dimanche 15 mars 2020

45EME REUNION : ESSAI DE SYNTHESE DE NOTRE DEBAT SUR LE ROMAN "J'AI COURU VERS LE NIL " PAR GERARD



 Présentation par Marie-Christine

Marie-Christine fait une présentation de l’auteur du roman « J’ai couru vers le Nil » intitulé en arabe « La république comme si », Alaa El-Aswany, un écrivain égyptien de renommée mondiale. Son roman le plus célèbre « l’immeuble Yacoubian » a été traduit dans 37 langues. Dans ce livre, l’auteur excelle à décrire un microcosme de la société égyptienne.
Certains ont établi une analogie entre « L’Immeuble Yacoubian » et « J’ai couru vers le Nil », notamment dans la manière d’approcher et de décrire la société égyptienne, à travers une société miniature où se croisent toutes les classes sociales et toutes les générations.
Dans le premier livre, nous nous situons au Caire dans les années 1990, dans le second nous sommes toujours au Caire, mais dans l’espace-temps confiné de la « révolution égyptienne de 2011 ».

Après avoir cité un article récent écrit après la mort de Moubarak, le 25 février dernier, Marie-Christine présente les principaux personnages du livre ainsi que les thèmes traités par l’auteur, ce qui permet de lancer la discussion.





-       Un roman ou un livre de témoignages ?

Entre membres du Square, nous ne sommes pas tous d’accord sur la nature du livre d’El-Aswany.
Quelques-uns d’entre nous considèrent qu’il s’agit avant tout d’un livre de témoignages sur la Révolution Egyptienne. L’argument qu’on peut invoquer en faveur de ce point de vue est l’intégration dans le livre de six témoignages d’acteurs réels de la Révolution. Ceux de Saïda Ahmed (p.263), Nachaoua Adelaziz (p. 267), de Loubna Assad (p. 269, de Lamia Hassanein (p.327), de Shenouda Assad (p. 333) et de Mahmoud Essayed (p. 338). 
Un parallèle a pu être fait avec le livre que nous avons choisi pour notre précédente réunion « Au cœur de l’Angleterre » de Jonathan Coe qui décrit, pendant une période de temps donnée, des tranches de vie de citoyens britanniques impliqués dans un processus qui amènera au vote du Brexit. La dimension sociologique transparait au fil des pages. Certains de nos lecteurs ont été surpris, ne s’attendant pas à cela et préférant d’autres livres du même auteur comme « Chicago » ou « Automobile Club d’Egype ». 
En lisant le livre, dans un ordre chronologique le lecteur suit le déroulement des événements entre le 25 janvier et la fin mars de l'année 2011 : les prémices, le début de la Révolution, la démission de Moubarak, les réactions des partisans de Moubarak, la répression sous ses différentes formes, le désenchantement enfin.

A contrario, plusieurs autres participants considèrent qu’il s’agit d’un roman avec une structure littéraire très construite et une narration fictionnelle qui tient le lecteur en haleine jusqu’au moment de la chute finale. Les différents personnages du livre, même s’ils s’inspirent de personnages réels, sont le fruit de l’imaginaire de l’auteur. Leurs destins se croisent au cours des événements et il y a dans le livre plusieurs intrigues purement fictionnelles notamment dans les relations homme/femme, qui sont assez nombreuses et dans les relations familiales, le tout teinté d’un islam très instrumentalisé. L’approche narrative, qui a pu rebuter certains avec ce système de séquences alternées, d'échanges de lettres, d'argumentaire concernant la vie d'un personnage, l'intégration de témoignages multiples par deux fois, a été appréciée par d’autres. Elle a pour vertu d’intégrer une tension dans le récit qui brise une narration de type linéaire qui risquait de susciter lassitude et ennui chez le lecteur.
D’autres enfin considèrent que cette question de la nature du récit ne remet nullement en cause la qualité du livre. Livre qui a permis à beaucoup d’entre nous de découvrir à la fois la société égyptienne, dans sa richesse, dans sa complexité, dans ses contradictions, dans sa diversité, dans sa culture spécifique et dans ses modes d’organisation et de fonctionnement.
C’est un livre politique ont affirmé certains. Ce qui pose la question de la fonction de la littérature dans ce type de circonstances. Question que nous avons abordée de nombreuses fois déjà depuis la création du Square. Littérature d’engagement, littérature courageuse. El-Aswany, ne l'oublions pas, risque d'être traduit en justice s'il rentre en Egypte. Sa famille qui vit encore dans le pays n'est pas à l'abri de tracas.
Livre de témoignages, livre à dimension sociologique, œuvre littéraire aboutie, livre de découverte, livre politique, « J’ai couru vers le Nil » est tout cela à la fois. Chacun d’entre nous a été sensible à l’une ou l’autre de ces dimensions.




-       Les personnages

Ils reflètent la diversité égyptienne, surtout la diversité de la population du Caire, de certains quartiers du Caire même, il est important de le remarquer. 
Sur ce point, plusieurs d’entre nous ont évoqué « L’immeuble Yacoubian » œuvre majeure de l’auteur, dans laquelle celui-ci décrit avec talent le microcosme d’un immeuble situé dans un quartier du Caire. Probable d’ailleurs que le métier de dentiste, exercé par El-Aswany, l’a encouragé à décrire cette diversité d’un microcosme cairote. Quand on est dentiste ou médecin, on côtoie chaque jour une multiplicité d’individus très différents, qui généralement vivent dans le même quartier. 


                                   L'immeuble Yacoubian au Caire aujourd'hui

Sur la ville du Caire telle qu’elle est représentée au cinéma, on a cité comme références le film « L’immeuble Yacoubian » de Marwan Ahmed, sorti en France en 2006, prototype égyptien du film « choral », par ailleurs très fidèle au livre d’El Aswany, mais aussi « Le Caire Confidentiel », un film noir de Tarik Saleh, sorti en France en 2017, dont l’action se situe en pleine période pré-révolutionnaire et qui provoque une immersion dans le monde de la corruption, de la dictature et de l’injustice sociale.

Pour mémoire, sans entrer dans les détails, rappelons les caractéristiques des principaux personnages :

-       Le général Alouani, 58 ans, chef de l’Organisation, la police politique du régime. Musulman pratiquant et pilier du régime Moubarak. Stratège qui négocie avec les riches familles et avec les Frères musulmans dans le but de contrer la Révolution
o   Hadja Tahani Talima, sa femme âgée de 50 ans, avec qui il fait l’amour en regardant des films porno.
o   Damia, la fille du couple, étudiante en médecine, qui succombera au charme de Khaled et qui s’engagera dans la révolution de la place Tahrir

-       Achraf Ouissa, un homme d’âge mûr, artiste, écrivain, en marge de la société égyptienne. C’est un copte.
o   Madja, sa femme, une copte également ; Conservatrice pour laquelle ce qui compte c’est son statut social et l’argent
o   Les deux enfants du couple, sur le même modèle, Sara et Boutros qui sont sous l’influence de leur mère et de sa famille.
o   Akram, la servante et maîtresse d’Achraf dont elle est éperdument amoureuse, elle-même mariée à Mansour, le beltagui (sorte de milicien mercenaire à la solde du pouvoir en place)

-        Asma Zenati, jeune enseignante, au comportement indépendant, qui refuse de porter le voile. Elle tombe amoureuse de Mazen, un jeune ingénieur qui travaille à l’usine et qui est révolutionnaire. A noter qu’Asma et Mazen communiquent par lettres dans le livre. Elle sera torturée et elle partira à l’étranger. Voici ce qu’en dit l’auteur : « "J’ai un personnage qui s’appelle Asma. Cette fille incarne la souffrance que la femme égyptienne a vécue. Pendant la révolution, avant la révolution et après la révolution. Asma est une jeune révolutionnaire qui a eu beaucoup de problèmes pendant et avant la révolution. Parce qu’elle a trouvé une corruption incroyable à l’école quand elle enseignait. Le directeur de l’école a créé un problème avec elle parce qu’elle n’était pas voilée, et on utilise le fait qu’Asma ne soit pas voilée pour la punir. » (https://www.franceculture.fr/litterature/alaa-el-aswany-legypte-le-voile-et-la-censure)
o   Son père Mohamed Zenati, qui travaille en Arabie Saoudite.

-       Mazen-El-Saqa, jeune ingénieur et syndicaliste, a une relation avec Asma

-   Issam Chaalane, ingénieur directeur de l’usine italienne. Ancien révolutionnaire et syndicaliste qui est entré complètement dans le système, tout en gardant certains réflexes.

-  Cheikh Chamel, religieux très écouté par la classe possédante du Caire, ses interprétations du Coran, pour lesquelles il est souvent sollicité vont toujours dans le sens de ceux qui exercent le pouvoir. Il pratique l’interprétation coranique.

-   Nourhane, présentatrice de télévision et surtout une intrigante de haute volée qui développe une stratégie arriviste très au point, en appliquant les conseils toujours bienveillants de l’autorité religieuse incarnée par le Cheikh Chamel.
Trois hommes importants dans sa vie :
o   Le docteur Hani el-Aassar
o   Issam Chaalane, l’ingénieur, directeur de l’usine avec lequel elle se marie en secret
o   Hadj Chanouani enfin le propriétaire d’un chaîne de télévision qui sera la voix des partisans de Moubarak pendant et après la Révolution et qui est milliardaire.

-       Madani. C’est le chauffeur de l’usine. Il devient ensuite l’ami d’Issam.
o   Khaled son fils, étudiant révolutionnaire qui sera tué d’une balle dans la tête par un officier sur la place Tahrir. Son père le vengera par ses propres moyens puisqu’il n’y a rien à attendre de la Justice aux mains du pouvoir. Damia, la fille du général tombe amoureuse de Khaled. Elle tentera par tous les moyens d’aider sa famille et de faire en sorte que justice soit faite. Elle n’y arrivera pas.
o   Hund, sa fille, est également étudiante et participe à la Révolution

Dans notre débat, nous avons évoqué la vie de ces personnages pendant l’espace/temps de la Révolution égyptienne de 2011. Certains restent campés sur leur position et font tout pour garder le pouvoir, d’autres au contraire, sont en mouvement et adhèrent, souvent spontanément au « rêve » révolutionnaire. C’est le cas d’Achraf, d’Asma, de Damia… Le mot rêve est important. El-Aswany oppose en effet la classe dominante aux révolutionnaires en ces termes : « ils ont tout, nous rien » … sauf le rêve et ce rêve est indestructible. Même si la Révolution a échoué et si le livre d’El Aswany est interdit en Egypte et dans la plupart des pays arabes, aujourd’hui il reste toujours une lueur d’espoir… qui se réveillera dans dix, vingt ou quatre-vingts ans, dit-il.

Nous nous sommes posés la question de la nature et des caractéristiques de tous ces personnages.
Plusieurs remarques ont été exprimées :
-       « Les gentils sont tous du même côté, les méchants, de l’autre ! »
-       « Les personnages incarnent chacun une posture politique… »
-       « Les personnages vivent des situations un peu artificielles et parfois peu réalistes (la relation entre Achraf et Akram par exemple). Un côté romance à l'eau de rose en quelque sorte!
D’autres en revanche sont plus vrais que nature comme le général Alouani, le Cheikh Chalem ou Nourhane l’intrigante.

La question de l’hypocrisie de plusieurs personnages a été soulevée. Il s’en est suivi un débat sur leur comportement. 
Ainsi Alouani : est-il hypocrite ou bien est-il authentiquement dual, voire complexe ? Il regarde des films pornos pour s’exciter dans ses relations avec sa femme, il fait pratiquer la torture sur ceux de la place Tahrir, il est plein d’amour protecteur pour sa fille, il négocie avec les frères musulmans avant de les museler… La question a été posée, elle n’a pas été tranchée. 
Et Nouhrane, croit-elle vraiment en l’Islam ou ne fait-elle que s’en servir pour développer ses ambitions sans limites ?
Pour El-Aswany, la ligne de démarcation n’est-elle pas à un autre niveau ? Ceux qui sont pour et ceux qui sont contre les printemps arabes ? La question de du caractère hypocrite ou non des personnages n’est-elle pas secondaire dans ce type de situation ? Il est vrai que dans un article sur le livre, El Aswany soi-même évoque Tartuffe à propos du Cheikh Chalem.



                               Source Wikipedia : la place Tahrir pendant la Révolution égyptienne


 - Les thèmes du livre

Comme pour les personnages, les thèmes du livre ne seront qu’évoqués. C’est ce qui a été le cas dans nos échanges.

-       Le pouvoir
Comment, dans les dictatures du bassin méditerranéen, s’articule l’alliance entre « le sabre et le goupillon ». En quoi l’armée et les religieux font-ils cause commune lorsque la situation révolutionnaire peut dégénérer ?
En quoi ensuite l’armée n’a de cesse de se débarrasser du pouvoir des religieux, notamment en emprisonnant les chefs musulmans élus ?
Quel est le rôle joué par les puissances étrangères dans cet étouffement des révolutions arabes ?
Nous n’avons pas pu répondre à ces questions. Mais au moins les avons-nous posées.

-       Les relations homme/femme et la place des femmes en Egypte
Parfois, dans le livre elles nous ont semblé caricaturales. Elles semblent présentées avec une certaine maladresse, tout au moins un manque de discernement. Le constat est cependant clair, dans la société égyptienne, celle de Moubarak, en s’appuyant sur l’Islam, les hommes exercent leur pouvoir sur les femmes dans presque tous les domaines. La Révolution a permis de mettre en avant d’autres types de rapports entre hommes et femmes, c’est un fait. Sur la place Tahrir, les femmes ont pu se sentir plus libres… Mais après, qu’en est-il réellement ? A cet égard la question du port du voile est éminemment symbolique. Les choses ont-elles changé pour autant au quotidien dans l’Egypte actuelle ? Pour certaines femmes ne vaut-il pas mieux suivre le chemin de Nouhrane ? Auprès des hommes, la ruse et la flatterie permettent d’arriver à ses fins ! La solution est individuelle et risquée.
La question est là-encore posée ?

-       La violence
Il y a plusieurs types de violence. La violence cachée, celle qui se traduit au quotidien par des situations de soumission à plus fort que soi. On la trouve dans toutes les pages du livre. Il y a la violence de la solitude et de l’isolement. Beaucoup de personnages se trouvent dans cette situation, nous en avons parlé. Il y a enfin la violence physique et morale qui s’exerce sur les corps et sur les consciences.
La violence de la dia, le rachat de la vie d’un jeune homme assassiné en appelant l’Islam à la rescousse, la violence physique qui se traduit par l’assassinat de sang froid du jeune Khaled, la violence morale et physique auprès des jeunes femmes dont on vérifie la virginité ou auprès de l’ingénieur qui se croyait à l’abri.

-       La puissance des médias et de la communication
Plusieurs d’entre nous ont remarqué l’importance que prend la communication et les médias aujourd’hui lorsque se déroulent des phénomènes révolutionnaires. D’un côté les réseaux sociaux permettent une mobilisation immédiate, de l’autre les chaînes de télévision et les médias fabriquent une vérité qui est celle des dominants. Le livre est limpide à cet égard. Nourhane incarne cette toute puissance de l’information télévisée dans un pays où les réseaux sociaux sont l’apanage d’une jeune génération et où la censure peut s’exercer sur Internet et sur les médias d’opposition. La manipulation de l’information a été un moyen de bataille très puissant pour tuer dans l’œuf la Révolution.

-       La corruption et la puissance de l’argent
Certes et quoi qu’on en dise, elle règne partout dans le monde. Dans les dictatures elle constitue une sorte de ciment social. Nul ne peut y échapper, lorsqu’on se trouve confronté à une situation inhabituelle dans laquelle d’autres peuvent vous venir en aide à condition de…

-       L’engagement
Toute situation révolutionnaire amène les hommes et les femmes en présence à se poser la question : dans quel camp suis-je ? Dans quel camp je vais combattre ? Certains comme le général n’ont pas à se poser la question. Mais Damia sa fille se la pose, Asma également et Achraf de même. L’engagement a des conséquences. Il faut les assumer. C’est ce que montre le livre : la mort, la torture, l’exil et… la poursuite du combat. C’est aussi le propre destin d’El- Aswany, qui est maintenant en exil avec impossibilité de rentrer en Egypte sous peine de comparaître devant un tribunal militaire.

-       Les coptes et leur religion
Les coptes sont des chrétiens d’Egypte. C’est une minorité en Egypte. Les tensions avec les musulmans sont fréquentes. Ainsi de nombreux coptes choisissent-ils l’exil. Ils pratiquent l’endogamie et ont une nourriture à base de végétaux.
Achraf applique les principes de sa communauté. « Je suis copte, Akram, et le divorce n’existe pas chez nous. »

-       La critique de la société égyptienne
La société égyptienne est une société figée, plusieurs d’entre nous ont évoqué ce thème récurrent dans l’œuvre de notre auteur.
L’une des phrases du livre, prononcée par Achraf qui s’adresse à Akram, permet de synthétiser ce que nous avons dit :
« En Egypte, lorsqu’un homme naît, son destin est déjà presque fixé. Les alternatives qui s’offrent à lui sont très peu nombreuses. Toi, si tu étais née dans une famille riche, tu aurais terminé tes études, tu aurais épousé un homme riche et tu aurais une vie meilleure. Moi, si j’étais né pauvre comme toi, peut-être que je serais devenu un voleur ou un voyou. Les gens en Egypte héritent de leurs conditions et il est très difficile d’en changer. Même la religion, personne d’entre nous ne l’a choisie. Tu es née musulmane et je suis né copte, et si c’était le contraire tu t’appellerais Thérèse et moi Mohamed. » ( p. 133)





- La chute du roman

La fin du livre est plutôt pessimiste. Que faut-il penser de ce que dit à Asma le directeur de la prison après lui avoir fait subir un test de virginité : « L’officier s’approcha d’elle qui était allongée par terre puis il dit d’une voix calme : — Tu vois, Asma, à quel point tu ne vaux rien. Tu n’es rien, Asma, rien du tout. Tu le sais maintenant. N’essaie pas de t’attaquer à tes maîtres, compris ? »
Quant à la chute, elle se traduit par l’exécution de l’officier qui a tué Khaled à bout portant sur la place Tahrir. Comment l’interpréter ?
Madani s’adresse à l’homme qui a tué son fils :
« Tu as tué mon fils d’un coup de feu, un coup de feu qui est parti de cette main-là. J’ai ramassé des morceaux de sa cervelle avec ma main, pendant que je le lavais. C’est avec cette main que j’ai enlevé sa cervelle. »
L’interprétation que l’on peut donner de cette chute du roman est que toute révolution se traduit par des drames personnels et que cette dimension douloureuse, tragique, est rarement prise en compte. Ici, c’est Madani lui-même, le citoyen exemplaire et soumis, qui règle son problème avec ses propres moyens, puisque la justice officielle fait partie du système. Plusieurs fois dans le livre, El-Aswany s’étend sur les conséquences de la mort d’un être cher. C’est une vie qui disparait, un enfant chéri avec des milliers de souvenirs qui s'en va à jamais, c’est le destin d’une famille qui bascule. Et cette réalité du drame personnel, l’auteur arrive à la transcrire avec délicatesse, justesse et authenticité.

Heureusement lorsqu’on interroge El-Aswany sur la suite des événements, ses propos sont plus rassurants  : « Il ne faut pas oublier que 60 % des Égyptiens ont moins de 40 ans. Dans dix ans, la plupart des contre-révolutionnaires auront disparu. Le principal, le plus important, c’est que tout a changé en Égypte : la vision de la femme, des islamistes, du patriarcat… »
 

1 commentaire:

Pergame a dit…

Remarquable … comme d'hab !