- Etats d’âme de Kawabata
Dans ses lettres à ses parents, il évoque « la désolation
d’un enfant orphelin ». « Depuis ma plus tendre enfance, cette angoisse est
profondément enfouie en moi. C’est vous qui en êtes responsable puisque vous
avez planté en moi cette angoisse irraisonnée. »Ce n’est pas que j’aie été
malheureux, mais je crains de ne pouvoir rendre heureux ceux qui me sont
proches. Il est très difficile pour un homme qui ignore ce qu’est l’amour de
ses parents, de croire à sa propre capacité d’aimer. Personne au monde n’a plus
que vous le don de me plonger dans l’extase du néant. Vous avez gravé dans mon
cœur d’enfant, la peur de tomber malade et de mourir jeune. »On pouvait porter à
mon crédit que mon cœur était naturellement enclin à la douleur.
A propos des enfants : »plutôt que de donner naissance à mon
propre enfant, en adopter me rassurerait. J’ai l’impression que devenir père
comporte un grand danger. »
« Vivre avec mon grand-père c’était vivre avec un père qui
ne m’aurait montré sa silhouette que de dos. »Dans la nouvelle « le bras » : on est toujours à la recherche d’un soi inaccessible.
Il se plaint de sa femme neurasthénique.
Kawabata en 1932
- Sur le suicide
Kawabata avait écrit : «
quel que soit le point d’aliénation que l’on puisse atteindre, le suicide n’est
pas une forme de révélation ; même s’il se montre digne d’admiration, l’homme
qui se suicide est loin d’atteindre au royaume du saint.
Dans « Nuées d’oiseaux blancs » : mourir, c’est refuser
toute compréhension, et pour toujours, de la part des autres. Nul ne peut plus
comprendre les actes d’un mort ; personne n’est jamais plus en mesure de les
excuser.
Dans « les belles endormies » : parce qu’il était homme, par
moments, il tombait dans le vide de la solitude, dans le dégoût de l’isolement.
Mourir en excitant la curiosité, en s’attirant les sarcasmes, n’était-ce pas
une façon de finir en beauté ?

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