Vous trouverez, ci-dessous, les 34 (!) coups de cœur de notre 56ème réunion au cours de laquelle nous avons échangé, en première "mi-temps", sur "La Sentence", le dernier livre de Louis Erdrich.
Un certain nombre des livres sont sans référence des personne qui les ont recommandés ; j’avais omis de préciser à Lorraine de les mentionner. Mea cul pa. Pour d’autres, je crois me souvenir de l’association livre et participant.
À tout seigneur, tout honneur : Jean-Bernard qui vient de sortir un nouveau roman "Les nuits de Kaboul sentent la menthe et les ordures" chez Librinova
Jean-Paul : "Troubles" de Louise Kennedy en Folio Un premier roman
Troubles, c’était le nom pudique que l’on donnait à la guerre civile en Irlande du Nord dans les années 1970. Attentats, assassinats, répression féroce émaillaient alors la vie quotidienne à Belfast. Des «troubles», c’est aussi ce qui traverse le cœur de Cushla Lavery, une jeune institutrice de la communauté catholique de la ville.
À ses heures perdues, elle aide son frère à tenir un pub, jusqu’au jour où elle tombe en arrêt devant un client qui n’a rien de commun avec les autres. Michael Agnew est avocat. Il est protestant. Mais il défend les membres de l’IRA. Dans la ville en feu, ce point n’a rien d’anodin. Naguère, l’écrivain Brendan Behan nous a instruits de la violence entre les communautés irlandaises.
Jean-Paul : "Châtiment" de Percival Everett chez Actes Sud
Le récit propose une réflexion puissante sur le besoin de vengeance et la soif de justice. Percival Everett reprend au goût du jour, (le sien), les vieux stéréotypes, racistes et Afro-Américains, qui furent pendant des décennies le discours des célèbres opposants, présidents et autres.
Jean-Paul : "Différents- Le genre vu par un
primatologue" de Franz de Waal chez "Les liens qui
libèrent"
Voici
un vibrant manifeste pour l'égalité des genres par l'un des plus éminents
primatologues de notre temps. Pour établir si les préférences et les
comportements humains que nous qualifions parfois de genrés ont une origine
biologique, Frans de Waal les compare avec ceux d'autres primates, non affectés
par nos biais culturels.
« J’ai perdu le
sommeil. Je me suis retournée sur mes pas et il ne me suivait plus. Il s’était
détaché de moi, et j’errais sans lui dans la nuit. »Marie Darrieussecq souffre d’insomnie depuis des années, comme beaucoup
d’entre nous. Elle raconte dans ce livre l’aboutissement de vingt ans de voyage
et de panique dans lalittérature et dans les nuits. Vingt ans de recours
désespérés et curieux, parfois très drôles, à toutes sortes de remèdes –
pharmacopée, somnifères, barbituriques, méditation, exercice physique, tests,
chamanisme, technologie, recettes et expédients divers… Mais ce livre est
surtout hanté par une question magnifique : « Qui est-ce qui ne dort pas quand
je ne dors pas ? ».
Le 28 juillet 1912, le
Santa Anna quittait Alexandrovsk dans le but de rallier Vladivostok en
empruntant le passage du Nord-Est. Le chef d’expédition, Broussilov, souhaitait
découvrir de nouveaux terrains de chasse et se livrer, le long des côtes de
Sibérie, à la capture de phoques, morses, dauphins, baleines et ours blancs.
L’auteur du récit, Albanov, avait été engagé par Broussilov comme officier de
navigation.
Après un an et demi de dérive sur la banquise de
la mer de Kara et de l’océan Arctique, Albanov se prépare à quitter le Santa
Anna, conscient que le seul espoir de salut résidera dans la possibilité
d’atteindre à pied la terre François-Joseph.
Il est accompagné d’une poignée d’hommes. L’une
des plus extraordinaires expériences de survie dans l’Arctique commence… La
publication du récit d’Albanov fut un véritable triomphe aux États-Unis.
Monique : "Misericordia" de Lidia Jorge chez "Metailié"
L’écrivaine
portugaise a écrit ce livre pour sa mère, après sa mort en maison de retraite.
Le journal intime qu’elle y tenait s’y retrouve, mêlé à une fiction inspirée.
Ce récit restitue avec une grande sensibilité
un parcours marqué par la césure indélébile que représente la Première Guerre
mondiale dans notre histoire collective et individuelle. Stefan Hertmans nous
donne à lire une poignante saga familiale et un panorama puissant du siècle
dernier.
Quand Stefan Hertmans entreprend la lecture des
centaines de pages de notes laissées par son grand-père, il comprend que cette
vie-là vaut la peine d’être racontée. Une enfance très pauvre à Gand, le rêve
de devenir peintre, puis l’horreur de la Grande Guerre dans les tranchées de
Flandre sont les étapes d’une existence emblématique de tout un siècle. Mais
l’histoire de cet homme nommé Urbain Martien ne se réduit pas à ce traumatisme
et, grâce à son talent de conteur, Hertmans nous fait ressentir à quel point la
peinture mais également un amour trop tôt perdu auront marqué l’existence de
son grand-père. Ce récit restitue avec une grande sensibilité un parcours
marqué par la césure indélébile que représente la Première Guerre mondiale dans
notre histoire collective et individuelle. Stefan Hertmans nous donne à lire
une poignante saga familiale et un panorama puissant du siècle dernier.
"Je voudrais
pouvoir la mettre en garde contre ce qui va lui arriver. Passe ton chemin,
jeune fille, choisis un autre homme, échappe à ce sort, fuis ce qui
t'attire." Par amour pour David, la belle Vigdis renonce à ses privilèges
de jeune noble chrétienne et se convertit au judaïsme. Mais en ce début de XI?
siècle en France, leur union fait scandale. Pour vivre librement, tous deux
s'enfuient et trouvent refuge dans un village du Sud. Alors qu'ils se croient
saufs, les croisés, de plus en plus nombreux sur la route de Jérusalem, sèment
mort et destruction dans leur sillage... Inspirée de faits réels, cette
histoire d'amour tragique est aussi un grand roman contemporain : celui d'une
femme en exil guidée par l'espoir.
Mille trois cent quatre-vingt-dix-sept kilomètres. Eva voyage en train depuis son Tyrol du Sud natal jusqu'en Calabre pour rendre visite à Vito, disparu de sa vie trop tôt. Durant ce trajet du nord au sud de l'Italie, de sa région frontalière et germanophone au Sud profond, c'est toute son enfance et l'histoire de sa mère Gerda qui défilent dans sa tête. Celle-ci, fille-mère, était parvenue à mener une prestigieuse carrière de chef cuisinière quand elle rencontra un sous-officier des carabiniers luttant contre le mouvement.
?? : « Plus haut que la mer » de Francesca
Melandri chez Gallimard (Folio)
1979. Paolo et Luisa ne se connaissent pas. À bord du bateau qui les emmène sur l'Île où sont détenus leurs proches, chacun ressasse la tragédie dont il a été victime. Le fils de Paolo a été condamné pour des actes terroristes. Le mari de Luisa pour avoir tué deux hommes. Le mistral empêche les visiteurs de regagner la côte. Ils passent la nuit sur l'Île, surveillés par un agent, Pierfrancesco, avec qui une étrange complicité va naître. Un roman tout en subtilité sur ces infimes moments de grâce qui font basculer les vies.
?? : « Tous, sauf moi » de Francesca
Melandri chez Gallimard (Folio)
2010, Rome. Ilaria, la quarantaine, trouve sur le seuil de sa porte un jeune Éthiopien qui dit être à la recherche de son grand-père, Attilio Profeti. Or c'est le père d'Ilaria. À quatre-vingt-quinze ans, le patriarche de la famille Profeti est un homme à qui la chance a toujours souri : deux mariages, quatre enfants, une réussite sociale éclatante. Troublée par sa rencontre avec ce migrant qui déclare être son neveu, Ilaria commence à creuser dans le passé de son père. À travers l'enquête d'Ilaria qui découvre un à un les secrets sur la jeunesse de son père, Francesca Melandri met en lumière tout un pan occulté de l'histoire italienne : la conquête et la colonisation de l'Éthiopie par les chemises noires de Mussolini, de 1936 à 1941 - la violence, les massacres, le sort tragique des populations et, parfois, les liens qu'elles tissent avec certains colons italiens, comme le fut Attilio Profeti. Dans ce roman historique où l'intime se mêle au collectif, Francesca Melandri apporte un éclairage nouveau sur l'Italie actuelle et celle des années Berlusconi, dans ses rapports complexes avec la période fasciste. Naviguant habilement d'une époque à l'autre, l'auteur nous fait partager l'épopée d'une famille sur trois générations et révèle de façon bouleversante les traces laissées par la colonisation dans nos sociétés contemporaines.
?? : « L’amour » de François Begaudeau, chez
Verticales
J'ai voulu raconter l'amour tel qu'il est vécu la plupart du temps par la plupart des gens : sans crise ni événement. Au gré de la vie qui passe, des printemps qui reviennent et repartent. Dans la mélancolie des choses. Il est nulle part et partout, il est dans le temps même. Les Moreau vont vivre cinquante ans côte à côte, en compagnie l'un de l'autre. C'est le bon mot : elle est sa compagne, il est son compagnon. Seule la mort les séparera, et encore ce n'est pas sûr.
?? : « Fabriquer une femme » de Marie
Darieussecq, chez POL
Rose et Solange sont meilleures amies. Depuis leur enfance, Solange a peut-être mis du désordre dans leur vie. Mais ce qui s'est passé au village, Solange ne veut plus y penser. Rose, elle croit avoir trouvé l'amour. Mais ce qu'elle croit, Rose, est-ce que ça compte ?
Claude + ?? : « La mémoire délavée » de
Nathacha Appanah, au Mercure de France
Ce poignant récit s'ouvre sur un vol d'étourneaux dont le murmure dans une langue secrète fait écho à toutes les migrations et surtout à celle d'aïeux, partis d'un village d'Inde en 1872 pour rejoindre l'île Maurice. C'est alors le début d'une grande traversée de la mémoire, qui fait apparaître autant l'histoire collective des engagés indiens que l'histoire intime de la famille de Nathacha Appanah. Ces coolies venaient remplacer les esclaves noirs et étaient affublés d'un numéro en arrivant à Port-Louis, premier signe d'une terrible déshumanisation dont l'autrice décrit avec précision chaque détail. Mais le centre du livre est un magnifique hommage à son grand-père, dont la beauté et le courage éclairent ces pages, lui qui travaillait comme son propre père dans les champs de canne, respectant les traditions hindoues mais se sentant avant tout mauricien. La grande délicatesse de Nathacha Appanah réside dans sa manière à la fois directe et pudique de raconter ses ancêtres mais aussi ses parents et sa propre enfance comme si la mémoire se délavait de génération en génération et que la responsabilité de l'écrivain était de la sauver, de la protéger. Elle signe ici l'un de ses plus beaux livres, essentiel.
?? : « Géohistoire- Une autre histoire des
humains sur la terre », de Christian Grataloup chez Eyrolles
"Quand la géographie éclaire l' histoire.
Lumineux et nécessaire !" Erik Orsenna
Et si la meilleure façon de raconter l'histoire du monde,
c'était de commencer par sa géographie ?
En mobilisant la géologie, l'anthropologie, la climatologie, la démographie, la
génétique ou encore l'économie, Christian Grataloup dessine dans ce livre
lumineux et pionnier une autre histoire des sociétés humaines. En confrontant
toutes ces disciplines à nos connaissances historiques, il raconte pourquoi et
comment les civilisations sont apparues sur la Terre, se sont développées ou ont
parfois disparu. Une histoire qui est aussi humaine qu'environnementale. Une
histoire globale. Une géohistoire.
Claude + ?? : « Veiller sur elle » de
Jean-Baptiste Andréa à l’Iconoclaste (Prix Goncourt 2023)
Au grand jeu du destin, Mimo a tiré les mauvaises cartes. Né
pauvre, il est confié en apprentissage à un sculpteur de pierre sans envergure.
Mais il a du génie entre les mains. Toutes les fées ou presque se sont penchées
sur Viola Orsini. Héritière d'une famille prestigieuse, elle a passé son
enfance à l'ombre d'un palais génois. Mais elle a trop d'ambition pour se
résigner à la place qu'on lui assigne.
Ces deux-là n'auraient jamais dû se rencontrer. Au
premier regard, ils se reconnaissent et se jurent de ne jamais se quitter.
Viola et Mimo ne peuvent ni vivre ensemble, ni rester longtemps loin de
l'autre. Liés par une attraction indéfectible, ils traversent des années de
fureur quand l'Italie bascule dans le fascisme. Mimo prend sa revanche sur le
sort, mais à quoi bon la gloire s'il doit perdre Viola ?
Un roman plein de fougue et d'éclats, habité par
la grâce et la beauté.
?? : « Le bizarre incident du chien pendant la
nuit » de Mark Haddon chez Pocket
- Il a 15 ans et s'appelle Christopher Boone.
- Il excelle en mathématiques et adore Sherlock
Holmes.
- Il ne comprend rien aux relations humaines.
- Il aime les diagrammes, les listes, la vérité.
- Il déteste le jaune et le marron.
- Il ne supporte pas qu'on le touche.
- Pour lui, 4 voitures rouges à la file sont
synonymes de "Bonne journée" ; 3 voitures rouges : d'une "Assez
bonne journée" ; 5 voitures rouges : d'une "Super bonne journée".
- Il est autiste et porte en lui une part de génie.
Quand, un jour, Christopher apprend que
Wellington, le caniche de sa voisine, a été assassiné, il décide de mener
l'enquête. Une enquête qui va lui permettre d'arracher au passé l'énigme de sa
propre histoire. Et de ne nous la raconter...
?? : « Le danger de ne pas être folle » de
Rosa Montero chez Métailié
J’ai toujours su que quelque chose ne fonctionnait pas bien
dans ma tête », nous avoue Rosa Montero, et elle poursuit plus loin : « L’une
des choses bien que j’ai découvertes avec les
années, c’est qu’être bizarre n’est pas du tout
bizarre. » Vulgarisation scientifique, essai, fiction ? Non, plutôt une
conversation avec le lecteur avec lequel elle crée une proximité étonnante.
Elle nous prend à témoin avec humour et subtilité, nous parle du lien entre la
folie et la créativité de l’écrivain ou de l’artiste en passant par les
addictions, les maladies, les singularités les plus fréquentes chez les
créateurs. Elle tisse des liens avec ses souvenirs, ses expériences et les
dernières découvertes des neurosciences pour défendre l’importance d’être
différent car « ce qui est véritablement bizarre, c’est d’être normal ».
Dans ce livre passionnant, intelligent et
touchant, Rosa Montero nous révèle à quel point notre cerveau est une source
d’émerveillement infi ni et comment, à partir du processus créatif et de la
puissance de l’art, on peut explorer le sens ultime de la vie.
?? : « Expéditions Râ » de Thor Heyerdahl
chez Libretto
A bord du " Kon-Tiki ", antique
radeau de balsa, Thor Heyerdhal avait traversé le Pacifique. Des années après,
en 1969, il s'engage cette fois-ci sur les flots de l'Atlantique, juché sur une
embarcation traditionnelle égyptienne faite de roseaux tressés. Par cet
exploit, Thor Heyerdhal entend expliquer la présence des pyramides en Amérique
centrale ainsi que le culte du soleil chez les Mayas, mais également prouver
leur origine égyptienne commune. Expéditions Râ est ainsi le récit passionnant de
cette double expédition " Râ "(1969) et " Râ II " (1970),
de sa préparation en amont, de l'échec de la première – avec la perte en mer de
" Râ " – et de l'accomplissement du voyage de Safi (Maroc) à la
Barbade à bord de " Râ II ". Le récit fabuleux et intemporel d'une
ambitieuse expédition, menée par l'un des plus célèbres aventuriers.
François + ?? : « Hitchcok s’est trompé :
Fenêtre sur cour, contre-enquête » de Pierre Bayard aux Editions de Minuit
Fidèle
à sa manière, Pierre Bayard décrypte le génial Fenêtre sur
cour d’Alfred Hitchcock afin d’en déconstruire brillamment l’intrigue et
les conclusions.
« Paradis » de Abdulrazak Gurnah chez Denoel
« Mehstî , chair des mot »s de Atik Rahimi chez
Calmann-Levy
« La Chine en dix mots » et « La ville
introuvable » de Yu Hua chez Actes Sud
« Nos mondes perdus » de Marion Montaigne
(roman graphique) chez Dargaud
« La disparition du paysage » de J.Ph. Toussaint
aux Editions de Minuit
« La maison de Sugar Beach » de Helen Cooper en
Livre de Poche
« Ouragans tropicaux » de Leonardo Padura chez Metailié
« La vie en fuite » de John Boyne chez JC
Lattès
Claude : « Un ballet de lépreux » de Léonard
Cohen au Seuil
?? + Claude : « Le murmure » de Christian
Bobin chez Gallimard (Poésie)
« Les insolents » de Ann Scott chez Calmann-Levy
Et enfin !!!!!!
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