lundi 27 mai 2013

18EME REUNION - CHANTAL : CORRESPONDANCE KAWABATA MISHIMA ENTRE 1945 ET 1970


Rencontre en 1945 alors que Mishima a 20 ans et Kawabata 25 ans de plus.

La dernière lettre de Mishima est du 6 juillet 1970. A la mort de Mishima, il lira sa lettre du 4.8.1969

- En 1946, Mishima s’exprime sur l’écriture : « l’art ne naît-il pas de l’expérience vécue ? Une expérience d’une dimension plus haute que celle de la vie quotidienne, une expérience portée, par fermentation, à un niveau symbolique. Et cette fermentation a lieu de façon absolument involontaire et instinctive.

- En 1953 : souhait d’écrire des choses différentes – « je suis accablé de mélancolie » -  « Bien abattu à Kyoto : devant l’aspect moderne des maisons particulières des quartiers anciens, j’ai ressenti pour la première fois, toute la pauvreté poignante du Japon ».
A propos du commentaire de Mishima sur la nouvelle de Kawabata « après la blessure » : »Il est bien ennuyeux de se voir ainsi démasqué et disséqué, et je crois donc qu’il est grand temps que je me travestisse de nouveau. Je suis préoccupé par le personnage de la jeune fille, vous savez : celle qui apparaît dans la suite de « Nuée d’oiseaux blancs ». Le passage sur « le nouvel adolescent, dans « amours interdites/plaisirs secrets » de Mishima»  ne serait-il pas un peu trop explicite ? »

E- n 1954 : « après avoir liquidé un travail qui était une véritable torture, bien propre à intensifier le désespoir, je vais rentrer chez moi. Comme chaque année, cette saison où les arbres reverdissent ne me convient ni au physique ni au moral. J’en suis venu à préférer l’hiver. J’aimerai bien trouver un moyen de changer ma façon de travailler car je tends vers un pessimisme radical. Et puis parce « Le Lac » a beau être une œuvre désespérée, rien de ce désespoir ne filtre en surface »

- En 1956 souffrant. S’inquiète des traductions de ses ouvrages. A propos de la couverture du livre en anglais de Pays de neige : « j’ai été surpris du portrait de geisha qui illustre la couverture. ». Après la publication de « Etre une femme » : « j’ai l’impression d’avoir gâché au moins trois ans de ma vie pour un feuilleton journalistique. Désormais, malgré ma paresse, je vais tenter de faire quelque chose d’autre. En partant du point de vue que mes œuvres jusqu’à présent ont été de simples exercices qui n’atteignaient même pas le niveau de «  l’étude » artistique.

On m’a proposé un périple autour du monde au printemps de l’année prochaine, mais la fatigue qu’occasionnera sans doute ce voyage de sourd-muet me pèse d’avance ; d’ailleurs comme ma santé n’est pas bonne depuis environ un mois, qu’adviendra-t-il de ce projet ?

- En 1957, évoque son voyage en Europe comme une libération qui le fait échapper à la saison des pluies au Japon. Il souhaite une nouvelle orientation à son travail

- En 1958 : «  je n’ai pas l’impression que mon travail d’écrivain ait encore véritablement démarré ».

Opération de la vésicule

- En 1959 à l’occasion de la publication du Pavillon d’Or de Mishima : « Je suis rassuré (…) à part l’illustration de la jaquette. C’est encore un portrait de femme, comme pour mes romans Pays de neige et Nuée d’oiseaux blancs ; je me demande s’il s’agit d’une japonaise de la seconde ou de la troisième génération ».

« À part les périples à l’étranger, il n’y a pas grand-chose qui m’amuse… »


 

- En 1962, coma, sevrage somnifères

- En 1964, a soutenu Mishima dans son procès ; ce dernier fait le commentaire suivant : «  il est vrai que  cet échec ne peut s’expliquer que par mon manque de moralité. Je me suis rendu compte à mes dépens à quel point il est terrible de perdre son crédit auprès de la société.

- En 1966 : je suis ravi à la perspective de retrouver un jour dans votre roman (la mer de la fertilité) ces vues sur le bouddhisme (…) Je suis en train de lire Saint Sébastien, en en savourant chaque passage. »

- En 1967, souffre d’insomnies : « depuis le temps que je vis ainsi, dans un état proche du gâtisme, j’ai perdu toute confiance en ma capacité d’écrire quoi que ce soit. Affecté par les péripéties des journaux littéraires : « je vais finir par ne plus rien écrire, je me sens quelque peu perdu. »

- En juin 1970, fait un œdème pulmonaire. Evoque ses obligations contraignantes (réunions et congrès du Pen club).

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