lundi 27 mai 2013

18EME REUNION - CHANTAL : ETATS D'AME DE KAWABATA ET PENSEES SUR LE SUICIDE


  • Etats d’âme de Kawabata

Dans ses lettres à ses parents, il évoque « la désolation d’un enfant orphelin ». « Depuis ma plus tendre enfance, cette angoisse est profondément enfouie en moi. C’est vous qui en êtes responsable puisque vous avez planté en moi cette angoisse irraisonnée. »Ce n’est pas que j’aie été malheureux, mais je crains de ne pouvoir rendre heureux ceux qui me sont proches. Il est très difficile pour un homme qui ignore ce qu’est l’amour de ses parents, de croire à sa propre capacité d’aimer. Personne au monde n’a plus que vous le don de me plonger dans l’extase du néant. Vous avez gravé dans mon cœur d’enfant, la peur de tomber malade et de mourir jeune. »On pouvait porter à mon crédit que mon cœur était naturellement enclin à la douleur.

A propos des enfants : »plutôt que de donner naissance à mon propre enfant, en adopter me rassurerait. J’ai l’impression que devenir père comporte un grand danger. »
« Vivre avec mon grand-père c’était vivre avec un père qui ne m’aurait montré sa silhouette que de dos. »
Dans la nouvelle « le bras » : on est toujours à la recherche  d’un soi inaccessible.

 Après la guerre et la défaite du Japon (1944), Kawabata déclarait : « désormais, je n’écrirai plus que des élégies (poèmes tragiques, voués aux morts).
Dans « le maître de Go », il déplore la fin du raffinement d’une époque, le jeu « est souillé », sans esthétisme, les règles sont devenues violentes.
Il se plaint de sa femme neurasthénique. 

 


                                             Kawabata en 1932
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  • Sur le suicide
Kawabata avait écrit : « quel que soit le point d’aliénation que l’on puisse atteindre, le suicide n’est pas une forme de révélation ; même s’il se montre digne d’admiration, l’homme qui se suicide est loin d’atteindre au royaume du saint.

Dans « Nuées d’oiseaux blancs » : mourir, c’est refuser toute compréhension, et pour toujours, de la part des autres. Nul ne peut plus comprendre les actes d’un mort ; personne n’est jamais plus en mesure de les excuser.

Dans « les belles endormies » : parce qu’il était homme, par moments, il tombait dans le vide de la solitude, dans le dégoût de l’isolement. Mourir en excitant la curiosité, en s’attirant les sarcasmes, n’était-ce pas une façon de finir en beauté ? 

 

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