poésie dans la culture russe et
la place de la poésie dans un roman comme le docteur Jivago.
La
deuxième anecdote.
En 1945, Tatiana
Gneditch, grande traductrice russe, a été condamnée à 10 ans de camp de
redressement par le travail pour « trahison de la patrie ». Pendant
sa détention, elle traduit Don Juan le poème de Lord Byron de 17.000
vers, de mémoire alors qu’elle n’a ni le texte original ni dictionnaire ni
papier et en respectant les règles de prosodie russes. C’est le sujet d’un
livre « La traductrice » de Efim Etkind. On est ici en
présence d’une performance surhumaine, voire inhumaine, typiquement russe.
Cette
place de la poésie dans la culture russe et cette passion pour la poésie ne se
retrouvent pas seulement dans les poèmes qui ferment le livre. Au dernier
chapitre (épilogue), Gordon et Doudorov amis d’enfance de Iouri feuillettent le
recueil des poèmes de Iouri et le texte nous dit : ils en savaient la
moitié par cœur. Jivago dit : « nous relisons sans fin Eugène
Onéguine et les longs poèmes » (355).
2.
INTRODUCTION
(1)
Le docteur Jivago, c’est l’histoire du
docteur Iouri Jivago, médecin et poète.
(2)
Cette histoire commence sous la Russie
impériale alors que Iouri, fils d’une grande famille bourgeoise libérale est
déjà orphelin de son père, et assiste à l’enterrement de sa mère alors qu’il a
11 ans.
(3)
Cette histoire se termine avec sa mort en
descendant d’un tram à Moscou en 1929, alors qu’il est tombé dans la misère et
dans la folie après avoir abandonné tous ses proches – et après que son amour
Lara lui a été dérobée par l’ancien séducteur et protecteur de celle-ci
(Komarowski).
(4)
Ce qui frappe avant même de relater
l’histoire qui a traversé la première moitié du XXème siècle :
-Iouri est pris dans le chaos de l’histoire de la
Russie de 1903 à 1929 avec un épilogue se rapportant à la grande guerre
patriotique de 1945 (le roman traverse donc la fin de la Russie impériale, la
grande grève de 1905, la Révolution de février 1917, la Guerre civile, première
guerre mondiale, Révolution bolchevique, les purges) ;
-Iouri est pris dans une deuxième tourmente qui
est celle de sa passion pour Lara qu’il rencontre alors qu’elle est infirmière
dans un hôpital militaire alors qu’il est lui-même marié avec la fille d’une famille
d’intellectuels qui l’a recueilli à Moscou et qui a été élevée avec lui (Tonia,
qui finira par le quitter pour Paris) et alors que Lara est elle-même mariée
avec un fils d’ouvrier qui deviendra un personnage important du régime
bolchevique et qui se suicidera.
(5)
-Iouri est un homme ordinaire, ce n’est
pas un héros, il a des accès de lâcheté. Il se débat avec les circonstances,
avec sa conscience.
(6)
-Comme le montrent les 25 poèmes in
fine, et l’épilogue du roman où ses amis d’enfance récitent ses poèmes, Iouri
est un poète.
-D’abord un poète lyrique : véritablement
amoureux de la nature[2].
Alors qu’il traverse la Sibérie dans des conditions terribles, il est capable
de s’enthousiasmer pour un paysage de neige, de décrire les arbres ;
[Que] l’on a parfois envie de se
défaire de cette parole humaine,
Pompeuse et médiocre, désespérante,
Pour retrouver la nature
Qui ne se tait qu’en apparence (p. 183).
-Pour Pasternak, seule la nature est préservée et
préserve des horreurs du monde, que ce soit les arbres, la neige ou les
vaches dans un pré ; BP confronte l’expérience lyrique du monde aux injonctions
pressantes de l’histoire ; p. 616 : « Jamais, jamais, même
aux minutes du bonheur le plus prodigue, le plus éperdu, ils ne perdaient
mémoire de ce qui plus que tout élève et ravit : « Le
sentiment bienheureux qu’ils aidaient eux aussi à façonner la beauté du monde,
qu’ils avaient un rapport profond avec toute la beauté, avec l’univers entier »
(partie 15/15).
-Ensuite un poète qui célèbre la vie et l’idéal
chrétien. Il voit dans le fait de rebondir, de renaître après chaque échec
ou chaque faiblesse, une forme de résurrection. La vie est pour lui une forme
de résurrection permanente; JIVA est du vieux russe qui veut dire
ressuscité, renaissance : Jivago veut dire le vivant. Il est celui
qui tombe et qui renaît à chaque fois (voir p. 192 : « Chaque
homme est revenu à la vie, une nouvelle naissance tout le monde est transformé,
régénéré »);
-Les deux thèmes sont liés : le poète sait que la
vie ne peut être défendue que par la création : « il n’est de
peine au monde que la neige ne puisse apaiser ». Sa mission est de
défendre la vie et la création jusqu’au sacrifice, comme celui du Christ sur la
croix ;
-Ce que BP entend par résurrection, c’est la capacité
qu’a le monde de renaître en toutes choses et la capacité qu’a le mal de
renaître en bien ; il conteste l’interprétation traditionnelle de la
résurrection : « où irait-on mettre tous ces vivants ces morts,
multitudes rassemblées au cours de millénaires ? » (Q300) ;
-Le docteur Jivago est la trajectoire d’une lente
glissade vers le néant : fils d’une grande famille bourgeoise libérale ,
il est entré dans la révolution comme dans une ascèse. Iouri se meurt dans la
déchéance physique et sociale. C’est cette déchéance qui l’assimile au Christ,
alors qu’il est réduit à la déchéance et à la mendicité ;
-Le message est : « on n’arrive à rien
par la violence et on ne parvient au bien que par le bien » (332) ;
-Le livre est parsemé de références bibliques :
-l’ânesse de Balaam à propos d’un sourd-muet qui se
met à parler (Q 378). Voir le livre des Nombres;
-les références à l’apocalypse de Jean qui prophétise
qu’un déluge de sang se déchainera et recouvrira tout. Le déluge, c’est la
Révolution ;
-« au Royaume de Dieu, il n’y a ni Grec ni
esclave ».Voir l’épitre de Paul aux Galates (165).
(7)
-Iouri est l’homme des contrastes :
sa vie est faite d’actes extraordinairement courageux et de terribles
faiblesses mais il n’y a pas de place pour la vie rétrécie de petit bourgeois ;
(8)
-Le docteur Jivago n’est pas un roman à
thèse, parce qu’il n’y a pas de parole définitive : Vedeniapine, oncle de
Iouri, est un philosophe idéaliste chrétien, Gordon, l’ami d’enfance, est le
juif converti, Pavel Antipov (Strelnikov, le mari de Lara, est le révolutionnaire
fanatique surnommé l’ange exterminateur (Strelnikov veut dire le fusilleur),
Lara, est la déclassée, Evgraf Jivago, le demi-frère est l’énigme, Komarovski,
l’incarnation du mal. En ce sens, c’est un roman polyphonique où il n’y a pas
une voix qui l’emporte sur les autres. BP n’a jamais admis que l’art puisse
obéir à des impératifs politiques ;
(9)
-Le docteur Jivago est aussi un roman
d’amour : c’est la lecture la plus évidente : Iouri a trouvé un
second amour dans une maison abandonnée au milieu de l’Oural à Varykino et Lara
lui est dérobée par Komarowski, qui avait poussé son père au suicide. Le mari
de Lara, le révolutionnaire Strelnikov finit par se suicider à Varykino après
une discussion avec Iouri. p. 515 : « la Révolution a tout détruit
mais l’amour subsiste ».
(10)
C’est un roman sur la solitude. Les liens
entre les hommes se dissolvent et ne renaissent que par une série de
coïncidences ;
(11)
Enfin, le destin de Iouri reflète le
destin de proches de Pasternak, et notamment de Marina Tsvetaïeva et Olga
Ivinskaïa.
3.
BORIS PASTERNAK
(12)
Né en 1890 sous la Russie impériale, BP
est le fils d’un peintre connu portraitiste préféré de Tolstoï, la mère est pianiste.
Ils sont amis de Scriabine, Tolstoï, Rilke. Il fera d’abord des études de musique
et composera une sonate à l’âge de 13 ans, puis abandonnera au motif qu’il n’a
pas l’oreille absolue mais il jouera du piano toute sa vie. Il se tourne
ensuite vers des études de philosophie et de langues. Il passe un an en Allemagne.
Il sera un très grand traducteur (Shakespeare, Keats, Schiller, Goethe (Faust),
Verlaine). Même à l’époque stalinienne, ses traductions seront publiées sans interruption
et grâce à ces traductions (les traducteurs russes étaient rémunérés au nombre
de mots traduits), il ne sera jamais dans le besoin.
(13)
Enfant, il a assisté à des cruautés
commises par les cosaques du tsar et a d’abord approuvé la révolution
bolchevique à laquelle il assiste adolescent. Il parle des décrets de la
révolution de 1917 comme une « magnifique chirurgie, un eux, trois et
on vous excise artistement les vieilles plaies fétides ». Il faisait
grand cas de deux conquêtes soviétiques : « la liquidation du
profit personnel et celle de l’humiliation de la femme ». Il a été un
moment donné le « premier poète ». Il s’éloignera du régime avec
l’arrestation de Boukharine en 1935. L’arrestation de Boukharine dissipera ses
illusions et il deviendra un opposant silencieux.
(14)
BP est d’abord un poète. Sa passion est la
poésie dans un pays où la poésie joue un tout autre rôle qu’en France. Depuis
Pouchkine, la poésie est immensément populaire en Russie pour plusieurs
raisons : L’une des raisons tient aux règles de poétique - très strictes –
rendant les poèmes faciles à retenir. Il publiera un recueil en 1922, Ma
Sœur, la vie, qui est encore lu aujourd’hui.
(15)
En 1946, il entreprend de rédiger un
grande fresque historique, son unique roman. Il mettra 10 ans à l’écrire.
(16)
On raconte qu’il correspondait avec l’Occident
avec des cartes postales car il était persuadé que le KGB ne contrôlait pas les
cartes postales dont le contenu était toujours accessibles. En fait le KGB
contrôlait.
(17)
L’histoire de la publication du Docteur
Jivago est elle-même un roman. En 1956, les deux principales revues littéraires
russes refusent de l’éditer. BP remet son manuscrit à un journaliste italien
qui le fait publier par Feltrinelli qui était pourtant un éditeur communiste et
qui le publie malgré les menaces de Togliatti, le chef du parti communiste italien.
Le roman est publié en français l’année suivante grâce à quatre jeunes universitaires
slavistes qui traduisent le roman à 8 mains sans signer la traduction par peur
de se voir refuse des visas pour aller en Russie. BP, qui était francophone, chantera
les louanges de cette traduction[3].
(18)
BP a obtenu le Nobel en 1958 qu’il a
d’abord accepté puis refusé sous la pression des autorités russes. Craignant de
ne pas pouvoir retourner en Russie s’il va chercher son prix, il écrit à
Kroutchev : « je suis à la Russie par ma naissance, par ma vie,
par mon travail. Je ne conçois pas d’en être séparé, ou de vivre en dehors
d’elle ». Les autorités russes ont en quelque sorte contribué à donner
au livre une dimension politique qu’il n’avait pas, et à faire du Docteur
Jivago un succès planétaire. La CIA a même fait circuler sous le manteau en Russie
des exemplaires du docteur Jivago qu’elle avait fait éditer en petit format.
(19)
Alors qu’il était marié en secondes noces,
il a rencontré une femme Olga Invinskaïa, qui aurait servi de modèle à Lara. Le
roman fait écho à sa situation d’homme marié vivant avec une autre femme.
(20)
Il meurt en 1960 après avoir été victime
d’une terrible campagne de dénigrement (« il a vécu toute sa vie dans
notre poésie comme un porc à l’abri d’un chêne »), même par ses
meilleurs amis écrivains, et après avoir été exclu de l’Union des écrivains. Il
ne sera jamais déporté contrairement à Olga Invinskaïa qui ne sera libérée
qu’en 1964. Ses poèmes seront interdits de publication. Le roman ne sera publié
en Russie qu’en 1988 avec la perestroika. BP aura navigué toute sa vie entre
les menaces et les honneurs.
4.
RESUME
Le roman est
surprenant à trois égards
-D’abord par ce que le
docteur n’est au centre de l’action que lors de la seconde partie du
livre ;
-Ensuite parce qu’il faut s’acclimater
aux différentes formes que peuvent prendre les prénoms : le russe a ici la
même flexibilité que l’italien (pensons à Lorenzaccio pour Lorenzo), souplesse
que la langue française ne connaît pas ;
-Enfin, le film donne une
image trompeuse du film : Varykino est en Oural, non dans la steppe plate
et désertique que suggère le film tourné en Finlande. Contrairement au film, le
livre n’a rien de romantique. La romance, la séduction joyeuse est absente du
livre qui est avant tout le récit d’un effondrement.
Introduction
-L’intrigue s’organise
autour de trois cercles qui se recoupent :
-Le premier cercle,
c’est la famille Jivago/Gromeko
Iouri, orphelin, on l’a vu,
est recueilli par son oncle maternel Vedeniapine. Il est pris en charge par la
famille Gromeko et va être élevé avec leur fille Tonia, comme si c’était sa sœur.
Fin 1911, c’est Tonia qu’il va épouser et dont il aura deux enfants.
Informée de la liaison de Iouri
avec Lara et sans nouvelles de lui, Tonia lui envoie une lettre qui met 5 ans à
lui parvenir - p. 514) et le quitte pour Paris avec les enfants. C’est l’un des
moments forts du livre (partie 13/18). Ils ne se reverront jamais.
Iouri apprend que son père (qui
a dilapidé sa fortune) a été acculé au suicide par une affairiste du nom de
Komarowski qui est précisément le personnage qui a tenté de séduire et maltraité
Lara.
-Le second cercle, c’est
le famille GUICHARD
Veuve d’un industriel
belge, Amalia Guichard, française, a deux enfants, Rodion et Lara. Leur
« bienfaiteur » est Viktor Komarowski qui a conseillé son mari et qui
a eu une relation avec Amalia. Komarowski s’intéresse à Lara adolescente qu’il
va harceler, flatter et séduire. Lara est finalement dégoutée.
A un bal de Noël chez les
Sventiski, Lara a l’intention de tuer Kowarowski mais blesse un
procureur . C’est grâce à l’entregent de Komarowski qu’elle échappe à
toutes poursuites.
Lara quitte la maison et
est éducatrice chez les Vologridov où elle est à l’abri de Komarowski pendant 3
ans.
Elle fait la connaissance
de Pacha et rêve d’aller avec lui en Oural où ils travailleraient comme
professeurs et créeraient un foyer. Lara reconnaît la grandeur de Pacha et sa
pureté morale qui le distingue de Komarowski.
En 1912, elle épouse Pacha
Antipov. Appelé sous les drapeaux, Pacha deviendra un révolutionnaire fanatique
avant de se suicider après avoir rencontré Iouri à Varykino où il pensait
retrouver Lara mais Lara était déjà partie. La confession de Pacha à Iouri
avant de mourir est un autre grand moment du livre (partie 14/17) ;
Le troisième
cercle, c’est la famille TIVERSINE
et le jeune Pacha ANTIPOV qui vit chez les Tiversine. Marfa Tiversina et Pacha assistent
à la répression par les dragons.
-Le début du
roman comporte les signes avant-coureurs de l’effondrement :
-les orages au cimetière annoncent un temps d’épreuve (Q
19) ;
-le
suicide d’Andreï Jivago, le père de Iouri ;
-un
cheminot, le mari de Tiverzina, est brûlé vif à son poste (Q 246) ;
-une
jeune fille est séduite par un avocat affairiste libidineux (Komarovski) ;
-le
jeune Doudorov est en barque, il tombe à l’eau (Q 250) ;
-la
saleté de l’hôtel du Monténégro (Q 253) ;
-la
mère de Tonia, la femme de Iouri, meurt prématurément, elle s’empoisonne (Q
293) ;
-les
ouvriers du rail Moscou Kazan font grève (Q 257) ;
-le
Commissaire Hintz est assassiné par les déserteurs (Q 201) ;
-le
vieux cheminot ivrogne Khoudeleïev frappe ses apprentis (261) ;
-le
massacre par les dragons. Tout devient rouge (Q 268) ;
-Moscou
affamée (HH 226) ;
-Ostromyslenski
dépense l’argent destinée à l’entretien de Ioura (Q 272) ;
-les
femmes en fuite dans la taïga : « c’étaient de jeunes mères qui
n’avaient plus de raison. elles abandonnaient leur enfant sur le chemin,
vidaient la farine des sacs et rebroussaient chemin. plutôt une prompte mort qu’une
longue agonie affamée » (HH 450 (12-5). Même les vaches devenaient
folles.
Le
docteur Jivago, c’est le destin désordonné d’un médecin dont la première
épouse, Tonia, émigrera sans lui, tandis qu’il reste en régime bolchevique,
qu’il connaît un amour bouleversant avec une femme, Lara, dont le mari, Strelnikov
se suicidera, chef bolchevique bientôt liquidé par la Révolution qu’il a servi
Plus
tard, Lara est arrêtée et Iouri rentré à Moscou dans la misère, se mettra en
ménage avec une lingère et mourra, pris d’une attaque dans un tramway.
C’est
l’histoire de la décadence apparente d’un homme dont les vers, retrouvés par
ses amis après sa mort disent l’angoisse, le remord et l’émerveillement devant
le monde. il s’identifie à Hamlet et, à travers Hamlet, au Christ.
Je suis la cible des ténèbres
Cent jumelles sont braquées sur moi,
S’il se peut encore, Abba, mon père,
Cette coupe écarte la de moi.
Le poème Hamlet reprend un
vieux diction russe : Vivre, ce n’est pas traverser un champ.
Première partie
– L’express de cinq heures (23-43)
Russie impériale 1902.
Iouri assiste à l’enterrement de sa mère, Maria Nikoleivna Jivago ;
Abandonné par son père, IJ a été recueilli par son oncle maternel Vedeniapine,
un philosophe et ancien prêtre orthodoxe. Le père de IJ était autrefois un riche
membre de la noblesse marchande moscovite mais il a dilapidé la fortune
familiale en Sibérie en se livrant à la débauche et à la fête.
La première scène décrit
l’enterrement de la mère de Iouri : le cortège funèbre, les chants rythmés
par les pas de la foule, la mise en terre, et la vision finale de l’enfant de
dix ans gravissant la tombe comme s’il voulait faire un discours.
Dès cette première scène,
le tableau du monde humain s’inscrit dans une image de l’univers (le souffle du
vent). Cette présence du cosmos est encore plus sensible dans la scène
suivante, qui décrit la tempête de neige réveillant le petit garçon dans le
monastère voisin du cimetière où il passe la nuit avec son oncle et tuteur, le
philosophe Nicolas Vedeniapine, au lendemain de l’enterrement de sa mère.
Scènes d’un grand
lyrisme : notamment quant Iouri enfant entend la voix de sa mère morte
dans la voix des oiseaux et des abeilles (Q 242). Le petit garçon qui ordonne
aux arbres de s’immobiliser (Q 248).
Une dernière scène nous présente
un troisième garçonnet, Nika Doudorov, confié par sa mère à l’intendant, qui se
souvient de l’aventure qui lui est arrivée la veille, lorsque, tombé à l’eau en
luttant avec l’adolescente Nadia, fille du propriétaire, qu’il croit détester,
il éprouve pour la première fois une émotion, qu’il ne sait pas identifier.
L’été suivant, IJ a 11 ans.
il se rend avec Vedeniapine à Duplyanka, la propriété de Kologrivov, un riche
marchand de soie.
Ils rendent visite à
Voskobolnikov qui est un intellectuel qui vit dans la maison de
l’intendant ; Kologrivov étant absent. Les filles de Kologrivov vivent
également sur le domaine (Nadia et Lipa) ; ainsi que Nika Doudorov qui est
le fils d’un terroriste condamné. Vedeniapine et Voskoboinikov s’aperçoivent
qu’un train s’est arrêté à un endroit inattendu. Dans le train, un garçon de 11
ans Micha Gordon, fils d’un avocat juif, , voyage avec son père. Un homme qui
parlait avec son père dans le train, s’enivre et se suicide en sautant du
train. Le père de Micha tire le signal d’urgence. La police arrive. De la
victime, nous apprendrons qu’il est le père du petit Iouri.
Deuxième partie
– Une petite fille d’un autre monde (44 – 93)
Pendant la guerre russo japonaise,
Amélie Guichard arrive à Moscou en provenance de l’Oural avec ses deux enfants
Rodion et Lara. Le défunt mari de Mme Guichard était un Belge travaillant comme
ingénieur pour les chemins de fer et était ami de Viktor Komarowski. K les
installe dans des chambres de l’hôtel miteux Montenegro, inscrit Rodion à
l’école des cadets et Lara dans un lycée de filles. L’école de filles est la
même que celle où va Nadia Kologrivov. Sur les conseils de K, Amélie investit
dans un atelier de couture. malgré la liaison qu’il entretient avec Amélie, K
séduit Lara à l’insu de sa mère.
Début octobre, les ouvriers
de la ligne de chemin de fer Moscou-Brest se mettent en grève. Le contremaître
de la gare est Pavel Feraponvich Antipov. Son ami, Kipriane Savelievich
Tiverzine est appelé dans un atelier du chemin de fer et empêche un ouvrier de
battre un apprenti (Ossip Galioline). La police arrête Pavel Feraponvich pour
son rôle dans la grève. Le fils de Pavel Feraponvich, Pavel Pavlovich (Pacha)
Antipov vient vivre avec Tiverzine et sa mère. La mère de Tiverzine et Pavel
participent à une manifestation qui est attaquée par les dragons, mais ils
survivent et rentrent chez eux. Alors que les manifestants s’enfuient,
Vedeniapine se tient dans un appartement de Moscou à la fenêtre et regarde les
gens s’enfuir.
En janvier 1906, les
Gromeko organisent un récital de musique de chambre chez eux. L’un des
interprètes est un ami d’Amélie Guichard et son voisin à l’hôtel Montenegro.
Amélie a pris du poison.
Elle est hors de danger. Elle dit: « heureusement toute cela était des
bétises ». Les garçons remarquent une fille endormie sur une chaise.
C’est Lara. C’est la première fois que IJ la voit. K sort de derrière un rideau
et pose une lampe sur la table à côté de la chaise de Lara. La lumière la
réveille et celle-ci partage un moment d’intimité avec K, sans savoir que IJ et Micha la regardent. Ils
échangent des regards complices, heureux que leur secret n’ait pas été
découvert et qu’Amélie ne soit pas morte. Micha murmure à Iouri que l’homme
qu’ils observent est le même que celui qui a soûlé son père dans le train peu
avant le suicide de ce dernier.
L’intrusion de Komarovski
dans la vie de Lara n’avait suscité de la part de Lara que du dégoût (Q 280). Est-ce
qu’on humilie quand on aime ? (Q 281).
Troisième
partie – L’arbre de Noël des Sventitski (94-127)
En novembre 1911, Anna
Ivanovna Gromeko tombe gravement malade d’une pneumonie. Iouri, Micha et Tonia
étudient pour devenir respectivement médecin, philologue et avocate. IJ apprend
que son père a eu un enfant, Evgraf de la princesse Stolbunova-Enrizzi. Le
récit revient au printemps 1906. Lara est de plus en plus tourmentée par
l’emprise de K sur elle. Elle trouve un travail de gouvernante dans la famille
Kologrivov. Au cours de sa quatrième année chez les Kologrivov, Lara reçoit la
visite de son frère Rodion. Il a besoin de 700 roubles pour couvrir une dette
il a perdu l’argent collectée pour faire un cadeau (Q 307). Lara indique
qu’elle va essayer de trouver l’argent et demande en échange le revolver de
cadet de Rodia ainsi que quelques cartouches . Elle obtient l’argent de
Kologrivov. Elle ne peut rembourser son emprunt car elle utilise son salaire
pour aider Pacha et son père qui vit en exil. Vers Noël 1911, Lara décide de se
séparer des Kologrivov et demande à K l’argent pour rembourser Kologrivov. Elle
prévoit de tuer K avec le pistolet de Rodion s’il refuse de rembourser. Le 27
décembre elle se rend chez K mais apprend qu’il est à une fête de Noël. Elle
rend visite à Pacha et lui dit qu’ils devraient se marier toute de suite. IJ et
Tonia se rendent chez les Sventistski. Lara arrive à la fête et ne connaît
personne d’autre que K. Lara tire sur Kornakov, un procureur au lieu de K. (Kornakov
a poursuivi un groupe de cheminots dont faisait partie Kiprian Tiverzin), le
père adoptif de Pacha. IJ la reconnaît. Lara tire sans l’atteindre sur le
séducteur dont elle veut se venger, sous les yeux de l’étudiant Iouri, invité à
la fête avec sa fiancée Tonia, fille de sa famille adoptive. Celui-ci voit
ainsi pour la seconde fois, sans la connaître, celle que la providence lui
destine. C’est la DEUXIEME
RENCONTRE (Q 317). Tonia lui dit qu’il doit rentrer d’urgence car
quelque chose ne va pas avec Anna Ivanovna, qui est retrouvée morte.
* * *
-Les parfums des étendues
qui l’entourent (109) ;
-L’art et l’apocalypse de Jean
(126)
-Le cimetière où il avait
pleuré petit enfant (* 127) ;
Quatrième
partie – Vers l’inéluctable (128-172) [les échéances approchent]
K utilise ses relations
politiques pour protéger Lara des poursuites judiciaires ;
-Les deux héros suivant
chacun sa voie.
-Lara, que les démarches de
Komarovski pour éviter le scandale ont mise à l’abri de la justice, épouse un
camarade d’enfance, Pavel Antipov, fils d’ouvrier devenu étudiant en lettres,
qui l’aime depuis l’adolescence. elle part avec lui en province pour enseigner.
-Lara et Pacha se marient
(Q 330), ils obtiennent leur diplôme universitaire et partent pour Iouratine en
train ; noter l’évocation des bateaux retournés dans les jardins de
Iouratine (Q 341).
-De retour à Iouratine, les
Antipov ont également leur premier enfant, Katenka. Bien qu’il aime
profondément Lara, Pacha se sent de plus en plus étouffé par son amour. Afin de
s’échapper, il se porte volontaire et intègre l’école militaire d’Omsk. Alors que
tout leur sourit, il part.
-Lara commence à travailler
comme enseignante à Iouratine. Sans nouvelle de Pacha, Lara s’engage comme
infirmière et se fait nommer sur le front à la recherche de Pacha dans une
ville de Galicie. Cette ville est celle où IJ travaille comme médecin militaire.
En fait, Antipov a été fait prisonnier par l’armée austro-hongroise, mais est
déclaré à tort disparu au combat.
-Iouri lui achève ses
études de médecine et épouse sa camarade de jeux Tonia Gromenko, fille de sa
famille adoptive, qui lui donne un fils.
-Mais le hasard va
rapprocher Iouri et Lara : envoyé au front comme médecin militaire,
Jivago, hospitalisé à la suite d’une blessure, est soigné par Lara, engagée
comme infirmière pour retrouver son mari, volontaire disparu au cours d’une
opération : Iouri se rapproche enfin de la « petite fille d’un pauvre
milieu », cette inconnue qui a déjà frappé son imagination . Il vit à
ses côtés dans un village du front les moments exaltants de l’été 1917, « où
la révolution était un dieu descendu du ciel sur la terre, le dieu de cet été ».
Cette troisième rencontre,
fortuite comme les deux premières, marque plus nettement que jamais le rôle que
joue le hasard, c’est-à-dire la providence, dans la succession des évènements.
-C’est le deuxième automne
de la première guerre mondiale. IJ a épousé Tonia et travaille comme médecin
dans un hôpital de Moscou. Tonia donne naissance à leur premier enfant, un
fils.
-Blessé par un tir d’artillerie
(« éclat de shrapnel ») (Q 360), IJ est envoyé dans un hôpital de
campagne à Meliouzeïev où Lara est son infirmière. Galiouline se remet de ses
blessures. Il est maintenant lieutenant dans l’unité de Pacha. Il informe Lara
que Pacha est vivant mais elle en doute. Lara apprend à connaître IJ mais n’est
pas impressionnée par lui (un inconnu au nez camus qui n’avait rien de
remarquable, Q 362). A la fin de cette partie, on annonce à l’hôpital qu’il y a
eu une révolution.
* * *
-les lampadaires projetant
l’ombre bossue du cocher (131) ;
-Le mariage de Lara avec
Pacha ;
-Le traitement des Juifs
(161) (165) ;
-Au Royaume de Dieu, il n’y
a ni Grec ni esclave (165) ;
-Lara retrouve Iouri à l’hôpital
(168) ;
-Un inconnu au nez
retroussé qui n’avait rien de particulier (169) (Q 362) ;
-la mort du mutilé
Hammazeddine (Q 353) ;
-un cosaque humilie un
vieux juif. Brimade que Iouri fait cesser (Q 354) ;
Cinquième
partie – Adieu aux choses anciennes (173-214)
-Après sa guérison, IJ
reste à l’hôpital en tant que médecin. Il est en contact avec Lara.
-Tous deux ainsi que
Galiouline essaient d’obtenir la permission de partir et de rentrer chez eux.
-A Meliouzeïev, un
commissaire du gvt provisoire récemment arrivé, Hinz, est informé qu’une unité
militaire locale a déserté et campe dans une forêt défrichée voisine. Hinz
décide d’accompagner une troupe de cosaques qui a été convoquée pour désarmer les
déserteurs. Il pense pouvoir faire appel à la fierté des déserteurs en tant que
« soldats de la première armée révolutionnaire du monde ». Un train
de cosaques à cheval arrive et les cosaques entourent rapidement les déserteurs.
Hinz entre dans le cercle des cavaliers et fait un discours aux déserteurs. Son
discours se retourne contre lui. Les cosaques rengainent leurs sabres et fraternisent
avec les déserteurs. Les officiers cosaques conseillent à Hinz de fuir, ce
qu’il fait, mais il est poursuivi par les déserteurs et brutalement assassiné
par eux à la gare.
-Peu avant son départ, IJ
dit au revoir à Lara. il exprime son enthousiasme à l’idée que « le
toit de toute la Russie a été arraché » et que tout le peuple se
retrouve en pleine liberté. Il commence à dire à Lara maladroitement qu’il a
des sentiments pour elle. Lara l’arrête et ils se séparent. Ils partent par des
trains différents, elle pour Iouratine, et lui pour Moscou. Dans le train pour
Moscou, IJ réfléchit au fait que le monde est devenu très différent et qu’il a
« honnêtement essayé de toutes ses forces de ne pas aimer Lara ».
***
-L’humilité : il
reconnaît ses fautes (175) ;
-Iouri énumère les
précédentes rencontres à Tania (174) ;
-Tonia : « rejoins
cette infirmière dont les destin était semé de tant de coïncidences »
(175) :
-L’entremetteuse, Melle Fleury
(178) ;
-Dernière entrevue entre
Lara, Iouri avant le départ de Lara (192) ;
-L’ensauvagement (209) ;
-Lara : cette façon de
ne jamais retrouver quoi que ce soit à personne (209)
Sixième partie
– Le bivouac moscovite (215-265)
-Le retour de Jivago
démobilisé dans sa famille, avec laquelle il se trouve plongé dans les
désordres et la violence d’octobre ;
-Tonia a dû céder une
partie de la maison à l’Académie agricole ; « nous resterons sans
bois, sans eau et sans lumière. On va abolir la monnaie, le ravitaillement ne
se fera plus » ( 407).
-Petit banquet improvisé
avec le canard acheté en route et l’alci=ool pharmaceutique trouvé par Gordon.
* * *
-Les vieillards vendent à la sauvette des choses dont personne n’a
besoin (fleurs artificielles) (Q 402).
-Les rations dans le
train : sucre à moitié fondu (216) ;
-Retour chez les Gromeko (217) ;
-Sachenka donne une baffe à
Iouri (224) ;
-Moscou affamé (226) ;
-Iouri ne voyait aucun
espoir ni pour lui-même ni pour son milieu.
-Il aurait perdu la raison
sans les choses du quotidien, les tâches et les soucis. Il trouvait son salut
dans sa femme ;
-Il savait qu’il n’était
qu’un nain, eu égard du formidable mécanisme de l’avenir ;
-Il embrassait une dernière
fois, comme pour un adieu, les nuages et les arbres (236) ;
-Hôpital de l’élévation de
la Croix (242) ;
-Il trouve un homme inanimé
sur le terroir (241) ;
-Edition spéciale de
Pouvoir soviétique sur la dictature du prolétariat (247)
-Une femme est atteinte du
typhus (256) ;
-Poème entre la
résurrection et la mise au tombeau (264) ;
Septième partie
– En chemin (266-318)
-Après la Révolution
d’Octobre et la guerre civile russe, IJ et sa famille décident de s’enfuir
en train pour l’ancienne propriété de la famille de Tonia (Varykino) située
près de la ville de Iouratine dans l’Oural.
-Leur fuite, dans un train
bondé et constamment intercepté, vers l’Oural, où ils espèrent trouver un
refuge à Varykino, dans l’ancienne propriété de la famille de la mère de Tonia
(Krüger).
-C’est au cours de ce
voyage que, interpellé comme suspect, Iouri est présenté à celui dont il ne
sait pas qu’il est le mari de Lara, Pavel Antipov, qui, resté vivant et revenu
du front sans se faire connaître de sa femme, s’est engagé dans la guerre
civile et est devenu sous le nom de Strelnikov un dirigeant implacable des
formations de l’armée rouge dans l’Oural. BP en fait le personnage du
révolutionnaire, antipode du poète.
* * *
-Dans leurs bagages, ils ne
gardent que ce qui peut faire l’objet d’un troc (sel et tabac) (Q 449). Tonia
change un lièvre rôti contre une serviette (Q 458).
-Voyage en train. Neige
partout . Certains sont nu-pieds (277). Le train s’arrête sans raison (Q
465). Tout le monde est réquisitionné pour dégager la voie (Q 465) ;
-Avant le départ, Iouri et
Tonia allèrent admirer une dernière fois, la beauté de la voie ferrée libérée
(293) ;
-« On ne trouve pas
la solution en restant fidèle aux formes mais en s’en libérant » (313) ;
-Strelnikov passe en train
blindé spécial.
II
Huitième partie
– L’arrivée (323-349)
-IJ et sa famille
s’installent dans la maison abandonnée du domaine. IJ écrit des poèmes et des
articles de journal. Le printemps arrive et la famille se prépare à travailler
à la ferme.
***
-« Le marxisme, je
ne connais pas de courant de pensée qui soit plus éloigné des faits »
(329) ;
-La philosophie de
Iouri : « On n’arrive à rien par la violence. on ne mène au bien
que par le bien » (332) ;
Neuvième partie
– Varykino (350-384)
-IJ se rend à Iouratine
pour utiliser la bibliothèque publique où il aperçoit Lara. Quand il lève les
yeux pour lui parler, elle est partie. Il obtenait l’adresse de son domicile
grâce à un formulaire qu’elle a remis au bibliothécaire. Lors d’une autre visite
en ville, il se rend dans son appartement qu’elle partage avec sa fille. A la
suite d’un nouveau hasard, devient son amant. Elle l’informe que Strelnikov est
bien Pacha, son mari. Lors des visites suivantes de IJ à Iouratine, ils
consomment leur relation. Ils se retrouvent régulièrement pendant plus de deux
mois.
-Cette aventure
amoureuse est interrompue par la capture du docteur par les partisans, qui ont
besoin d’un médecin et le gardent prisonnier. IJ est enlevé par des hommes
fidèles à Liveri, commandant de la confrérie de la forêt, une bande de
partisans bolcheviks, pour être leur médecin.
-Lorsqu’il parvient à leur
échapper sa femme Tonia, son tout jeune fils et son beau-père sont parvenus à
quitter Varykino et ont été expulsés de Russie.
-Il est accueilli à
Iouratine par Lara avec laquelle, suspect au nouveau pouvoir installé dans la
petite ville, il trouve un refuge provisoire, à l’approche de l’hiver, dans la
propriété abandonnée de Varykino, assiégée par la neige et le loups.
* * *
-Absolument toutes les
femmes sont mères de grands hommes et ce n’est pas leur faute si leur fils les
trahit ensuite (355) ;
-Conversations infinies sur
l’art ;
-Le soir nous parlons de
Pouchkine encore et encore (358) ;
-Nous relisons sans fin
Eugène Onéguine et les loups (poèmes) (358) ;
-Les note de Iouri à
Varykino (355) ;
-Iouri reconnaît Lara
Antipova à la bibliothèque (366) ;
-les livres empruntés par
Lara sont des précis de marxisme (368) ;
-Strelnikov est Antipov mon
mari (377) ;
-Lara sur Strelnikov :
« Tout ça, c’est par trop plein d’amour’ ;
-Il croulait sous le faix de
la culpabilité (380) ;
-Une fois encore, il recevra
des mains du créateur cette merveille blanche qui est l’œuvre de Dieu (383) ;
-L’homme est né pour vivre,
pas pour se préparer à vivre (374) ;
Dixième partie
– Sur la route de Sibérie (385-411)
Liveri est un vieux
bolchevik dévoué et un leader très efficace. Liveri est un cocaïnomane et une
grande gueule. Il ennuie IJ avec ses longues conférences sur les gloires du socialisme
et sa victoire inévitable. IJ passe plus de deux ans avec Livéri et ses
partisans, puis parvient finalement à s’échapper. Après un voyage de retour à
Iouratine, effectué en grande partie à pied, IJ se rend en ville pour voir Lara
en premier plutôt que d’aller à Varykino voir sa famille. En ville, il apprend
que sa femme Tonia, ses enfants et son beau-père ont fui le domaine et sont
rentrés à Moscou. De Lara, il apprend que Tonia a accouché d’une fille après
son départ. Lara a assisté à la naissance. Elle et Tonia sont devenues des
amies proches. IJ trouve en emploi et reste avec Lara et sa fille pendant
quelques mois.
Onzième partie
– Les frères de la forêt (412-439)
-Chez les partisans : l’hiver
le typhus, l’été la dysenterie (415) ;
-Iouri est avec les
partisans mais il est tenté de rallier les blancs qu’il connaît bien. Pour les
autorités soviétiques, le symbole de la traîtrise.
Douzième partie
– Le sorbier engivré (440-467)
-Le mutilé à qui on avait sectionné
la jambe droite et le bras gauche que l’on avait attachés dans son dos
(459) ;
-Polykha tue ses enfants et
sa femme (463) ;
-Evasion de Iouri (466).
Evocation de la baie de sorbier (466) ;
Treizième
partie – En face de la maison aux effigies (468-518)
-Retour de Iouri à
Iouratine.
-Discours de Sima sur la
Grèce et l’ancien testament (Q 660) ;
-Un jour un habitant de la
ville remet à IJ une lettre
de Tonia écrite 5 mois plus tôt (Q 566). Tonia l’informe qu’elle va
s’exiler avec les enfants. Elle dit « le problème , c’est que je t’aime
et que tu ne m’aimes pas » et « Nous ne nous reverrons
jamais ». C’est l’un des grands moments du livre : « je
ne peux pas continuer, mon cœur éclate ». « Je ne t’accuse de
rien, je ne te reproche rien, arrange ta vie comme tu le veux ».
Lorsque IJ termine la lecture de la lettre, il s’évanouit.
-La déchéance
commence : « l’époque était la confirmation du vieil adage :
l’homme est un loup pour l’homme. il y eu des cas d’anthropophagie »
(470) ;
* * *
-Iouri demande des ciseaux
pour se couper la barbe à des couturières (478) ;
-La coiffeuse / couturière
est la fille du garde barrière Mikoulitsyne (482) ;
-« Quelle merveille
ta Tonia », dit Lara (493) ;
-Lara : « j’ai
été cassée, il y a un faible en moi » (495) ;
-Le rôle de Komarovski dans
le suicide du père de Iouri (qui a sauté d’un train) (497) ;
-Lara parle de Strelnikov
et montre combien il a changé : « il est l’incarnation de la
pureté » (418) ;
-Lara explique le
changement avec la guerre, le meurtre est quotidien (501) ;
-Sur l’ancien et nouveau
testament dans la liturgie (510)
-Sur la passion du Christ
(512) ;
-La lettre de Tonia (514)
(Q 666) ; elle est envoyée à l’adresse de Lara Antipova et mettra 5 ans à
arriver. La lettre remercie Lara. Absence totale d’animosité.
Quatorzième
partie – Varykino de nouveau (519-573)
Komarovski, le mauvais
génie de Lara, réapparaît. Il est devenu un personnage important de la
République d’Extrême Orient, Etat bourgeois créé en avril 1920 par les
bolcheviks pour reprendre en mains la région de Vladivostok occupée par le
Japon, et qui sera réintégré à la Russie soviétique en novembre 1922.
Rejoignant son poste dans un train spécial, il fait un détour par Varykino et
propose à Jivago et Lara de les mettre à l’abri des persécutions qui les
menacent en les emmenant avec lui. K déclare, à tort, que Pacha Antipov est
mort, ayant perdu les faveurs du parti. Affirmant que cela placerait Lara dans
le collimateur de la Tcheka, il persuade IJ qu’il est dans on intérêt de partir
à l’est. IJ convainc Lara de partir avec K en lui disant qu’il la rejoindra
bientôt.
Jivago refuse mais laisse
partir Lara en lui promettant de la rejoindre, tout en sachant, sans être
capable de s’y opposer, que leur séparation est définitive. Lara ne retrouvera
le poète que sur son lit de mort, dans une pièce où, revenue à Moscou après
maintes péripéties, elle est entrée par un de ces hasards qui, selon BP, sont
la signature de la providence. Telle est la conclusion tragique de la brève
idylle des deux amants.
L’idylle trouve l’épilogue
qui lui donne son sens symbolique dans un dernier chapitre, confrontant les
deux hommes qui ont aimé Lara : Jivago et Pavel Antipov (Strelnikov) :
elle incarne pour eux la destinée féminine et, arbitre sans le vouloir le choix
qu’ils ont fait pour elle. Resté seul dans leur refuge de Varykino, Iouri
découvre Pavel Antipov, croisé naguère au cours de son voyage en Sibérie sous
le masque du commissaire révolutionnaire Strelnikov, « le
fusilleur », et qui, devenu suspect aux Bolcheviks, se cache et finira par
se suicider. Mais auparavant, il passe de longues heures à évoquer avec Jivago
le souvenir de Lara, telle qu’ils l’ont vue l’un et l’autre en 1905, incarnant
la misère humaine et l’humiliation de la femme, qu’il faut arracher à son
malheur et racheter. C’est pour elle, pour la venger, que Pavel Antipov s’est
engagé dans la Révolution, qu’il est devenu « rasstrelnikov », le
fusilleur, et qu’à présent, son engagement va le mener au suicide. « Et
vous qu’avez-vous fait pour elle ? » demande-t-il à Jivago. Le
poète, celui qui a choisi la création, et non l’action, ne répond rien. Sa
réponse, en fait c’est le romancier qui l’apporte à sa place : c’est le
roman lui-même, l’œuvre dans laquelle d’emblée il s’est mis tout entier et à
laquelle il est prêt désormais à sacrifier sa vie.
Après avoir exprimé ses
regrets pour la douleur qu’il a causée à son pays et à ses proches, Pacha se
suicide. IJ retrouve son corps le lendemain matin.
* * *
-Tu comprends nous ne
sommes pas dans la même position. Toi, tu as reçu des ailes pour t’envoler
au-dessus des nuages ; moi qui suis femme pour me blottir contre terre et
protéger mon enfant » (Q 685) ;
-“Vous êtes un outrage
adressé à leur monde . Votre élimination est à l’ordre du jour »,
Komarovski à Iouri (521) ;
-Discours de Lara sur la
responsabilité de l’homme et celle de la femme : « Toi tu as le
droit d’hésiter, pas moi » (537) ;
-« Je suis ton
esclave qui t’aime aveuglément » (538) ;
-La splendeur de la vie
glacée (540) ;
-Iouri à Varykino :
« Seigneur et tout cela est pour moi. Pourquoi tant de bienfaits ?
Comment m’a-t-on admis auprès de toi ? » (541) ;
-3 heures du matin. Tout le
monde est endormi. Il rédige. Il entend un « son triste et lugubre » et
voit des loups. Les loups (542) (Q 690) ; les loups symbolisent la force
ennemie qui s’était donnée
-Iouri écrit des poèmes - exprimer
une émotion (545) ;
-Seuls et sans armes, ils
ne peuvent rester. Les loups (547) ;
-« Il devenait lentement
fou » (560) (Q 703) ;
-« L’art tragique
raconte le bonheur d’exister » ; Tout art est un récit sur le
bonheur d’exister (Q 705) ;
-Discussion avec Iouri :
elle était celle qui met le siècle en question, qui porte l’accusation. Cette
pensée aux aguets (569) ;
-Suicide
de Strelnikov (573);
Quinzième
partie – La fin (574-619)
-Iouri
retourne à Moscou. il est à pied. Le typhus fait rage. Il mange les grains de
seigle crus sur le bord de la route. (Q 718). Les mulots pénètrent dans les
manches lorsqu’il dort au bord de la route (Q717). Il traverse des villages
incendiés. Il retrouve Vassia Veretenniki ;
-Après
son retour à Moscou au printemps 1922 au début de la NEP, la santé de Iouri
décline. Il se laisse aller, il cesse de voir ses amis et tombe progressivement
dans la misère;
-Il
s’éprend de la fille de Markel Chtapov avec laquelle il a deux enfants ; ils
tombent dans une sorte de misère volontaire : ils scient du bois pour le
locataire d’un immeuble (Q 731) ;
-Il
a de nombreux projets d’écritures qu’il ne terminera jamais ;
-Il
quitte sa nouvelle famille et ses amis pour vivre seul à Moscou et travailler à
son écriture. On peut voir dans le fin solitaire de Jivago une forme de suicide ;
-Il
meurt d’une crise cardiaque en prenant le tramway ;
-Lara
retourne en Russie pour apprendre la mort de son mari et assista aux
funérailles de IJ ;
-Elle
persuade le demi-frère de IJ, Evgraf Jivago, qui est maintenant général du NKVD,
de l’aider à retrouver la fille qu’elle a conçue avec IJ et qu’elle a
abandonnée dans l’Oural ;
-Lara
disparaît. On la croit arrêtée pendant le grande purge de Staline et elle meurt
au Goulag , « un numéro sans nom sur une liste qui a ensuite été égarée » ;
-Iouri
n’aura jamais connu la fille qu’il a eue avec Lara.
* * *
-tomber
toujours plus bas (576)
-les
champs à l’abandon, les villages incendiés (576, 578) ;
-Iouri
retrouve Vassia Drykine qui avait voyagé avec lui dans le wagon (579) ;
-Vassia
imprime les fascicules écrits par Iouri (584) ;
-Iouri
rompt avec Vassia et tombe dans la misère (586-587) ;
-Iouri
retrouve Markel Chtapov, le concierge des Gromeko devenu intendant sous les
Rouges (586-587) ;
-« Qu’est-ce
que j’y peux si tu as eu tout faux. il ne fallait pas filer en Sibérie. Nous,
on a tout supporté et on s’en est sorti. Tu ne peux t’en prendre qu’à toi-même »
(589) ;
-Marina
Chtapova devient la troisième femme de Iouri (590) ;
-Marina
a deux filles de Iouri, Kapka (Kapitolina) et Klachka (Klavdia) (591)
-Gordon
et Doudorov réapparaissent. Doudorov est revenu de rélégation (592-593);
-« vivre,
c’est s’élancer vers la perfection et l’atteindre » (596) (Q 735) ;
-Gordon
et Doudorov se lancent à la recherche de Iouri (597) ;
-Iouri
décide de s’isoler (ce qui est une nouvelle folie pour Marina) (598) ; Il
fait savoir qu’il désire rester seul afin de pouvoir se consacrer entièrement à
ses affaires (Q 737). Il abadonne efemme et enfant
-Iouri
retrouve son demi-frère Evgraf Jivago : disparaître un instant, c’était
l’idée de Evgraf (599) ;
-Retour
à Moscou en 1922 (600) ;
-Mort
de Iouri à la descente d’un tramway : la dame en mauve, c’est Melle Fleury
(605), la première personne à avoir saisi l’existence d’une romance entre Iouri
et Lara ;
-« Son
œuvre de penseur et de poète avait encore plus d’amis inconnus » (606) ;
-Discussion
entre Lara et Evgraf (610). Lara apprend que Strelnikov (Antipov) s’est suicidé
(611) (Q 748) ;
-«Espérer
et agir, c’est une obligation dans le malheur » (613) ;--
-Lara
se signe devant le cercueil de Iouri (615) ; Lara reste immobile et
enveloppe le cercueil de son corps (Q 752). Là encore moment de grande émotion.
-« Adieu
mon fleuve rapide et profond » (617)
-« Il
ne restait personne. L’un était mort , l’autre s’était tué. Seul était
encore en vie celui qu’il aurait fallu tuer (614) ;-Un jour Lara
disparaît : il est probable qu’elle mourut ou disparut (619) ;
Seizième
partie – Epilogue (620 -638)
-Pendant
la seconde guerre mondiale, les vieux amis du docteur, Nika Doudorov et Micha
Gordon, se retrouvent. L’une de leurs discussions porte sur une blanchisseuse
locale nommée Tania, une orpheline de guerre et sa ressemblance avec Iouri et
Lara. Tania raconte aux deux hommes l’enfance difficile qu’elle a eue, car sa
mère l’a abandonnée pour épouser Kamarowski. Plus tard, les deux hommes se
retrouvent autour de la première édition des poèmes de IJ.
-La
mort de Kristina (Q 760).
-Décadence
apparente d’un homme dont les vers , retrouvés par ses amis après sa mort, disent
l’angoisse, le remords, l’émerveillement devant le monde. il s’identifie à
Hamlet et, à travers Hamlet, au Christ.
Ses
amis associent à son recueil poétique posthume
au pressentiment d’une délivrance prochaine que leur apportera la fin de
la guerre.
Dix-septième
partie – Poèmes de Iouri Jivago (639-677)
1
Hamlet
Hamlet est chargé de venger la mort de son père
assassiné. La mort d’Hamlet est le triomphe du bien sur le mal. Il a vengé son
père et ne souffre plus.
2
Mars
3
Semaine sainte
4
Nuit blanche
5
Eaux printanières
6
Explication
7
Eté en ville
8
Le vent
9
Griserie du houblon
10
L’été des bonnes femmes
11
Les noces
12
L’automne
13
Un conte
14
Août
15
Nuit d’hiver
16
Séparation
17
Apparition
18
L’étoile de Noël
19
L’aube
20Le
miracle
21
La terre
22
Jours de malheur
23
La Madeleine (I)
24
La Madeleine (II)
25
Le jardin de Gethsémani
5.
LA métaphore de la résurrection
-Le thème de la
résurrection est présent en ce sens que le monde (et au sein du monde, le mal) a
la capacité de renaître en toutes choses et en tout individu ici et maintenant.
La résurrection n’est pas un avenir lointain et hypothétique : elle est au
milieu de nous ;
-On
peut voir dans le docteur Jivago un grand roman christique : Le psaume
talisman est le psaume 90 :
Toi qui habites au secret du très haut,
Toi qui loges à l’ombre d’El Chaddaï
Dis à Yahvé : mon abri et ma forteresse
mon Dieu en qui je me confie
(21)
-Le Psaume 90 énonce la bonne garde
qu’assure El Chadaï à celui qui se confie en lui :
Il délivre des files de l’oiseleur,
Il guérit de la peste meurtrière
Il libère de la frayeur de la nuit,
Il sauve de la flèche qui vole le jour
(22)
-Commentaire de la phrase de saint Paul (épitres
aux Galates, 3-28) selon laquelle au royaume de Dieu, il n’y a plus ni Grecs,
ni juif, ni esclave, ni homme libre , car tous vous êtes un en Jésus Christ. Veut-il
seulement dire que tous sont égaux devant Dieu ? Non, les philosophes de
la Grèce le savaient avant lui. mais il dit : « Dans ce nouveau
type de relations humaines qui se nomme royaume de Dieu, il n’y a pas de
peuples, il y a des personnes » (HH 165, Q 358) ;
(23)
-« la nuit d’hiver » :
poème critiqué par le régime pour être érotique.
6.
JUDAISME
-Micha Gordon (10 ans) :
« Que signifie être juif ? Pourquoi cela existe-t-il ? Qu’est-ce
qui récompense ou justifie ce défi désarmé, qui n’apporte que des
chagrins ? » (23);
-Youri : « Aussi
loin que remontaient ses souvenirs, il n’avait jamais cessé de demander avec
étonnement comment, avec les mêmes bras et les mêmes jambes, on pourrait être
autre chose que tous les autres et par-dessus le marché quelque chose qui ne
plaisait guère et qu’on n’aimait pas » (23).
-Michel Gordon adulte trouvera
la solution, la seule qui paraîtra efficace et raisonnable : la conversion.
La figure du Christ marque la rupture avec le monde antique et la naissance
d’une ère nouvelle : c’est la voie choisie par BP :
« Depuis
cet instant, les peuples et les dieux ont cessé d’exister et l’homme a commencé »
(62-63).
-Védéniapine : « Jusqu’ici
on a considéré que ce qui importait le plus dans l’Evangile, c’étaient les
maximes morales et les règles contenues dans les commandements. Pour moi
l’essentiel est ce que le Christ a exprimé en paraboles tirées de la vie
courante, éclairant la vérité par la lumière du quotidien » (533).
-Iouri fait cesser des
brimade infligées par un cosaque à un viellard juif (Q 354) ;
7.
DIVERS
8.
Première
apparition du mot goulag en littérature (623) ;
Traduction :
n’est-ce pas vrai (611) ;
Sur
la révolution, le jour de congé décadaire (614) ;
FAMILLES
(24)
IOURI – TONIA GROMEKO (Antonina
Alexandrovna): Alexander (Sachenka) automne 1915 et Maria (Macha) printemps
1921
(25)
LARA - PAVEL (PACHA) ANTIPOV
(STRELNIKOV) : KATIA (KATENKA)
(26)
IOURI – MARINA CHTCHAPOV (fille de
Markel) : Kapitolina (Kapka) et Klavdia (Klachka).
(27)
IOURI – LARA : SACHA
f
CARACTERES
(28)
Lara – Larissa Fiodorovna
-« petite fille d’un autre milieu »
-L’intrusion de Komarovski dans la vie de Lara n’avait
suscité de sa part que du dégoût (Q 280) ;
-Est-ce qu’on humilie quand on aime ? (Q 281) ;
-La révolte contre l’offense subie ;
-Cette façon de ne jamais reprocher quoi que ce soit à
personne ; de ne se plaindre qu’en se taisant ;
-La femme du révolutionnaire Antipov qui incarne à la
fois :
le trouble et la paix ;
(le lien et la rupture ;
-le danger et le refuge ;
-la mort et la vie.
Symbole : les baies rouges du sorbier.
(29)
Jivago
-Il s’identifie à Hamlet, et, à travers Hamlet, au
Christ.
-Devant Anna Ivanovna Gromeko, sa belle-mère, il
improvise une conférence sur la résurrection : « l’immortalité,
c’est votre vie présente dans celle des autres » (Q 301).
-Iouri
n’est décrit nulle part « un inconnu au nez retroussé qui n’avait rien
de particulier », HH 169), sauf par Lara (première rencontre à
l’hôpital (355) ;
(30)
Oncle Nicolaï Vedeniapine
Prêtre défroqué qui ignore si Dieu existe et à quoi il
sert mais qui a choisi de rester fidèle au Christ. Devenu éditeur.
(31)
Strelnikov (le fusilleur) Pavel Antipov
-Brillant intelectuel qui a quitté l’Oural où il était
professeur et vivait avec Lara et leur fille depuis trois ans, pour fuir un
chagrin d’amour (l’ombre de la présence de Komarowski et s’engager sur le front
-Antipov veut changer l’ordre du monde, transformer la vie et créer par la
violence un monde où la femme ne sera plus soumise, avilie et exploitée par le
pouvoir de l’argent.
-Victime d’une dénonciation mensongère : je me
suis terré, j’ai eu faim (Q 708).
-Il voulait venger Lara de tout ce qu’elle avait
souffert. 6 ans seul. je devais d’abord acquérir la liberté (Q 712).
CONCLUSION
(32)
Jivago : Pasternak idéalisé :
celui qu’il aurait voulu être. Dans son imperfection, celui qu’il aurait voulu
être.
(33)
Roman sur la division entre l’évidence de
la beauté du monde et le principe de destruction qui l’habite.
-Contre le mal, le révolutionnaire prétend changer la
vie et ne fait que perpétuer la violence (Strelnikov est devenu un ange
exterminateur) ;
-Le poète sait que la vie ne peut être sauvée que par
la création : c’est sa mission qu’il doit remplir jusqu’au sacrifice,
semblable à celui du Christ sur la Croix. Les poèmes explicitent l’inspiration chrétienne
de l’ouvrage, centré sur le thème de la résurrection et de l’immortalité ;
(34)
Au moulin terrible de l’histoire, s’oppose
ainsi le moulin de la poésie et c’est celui-ci qui, en définitive, emporte la
victoire et fait des cimetières un champ impérissable.
(35)
C’est le roman de la pulvérisation des
liens qui ne sont sauvés que par le hasard et deviennent des croisements de
destins. L’amour de Jivago pour Lara : la réponse à ceux qui ont dévasté
l’authenticité du monde.
*
* *
[1] « When
to the sessions of sweet silent thought
I summon up remembrance of things
past
I sigh the lack of many a thing I sought
And with old woes new wail my dear time’s
waste”
[2]
« Il embrassait une dernière
fois, comme pour un adieu, les nuages et les arbres » (236). Voir
également p. 251 sur la ferveur féérique de la nuit.
[3]
C’est la traduction éditée en
folio et en Pleïade.

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