lundi 27 mai 2013

18 EME REUNION - CHANTAL : LES ROMANS ET NOUVELLES DE KAWABATA


- Nuées d’oiseaux blancs (1949/1952)

Par Mishima

« J’ai relu(…), qui m’a fait une impression complètement différente  de celle ressentie à la première lecture. Il m’a semblé qu’il s’agissait presque d’un roman satirique sur la cérémonie du thé et le raffinement à la japonaise, ce qui m’a procuré un plaisir tout nouveau. »

Par Kawabata

Je ne m’attendais pas à une aussi bonne presse- sans doute est-ce une façon de ménager la littérature japonaise qui passe, aux yeux des étrangers, pour une curiosité. Mais le risque, c’est qu’une œuvre comme celle-là soit considérée à tort comme un échantillon représentatif de la littérature japonaise contemporaine. D’autre part, beaucoup de ces critiques prennent la traductrice, pour un homme. 

« Ce ballet qu’il n’avait jamais vu devenait pour lui comme un art idéal, un rêve d’un autre monde, le paradis de l’harmonie et de la perfection suprêmes, le triomphe de la pure esthétique. Bien que ce fût sous le couvert de travaux de recherches, c’était en réalité son rêve que Shimamura poursuivait au-delà des images et des livres occidentaux. Pourquoi risquer de se heurter à des réalisations décevantes, affronter le ballet concrétisé en spectacle, alors que son imagination lui offrait le spectacle incomparable et infini de la danse rêvée. Il jouissait inépuisablement de délices insurpassables à l’instar de l’amant idéal, cet amoureux sublime et platonique qui n’a jamais rencontré l’objet de sa flamme. Mais là ne s’arrêtaient pas toutes les satisfactions que  Shimamura tirait de cette disposition particulière, car s’il faut tout dire, l’oisif qu’il était ne se voyait pas sans déplaisir accéder au monde littéraire, encore qu’il ne prit vraiment au sérieux ni les travaux qu’il publiait de temps à autre, ni leur auteur. »

L’inconstance des intimités entre les humains.

 L’avis de Kawabata sur la traduction française

« Que peuvent bien donner, une fois traduite en langues occidentales, des œuvres comme Pays de neige ou Nuée d’oiseaux blancs ? Il semble que les éditeurs et les revues littéraires aient bien du mal à les interpréter de façon plausible. »

Réponse de Mishima

Même les Américains sont loin d’être des imbéciles, et je pense qu’ils comprendront ce qu’il y a à comprendre. Est-ce que ce ne sont pas plutôt les Européens, avec leur rigidité d’esprit, qui manquent de la souplesse nécessaire pour apprécier la littérature japonaise ?

 

- Tristesse et Beauté 61/65) adapté au cinéma

L’avis de Kawabata : « le réalisateur (Shinoda Masahiro) vient d’en tirer un film qui m’a surpris. Est-ce vraiment ce type de jeune fille que j’ai dépeint dans mon livre ? »

 

 

- Le grondement de la montagne

Les seize chapitres ont été publiés au long de cinq années sous forme de nouvelles, dans huit revues différentes de1949 à 1954. Ce livre fait partie d’une trilogie des « tragédies du sentiment humain » commencée avec « pays de neige », suivi de « Nuée d’oiseaux blancs. Le livre a reçu deux prix littéraires.

Méditation sur la mort et la solitude

L’histoire d’une famille à Kamakura après la seconde guerre mondiale. Désarroi du personnage du père devant l’échec de sa famille. Désemparé devant ses signes de vieillissement et le sens de ses rêves.

P.47 – description de la nuque d’Eiko

P.247 – description du charme juvénile et de la délicatesse virginale de Kikuko

P.49 - … sentant un froid, une tristesse physique le gagner. Il aurait souhaité la chaleur d’une autre peau. Il lui semblait approcher le temps crucial de la vie – il semblait tâtonner à l’approche d’un impondérable à déterminer.

P.119 – la vie conjugale est un affreux marécage qui finit par engloutir les mauvaises actions de l’un ou l’autre.

P.218 – amorce des « belles endormies ». Quel profond réconfort de tenir dans ses bras une jeune fille qui dormait paisiblement. Le bonheur n’est peut-être que dans l’instant qui fuit.

P.222 – prolonger les souffrances d’une affreuse maladie, c’est lamentable. S’il se savait condamné, du moins voudrait-il choisir son heure.

P.243 – un beau couple, ça ne colle pas toujours, mais l’on prend pitié d’un type moche quand la fille est belle. Laissons donc les beautés aux vieillards.

P.244 – peut-être qu’une nouvelle guerre nous guette. Et peut-être que la dernière nous obsède ! Elle est toujours en nous, comme un spectre.

 

- Elégie (1932) par Mishima

C’est la première œuvre à construire, en se basant sur la beauté et l’amour de la nature japonaise, des rêveries en pleine lumière, à édifier une authentique « Grèce de l’Asie », et à nous éveiller à son existence. Cette nouvelle nous fait percevoir en profondeur l’union du corps et de l’âme. Les gens parlent de la « sensibilité de kawabata », de la poésie de K., et devant ces appréciations je réprime toujours un sourire railleur. Il ne s’agit pas que de poésie et de sensibilité. Dans votre œuvre la chair, les sensations, l’esprit, l’instinct, tout ce qui relève du domaine physique et spirituel se marie dans un subtil accord tacite, comme le ciel bleu avec les nuages qui le teintent. Et le catalyseur de tout cela, c’est sans doute le mystère de cette « tristesse » chuchotante, si familière aux japonais. C’est la littérature d’un homme capable d’entrer vraiment en contact avec la tristesse du « corps », la beauté du « corps », et donc avec la chair de la divinité qui l’habite.

 « Le bras », « La beauté tôt vouée à se défaire », « Les belles endormies », présentent le même thème de l’impossibilité d’une relation pure et belle à la réalité (Mishima).  

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- Journal de ma  seizième année

« Mon grand-père est comme un vieux kimono usagé et défraîchi et plein de gros plis. Son visage a l’air de plus en plus inquiétant. L’état de mon grand-père était encore plus effroyable que le souvenir que j’en avais gardé. Ma mémoire n’avait cessé de  purifier son image. »


- Huile

« De la blessure causée par la mort précoce de mes parents émanait du plus profond de moi un instinct combatif qui me poussait à me dresser contre mon infortune. »


- Récits de la paume de la main

Nouvelle de 1925 – Le culte d’O Nobo

« Il regarda la femme. Et sentit, pour la première fois, la beauté de ce que l’on appelle désir. »

Nouvelle de 1926

Nous sommes bien malheureux d’être nés dans une époque sans foi, où l’on ne réfléchit plus sur la vie après la mort.

« Joindre les mains » évoque un orphelin vivant à la montagne, seul avec son grand-père aveugle. Deux choses lui étaient impossibles par tempérament : dire merci en face et demander pardon en face.

1928 – Tonnerre d’automne

« Ce que je ressentis en tout premier lieu au contact de sa peau fut que la femme contenait quelque chose de la mère »

1930

Le maquillage vu au travers d’une fenêtre des toilettes. L’une des filles pleure : « alors que grâce à cette fille je sentais balayée l’hostilité à l’égard des femmes …à cet instant même, elle sortit un petit miroir auquel elle adressa un sourire narquois, un seul, avant de faire volte-face et de quitter les toilettes.

1932 – Le parapluie

« Ils avaient mûri soudain et s’en retournaient chez eux comme un couple véritable. Et cela, à cause d’une chose

1964

Le père qui passe le nouvel an dans un hôtel, l’hôtel des mirages, la chambre de neige.


- L’adolescent

Pour moi, ce menton blanc et doux ondulait dans le vide de façon suggestive. Nous étions façonnés par l’habitude et hantés par le désir d’être ensemble, mais ce n’était pas un amour homosexuel. Ai-je pu regarder une seule fois un jeune et beau garçon ou une belle fille, sans éprouver de désir charnel ?


- La danseuse d’Izu (nouvelles)

La lune dans l’eau

La jeune femme utilise sa glace à main pour montrer à son mari alité au premier étage, le potager. Elle y travaillait se sachant observée

 





- Lettres à mes parents

« Rares sont les occasions où un homme, se sent bouleversé au point que l’image de quelqu’un vue de dos se grave profondément dans sa mémoire. Le terrible vide que laissât en moi sa mort fut infiniment plus facile à supporter que la tristesse de savoir qu’il allait mourir (grand-père). »


- Le bras et la beauté tôt vouée à se défaire

Même thème de l’impossibilité d’une relation pure et belle à la réalité.

Dans le  premier : « on est si loin. On est toujours à la recherche d’un soi inaccessible. Il y a quelque chose que je comprends mal chez les femmes, c’est leur manière de s’abandonner.

 
- Pays de neige

35 ans d’écriture

Même situation de couple, mais là, c’est une personne extérieure qui observe la femme en jouant avec l’effet de miroir de la vitre du couloir.

Description de femme (Komako). Blanchissage « à la neige » du Chigimi, toile de chanvre tissée. Inconstance des intimités entre les humains. Fin bouleversante avec la mort de Yoko dans l’incendie.


- Nuées d’oiseaux blancs

Lutte entre le fils d’un maître de thé avec son ancienne maîtresse. Il tombe amoureux de sa dernière maîtresse langoureuse et voluptueuse et hésite entre sa fille et la jeune femme présentée par la première.

Description de la rondeur du bras au niveau de l’épaule. / meurtre de Saburo : « cette plaisanterie qui a mal tournée, n’est-elle pas l’aveu, d’une solitude insondable. Provoquer la mort n’était-ce pas flirter avec la vie. »

Dans ce livre et la nouvelle Pluviers sur les vagues : la même jeune fille symbolise la femme idéale car elle conserve sa virginité

 
- Le maître de go

Transition d’une époque (1938). Shusai, dernier maître à l’ancienne. Né  au début de l’ère Meiji. Les règles du jeu étaient en harmonie avec le raffinement d’une époque. A l’époque « souillée » de Kawabata, plus d’esthétisme. La partie dure six mois dans des conditions violentes, avec des jeux scellés.

 





- Les belles endormies

Les belles endormies ne seraient-elles pas des sortes de Bouddhas ? Peut-être apportent-elles aux tristes vieillards de cette espèce pardon et consolation. Parce qu’il était homme, par moments, il tombait dans le vide de la solitude, dans le dégoût de l’isolement. Mourir en excitant la curiosité, en s’attirant les sarcasmes, n’était-ce pas une façon de finir en beauté.

(Tsubaki)

(lire l’avis de Gabriel Garcia Marquez)


- Kyoto

Histoire de deux jumelles séparées à la naissance. L’une, recueillie par les marchands de kimono. L’autre, par le propriétaire d’une forêt de cryptomère. Description des fêtes, du travail des artisans (les tisserands de ceinture de kimono sur les vieux métiers).


- Tristesse et beauté

Vengeance d’une amante jalouse et perverse.

 
- Les pissenlits

Histoire d’une jeune fille dont la vision de certaines choses ou personnes s’efface. Le père trépignait à l’idée d’être privé du festin de la vie, par un châtiment humain, conséquence de la responsabilité des hommes dans la guerre.

Zen ; la voix des bambous montre le chemin, les fleurs de pêcher illuminent l’esprit.

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